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Causeur n°52 : A-t-on le droit de critiquer l’islam ?

Cherchez bien, la réponse est dans les pages de ce nouveau numéro du magazine…

Publié le 11 octobre 2012 à 11:46 dans Médias Société

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Si Stendhal a dicté La Chartreuse de Parme en 52 jours, il nous a fallu un peu moins de temps pour vous offrir le dernier avatar de Causeur, estampillé du même chiffre. Nous pouvons nous enorgueillir d’un nouveau numéro en écho direct avec l’actualité la plus pétaradante : « A-t-on le droit de critiquer l’islam ? », le thème de notre dossier central, est sur toutes les lèvres des médiatiques depuis quelques semaines. Vidéo parodiant la vie de Mahomet, caricatures de Charlie Hebdo, émeutes dans le monde arabo-musulman, attentat, lynchages, appels à la liberté puis à la responsabilité, ou l’inverse : cette spirale donne facilement le tournis, surtout lorsqu’elle se solde par le démantèlement d’une cellule terroriste hexagonale.

Notre marraine laïque Elisabeth Lévy ouvre ce dossier par un reportage photo chez Charlie Hebdo, journal satirique qui a déjà payé son audace à coups de cocktails Molotov et de menaces de mort, mené de main de maître avec la photographe Annie Assouline. Si dans son introduction, notre chère rédactrice en chef se fait l’avocate de la liberté de la presse contre les censeurs calottés, elle ne pose pas moins la question du sacré dans nos sociétés sécularisées. Aujourd’hui, nos tabous s’appellent racisme, -phobies, droits de l’homme, qui sont autant de lignes jaunes à ne pas dépasser, au risque de subir les foudres de farouches inquisiteurs humanistes.
Moins circonspect, Cyril Bennasar soutient mordicus le droit au blasphème comme une liberté chérie des démocraties occidentales. « Mourir pour Charlie » ? Voilà qui défrise le pourtant si bien coiffé Jacques de Guillebon, qui ne l’entend pas de cette oreille : Charb et ses compères dessinateurs ont-ils pensé à la vie de nos otages au Mali et en Somalie avant de monter sur leurs grands chevaux républicains ? Il y a là matière à débat, un mot vénéré entre tous chez Causeur… Au point que certains peuvent, à l’instar du toujours inspirant Bruno Maillé, renvoyer dos à dos identitarismes islamistes et occidentalistes comme des pathologies concurrentes occultant les enjeux essentiels de la modernité capitaliste.
En remontant aux textes bibliques et évangéliques, Paul Thibaud élabore une généalogie religieuse du blasphème qu’il confronte à l’incroyance contemporaine. Le blasphème moderne s’appelle négationnisme, objectent certains ! André Sénik leur réplique que la Shoah est un crime contre l’humanité et non une religion.
Un point de vue que ne répudieraient pas Ghaleb Bencheikh, Pascal Bruckner et André Gerin, tous trois interviewés dans ce dossier. Le premier, islamologue et anthropologue des religions, rappelle que le « blasphème » ne concerne pas les non-musulmans et que Dante n’a pas attendu les pitreries d’un cinéaste américain pour rudoyer Mahomet. Contre l’islam politique, il en appelle à l’esprit d’Averroès et à la réforme dans un monde musulman sclérosé. André Gerin, l’ancien député-maire communiste de Vénissieux, questionné par son frère d’armes Jérôme Leroy, réaffirme le bienfondé du combat contre l’islam politique, là où la plupart de ses camarades cultivent un irénisme si peu marxiste…
Interrogé par Elisabeth Lévy et Gil Mihaely, le philosophe Pascal Bruckner prend le parti des rares voix laïques et dissidentes de l’islam, soulignant au passage le complexe du décolonisé qui s’est emparé des anciens vassaux du califat ottoman, lesquels retournent leur désarroi contre l’Occident.

Après avoir parcouru l’histoire du blasphème au cinéma concoctée par Ludovic Maubreuil, vous pourrez vous prélasser sur nos pages culturelles. Pendant que Jérôme Leroy célèbre la misogynie littéraire d’Olivia Resenterra et de Patrick Gofman, experts ès mégères et « emmerdeuses », Charlotte Liébert-Hellman arpente le terrain pentu du féminisme de Claude Habib. Sans oublier les chroniques mensuelles de Roland Jaccard et François Taillandier, vous vous (re)plongerez dans les relations troubles entre les deux Philippe, Muray et Sollers, qu’ausculte Bruno Maillé dans un bel article en forme d’hommage à ces deux ombres tutélaires, avant de piquer une tête dans la piscine (post-)situationniste.

Repus d’actu ? Gardez-en un peu sous le coude pour découvrir l’ulcération d’un mystérieux parent d’élève, pédagogiste indigné, qui regrette l’arrivée de Jean-Paul Brighelli dans nos colonnes.

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  • 18 Octobre 2012 à 22h38

    Saint-Lambert dit

    Daoud Boughezala, vous dites ici :

    “vidéo parodiant la vie de Mahomet”, et : ” les pitreries d’un cinéaste américain”.

    Or, en ce film produit (vaguement) aux États-Unis par un (véritable) Copte originaire d’Égypte, y a-t-il eu, réellement, “parodie” et “pitreries” ?

    Mahomet n’a-t-il pas cru bon d’épouser une enfant, en tant que telle toute prépubère ? N’a-t-il pas fait de la guerre la plus cruelle le nerf d’une politique toute stratégique, et toute conçue telle qu’idoine, tout bien ( ou mal…) considéré, à cet égard ? Ce prétendu prophète ne fut-il, fut-ce partiellement, l’instrument volontaire de quelques-uns de ses plus proches, lesquels croyaient bon de se croire chrétiens ?

    Qu’a donc prétendu dire ce film (techniquement faible, peut-être, mais est-ce là tout?), outre ces réalités vérifiées par l’historiographie la plus objective, qui vous permette ainsi de le traiter par tant de dérision ?

  • 14 Octobre 2012 à 15h03

    Guenièvre dit

    • 15 Octobre 2012 à 14h12

      Patrick dit

      Merci Guenièvre pour ce lien.
      Très édifiant. J’espère que l’article dessillera les yeux de certains, notamment ceux qui croient toujours que l’islam est une religion d’amour, de tolérance et de paix.
      A diffuser largement.

      • 15 Octobre 2012 à 18h28

        Videorama dit

        @Patrick
        Il n’y a pas de religion d’amour ou de haine. Il n’y a que des lectures et que des interprétations qu’on en fait.
        Une religion, c’est d’abord une inscription dans un lieu donné et une époque donnée ; c’est une histoire, même sacrée. Puis cela devient une culture pour les générations ultérieures. Les gens biens tentent de n’y puiser que le meilleur. Les autres n’ont rien compris.
        On pourra toujours s’amuser à donner des mauvais exemples d’une religion pour la disqualifier. Cela n’effacera pas les bons exemples, peut-être moins spectaculaires, mais souvent plus nombreux.
        Moi je préfère la paix religieuse à une guéguerre des religions qui ne manquera pas de nous être fatale au XXIème siècle, à l’heure des armes de destruction massive. Peut-être parce que je suis athée.

  • 14 Octobre 2012 à 2h06

    Videorama dit

    @Fiorino
    Votre sincérité me touche, car votre critique de l’islam rend bien compte d’une angoisse existentielle attachée à la condition du juif.
    Si je vous ai compris, vous relevez un point essentiel, à savoir qu’une religion est désormais moins une source de vérité qu’un identifiant communautaire. En tant que telle, a priori, elle devrait s’adapter aux impératifs de la réalité ; en conséquence de quoi elle est critiquable et transformable.
    Vous revendiquez une dimension culturaliste de la religion juive (vous êtes du reste athée, je crois). Vous le faites, cependant sans vouloir admettre dans l’islam de France une nature comparable, aux motifs étranges, d’une part, du prosélytisme musulman, et, d’autre part, du nombre important et croissant de ses adeptes (d’autant plus étranges que, a priori, vous ne contestez pas, comme on aurait pu s’y attendre, une capacité fondamentale des musulmans à se distancier de leurs textes sacrés, ce qui est le propre, pourtant, de tout culturalisme religieux). Toujours plus étrange : A vous entendre, toute critique portée sur la question juive, ses diverses thématiques, ne peut que fragiliser le judaïsme, déjà non prosélytique, puis ne comptant qu’un nombre restreint d’affiliés dans le monde ; en clair, toute critique en France peut inciter les juifs à quitter le pays. Et l’idée sous-jacente, si je ne m’abuse, est de ne pas contribuer à détourner le juif de ses valeurs traditionnelles, sous peine qu’il s’expatrie ou que sa communauté ne survive pas. L’islam peut en revanche faire l’objet de critiques, ce d’autant plus que son expansion dans la société française interroge légitimement sur l’identité française, sur la menace d’extinction qu’elle encourt ou non. Vous dressez ainsi, à votre corps défendant peut-être, un parallèle entre la survie du judaïsme et celle de la France ; l’extension de l’islam peut être un double danger, pour la France, mais également pour le judaïsme, si cet arriérisme christianophobe et antisémite que vous avez dénoncé dans divers posts s’avère exact.
    D’ores et déjà, je pense pouvoir dire que nul (y compris les musulmans de France) ne contestera ce point : Sans les juifs, la France que nous connaissons ne serait plus la France. Aussi rien, a priori, ne justifie qu’ils doivent s’expatrier.
    Cependant, la manière dont vous présentez les choses est-elle seulement supportable pour qui a une conception dynamique et transformationnelle de l’histoire ? C’est le cas, en effet, des Français, pour qui tout, sans exception, est critiquable, notamment toute culture et toute religion. En cela ils sont fils des Lumières. L’individualisme occidental ajoute, à l’esprit critique, la responsabilité, à savoir le devoir d’associer à sa réflexion une pratique aussi cohérente et conséquente que possible. C’est ainsi que l’histoire, jadis chronologique, cyclique, statique, est devenue dynamique et transformationnelle, avec pour conséquence notable la transformation et l’abaissement du statut de la religion, de source du savoir absolu en identifiant communautaire.
    Car qu’implique votre présentation des choses ? Ceci : d’une part les juifs ne composent qu’imparfaitement avec la modernité (résistance émotionnelle à la critique, et au fait que tout, au nom de la vérité, peut ou doit faire l’objet d’une transformation), d’autre part que vous vous situez, personnellement, dans une post-modernité soumettant le libre-arbitre individuel à une autorité culturelle. Dans ce dernier cas, concrètement, il faudrait accorder à une autorité culturelle française le pouvoir de définir le regard que tout citoyen français doit porter sur le monde. Cette post-modernité serait dès lors, à mon sens, au mieux, un néo-romantisme, au pire, un néo-fascisme fatal à la France et au genre humain.
    En effet, je ne peux pas croire qu’on veuille, en l’état pluriel de la France et de l’Occident, assumer les conséquences d’une telle post-modernité qui ne mènera qu’à un choc des civilisations. Votre parti pris, qui n’a pour justification qu’une hostilité assumée envers l’islam, ne manquera pas d’être perçu comme une déclaration de guerre par tous les musulmans (d’abord français, puis par contagion étrangers), légitiment.
    Dois-je vous informer qu’il n’appartient pas qu’aux juifs à devoir, hélas ! vivre une époque précaire ? Notre planète et l’humanité sont en danger d’extinction. L’acceptation d’une communauté des destins semble bien le prix à payer pour que l’humanité survive à ses inventions dévastatrices.
    Peut-on demander autre chose à un citoyen français, à une culture française particulière, que de savoir assumer une critique ? Comment garantir autrement le vivre-ensemble ? Face aux défis du XXIème siècle, nous ne pouvons nous extraire du dialogue, de la critique et de l’autocritique, de l’effort continu d’adaptation à la réalité de notre monde. Effectivement, en France comme ailleurs, il faut que chacun apprenne à transiger avec ses particularismes pour assurer les conditions universelles du vivre-ensemble

  • 13 Octobre 2012 à 7h56

    Alp dit

    100% d’accord avec l’éditorial d’E. Lévy sur la pensée à tendance totalitaire modèle Nouvel Observateur, Canal +. etc…La pensée bourgeoise qui s’achète une bonne conscience sur le dos des autres et notamment du “peuple” qu’elle fait semblant de considérer. Il faut dire que cette bourgeoisie-là ne va pas souvent dans le 9-3 ou les quartiers nord de Marseille. Elle a trop peur…. Elle préfère gloser sur les néos-trucs, répandre son arrogance pseudo-intellectuelle pre-formatée, douillettement installée à une terrasse de café du quartier latin ou du Marais, et vite rentrer chez elle le soir snifer un peu pour se remettre les idées bobos en place. Le racisme, l’Islamisme, c’est tellement mieux d’en parler quand on est loin, bien planquée, n’est-ce pas ?

    • 13 Octobre 2012 à 8h14

      Alpin dit

      @Alpin:

      Bonjour à tous et bienvenue au nouveau qui n’est pas Alpin -;)

      • 13 Octobre 2012 à 10h17

        kravi dit

        Bonjour Alpin. Et oui, bienvenue à cet Alp qui n’est pas vous et commence — peut-être a-t-il écrit sur d’autres posts — par une pertinente description des arbitres autoproclamés du bon et du beau.

  • 12 Octobre 2012 à 21h46

    Guenièvre dit

    la suite …
    “.Pour l’auteure, “refuser les pratiques néfastes aux femmes qu’elles soient issues de la tradition islamique ou très clairement prescrites dans les textes coraniques, ce n’est pas être islamophobes, c’est simplement être féministes”. Face au relativisme individualiste post-moderne, elle affirme lutter pour certaines causes “non parce que [s]on identité est maghrébine et musulmane, mais parce qu’[elle est] humaniste, anticolonialiste, démocrate et féministe”

    Tamzali s’étonne que dans des pays laïques et démocratiques, on tolère l’exigence des musulmans “d’être acceptés sans modifier leurs comportements, la différence au nom de laquelle ils sont acceptés avec leurs us et coutumes, au nom de laquelle ils obtiennent le passe-droit exorbitant de vivre selon une morale et une ségrégation sexuelle contraire au principe fondamental de l’égalité des hommes et des femmes”. Un principe qu’ils n’accordent, bien sûr, jamais aux membres de leur propre communauté. Les pays occidentaux, au nom de la tolérance et de la laïcité ouverte, intègrent peu à peu “des discours doctrinaires légitimant la violence contre les apostats à l’intérieur de la communauté des croyants et, à l’extérieur, contre les infidèles”.

    “Pour Tamzali, la définition de la laïcité n’est pas le respect de toutes les religions, c’est “d’abord et avant tout la liberté de conscience”. Quant au discours multiculturel sur la diversité, il cherche simplement à maintenir les ghettos ethniques et à avoir la paix.”

    Pour l’auteure algérienne, “seule la pensée féministe, qui est d’abord une pensée politique, est capable de renouveler l’analyse des dispositifs des pouvoirs autoritaires et leurs alliances, secrètes ou avouées, avec l’idéologie radicale religieuse”. Elle souhaite que les Européennes pensent la condition des femmes émigrées, “comme elles pensent la leur” en fonction de la liberté de pensée et non de la religion pratiquée dans le pays d’origine de celles-ci.

    Comme quoi elle ne fait pas uniquement référence aux femmes algériennes…elle fait allusion aux comportements relativistes occidentaux.

    • 12 Octobre 2012 à 21h50

      Alpin dit

      @Guenièvre,

      Bien le bonsoir,

      Votre citation est absolument remarquable et donne beaucoup à penser,très hautement pertinente même.

      De quel texte de Wassila Tamzali est elle issue?

      • 12 Octobre 2012 à 21h56

        Guenièvre dit

        Bonsoir Alpin !

        C’est une analyse et des passages du livre : ” Une femme en colère. Lettre d’Alger aux Européens désabusés (2009) ”

        http://sisyphe.org/spip.php?article3677

      • 12 Octobre 2012 à 21h58

        Guenièvre dit

        C’est …et ce sont…

      • 12 Octobre 2012 à 21h59

        Alpin dit

        @Guenièvre,

        Merci,

        Quelle tête en l’air,je fais,car je me suis posé la question,ayant lu ce texte à sa sortie,reconnaissant son début,mais ayant oublié à quel point la frappe de sa dernière partie par vous citée était décisive.

        Pourquoi ce texte est-il si ignoré?! -;)…..

    • 13 Octobre 2012 à 12h26

      a2lbd dit

      Guenièvre, Alpin bonjour

      Je suis tout à fait d’accord avec ce texte et il représente parfaitement ce que je ressens au sujet du besoin d’évolution de la condition féminine dans le monde musulman.

      Néanmoins, je maintiens, ce combat doit se mener de l’intérieur de la communauté. Croire comme vous le faites que le rejet de cette religion par les “infidèles” va aider positivement le courageux combat de Tamzali ou de chadort Djavann est un erreur.
      Les orthodoxes préférèrent les turcs aux agents de la foi romaineet Constantinople chut. il ne faut pas l’oublier. la conquête musulmane au IXeme siécle fut rendue aisée par le raz le bol des chrétiens d’orients de se voir imposer leur dogme par la force armée de byzance.
      Alors je note que Tamzali écrit :
      “refuser les pratiques néfastes aux femmes qu’elles soient issues de la tradition islamique ou très clairement prescrites dans les textes coraniques, ce n’est pas être islamophobes, c’est simplement être féministes”

      l’islamophobie n’est donc jamais une solution…

      • 13 Octobre 2012 à 20h10

        Guenièvre dit

        Mais vous allez dans mon sens en faisant cette citation : elle fustige l’utilisation de ce mot qui ne sert selon elle qu’à faire taire les critiques.
        Il a d’ailleurs été inventé pour cela …

  • 12 Octobre 2012 à 21h28

    Guenièvre dit

    @ a2lbd,

    Cet interview explique bien mieux que moi ce que je voulais dire :

    http://sisyphe.org/spip.php?article3677

    “Sur la question du libre choix par les femmes du hijab, du tchador, de la burqa et du niqab, l’auteure évoque à juste titre les arguments similaires à ceux qui prétendent que les femmes prostituées choisiraient librement de devenir de simples marchandises asservies aux fantasmes masculins les plus avilissants et violents. Bien au fait des luttes féministes dans le monde, elle démontre clairement comment sous le couvert de la tolérance religieuse, on a cherché à enterrer les droits des femmes.”

    “Wassyla Tamzali remarque qu’on lui parle maintenant comme à une femme musulmane plutôt qu’algérienne et elle se demande avec humour “s’il ne faut pas désormais être voilée pour être vue ?” Le rapport d’altérité sur lequel se fonde tout dialogue n’existe plus que pour celles qui affichent leur différence culturelle et religieuse. Ainsi, précise-t-elle, “notre absence sur le terrain de l’identité [en tant que féministes] explique la place gagnée par les mouvements religieux qui, eux, répondent à la question de l’identité et en font la base de leur recrutement”. Contrairement à ce qu’elle croyait, force lui est de reconnaître que la laïcité et la démocratisation n’entraînent pas automatiquement la reconnaissance de l’égalité des femmes. Comme le montre l’histoire, seules leurs luttes en sont garantes.”

    “Les islamistes, remarque Tamzali, jouent sur la culpabilité des empires coloniaux, amenant une partie de la gauche et même des féministes à défendre le droit des anciens colonisés de vivre selon leur culture, selon leur identité. L’Assemblée nationale française, souligne-t-elle, en préférant mener un débat national sur la laïcité a ainsi mis de côté la question éthique de l’égalité des sexes qui seule aurait pu mettre fin aux arguments malhonnêtes comme le droit de “s’habiller” comme on veut, en taisant le fait que “la dissimulation des cheveux et autres parties du corps des petites filles conduit à une ségrégation sexuée, à la différence des autres signes religieux”

    • 12 Octobre 2012 à 21h38

      a2lbd dit

      Si je trouve que vous l’aviez très bien exprimé, et ma réponse reste la même. D’ailleurs :

      “Comme le montre l’histoire, seules [les] luttes [des femmes] sont garantes [de leur égalité].”

      Bref, c’est de l’intérieur que se mène le combat, pas de l’extérieur.

    • 13 Octobre 2012 à 21h04

      saintex dit

      Dame Guenièvre,

      Vous devez savoir que je suis beaucoup d’accord avec ceci.
      Je ne suis pas sur pour autant que le préambule sur la prostitution soit réellement productif. Quelle que soit la pensée de chacun sur le sujet, la réduction et le ton emphatique, “fantasmes masculins les plus avilissants et violents” le disqualifie.
      Quant à la femme, avenir de l’homme c’était, je le crains, avant “Mme Thatcher” et autres revendications féministes au port des armes.

      • 13 Octobre 2012 à 21h39

        Guenièvre dit

        La prostitution est une autre sujet Saintex. Mais après avoir lu et vu, , il y a très longtemps ” La Dérobade” de Jeanne Cordelier (témoignage de son vécu pendant cinq ans dans ce milieu ) , et en avoir été bouleversée pendant des semaines, je ne peux qu’être d’accord avec ce que vous vous trouvez emphatique.
        Je ne vois pas d’ailleurs que WT parle de tous les hommes ni de tous les fantasmes masculins , elle parle “des fantasmes les plus brutaux” et ils en existe malheureusement .
        Bonne soirée à vous !