Cantat sauce bio
Publié le 30 juillet 2010 à 6:00 dans Brèves
Bertrand Cantat, chanteur naguère colérique, rebelle de micro, proclamant avec vigueur son « refus permanent du compromis », suscite, avec son groupe Noir désir, une nouvelle biographie. Je n’ai pas l’intention de la lire, et ne me prononcerai donc pas sur ses qualités intrinsèques (ou leur absence).
On s’étonnera, en revanche, d’y trouver d’audacieuses comparaisons avec les destins contrariés de personnalités aussi différentes que Phil Spector, Jerry Lee Lewis, Sid Vicious ou encore celle qui fut la compagne de Keith Richards, Anita Pallenberg.
Il était de notoriété publique que Phil Spector, par exemple, l’inventeur du fameux « mur du son», qui massacra l’album des Beatles Let it be, présentait d’inquiétants troubles du comportement. Il n’était pas rare que Phil brandît une arme à feu devant ses invités, ou dans les boîtes de nuit qu’il fréquentait, à Los Angeles.
Lorsque la police, avertie par un coup de téléphone, découvrit Lana Clarkson, affalée dans un fauteuil, le crâne explosé par une balle, au domicile de Spector, ce dernier se déclara étonné que la jeune femme ait voulu absolument « embrasser un revolver ». Au cours de ses deux procès, il arbora différentes perruques, plus ou moins seyantes, souvent extravagantes. Condamné à 19 ans de prison, le port de tout postiche lui est désormais interdit : il ressemble à un vieux hamster halluciné.
Le souriant Sid Vicious, bassiste de l’ensemble instrumental Sex pistols, quant à lui, partageait sa chambre d’hôtel avec Nancy Spungen ; la jeune femme y fut retrouvée morte, apparemment assassinée. Sid l’ombrageux attendait son procès, lorsqu’une overdose l’arracha à notre affection.
Jerry Lee Lewis, alias The Killer, est le père fondateur de la rock attitude. Il s’est fait remarquer à plusieurs reprises, et particulièrement en 1958, à l’âge de 23 ans. Cette année-là, il épousa Myra Gale Brown. Elle avait la grâce de ses 13 ans ! Enfin, s’il est avéré qu’Anita Pallenberg, femme de Keith « I am innocent » Richards, fut mêlée à de nombreux et retentissants scandales, son élégance soufrée, son impertinence amusée l’éloignent définitivement de l’univers de M. Cantat.
Oui, vraiment, à côté de ces prodigieuses personnalités, le pâle Bertrand C., chanteur « engagé » pour trentenaire en déshérence, poète pour adolescents à cheveux gras, fait figure de portier d’hôtel.
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L'auteur
Patrick Mandon est éditeur et traducteur.
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pirate dit
Salut sophie bien ou bien ? Trankil cousine les vacances ?
Sophie dit
Bonsoir Pirate.
pirate dit
- Très cher ami mais qu’est-ce donc que cette mention de ce sinistre en nos chères pages de notre chère Causeur. Voyons mon ami point de bruit autour de cette racaille rebelloide.
- Pardon mes amis mais un facheux a eu l’outrecuidance de comparer cette triste figure de la “gôche” inrockuptiblesque à mes héros so sex drug and rock’n roll du temps où eh bien mes genoux pouvaient bien encore me porter pour un jerk endiablé avec Marie Chantal.
- Soit, soit mon très cher Mandon mais que l’on ne vous y reprenne plus, ici foin donc de la pensée unique de ces petits rimbaldien de pacotille avec laquelle nous assome le vulgus. Rappelez vous ici nous pensons uniquement selon les critères stricte du bon goût de la pensée de droite, et qui hélas n’est pas la pensée dominante et unique, excepté bien entendu dans les pages de notre cher Causeur.
Des caricatures usant de clichés et qui assènent à chaque fil que eux ils n’obéissent pas à la pensée unique… et répètent inlassablement à chaque fil les mêmes clichés de leur pensée unique bien à eux. Mandon si de vos doigts pâles de pisse copie du bon goût a chu cette bio et si d’aventure votre esprit étriqué voulait élargir sa curiosité (on peut rêver) je vous conseille donc la bio écrite pat un auteur énêrvé et plus intéressant : Andy Verol.
Sophie dit
“Sophie, cela vous effraie d’être d’accord avec moi ; vous vous faites du mal.”
Ah, non, cela ne m’effraie pas, ça me réjouit. Ca m’amuse. Ca m’interloque.
Et du fond de ma gentilhommière, bercée par le bruit de la bonne récurant le fait-tout, je rêve un brin, respirant à plein poumons l’odeur singulière de la cire qui enduit les meubles mêlée à celle, suave et aigrellette, de la lavande qui les habitent, au moment, tant attendu, où vous écrirez avec une alacrité de bon aloi.
Nous pourrons alors passer de la forme au fond.
Comme disait le Taciturne, qui doit être votre maître à penser, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
Plop dit
@ Mandon : il est interessant de noter que pour quelqu’un que Cantat n’intéresse pas (“Mais alors pas le moins du monde !”), vous êtes celui qui réagissez le plus. 1684 caractères de jus de crâne pour êtr précis (2012 en comptant les espaces pour l’être encore plus).
@ Tout le monde
Puisque tout le monde ici défèque sur Berber, je m’en vais par la présente m’insurger de votre manque à tous de précision quand à vos critiques sur l’homme en question. Il semblerait que la connaissance que vous avez des brontosaures qui ont fait fumer vos trisaïeux est rigoureusement inverse de celle que vous avez du chanteur écorché vif susmentionné. Et c’est bien regrettable, puisqu’à l’écouter, vous auriez compris qu’il n’était pas QUE le rebelle qu’on voulait le voir représenter, et que sa musique et ses textes ne concernent pas que des ados crasseux en manque de but et d’intellect.
nadia comaneci dit
Espérons que cette hagiographie et la fin de son expérience carcéralo-judiciaire ne lui donnent pas envie de recommettre avec ses camarades de jeu une de ces ritournelles plaintives et très engagées pour soirées de colo où ils font fureur parait-il. Que le vent les écoute et les emporte. Définitivement.
Patrick Mandon dit
Réponse (suite)
Ces trois-là ne se ressemblent déjà pas entre eux, mais ils n’ont absolument aucun point commun avec le Rimbobo de Noir Désir. Un jour, je vous parlerai de la Pallenberg et de ses amies sulfureuses, qui hantaient Londres et les rêves des adolescents.
Hyverno : Robert Blake n’appartient pas à la scène rock, mais vous avez raison : il est l’un des portraits de la galerie des fêlés hollywoodiens.
Sophie, cela vous effraie d’être d’accord avec moi ; vous vous faites du mal.
Venik : Lana Clarkson était une comédienne sans emploi, jolie, qui bouclait son budget en «animant» les boîtes de nuit. A-t-elle imaginé qu’en suivant M. Spector, elle pourrait régler ses trois loyers de retard, et plus si affinités ? Peu après, elle gisait sur un fauteuil, les bras pendants, méconnaissable : elle avait, d’une certaine manière, résolu ses problèmes de fin de mois… À l’issue de son premier procès, qui déclarait un non-lieu, Phil «moumoute» Spector, n’a pas pu s’empécher de rire aux éclats avec ses amis, sur le seuil de sa maison. Des paparazzi, depuis un hélicoptère, je crois, saisirent cette manifestation d’hilarité. Leurs photographies firent le plus mauvais effet sur les juges, au cours du second procès.
Patrick Mandon dit
Cantat ne m’intéresse pas, mais alors pas le moins du monde ! Je le trouvais d’une vaine véhémence et/ou niais. Je n’ai rien contre les rebelles, mais pas de son genre. J’imagine, malgré tout, que sa vie ne doit pas être facile, et je reconnais que le suicide de sa compagne m’a fortement ébranlé. Marie avait démontré un courage et une dignité exceptionnelles dans les temps difficiles du procès. En outre, cette belle femme cultivée, audacieuse, curieuse des choses et des êtres, était très appréciée de son entourage, à Bordeaux.
Non, voyez-vous, je déplore uniquement que son biographe ose convoquer de rudes gaillards particulièrement «allumés», voire extravagants (Phil Spector, Jerry Lee Lewis), et une femme pour qui j’éprouve depuis toujours une sorte de fascination enamourée, Anita Pallenberg.
(à suivre)
hathorique dit
belle exécution en forme de cantate pour ce chanteur au poing toujours levé
merci à vous de la part de Marie
Bien à vous
Vik dit
Vous êtes assez marrant les moralisateurs de l’esprit et parole libres, du respect de la contradiction. Fondés de vos valeurs belles, vous en oubliez les quelques règles qui orchestrent une société. Les transgresseurs sont punissables, tel est le cas. Les affranchis ont réglé leurs dettes, et sont libres de reconstruire sur un passé tragique.
C’est bien, avec des idées comme les votres, on opprime, on enferme à vie… gare au feu rouge, gare au fait de téléphoner à votre volant, gare de ne jamais boire un verre de trop.. vous êtes potentiellement délinquant ou meurtrier et si vous aviez un jour une peine à payer, rappelez vous qu’à la sortie certains auraient bien aimé vous y voir rester en exclusion de la société pour votre dangerosité.
Votre dangerosité commence a priori à la structure de votre pensée.
Cordialement,
AL de Lyon dit
Il a de plus tué comme un dupont-lajoie.
jane dit
Faut quand même périr d’un insondable ennui et à être court de thunes faciles pour oser publier une bio de ce gentleman dont la courtoisie, la bonne étoile n’ont d’égales que la clarté de sa pensée , de son élocution et de son merveilleux charisme.
il était la toute petite porte des années 90, paix aux cendres de ce triste sieur.
fx dit
C’est qui Patrick Mandon ?
Sophie dit
Tiens, pour une fois, je suis d’accord avec Mandon.
Méfiez-vous mon ami, vous allez bientôt dégringoler au niveau de Madame Michu!
;-)
Venik dit
C’est vrai ca m’sieur Mandon, rendez-vous au Virgin megastore le plus proche et uploadez les charts de votre smartphone.
Air dit
“Oui, vraiment, à côté de ces prodigieuses personnalités, le pâle Bertrand C., chanteur « engagé » pour trentenaire en déshérence, poète pour adolescents à cheveux gras, fait figure de portier d’hôtel.”
C’est un peu schématique ou en plus de ne pas avoir lu la bio, vous n’avez jamais écouté un disque de Noir Désir ?
nick dit
Article des plus étonnant.
Le vénérable auteur sait-il que Monsieur Cantat a été condamné pour avoir provoqué – lui aussi (c’est une constante du rock, dîtes-moi) – la mort de sa compagne, Marie Trintignant ?
La comparaison avec philou et sidi est donc pertinente. Ou alors je n’ai rien compris de cet article !!!
Augustin Mitraillette dit
Rien à dire sur le fond, je suis d’accord.
Remarque sur la forme… le port de tout postiche a été condamné à 19 ans de prison ?
hyverno dit
Je me permets d’ajouter Robert Blake à votre liste d’oiseaux. Cet acteur, qui joua le rôle de Perry Smith dans De sang froid et bien sûr Baretta durant x épisodes, tira lui aussi une balle dans la tête de sa femme. Il trouva cependant assez de (ressources?) pour se faire acquitter.
Venik dit
Moi je le crois qu’elle voulait “embrasser un révolver”, devait être aussi timbrée que lui, 19 ans c’est cher.