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CAC, c’est reparti comme en 40…

A qui profitent les profits ?

Publié le 22 février 2011 à 6:07 dans Économie

D’ici quelques jours, on devrait connaître le montant des profits réalisés par les entreprises du CAC 40 pour l’année 2010. Après la progression de 86% réalisée au premier semestre, nul doute que ces résultats illustreront encore le décalage croissant entre les citoyens et les multinationales. Total avait ouvert le feu le 11 de ce mois, en annonçant plus de 10 milliards d’euros de bénéfices nets pour l’année et la distribution de 5 milliards d’euros de dividendes. Certes, le record de 2008 n’est pas atteint (13,9 milliards), mais la hausse du prix du baril permet d’espérer approcher ou battre ce record pour l’ensemble de l’année 2011.

BNP Paribas a annoncé cette semaine avoir réalisé un bénéfice net de 7,8 milliards (nouveau record pour le groupe, battant le résultat de 2007 grâce à l’absorption de Fortis). Le résultat opérationnel s’élève à 13 milliards d’euros pour un Produit Net Bancaire de 43,8 milliards, soit une marge opérationnelle proche de 30%. Même si en termes de marges, la BNP n’est pas encore au niveau de performances de 2007, cela montre que les grandes banques se sont vite remises de la crise.

Plus globalement, les entreprises du CAC 40 ont vu leurs profits augmenter de 86% au premier semestre pour atteindre à peu près de 42 milliards d’euros et le chiffre attendu sur l’ensemble de l’année 2010 devrait dépasser les 80 milliards. Il est vrai que les profits des 40 premières cotisations françaises a atteint 101 milliards d’euros en 2007 mais il ne faut pas oublier que trois ans avant, en 2004 ces mêmes profits s’élevaient à 57 milliards « seulement ». En clair, dès la première année de sortie de crise, le CAC 40 va réaliser son troisième grand cru de l’histoire derrière ceux de 2007 et 2006.

Une inégalité très problématique

Le décalage entre les multinationales et le reste de la société est extrêmement choquant. Pendant que les sociétés du CAC 40 ont retrouvé croissance, profits et dividendes, le chômage a continué de progresser et les hausses de prix de rogner le pouvoir d’achat des ménages. Bref, les effets de la crise se font lourdement sentir par la grande majorité de la population.

Tout porte à croire que le record de 2007 sera battu dès 2011, voire 2012. Et cela pose plusieurs problèmes. L’Etat venait au secours des multinationales quand elles allaient mal, et n’a pas hésité à s’endetter pour renflouer leurs caisses. Or, ce sont les mêmes banques – aidées hier par les Etats – qui leurs prêtent aujourd’hui de l’argent. Dans ces opérations très profitables les banques trouvent dans la BCE une complice.

On peut – et on doit – se demander si certains profits ne sont pas excessifs. Des marges opérationnelles de 30 ou 40% sont-elles normales dans des secteurs comme la banque ou la pharmacie ? Ne s’agit-il pas d’une rente de position ? En outre, cette logique de course effrénée après les marges qui a poussé Renault – elle aussi aidée par l’Etat – à diviser par deux sa production en France.

Les énormes et rapides profits réalisés par les grandes multinationales sont autant d’indices d’un disfonctionnement majeur de notre organisation économique. Les écarts qui se creusent entre elles et le reste de la société indiquent que la crise sociale est toujours devant nous.

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  • 24 February 2011 à 17h21

    expat dit

    @ Air : non MySpace était monolithique – maintenant ils sont mort – tué par FB.
    Sur le Web, impossible de rester ‘monolithique’ pour longtemps.

  • 24 February 2011 à 13h55

    Air dit

    @ expat

    Je suis d’accord. Myspace est monolithique. Google fais tout et avant les autres Il le propose “gratuitement”..

    Vous avez raison le net, c’est la création perpétuelle. Rien n’est établit.

    Mais bon si je devais mettre une pièce sur quelque chose, ca serait google.

    Et en plus, ils ont gardé l’esprit start-up…

    Le danger c’est qu’ils deviennent Le canal du net et rien que pour cela , j’espère que vous avez raison… Rien qu’a US, Yahoo tient encore 40 % du marché.

    En France Google, c’est au-dessus de 90 %…

  • 24 February 2011 à 12h28

    expat dit

    @ Air : pour Google – pour l’instant ils gardent leur avance, je le sais bien, mais je vous dis qu’il y a pas mal de boîte de techno qui lèvent des fonds et qui veulent concurrencer Google. Dans le monde Internet, rien est écrit en béton (j’enfonce une porte ouverte – regarder MySpace).

  • 24 February 2011 à 12h22

    Air dit

    @ Lisa

    Merci. Dressé donc un autel en mon honneur Impie !

    @ exapt

    “Même Google aujourd’hui est menacé – et je ne parle pas de FB – il y en a d’autres qui lui colle à la culotte.”

    FB : c’est sur qu’ils vont se faire avoir un jour ou l’autre. Il est en train de se monter un facebook en opensource sans publicité.

    DE là à dire qu’on lui colle à la culotte. 500 millions d’utilisateurs.

    Je vois MSN, c’était LE truc. Aujourd’hui, tout le monde va sur Skype.

    Google, c’est auutre chose
    : ils ont 10 ans d’avance et les conserve. Ils ont crées ANdroid qui va mettre claque à Apple.
    Google a compris une chose : Monétiser ce qu’il donne gratuitement.
    Il va botter le cul d’apple avec son Android.

    Aujourd’hui, vous créez un site pro et vous cherchez à le référencer sur google.
    Et ca ca ne peut pas changer du jour au lendemain.

    Google va devenir une sorte de Microsoft avec la mentalité qui brosse la génération internet dans le sens du poil.

    Google est déjà une institution. ET encore plus pour le buisness.

  • 24 February 2011 à 11h26

    expat dit

    @ a2 : Ce que je déplore c’est qu’un Jeff Bezos ait les moyens de transformer son entreprise au gré du vent quand un Catarichka se trouve face à une impasse…”
    Oh je suis d’accord avec vous.
    Et pour avoir cotiser les financiers/investisseurs je peux vous dire qu’ils ne sont pas tous si brillants qu’ils pensent.
    Pour Amazon, ne vous inquiéter pas – vous vous souvenez de l’histoire de MP3 et l’iPod ?

  • 24 February 2011 à 10h54

    a2lbd dit

    Par ailleurs une autre de mes critiques été que le dogme business actuel est “big is beautiful”. Du coup tous les moyens ont été mis à la disposition de Bezos pour créer un mastodonte.

    Le problème est qu’aujourd’hui, dans le monde de l’édition Amazon est si puissant qu’ils appliquent une politique commerciale agressive envers ses fournisseurs et empêche à nombre de petits éditeurs de survivre. Je ne sais pas si vous êtes au fait de la disparition du buy button sur certains articles vendus par amazon. J’avais lu un article passionnant sur ce phénomène.

    Donc éblouis les acteurs des marchés financiers vont se mettre aux services de la reine de beauté du moment sans jamais anticiper ce que leurs actions peuvent générer comme distorsion du marché.

    Et appuyée par des investissements massifs la reine de beauté en devient forcément une oû alors elle est cédé à des gogos.

  • 24 February 2011 à 10h46

    a2lbd dit

    Expat

    Je crois que la grande force de Jeff Bezos est justement de ne s’être jamais cramponné à une vision monolithique mais d’avoir fort bien su s’adapter pour survivre et utilement vaincre. C’est là la recette du succès et tous les entrepreneurs, dont vous je suppose, diront que le business plan initial n’est au fond qu’une feuille de papier. Saisir les opportunités qui se présentent et donc être au bon endroit au bon moment est la clé du succès.
    Ce n’est pas Jeff Bezos que je critique d’ailleurs mais bien plus les financiers qui eux partent trop souvent dans des croyances dogmatiques et versent des montagnes d’argent dans des aventures pouvant se révéler stériles. Pariant gros au départ ils ont ensuite tendance à se lancer dans des martingales…biaisant ainsi le marché et leurnpermettant trop souvent de s’en sortir en accroyant qu’ils sont géniaux puisqu’au moin un de leurs paris se révèlent devenir une vache à lait. Quand ils échouent, ils se muent en Maddof, revendant au prix fort des canards boiteux à des gogos. Pour un Amazon combien de Lycos, d’Altavista, d’AOL etc…?
    Ce que je déplore c’est qu’un Jeff Bezos ait les moyens de transformer son entreprise au gré du vent quand un Catarichka se trouve face à une impasse…Les financiers ont trop tendance à se prendre pour les maîtres du monde libre quand dans la réalité ils n’ont pas de clairvoyance particulière.

  • 24 February 2011 à 7h50

    expat dit

    @ a2 : “qui lui collent à la culotte”.
    De mes souvenirs, Amazon a bien galéré pendant des années. S’ils ont survécu et même réussit (mais ce n’est jamais fini vous savez) c’est parce que Jeff Bezos avait une vision et une capacité de la réaliser – et les investisseurs croyaient dans lui.
    Je suis de près ce qui se passe aux USA et surtout au Silicon Valley, et il n’y a pas un jour qui passe sans qu’une petite start-up lève 3, 4, 6 millions de $ – et très souvent ce sont des entreprises qui veulent concurrencer Google, FB ou Amazon (d’après ce que je vois, Amazon un peu moins, mais il y en a plein qui rêvent de détrôner Google et FB – et d’ailleurs je pense qu’ils vont réussir – Google est même un peu vu maintenant comme ‘has-been’ – pour tout vous dire !).

  • 23 February 2011 à 22h27

    expat dit

    @ a2 :”Certes, la création de valeur induit des destructions. Mais, il me semble, et c’est là la faiblesse des marchés financiers, c’est qu’en se rêvant rationnels souvent leurs acteurs foncent ensembles vers des valeurs qu’ils supputent d’avenir, auto-réalisant ainsi par leurs investissements démesurés leurs propres intuitions et, au final, permettant la mise en place d’oligopoles voire de monopoles qui finissent par blesser le marché”
    je pensais que vous étiez parti du site, et non. heureusement ! Je suis assez d’accord avec ce que vous dites-là – Sauf “la mise en place d’oligopoles voire de monopoles qui finissent par blesser le marché”
    Si vous regardez ce qui se passe aux USA – les ‘monopoles’ se remplacent très vite. Même Google aujourd’hui est menacé – et je ne parle pas de FB – il y en a d’autres qui lui colle à la culotte.

  • 23 February 2011 à 19h44

    a2lbd dit

    De plus, détecter une bulle est chose aisée. Ce qui l’est moins est de ne pas y participer car on pense toujours pouvoir se retirer avant qu’elle ne crève.

    Par exemple, tous le monde sait que les niveaux de prix atteint par l’immobilier sont de l’ordre de la bulle spéculative mais personne n’a intérêt à en corriger les effets tant qu’elle monte.

    D’autant plus quand le système est basée sur une rémunération importante à la participation aux bulles sans risque d’être tenu pour responsable lors de leurs éclatements…

  • 23 February 2011 à 19h40

    a2lbd dit

    fatback

    Certes en théorie c’est la même finalité, mais en pratique non et la raison en est, et c’est d’ailleurs le problème que nous pose la mondialisation, qu’il est beaucoup plus facile de bouger électroniquement 1 millions de $ que de bouger physiquement une machine de 10 000 $.

    Cet état fait qu’il a été de tous temps plus facile de mettre sur le compte en banque d’une société comme Amazon des millions de dollars que de soutenir progressivement l’émergence de multiples entrepreneurs du net.

    Le résultat aujourd’hui de cet politique ne me parait pas parfaitement sain pour le marché pris dans son ensemble. Le poids d’Amazon dans la distribution de livres est devenu sujet de préoccupation. Or ceci a été rendu possible car la société a pu croître à crédit bien plus longtemps qu’il ne l’a été autorisé à ses concurrents.

    Certes, la création de valeur induit des destructions. Mais, il me semble, et c’est là la faiblesse des marchés financiers, c’est qu’en se rêvant rationnels souvent leurs acteurs foncent ensembles vers des valeurs qu’ils supputent d’avenir, auto-réalisant ainsi par leurs investissements démesurés leurs propres intuitions et, au final, permettant la mise en place d’oligopoles voire de monopoles qui finissent par blesser le marché.

  • 23 February 2011 à 19h08

    fatback dit

    a2lbd,
    Acheter des actions ou des machines c’est le même raisonnement et la même finalité. Que le mode de fonctionnement des « deux » marchés soit différent, nous en sommes bien d’accord ;)
    .
    Dans l’absolu, prêter de l’argent à une entreprise reste tout à fait rentable – la preuve en est que les investisseurs institutionnels (fonds de pension, caisses de retraites, assureurs etc…) achètent des quantités astronomiques d’obligations privées (ils ont, de fait, remplacé les banques). Par contre, ça n’est plus rentable pour les banques et ça, c’est une conséquence directe de la règlementation.
    .
    Valoriser c’est toujours et nécessairement un pari sur le futur. Quand vous commentez la valorisation de tel ou tel titre a posteriori, vous commettez une faute de raisonnement (classique, certes) dans la mesure où vous « connaissez le futur ». Détecter une bulle en pleine bulle est un art beaucoup plus compliqué qu’il n’y parait (sauf si on a compris ce qui créé des bulles, mais c’est une autre histoire…).
    .
    Sur l’irrationalité des marchés : vous n’imaginez pas à quel point ils sont justement très rationnels – encore faut-il comprendre comment ils fonctionnent.

  • 23 February 2011 à 18h47

    a2lbd dit

    fatback

    Pardon, j’avais mal coupé la citation issue de votre texte. La première est donc :

    Un investisseur qui achète les actions d’une entreprise ou investi son argent dans la création d’une entreprise fait rigoureusement la même chose qu’un dirigeant d’entreprise qui achète des machines

    Acheter des actions ou des machines, ce n’est pas parfaitement équivalent.

  • 23 February 2011 à 18h43

    a2lbd dit

    fatback

    Par ailleurs, en ce qui concerne la valorisation de Facebook, ce qui est certains c’est qu’à l’instar d’un Jeff Bezos, Mark Zuckerberg profite à plein de l’irrationalité des marchés et il détient la corne d’abondance lui permettant de rétablir sa société quand bien même il se planterait au départ.

    Si l’on suit la trajectoire d’Amazon, il est patent que cette société a pu survivre à presque une décennie d’exercices largement déficitaires uniquement en puisant dans le trésor de guerre que lui apporta une spéculation effrénée proche de la démence. Ainsi, Amazon pu diversifier horizontalement son offre jusqu’à devenir LE magasin en ligne alors même qu’au départ il n’était question que d’être un libraire en ligne.

    Facebook est perçu à l’heure actuelle comme le nouveau google, c’est à dire la plateforme vers laquelle iront tous les internautes et en laquelle se feront tous les échanges. C’est là une anticipation qui n’est pas prouvée.

    On pourrait souhaiter que les banques, soutiennent ainsi tous les entrepreneurs…Ce n’est pas le cas car, nous le savons, ce n’est pas possible. Le facteur chance reste donc fort dans ce monde toujours chaotique.