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C’était la Gauche

Quand c’est fini, c’est fini

Publié le 18 février 2009 à 9:58 dans Politique

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Le “Longtemps, je me suis couché de bonne heure” de bon nombre de Françaises et de Français à la recherche de leur temps perdu pourrait bientôt être : “Longtemps, j’ai voté à gauche…” Les plus talentueux pourront alors commencer à évoquer dans la forme artistique de leur choix un monde disparu, pour le plus grand plaisir esthétique des générations futures.

La gauche est en train de sortir de l’Histoire, mais on la retrouvera, à coup sûr dans les romans, au cinéma, en BD, objet de mémoire et de thèses universitaires. Constater son décès n’est pas chose facile: son cœur a cessé de battre, son cerveau de fonctionner, ses poings de frapper, mais elle passe encore pour vivante dans les lieux où s’élaborent les représentations – instituts de sondages, IEP, services politiques des grands médias.

Et pourtant, tout observateur un peu attentif de la vie politique et intellectuelle de l’Europe et de ses dépendances devrait s’apercevoir que nous sommes en train de changer de paradigme.

La coïncidence du binôme sociologique dominant/dominé avec le binôme politique droite/gauche n’a certes jamais été totale, mais elle a tout de même permis, aussi imparfaite soit-elle, de structurer de manière plutôt satisfaisante la vie politique, et sociale et intellectuelle des démocraties au XXe siècle. Chacun la déclinait à sa manière, latine, scandinave ou britannique pour le plus grand bonheur des classes moyennes.

On lui doit une prospérité sans précédent, le développement inégalé dans l’Histoire des libertés publiques et individuelles, la protection collective contre les aléas de la vie, et surtout la fin de la guerre civile intra-européenne.

Ce modèle a néanmoins échoué à s’imposer à l’échelle mondiale : on serait bien en mal de distinguer où se situent la gauche et la droite, ou même le milieu, dans les régimes autoritaires et/ou corrompus qui sévissent dans la majorité des pays siégeant à l’ONU. Adversaire, puis régulatrice du capitalisme, la gauche n’est plus aujourd’hui que spectatrice d’un monde qu’elle a d’abord renoncé à changer, puis à comprendre.

Les premiers à déserter la gauche, en France et dans les pays comparables, ont été les ouvriers: ce sont eux qui ont pris en pleine figure l’échec tragique et, n’en déplaise à Badiou, sans doute définitif, de l’utopie communiste. Non seulement ils n’ont pas rejoint en masse les rangs de la social-démocratie, mais ils ont constitué, pendant les deux dernières décennies, les gros bataillons du Front National, qui fut un temps le premier parti ouvrier de France. Partout en Europe on voit surgir des partis populistes faisant leur pelote sur les angoisses du petit peuple.

Parallèlement, on pouvait constater que dans aucune des nouvelles démocraties nées de la chute du communisme, la gauche réformiste ne se constituait en porteuse légitime des intérêts des ouvriers et des salariés. Les partis dits sociaux-démocrates de ces pays étaient soit des usines de recyclage de l’ancienne nomenklatura bureaucratique, soit des versions centre-européennes du blairisme britannique. Dans le reste du monde, l’exception remarquable du Brésil de Lula ne doit pas masquer que la gauche politique s’est littéralement évaporée au Japon et en Corée, et qu’on ne saurait discerner la moindre émergence d’une social-démocratie dans les “petits dragons” asiatiques que sont Taïwan, Singapour ou l’Indonésie. Quant à la Russie, à l’exception d’un Parti communiste s’appuyant sur les vieux apparatchiks déshérités, le concept même de gauche y a disparu de l’espace public.

Israël, toujours un peu en avance sur le mouvement, avait montré la voie: en moins d’un quart de siècle la gauche travailliste se ne trouva plus représenter que les nantis, les intellectuels, les artistes et les enseignants, alors que les défavorisés votent Likoud, Shas, ou Lieberman…

Mais revenons chez-nous. Abandonnée des ouvriers, des marginaux, des exclus, appuyée sur sa seule base sociologique, la petite bourgeoisie intellectuelle, la gauche française fit encore un temps illusion. Le jospinisme des années 1997-2002 était la parfaite incarnation de cette nouvelle donne idéologique et politique interne à la gauche: sous la direction éclairée de la petite bourgeoisie intellectuelle, incarnée par les petits maîtres des sciences humaines triomphantes, la classe ouvrière allait accéder au paradis des 35 heures, des loisirs de qualité, de la multi-culturalité et du métissage portées au rang de valeurs suprêmes de la République. Seulement voilà: à plus de temps libre les ouvriers et assimilés préféraient plus d’argent, leurs choix esthétiques les tenaient éloignés des spectacles subventionnés, et ils se montraient indécrottablement rétifs au remplacement du référent national par son équivalent européen. De plus, ils n’étaient pas insensibles au discours sécuritaire de la droite et de l’extrême droite en raison de la dégradation de leurs conditions de vie dans les périphéries des grandes villes

Le résultat est bien connu : le 21 avril 2002 le ciel tombait sur la tête d’une gauche dès lors ramenée au plus petit dénominateur commun d’un antifascisme surjoué.

Seuls le mode de scrutin majoritaire et la prééminence de l’élection présidentielle allaient permettre au Parti socialiste de rester un recours pour l’expression de la mauvaise humeur chronique de l’électeur français (l’effet essuie-glace, qui chasse les sortants à chaque scrutin). Mais pendant qu’une nouvelle génération de notables socialistes s’installait confortablement aux commandes des villes, des départements et des régions, la droite et l’extrême gauche pillaient les vieilles armoires de la gauche pour rendre leurs boutiques plus attrayantes.

Depuis quelques années, Sarkozy, Cohn-Bendit et Besancenot se sont précipités sur tous les symboles laissés en déshérence. À moi Guy Môquet et le mythe du communisme patriotique ! À toi la flamme de mai 68 et le grand bond en avant sociétal ! À lui les derniers hochets de la panoplie du petit révolutionnaire. Une lutte féroce s’est engagée pour l’hégémonie politique et idéologique sur la petite bourgeoisie intellectuelle, celle qui est en train de se battre pour le maintien de ses positions économiques et symboliques dans la société, dans une joyeuse foire de surenchères corporatistes des “touche pas à…” mon école, ma fac, mon labo, mon hosto, mon posto…Sur les rangs, le PS canal historique (Martine Aubry), le PS canal mystique (Ségolène), la gauche allemande (Mélenchon qui se joue la fable de Lafontaine), la gauche verte, européiste et altermondialiste du trio Cohn-Bendit, Bové, Besset, et la petite bourgeoisie qui se rêve en réincarnation du prolétariat de papa rassemblée derrière le facteur et ses parrains de la IVe Internationale. Aussi longtemps qu’un vainqueur, en la personne d’un leader crédible et rassembleur ne sera pas sorti de cette mêlée confuse, la droite peut gouverner tranquille, avec cet inconvénient, pourtant, de ne pas avoir de contradiction suffisamment stimulante pour exercer intelligemment le pouvoir

C’est ce qui a conduit la droite sarkozienne de piquer, en plus des idées, des gens à gauche, et pas les plus mauvais. C’est d’autant plus simple qu’ils n’ont besoin d’aucun recyclage pour devenir immédiatement opérationnels, comme Kouchner ou Besson ou Jouyet: le pragmatisme sans rivage du président, son usage purement rhétorique du discours idéologique libéral, et son absence totale de révérence envers l’héritage gaulliste donne à la présence des “ralliés” une efficacité qui va au-delà de la petite manœuvre politicienne habituelle.

Pour retrouver le chemin du peuple, la gauche devra, elle, subir une telle mutation qu’elle en sortira méconnaissable. Si cela se produit, son premier geste, dès son retour au pouvoir, devra être d’élever une statue à Nicolas Sarkozy.

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  • 19 February 2009 à 20h24

    L’Ours dit

    Pour ce qui s’imaginent que je pourrais rougir de l’économie de marché, que ce soit clair, je suis pour et je mets l’argent que vous voulez sur le tapis pour prendre les paris de ce que sera notre économie au sortir de la crise… ce sera du libéralisme!

    Car non seulement les autres systèmes sont mauvais pour ne pas dire médiocres car ils misent sur l’honneur de l’homme (on se demande pourquoi on fait des lois) mais j’irais même jusqu’à dire que ce n’est pas tant que ‘léconomie de marché est le meilleur système… c’est le SEUL!
    Oui, en réalité, tournez le problème dans le sens que vous voudrez, il n’y en a pas d’autre!
    A moins que vous n’aimiez les dictatures qui de toutes façons mènent non seulement à la privation des libertés, mais aussi à la ruine!

    Nous ne vivons pas une crise du capitalisme mais une crise due à l’escroquerie à grande échelle. Ce qui a permis ça, c’est un Etat et des banques centrales qui n’on pas fait leur travail de surveillance! Nous n’étions plus dans une économie libre mais dans une économie sauvage, où les règles n’étaient non seulement pas respectées, mais pas vérifiées!
    L’impérétie de ceux dont c’est le travail, aveuglés par leur bêtise et leur vénalité rustre, nous a méné à la catastrophe actuelle!
    Et encore, là je ne parle que de la crise financière. Une crise économique plus profonde est là aussi, due à mon sens à une mauvaise philosophie du calcul des charges des entreprises ( je ne parle pas de montant mais de principe de calcul), mais c’est une autre histoire!

  • 19 February 2009 à 20h18

    Alvaro Canyon dit

    On dit avec extrêmement de politesse que la gauche est morte, en réalité je crois qu’elle n’a disparu que dans sa confusion avec la droite, de sorte que ni gauche ni droite n’existent plus rationnellement.
    Qui remet en cause le système dans lequel nous vivons lorsque gauche et droite se sont accordés à le mettre sur orbite?
    Et qui sont ces pleutres qui, selon M. Rosenweig, ont permis de “structurer de manière plutôt satisfaisante la vie politique” en prétendant être l’opposition de l’un ou de l’autre alors que n’aspirant au même but et proposant des syllogismes différents dans l’énoncé mais rigoureusement identiques dans leur sens?

    A la vérité, gauche et droite sont deux directions qui ne doivent plus souffrir d’aucune priorité car menant toutes deux à des impasses. Impasse économique, institutionnelle, sociale. Le monde qu’ils ont tous deux proposés avec des variables de style vient de s’écrouler.
    Mais, objectera-t-on, et la droite, elle fonctionne bien non? La preuve, elle est au pouvoir!
    Je crois qu’elle n’a ni le pouvoir ni l’exercice de sa fonction du fait qu’elle ne contrôle plus l’échiquier que l’économie elle s’amuse à mobiliser à souhait.

    Le problème est désormais que l’économie a perdu le contrôle de son pouvoir toute seule, mais la politique ne l’a pas pour autant récupéré. Le système est dirigé par une âme fantôme qui souffre de ne point avoir de règles ni d’institutions pour se fixer.
    Le pouvoir fait chaise vide après avoir fait les chaises musicales. Après les partis politiques, les classes d’experts, voici l’ère de colin-maillard où chacun doit reconnaître ses billes à l’aveuglette dans toutes les dettes révélées et avérées.
    Alors la droite et la gauche attendent leur tour, en se cachant derrière les derniers ustensiles de cuisine desquels ils se sont servis pour essayer de se trancher l’oesophage depuis des lustres.

    A qui la responsabilité de leur décadence? Aux deux. Si la gauche trépasse, la droite cadenasse. Et si Besson a refusé de passer l’arme à gauche pour s’encquérir de la droite, c’est qu’à la vérité la différence entre les deux est une différence d’opportunité politique ou d’ascension. Les deux camps n’ont plus de frontières ; le paysage politique est dédouané.

    De plus, on confère une santé à la droite parce qu’elle avantage des scrutins et de l’administration politique (ce qu’on aurait dit pouvoir il y a quelques années quand ils l’avaient encore), alors qu’elle pourrait souffrir de la même navrance que la gauche si elle même n’avait pas de meneur et si elle se contentait d’être spectatrice des “gouvernements”. Elle en a un, elle est préservée en apparence. Car au niveau des idées, il y a de quoi faire pleurer Atchoum et éternuer Simplet: on attend que la crise se décante car on n’a rien à proposer à la place. Et puis d’idées il y en aurait besoin s’il elles avaient de quoi être confrontées: walou, la gauche n’en a pas non plus, donc on discute sur des braies et des peccadilles.

    Foncièrement parlant, la droite et la gauche n’ont plus rien qui les oppose ou distingue si ce n’est que les uns ont l’avantage du soutien électoral et populaire. Passé ce soutien, ils ont tous deux de quoi brouter leurs champs en friches.
    Paix à leur blâme.

  • 19 February 2009 à 19h47

    Armagedon dit

    @Schneider
    “Et que les parisiens soient contre, ce n’est pas un argument d’autorité.” Pour moi si, cela fait un peu trop longtemps que l’on m’explique que la démocratie ne consiste pas à faire ce que la majorité des gens veulent. Ce serait paraît-il du populisme… Quelle horreur !
    Les tours sont faites d’abord pour des bureaux, pas pour des logements.
    Paris perd des emplois depuis 10 ans. Vous n’aurez bientôt plus à y venir.
    Vous pointez un problème de circulation automobile ou ferroviaire, aggravé pour le premier par la politique urbaine de Delanoë. D’un côté on ralenti le trafic, d’un autre côté ont construit des tours parce que le trafic est trop lent?
    Pourquoi ne pas doubler le pont de Saint-Cloud comme c’était prévu au départ, et élargir le tunnel du même nom ? Les exemples d’aberrations ou de problèmes de bouchons qui pourraient être facilement résolus par des ponts routiers au lieu de feux rouges sont innombrables.
    Si vous voulez des tours, il y a un endroit pour ça : la Défense. Vous pouvez également les mettre dans le 93, il y a plein de chômeurs qui ne demanderaient que ça dans la région. Ne confondons pas Paris et la région parisienne. Pourquoi absolument à Paris ? Pour une seule raison, servir la soif d’égo de Delanoë.
    il y a pléthore de logements vides à Paris : il faudrait peut-être changer les lois sur la location, et arrêter de considérer ceux qui veulent mettre un appartement en location comme des délinquants. Il me semble que Paris perd des habitants depuis quelques années.
    Tokyo et New York ne peuvent pas être comparés à Paris : au Japon, les surfaces plates sont extrêmement rares. Qui plus est, Tokyo n’est pas la seule grande ville du Japon. New York est dans un pays divisé en états sans pouvoir central fort : chaque État fait ce qu’il veut. Il est totalement anormal qu’en France tout se déroule dans la région parisienne. Mais il s’agit d’une volonté des élites (voir le fromage à propos du déménagement de l’ENA à Strasbourg), une fois de plus. La France n’a pas de véritable politique de développement du territoire, juste du saupoudrage.
    Au Moyen Âge, Paris n’était pas une mégapole. La répartition de la population était beaucoup plus équilibrée : même le Massif central ou les Causses étaient peuplés, la France comptait plusieurs grandes villes d’égale importance. Quand le roi voulait développer une région, il créait une ville, ou favorisait l’économie : pourquoi pas la même chose aujourd’hui ? Pourquoi pas des gratte-ciel dans la banlieue toulousaine ? Je n’ai rien contre les villes, mais contre les mégalopoles. Si la population française était mieux répartie, il y aurait moins de problèmes d’urbanisme, de pollution et d’allergie. Mais pour cela il faut une volonté, et elle n’y est pas. Je souhaite conserver le caractère de Paris dans la mesure du possible. Et aujourd’hui, c’est tout à fait possible. Mais Delanoë n’a d’yeux que pour Londres.
    Ce débat est stérile, puisque Delanoë a décidé de construire des gratte-ciel. Que le petit peuple soit contre n’a aucune importance. Le roi est mort, vive le tyran

  • 19 February 2009 à 19h20

    ramon mercader dit

    @ l’ami schneider
    “en lisant le titre,en bon degauche qui se respecte,j’avais sorti le colt………”
    contre-emploi mon cher !
    le colt est une arme typiquement de droite ,comme le berreta
    un degauche,un vrai,qui se respecte aurait sorti le nagant,ou le makarov,en encore le camarade p38
    en aucun cas une merde capitaliste,fiable certes ,mais ……..comment dire,criticable.
    ne parlons pas des manurrhin (?) si typiquement français que c’en est à pleurer
    ni des astra cadix ,si typiquement ibériques que seuls les braqueurs de deuxième zone les utilisent.

  • 19 February 2009 à 19h12

    SF dit

    Pendre les banquiers, pourquoi pas.

    On attend donc que les vaillants petits jacobins, les tyrans de pacotille, et autres enc*** à la vertu majuscule nous délivre de la cupidité de ce monde.

    Seriner comme un mauvais journaliste que “c’est la faute au néo-turbo-libéralisme” si la bonne grosse social-démocratie bien molle trébuche aujourd’hui, c’est un peu nous expliquer que l’URSS se serait effondrée à cause de l’ultra-libérale Perestroïka.

    C’est qu’en plus ils sont culottés, les collectivistes 20% de matière grasse. Comme je disais, vu que les capitalistes sont de puceaux et qu’eux ont des couilles comme des montgolfières, on attend toujours qu’ils passent à l’acte.

  • 19 February 2009 à 18h30

    vicherat dit

    quand on parlera politique seulement en proposant des actes:
    faire pression sur les collectivités territoriales de gauche (manifs…), majoritaires, pour qu’elles ne s’occupent que de l’essentiel (social, énergie, meme international) hors obligations.
    (On n’a pas à etre demandeur face à un adversaire, la droite.)
    appeler au boycott des nouveautés, sauf exceptions, en matière de voiture, fringues, écrans, actions, assurances …
    on sera plus crédible.
    Encore faut-il vouloir freiner la course au confort des riches.
    Luc Rosenzweig le veut-il ?
    Philippe Vicherat

    .

  • 19 February 2009 à 18h27

    schneider dit

    @ l’Ours et Nina

    Sur Soral, je sais que je n’arriverai pas à vous convaincre.
    Je comprends que ses propos sur les juifs aient mis une barrière définitive entre vous et lui.
    Pour ma part, je l’ai découvert il y a 7 ans, avec son “abécédaire de la bêtise ambiante”. J’ai énormément apprécié son ton, ses thèmes et sa plume.
    Je pense qu’il faut aller le lire, son abécédaire ou “misère du désir” par exemple, c’est un pamphlétaire qui ne manque pas de panache.
    Après, quant à ses engagements politiques, on n’est pas obligé d’adhérer. Il porte quelques thèmes qui me sont chers cependant.
    Et je trouve le personnage fascinant…

  • 19 February 2009 à 14h13

    Three piglets dit

    Ne vous en faîtes pas pour moi XP, en ce moment et depuis 6 mois, c’est champagne tous les jours quand je pense à vos tronches “de travailleurs indépendants” (mouarf) qui nous vantaient les vertus , à nous autres “incultes” en “économie”, du libéralisme intégral, sauce autrichienne, et que tout cela s’écroule sous nos yeux ébahis.
    Quel plaisir de voir que la réalité vous donne tord à vous et à votre bande de gougnafiers qui se gardent bien, on s’en doute, d’aller vivre au paradis “des travailleurs indépendants”, tout en donnant des leçons , du haut de cette arrogance qu’on croyait disparu avec les communistes.
    Maintenant, nous n’avons plus qu’à attendre que la “citadelle du monde occidentale” (au fait, comment va Dantec?) se disloque littéralement sous nos yeux.
    Il parait que certains états étudient leur Constitution pour, peut-être, se séparer du pouvoir central…
    Si seulement, on pouvait vous envoyer vivre la bas, vous nous casserai moins les couilles ici.

  • 19 February 2009 à 13h31

    Spoon dit

    Il est marrant ce XP, il croit me repondre mais il repond en fait à Alain Soral, ce petit peneur mediocre, cet ecrivain raté et ce republicain saint justien.

    Que voulez vous que je vous dise, vous voyez alain soral partout comme certains voyaient des juifs partout dans les années 30. Ca se soigne ca mon petit.

    Je suis tres heureux de vous faire pitié surtout que je ne perd pas au change puisqu’en retour vous me faites rire, oui vous me faites rire XP. Comme ces communistes dans les années 50 qui, de retour d’URSS, nous decrivaient le paradis, les potagers fleurissants, la Culture a portée de main du Peuple. Aujourd’hui, ce sont les liberaux qui, en pleine deconfiture, nous chantent les bienfaits du liberalisme et du libre echange, les vertus du capitalisme democratique et des placements en bourse…….

    XP c’est un peu l’Aragon du liberalisme, le talent en moins!

    Quand à Elsa Triolet, elle est aujoud hui caissiere de supermarché….

  • 19 February 2009 à 12h39

    L’Ours dit

    Soral…
    Une référence.
    ça me sidère.
    Qu’on cite Céline ou quelques autres que j’exècre en tant que personnes, je veux bien, ils étaient ou sont, pétris de talent!
    Mais Soral. Le vide sidéral. Un bagage valant un cadeau bonux ( et je ne parle pas là des diplômes)et des idées au degré zéro d’un soudard au comptoir!
    Il est sorti d’un “loft story” ou de ‘koh lanta” pour qu’on le connaisse? Pour qu’on l’intellopeopolise?

  • 19 February 2009 à 12h02

    jemerappelle dit

    A XP.
    Un couple dont le mari est un ouvrier, même HQ et la femme institutrice, pardon, professeur des écoles maintemant, ne peut avoir un pavillon valant 400 000€, sauf par heritage heureux.

    Revoyez vos réferents.

    L’article est evidement excellent, enfin quelqu’un ose dire qu’hors l’analyse concrète de la situation concrète n’est que ruine de la vie politique!

    Les partis de gauche, en particulier le PCF ne défend plus son électorat naturel, la classe ouvriere existe toujours, le PCF situe son combat aujourd’hui sur le terrain de la morale, remplaçant ainsi le feu abbé Pierre.

  • 19 February 2009 à 11h33

    Nina dit

    Et vous appréciez Soral schneider ?
    ENAURME !

  • 19 February 2009 à 10h59

    Gogol dit

    L’article de Luc R. d’un excellent niveau, mérite mieux que les échanges de commentaires qui, comme souvent, dévient du sujet.
    Alors j’ai envie de soumettre ma réflexion qui est présentée sous forme de métaphore:

    -Nous sommes nombreux, à naviguer au milieu de l’océan. De grosses vagues secouent la frêle embarcation où sont entassés hommes, femmes, enfants, vieillards. En attendant que les flots se calment chacun tente de s’occuper. Les plus actifs, bien malgré eux, sont obligés d’épouser les remous et les tangages de la situation. Ils supportent ainsi la traversée tant bien que mal mais sans trop de malaises. Alors que d’autres ne le peuvent car ils ont un terrible mal de mer et se plaignent amèrement.
    Cette différence dans la réaction a-t-elle une pathologique particulière ? Certainement : les premiers en s’activant s’oublient quelque peu et échappent a la désagréable sensation de malaise. Ils accompagnent les remous, épousent le rythme des roulis et s’adaptent ainsi à la situation du moment. Ainsi, ils sauvegardent le cap de tous. Quant aux seconds, en ne cessant d’exiger vouloir rester à la vertical dans une embarcation secouée, prennent le risque d’amplifier leur mal et d’entrainer tout le monde vers le naufrage.

  • 19 February 2009 à 10h27

    schneider dit

    “Mais que XP DISE des choses justes, soit”.

    Il y a d’autres fautes, mais celle-là en début d’intervention faisait tâche.

  • 19 February 2009 à 10h20

    schneider dit

    @ Joelle

    Mais que XP dit des choses justes, soit.

    Sauf que le couple dont vous parlez n’a pas un patrimoine de 500.000 €. Or XP fait parler ce couple (qui au demeurant a l’habitude qu’on parle à sa place) pour défendre des gens qui ont un patrimoine qui commence à être conséquent

    Sauf que ces gens-là ne peuvent se payer aujourd’hui en IDF ni un pavillon, ni même un 2 pièces, et qu’ils sont obligés de se loger dans de véritable ghettos où sont concentrés tous les problèmes et cas sociaux de France.

    Et j’ai quelque chose à leur proposer, qui n’est malheureusement pas défendu par grand monde, et surtout pas par le parti socialiste.
    Ce serait un peu long à exposer ici, mais cela partirait du constat qu’on n’a jamais eu autant de capital financier et humain disponible sur le territoire. Il est donc quand même assez étonnant qu’on soit condamnés au déclin en terme d’activité.

    Il serait tout à fait possible de relocaliser l’activité par des mesures de protectionnisme adéquats et des rapports raisonnés avec l’Asie. Histoire par exemple que votre ouvrier ne perde pas son travail, et soit sommé de s’insérer dans une économie de cols blancs où il n’ a pas les diplômes.

    Sinon effectivement, dans le cadre de l’organisation économique internationale actuelle, non, j’ai bien du mal à proposer quelque chose de crédible à qui que ce soit.

    Mais personne n’a rien à proposer à votre couple, ni Sarkozy et son programme tiré d’une bible luthérienne, ni Royal avec son mysticisme halluciné.

    Maintenant pour faire avancer mes vues dans le cadre politico-médiatique actuel, je sèche un peu, je ne vous le cache pas.

  • 19 February 2009 à 10h04

    Joëlle dit

    A Schneider :

    Si je peux me permettre : XP dit des choses justes sur ce que pense une partie du petit peuple, mais, en bon socialiste que vous semblez être, vous ne voulez rien entendre, vous feignez de ne pas comprendre ses arguments, vous les balayez et répondez avec de belles phrases définitives, du genre “le peuple, c’est une figure réactionniare bien connue”. Non, le peuple, comme le disait XP, c’est un ouvrier marié à une secrétaire, ils ont une fille caissière chez Carrefour. Bien qu’ils ne lisent pas beaucoup, ces gens-là parlent, je vous l’assure, et votent, au moins aux Présidentielles.

    Et à ces gens-là, vous n’avez pas grand chose à répondre.

  • 19 February 2009 à 9h47

    schneider dit

    @Aristote

    C’est tout à fait exact ce que vous dites, mais vous ne pouvez en faire décemment une ligne politique.

    Le choix de la désindustrilaisation du territoire, et de la fuite de l’activité de services y afférente a une conséquence: il n’y a pas d’emplois pour tout le monde et une partie de la population est purement et simplement surnuméraire.

    A partir de là, c’est le jeu des chaises musicales. A chaque tour de nouvelles personnes ne trouvent pas de places pour s’asseoir et la faucheuse les emporte.

    D’où une peur panique bien compréhensible et des stratégies individuelles pour ne pas en être, qui tient lieu de vie collective.
    Sarkozy l’a très bien utilisé, en faisant campagne sur le travail. Suaf que cela part sur un postulat faux “si tout le monde travaille 10% de plus, on s’enrichira de 10%”. C’est faux. A ce jeu là il y aura peu de vainqueurs.

    Les stratégies individuelles sont compréhensibles mais ne seront payantes que pour une toute petite minorité.

    La réussite d’une société a assez peu à voir avec le courage. Dans toute société on voit des rapports au travail varié. Après c’est une question de structures économiques.

    Si ces structures permettent l’enrichissement, le travail payera, si les structures ne le permettent pas, le travail aura du mal à payer.

    Après, il est très difficle d’expliquer cela à des gens qui ont peur. Comme je disais à XP, politiquement, je n’ai que mon espoir à vendre.

  • 19 February 2009 à 9h32

    schneider dit

    @XP

    Le peuple ne connaît pas Soral, Dupont-Aignan, Chevènement et tout ce monde.

    Moi je les connais et les apprécie.

    Et vous allez m’expliquer un mystère qui me tourmente depuis longtemps: pourquoi le peuple ce n’est jamais moi?

    Au début je croyais que c’était financier. Mais là vous me parlez de propriétaires de pavillons infiniment plus fortunés que moi. J’ai sans doute un plus gros salaire que la plupart d’entre eux, mais je ne pourrais avoir leur niveau de vie. Ce n’est donc pas financier.

    Peut-être alors que c’est parce que mon activité extra-professionnelle prépondérante est la lecture. Le peuple, c’est celui qui ne lit pas. Mais alors il y a une hypocrisie à vanter Finkielkraut qui se plaint de la baisse du niveau culturel, si c’est ensuite pour réserver la parole à celui qui ne lit pas.

    En fait, le peuple, c’est une figure réactionnaire bein connue. Le peuple, c’est celui qui se tait et se résigne. Dès qu’un homme prend la parole et s’engage, de braves doctrinaires lui expliquent que ce qu’il veut “le peuple ne le veut pas”. Le peuple, c’est celui qu’on fait parler pour dire aux autres de se taire.

  • 19 February 2009 à 9h26

    schneider dit

    @ Armageddon

    Voilà, on y vient! Paris ville plate c’est plus beau, et d’ailleurs les parisiens sont contre la hauteur ce qui, en régime démocrartique, devrait suffire.

    Que ce soit plus beau je vous l’accorde.

    Sauf que quand on doit faire 3 heures de transport et vivre à 4 dans 3 pièces, parce que les habitants de Paris veulent garder à la fois l’esthétique de la ville mais également les emplois qui y sont localisés, cela porte un nom: le Nymbisme, du nom d’une locution anglaise “Not in my backyard”.

    Comprenez bien que soutenir Paris ville plate quand 10% du PIB français est produit sur ses 105 km², et que tous les pouvoirs (politique, économique, culturel, même la FNSEA a son siège dans le VIIIème) y sont concentrés, cela consiste juste à vouloir réserver ces pouvoirs à une petite minorité.

    Quand on produit 10% du PIB d’un pays sur 105 km², ces 105km² ont un destin urbanistique: Manhattan ou Tokyo.

    La première fonction d’une ville depuis le Moyen-âge et la fondation des villes médiévales, c’est d’abord de pourvoir aux nécessités économiques. Si il n’y vait pas eu ces nécessités économiques, la France serait une vaste campagne avec des villages groupés autour des églises et abbayes.

    Si vous voulez profiter de la concentration des pouvoirs, il faudra sacrifier un peu de vos rêves de campagne.

    Et que les parisiens soient contre, ce n’est pas un argument d’autorité. Ayant chassé en dehors tous ceux qui gagneraient à la hauteur, il est bien facile d’organiser un scrutin interne sur ce type de sujets. Le résultat en est connu: les avantages pour nous, les inconvénients pour les autres.

    Les verts parisiens ont d’ailleurs fait leur fonds de commerce sur ce réflexe.

    Du rapport entre démocratie locale et féodalité. Vive le jacobinisme, seul garant de l’intérêt national!

  • 19 February 2009 à 9h21

    Aristote dit

    Il est quand même intéressant de noter que dans les sociétés qui ne mégotent pas sur la liberté économique et ne sont pas habituées à l’assistanat, le bon peuple, mais en temps de grave crise, ne cherche pas la solution dans plus d’État/plus de fonctionnaires. Il est prêt à jeter en prison les financiers qui le méritent (combien y sont-ils en France ?), mais la part du feu consentie à la rapacité qui n’est en rien l’apanage du monde de la finance, il persiste à avoir confiance en ses propres capacités.

    Bien à vous.