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C’est oui ou c’est non ?

Européennes : le PS en ordre de marche vers la cata

Publié le 05 mars 2009 à 14:35 dans Politique

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Avant même que la campagne des Européennes s’engage, un fait semble déjà acquis, le PS, qui vient de présenter aux militants ses propositions de listes a remis en route, inexorablement, la machine à perdre.

Pourtant, personne ne pourra accuser la Première secrétaire d’avoir voulu bétonner les listes à son profit : elles ont été soupesées au milligramme près pour refléter le poids respectif de chaque motion du Congrès de Reims, donc pour ne léser personne, avec une précision à faire pâlir d’envie votre dealer de quartier.

Et pourtant, les projets de listes socialistes pour les Européennes vont immanquablement déboucher sur un pugilat général, une bonne vielle baston entre socialistes comme on les aime tant.

Il y a bien sûr les parachutages hasardeux, notamment ceux de Vincent Peillon et Henri Weber; ces délocalisations sauvages ont déjà été abondamment commentées par mes confrères qui, en se recopiant les uns les autres, ont juste omis de mentionner l’un des aspects les plus croustillants du problème. Weber et Peillon ne sont pas seulement des parachutés, ce sont aussi de sacré poissards. Partout où ils passent, le PS trépasse. Envoyé par Fabius se tailler un fief dans le 9/3 puis à Dieppe, Henri Weber y a connu, semble-t-il, quelques difficultés de contact avec l’électorat ouvrier, ce qui dans ces contrées glauques est synonyme de mort sociale. Même motif, même punition pour l’agrégé de philo Vincent Peillon. Certes il a pour lui son physique de gendre idéal à rendre jaloux Laurent Wauquiez et sa connaissance approfondie de l’œuvre de Merleau-Ponty. Hélas, Peillon semble souffrir du même symptôme de prolophobie aiguë que Weber, à tel point qu’il a réussi, sans aide extérieure, à faire basculer à droite la circonscription ultra-populaire du Vimeu dans la Somme, qui votait pourtant à gauche depuis les Mérovingiens. Autant prévenir tout de suite ces éternels mal-aimés des scrutins populaires et des électeurs éponymes : les régions Centre et PACA, ce n’est pas seulement les bobolands du Perche ou du Lubéron.

De la bonne rigolade en perspective donc, mais ces parachutages ne sont pas la pire bombe à retardement déclenchée par Martine. Pas besoin d’être un philologue aguerri pour constater que dans Européennes il y a le mot Europe. Or, il est évident que pour tenter de réduire une fracture, celle de Reims, Martine Aubry prend le risque de rouvrir une plaie béante très mal cicatrisée, celle du référendum sur le TCE. Franchement, les amis, la cohabitation s’annonce problématique entre les tenants de La Marseillaise et/ou de L’Internationale et ceux qui se repassent en boucle L’Hymne à la joie sur leur iPod. On savait déjà que Benoît Hamon n’aimait pas beaucoup Harlem Désir, lequel lui a soufflé la tête de liste en Région Parisienne où Hamon n’est finalement que numéro 3. N’empêche qu’ils sont sur la même liste et que ça risque de chauffer. Car Harlem a été un des plus virulents partisans du oui dans le débat interne du PS sur feu le Traité Constitutionnel Européen, et qu’il a eu des mots particulièrement désagréables pour ceux de ses camarades qui, tel Benoît, ont fait campagne pour le non malgré la consigne officielle du Parti. Pour bien marquer son soutien sans faille au chef d’œuvre de VGE, Harlem Désir avait brutalement et publiquement démissionné d’Attac en 2005, après que l’association avait appelé a voter non. Il avait assorti sa sortie de quelques qualificatifs peu fraternels pour ses ex-amis nonistes de gauche, les traitant d’”apprentis sorciers” et de “jusqu’au-boutistes”, les accusant “d’utiliser les travailleurs des pays pauvres comme boucs émissaires ou comme repoussoirs” et leur reprochant finalement leur “démagogie nationaliste”. Comme je ne suis pas certain que Benoit Hamon, n’ait pas pris de notes à l’époque, ni qu’il les ait brûlées dans un accès de charité chrétienne, ça promet de l’ambiance.

De l’ambiance, il y en aura aussi par exemple dans la région Est, où le n°2 de la liste du PS, l’économiste hétérodoxe Liem Hoang Gnoc se retrouve pris en sandwich entre Catherine Trautmann, eurobéate historique ; et Aurélie Fillipetti, oui-ouiste hystérique. Rappelons que l’excellent Liem Hoang Gnoc ne cesse de fournir en argumentaires et contre-argumentaires bourrés de courbes et de chiffres les partisans de l’«Autre Politique» économique, sociale et, disons-le, européenne. On n’ose pas imaginer ce qui va se passer si ces trois-là se retrouvent sur une même tribune à la selle des Fêtes de Longwy et si un chômeur ou un métallo en voie de licenciement leur pose une question sur le protectionnisme, les diktats de la Commission de Bruxelles, ou les oukases de la BCE. Ou plutôt si, osons l’imaginer. Soit nos candidats réciteront le texte commun à la noix des socialistes sur l’Europe, qui est un gloubiboulga consensuel apuré de la moindre trace de sens, ce qui est toujours avisé pour faire fuir l’électeur, qui vers le Modem, qui vers le Front de Gauche. Soit, et c’est plus probable, ce sera la foire d’empoigne et les noms d’oiseaux, ce qui est plus agréable pour les spectateurs du meeting, mais tout aussi efficace pour perdre un maximum de voix le 7 juin.

Un 7 juin qu’attendent donc avec impatience Bayrou et Mélenchon. Mais pas seulement eux : pour dire les choses clairement, je ne suis pas certain que cette perspective de déculottée pour le Parti de Reims enfin réconcilié soit vraiment de nature à désespérer François Hollande…

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  • 6 March 2009 à 11h13

    candide dit

    Le courant P.S est très large ,cela n’aura échappé à personne .
    Donc sur cent idées il y en a toujours une qui colle à la réalité du lendemain !
    Leur cri de ralliemment est simple :

    “p’tet ben qu’oui p’tet ben qu’non “

  • 6 March 2009 à 9h53

    XP dit

    @ Joelle

    Remarquez, Lang c’est bien implanté dans le Nord, ce qui, dit comme ça, paraît… Surprenant.

  • 6 March 2009 à 9h28

    Joëlle dit

    L’Ours, j’aime bien votre explication sur la psychologie des électeurs. C’est basique, mais sans doute plus décisif que les mirobolantes démonstrations que nous font les “politologues” estampillés, le soir des élections.
    Quant à Peillon en Paca, évidemment, j’en rigole déjà. Je l’imagine faisant la tournée des bars sur le Vieux Port, à Marseille, par ex., s’il y en a un qui va détonner, c’est bien lui, un peu comme un supporter anglais qui, avant un match, va boire une pinte en terrasse, persuadé qu’il est à sa place et que l’étranger, c’est toujours le basané.
    (Je ne cherche pas à remplacer un racisme par un autre, je plaisante, et que les blondinets me pardonnent. )

  • 6 March 2009 à 0h39

    Alice dit

    Raymond2, à défaut de faire l’ange, fait la bête. il écrit : «Au fait, par prolophobie, il faut entendre “peur des prolos” (comme dans “claustrophobie”) ou haine des prolos (comme dans “xénophobie”)?»
    Êtes-vous ignorant à ce point ? Reprenez votre dictionnaire de grec ancien. Si vous l’avez jamais ouvert, voilà une belle occasion !
    Votre ami Peillon beau garçon ? C’est vous qui le dites. Moi qui suis, d’après la rumeur, une jolie môme, je le trouve bien fade votre social-démocrate. Marc Cohen a bien vu en le qualifiant de gendre idéal. Monsieur 2, vous avez la morale courte et la vue basse. À mon avis, vous allez souffrir pendant et après les Européennes. Continuez donc à espérer que votre «mère Denis» lilloise sauvera votre parti du naufrage…

  • 5 March 2009 à 22h39

    ramon mercader dit

    le parti comment?
    socia……………..comment?
    socialiste?
    non,je vois pas ,c’est qui ces mecs?

  • 5 March 2009 à 21h25

    Ludovic Lefebvre dit

    C’est amusant de voir une descente d’organes (politiques) annoncée. Tout ce petit monde, pas seulement le P S qui s’écroule doucement, mais certainement n’est pas pour me déplaire. Plus cet univers déprime et plus d’autres sont guillerets. Après ces trente ans de cauchemar, il resterait donc un espoir ?
    (Salut Marco, l’Ours et Robespierre.)

  • 5 March 2009 à 20h59

    Lejeun dit

    Depuis l’annonce de la liste mon parti pour le Grand Est, je suis enthousiaste à l’idée d’aller animer les réunions électorales de Trautmann.

    Comme dirait Piketty, il y a des claques qui se perdent.

  • 5 March 2009 à 20h59

    Kajyc dit

    @ Pirée
    Liem Hoang Gnoc est un sympathique garçon à l’idéologie économique un peu dépassée (on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres et aux graphes) que je croisais jadis dans les couloirs de Paris 1 et qui offrait toujours un magnifique sourire à son interlocuteur.
    Mais je doute qu’il puisse faire le poids face à des politiques aguerri(e)s. La bataille promise par MC risque donc de finir en pétard mouillé.

  • 5 March 2009 à 20h15

    robespierre dit

    @David :
    Mais quelle andouille je suis.
    Pour la visibilité de DLR, y’ du boulot mais on avance. Mais mon post était mal foutu comme d’habitude, je préfère NDA à JLM.

  • 5 March 2009 à 18h11

    Béret vert dit

    Est-ce le bon moment pour le PS de prendre des Gnoc ?

  • 5 March 2009 à 17h55

    David Desgouilles dit

    @Robespierre

    Dupont-Aignan est si peu visible que vous écorchez son patronyme….
    C’est démoralisant avec tous les blogueurs qui se crèvent le cul à le faire connaître.
    :-)

  • 5 March 2009 à 17h45

    L’Ours dit

    Marc Cohen, peut-être faîtes-vous la même erreur qu’Elisabeth Lévy quand les medias ont commencé à parler de l’éventualité d’une candidature de Ségolène Royale aux présidentielles?
    Elle était à l’émission de radio de Ruquier et, ce sujet étant abordé, elle avait été péremptoire sur le fait que cette idée était absurde car cette personne n’avait aucune consistance.
    Je m’en souviens comme si c’était hier (sauf des termes exacts) car je lui avais dit tout haut (je parle à ma radio) :
    « il ne faut jamais sous estimer un effet de mode possible » ! De plus, c’était les militants socialistes qui devaient choisir le candidat, et avec une telle mentalité à la Sean Penn, elle avait toutes ses chances ! Je me souviens d’une des rares fois où elle s’est trompée, j’espère qu’elle voudra bien me pardonner.
    Pour Peillon, n’oublions pas qu’il ne s’agit pas des présidentielles. Pour toutes les autres élections les français réagissent comme s’ils votaient pour quelqu’un qui penseraient à eux, petitement. Je m’explique. Imaginez que les travailleurs pouvaient voter à la fois pour leur PDG et leur petit chef direct. Vous pouvez être sûr que la plupart du temps ils vont choisir comme PDG le grand capitaine d’industrie de droite, tueur, et fort, car ils ont besoin qu’au-delà de leur intérêt immédiat, l’entreprise (le pays), soit bien dirigé, sinon ils perdraient tout.
    MAIS quand il faudra élire leur petit chef direct, celui qui s’occupe de leur secteur à eux, là, il s’agira de leur intérêt personnel. Il leur faudra donc quelqu’un qui leur aura promis de s’opposer au grand patron pour qui ils viennent pourtant de voter, afin qu’ils obtiennent plus d’avantages !

  • 5 March 2009 à 17h22

    robespierre dit

    Un beau tableau de chasse avec en tête de gondole (pourquoi ne mettrions nous pas une gondole en tête de tableau de chasse !) la jeune et jolie Filipetti qui non seulement est une petit frappe pour son économiste de mari (cf les news people de ces derniers temps version femme debout mais battue) mais en plus se tire à Bruxelles loin, très loin de sa circonscription de Gandrange avec pleins de prolo poilus et en colère qui vont te coller du FN dans les urnes à en dégueuler.

    L’Europe de tonton c’est fini, celle de papa Aubry aussi.

    Le score de Mélenchon sera peut être à peine plus élevé que celui de Dupont-Daignan soit pas grand chose ou un truc énorme. Mélenchon est bien la preuve vivante qu’on avoir tort en étant marxiste mais cohérent dans sa vision. J’aime bien ce mec.
    Dupont-Daignan n’est pas encore visible et lui manque une dialectique forte mais j’aime bien ce mec aussi.

    Bref en attendant un vrai mouvement néoconservateur français, j’irais ce jour d’élection me planquer dans les bois avec une photo de nu de Carla comme un adolescent penaud et attardé. Y’a plus que ça à faire.

    PS : en cas de meeting PS dans mon coin, j’irais fouttre quand même un beau boxon en criant “Lisbonne, Lisbonne, Lisbonne, tous ensemble….”

  • 5 March 2009 à 17h04

    Alvaro Canyon dit

    “Prudence…
    Les électeurs, plus que le PS, ont des “ressources” insoupçonnées.”

    On se demande lesquelles…

  • 5 March 2009 à 16h46

    Pirée dit

    D’où sort ce Liem Hoang Gnoc qui semble issu de la carpe, du lapin et d’une marionnette lyonnaise? Faut-il lire Ngoc?

  • 5 March 2009 à 16h01

    Raymond2 dit

    Marc Cohen dit:
    “Même motif, même punition pour l’agrégé de philo Vincent Peillon. Certes il a pour lui son physique de gendre idéal à rendre jaloux Laurent Wauquiez et sa connaissance approfondie de l’œuvre de Merleau-Ponty. Hélas, Peillon semble souffrir du même symptôme de prolophobie aiguë que Weber”

    Agrégé de philo, spécialiste de Merleau-Ponty, on se demande un peu! Y’a vraiment des types qui cumulent! Et en plus, il est beau, ce c…! Mais comment voulez-vous qu’avec tout ça il ne soit pas “prolophobe”, le pauvre Peillon! Ah, s’il avait seulement eu l’idée de s’adresser à Marc Cohen, un spécialiste, docteur ès O.S., il ne lui aurait pas fallu longtemps pour devenir prolophile. M.C. lui aurait même appris à causer meilleur aux chasseurs du Vimeu pour être réélu dans sa circonscription.
    Au fait, par prolophobie, il faut entendre “peur des prolos” (comme dans “claustrophobie”) ou haine des prolos (comme dans “xénophobie”)? Ni l’un ni l’autre, n’est-ce pas? Car on peut lui reprocher tout ce qu’on veut à Vincent Peillon, sauf d’être peureux et haineux. Alors, c’était juste pour faire un mot?

  • 5 March 2009 à 15h44

    caouas dit

    oui, Quignon c’est vrai : c’est là qu’on voit qu’ils ne seront jamais de droite. A droite, ce sont les morts qui votent pour les vivants, à gauche c’est le contraire.

  • 5 March 2009 à 15h23

    Quignon dit

    Prudence…
    Les électeurs, plus que le PS, ont des “ressources” insoupçonnées.

  • 5 March 2009 à 15h21

    XP dit

    la selle des Fêtes de Longwy?

  • 5 March 2009 à 14h51

    caouas dit

    Le PS est mort ! Vive le PS !

    Si son corps bouge encore, c’est à cause de la vermine qui est en train de le dévorer. Rassurez vous, c’est bien un cadavre !