Burkini: pourquoi Vallaud-Belkacem trahit Valls | Causeur

Burkini: pourquoi Vallaud-Belkacem trahit Valls

Un siège de députée vaut bien une concession aux islamistes

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
Journaliste.

Publié le 29 août 2016 / Politique Religion

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Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls. Sipa. Numéro de reportage : 00754761_000001 .

Jamais, jusque-là, on n’avait entendu la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem se livrer au moindre écart de langage pouvant donner à penser qu’elle éprouvait le plus petit doute relatif à la politique menée par ses patrons, François Hollande à l’Elysée et Manuel Valls à Matignon. Sage comme une image au premier rang de la classe ministérielle, elle sait pratiquer à merveille la langue de bois version souriante pour vendre au public les mesures, lois et décrets, qu’elle est censée incarner dans les diverses fonctions ministérielles qui lui furent confiées. Son passage comme porte-parole du gouvernement Ayrault a laissé un souvenir mitigé aux journalistes accrédités, qui n’appréciaient que moyennement son style qui ne se permettait pas la moindre variation par rapport au script établi en haut lieu…

Cela donne d’autant plus de relief à sa prise de distance, formulée au micro d’Elkabbach sur Europe 1, avec les déclarations de Manuel Valls soutenant les maires ayant pris des arrêtés anti-burkini sur les plages de leur commune. Pour Najat Vallaud-Belkacem, il s’agirait là d’une « dérive »  attentatoire aux libertés publiques.

La diversité tranquille

Najat, jusque-là, c’est la « diversité » tranquille, bien élevée, loin de la flamboyance d’une Christine Taubira, ou du culot politique et mondain sulfureux d’une Rachida Dati. Depuis quelques années, le courant passait plutôt bien avec Manuel Valls, qui avait appris à la connaître dans le « clan Royal » de l’élection présidentielle de 2007, puis dans les affrontements internes du PS entre Ségolène Royal et Martine Aubry consécutifs à la défaite contre Nicolas Sarkozy. Peu importait alors au Premier ministre que sa pensée politique ne manifeste ni originalité, ni la moindre once d’autonomie dans les domaines de sa compétence  ministérielle, il suffisait qu’elle vende au mieux les idées concoctées dans les cabinets et les administrations. Des «ABCD de l’égalité» à la désastreuse réforme du collège, elle s’applique avec zèle à vendre de la marchandise quelque peu avariée, toujours avec un sourire enjôleur…

Tant de loyauté fayotte se devait d’être récompensée, sous la forme d’un parachute politique de qualité, pour le cas où la présidentielle, puis les législatives de 2017, se révèlent catastrophiques pour la gauche, une hypothèse que le plus optimiste des socialistes ne se permet plus d’écarter. Ayant commencé sa vie politique à Lyon comme petite main de Gérard Collomb, sénateur-maire de cette ville, elle visait, pour atterrir en douceur et rebondir, la circonscription de Villeurbanne, fief socialiste quasi inexpugnable de la métropole lyonnaise. Accordé ! À l’Elysée (où son époux Boris Vallaud exerce les fonctions de secrétaire général adjoint), à Matignon et à Solférino, on trouve l’idée géniale. L’incommode Gérard Collomb, porte drapeau de la « droite » du PS et potentat local depuis des lustres prenant de l’âge, Najat, de son bastion villeurbannais, deuxième ville en population de la métropole, était ainsi positionnée pour reprendre le leadership de la gauche régionale…

Un scrutin très communautarisé

Il est inutile d’ajouter que ledit Gérard Collomb n’apprécia que modérément ce dispositif, le fit savoir, et se déclara soutien indéfectible d’Emmanuel Macron, au point même de caresser l’idée de faire de ce dernier son éventuel successeur ! Au regard du dernier scrutin législatif dans cette circonscription de Villeurbanne, celui de 2012, où la candidate PS Pascale Crozon obtenait 43% des voix au premier tour et 62% au second, l’affaire semblerait bien engagée pour la ministre, en dépit des bâtons que son ex-mentor Collomb ne devrait pas manquer de lui mettre dans les roues.

Sauf que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du Rhône et de la Saône depuis cette élection de maréchal acquise dans la foulée de l’accession de François Hollande à l’Elysée. La mémoire politique villeurbannaise se souvient de quelques raclées subies par les socialistes lorsque, sur le plan national, le PS est au fond du trou, comme ce fut le cas en 1958, avec la vague gaulliste, et en 1993, lorsque le PS se retrouva réduit à 70 députés sur les bancs de l’Assemblée, et que Villeurbanne envoya le RPR Marc Fraysse siéger au Palais Bourbon. La sociologie politique de la circonscription est particulière : un mélange de vieux fond ouvrier, aujourd’hui majoritairement retraité votant sans défaillir PS ou PS, de bobos attirés par le campus universitaire de La Doua, le plus important de la région, et des quartiers anciennement ouvriers de HLM où dominent les populations issues de l’immigration. A cela il faut ajouter la principale communauté juive de l’agglomération lyonnaise, dont les membres sont bien représentés au sein de la municipalité de gauche (PS, PC et PRG), mais dont le vote lors des scrutins nationaux penche de plus en plus vers la droite pour des raisons liées à la politique ambiguë du PS dans le conflit israélo-palestinien. L’extrême gauche et les Verts, exclus de la majorité municipale, ne feront aucun cadeau à Najat, trop hollandienne à leurs yeux.

Pour compliquer encore l’enjeu de ce scrutin, la candidate LR de la circonscription est l’avocate Emmanuelle Haziza, 32 ans, ancienne collaboratrice de Jean-François Copé, bien implantée à Villeurbanne dont elle est originaire, ce qui va « communautariser » le scrutin à l’excès, vu que Mme Haziza ne cache pas ses attaches avec la communauté juive. Si elle veut sortir de la nasse qui lui est tendue, Najat Vallaud-Belkacem doit absolument mobiliser l’électorat de culture et de tradition musulmane, traditionnellement abstentionniste, ce qui promet une campagne pleine de sous-entendus et de coups tordus. Avec une inconnue, celle de la possibilité ou non du maintien au second tour du candidat FN, en constante progression dans les scrutins locaux depuis 2012, et qui séduit principalement les « petits blancs » demeurés dans les quartiers à majorité immigrés, qui votaient naguère à gauche…

Ce contexte explique, en grande partie, la transgression de Najat, que sa non-élection à Villeurbanne renverrait, pour longtemps, au néant politique. Cela n’exclut pas, bien entendu, qu’elle soit sincèrement persuadée d’avoir raison contre Manuel Valls dans l’affaire du burkini, mais on eût aimé qu’elle manifeste sa différence en d’autres circonstances… Lorsque que l’on accuse les auteurs d’arrêtés anti-burkini de visées électoralistes, il est préférable d’avoir, au préalable, balayé devant sa porte ! Tout cela vaut, naturellement pour la « trahison » d’un autre vallsiste de premier rang, le sénateur Luc Carvounas, qui a tenu des propos similaires à ceux de la ministre de l’Education.

Or, d’après nos confrères du Parisien, l’élu du Val-de-Marne souhaite échanger l’an prochain son siège de sénateur contre celui de député de la circonscription d’Alfortville-Vitry, où le poids des électeurs de culture musulmane est loin d’être négligeable. Dans la débâcle annoncée, c’est chacun pour soi.

Burkini, par magazinecauseur

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 3 Septembre 2016 à 18h39

      Orwell dit

      Une agréable alternative nous est laissée quand à la prestation sur Europe 1 de ce mannequin au sourire vide : soit elle montre son vrai visage qui a toujours été celui d’une complice de l’islamisation de la France sous couvert de beaux principes de gôche”, soit elle dévoile sa mentalité d’arriviste électoraliste pour se ménager un fauteuil dans le camp des cyniques. L’une ou l’autre explication ne m’étonnerait pas venant d’une ministre qui a concouru à renverser les derniers pans de l’Éducation Nationale. Je pense au passage à ce journaliste d’I-télé qui accusait les contradicteurs de celle-ci d’être nécessairement soit des fachos, soit des “cathos” (on découvrira, si on ne le savait pas encore, que “catholique” est une insulte). Et pourquoi ? Parce que Belkacem serait jeune, femme et musulmane. Avec cela, la gauche actuelle gagne à tout les coups : choisissons l’incarnation de l’électorat de base actuel du PS , ce qui lui permettra d’engranger le maximum de voix tout en la dotant d’une triple auréole qui transformera toute critique fondée à son égard en délit de blasphème.

    • 3 Septembre 2016 à 14h54

      persee dit

      Dany, je vais vous aider , le monde ne se divise pas en raciste et antiraciste , moi je crois en l’unité de l’espèce humaine , cela dit , je fais une odieuse “discrimination ” je ne mange jamais avec un anthropophage ….

    • 3 Septembre 2016 à 14h49

      persee dit

      Et les dérives attentatoires à mes libertés publiques “de citoyen athée gallo- romains, marseillais , je fais quoi , je les porte en justice ou je transcende , je sublime , je magnifie, sans neuroleptique ni anti dépresseur , d’accord mais jusqu’où .

    • 3 Septembre 2016 à 11h36

      beornottobe dit

      et le F.N (Marine le Pen) Gagne des plus en plus de voix…… (progesse)…..
      n’en déplaise aux Sarkosy , Fillon….. et Hollande bien sûr!

    • 3 Septembre 2016 à 11h35

      WAP/2 dit

      Réflexe communautaire !

    • 3 Septembre 2016 à 11h33

      beornottobe dit

      ” désavouer” dans un “cas” pareil, équivaut à un argument déguisé (et accepté….)
      la seule solution réaliste eût été un remaniement gouvernemental encore fallait il l’assentiment Hollande (dais) ce qui n’était pas sûr du tout (et pour cause)……………………….!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • 3 Septembre 2016 à 11h27

      beornottobe dit

      NOUS m’avons échappé belle!……..
      peu s’en fallait que Mahomet naisse avec quelque 6OO ANS d’avance !et nous n’aurions RIEN CONNU des philosophes grecs à qui nous devons tant !…… (en bien ou en mal….) et quand le christianisme déformé est arrivé il a achevé le travail……!

    • 3 Septembre 2016 à 11h19

      dany dit

      votre charte de modération que je lis ci-dessus m’oblige á vous rappeler que la modération doit commencer par le rédacteur de l’article exposé. Quand je lis ce que vous dites sur NVB :
      “Peu importait alors au Premier ministre que sa pensée politique ne manifeste ni originalité, ni la moindre once d’autonomie dans les domaines de sa compétence ministérielle, il suffisait qu’elle vende au mieux les idées concoctées dans les cabinets et les administrations. Des «ABCD de l’égalité» à la désastreuse réforme du collège, elle s’applique avec zèle à vendre de la marchandise quelque peu avariée, toujours avec un sourire enjôleur…”

      Vous lui faites sa fête… et vous autorisez tous les défoulements et les débordements contre elle. Je suis contre sa position dans le cas qui nous occupe ici, mais je ne peux que prendre sa défense face à ce bashing en règle où je ne peux que décrypter un racisme bien ancré à l’oeuvre!!!

      • 3 Septembre 2016 à 21h48

        Hannibal-lecteur dit

        Je peux haïr une personne, quelle que soit sa race. Si vous me traitez de raciste quand l’explication de ma haine ne concerne en rien sa race, c’est que ce réflexe vicieux est le vôtre, pas le mien.

    • 3 Septembre 2016 à 9h45

      EDNALLOH dit

      Une personne infectée par l’islam trahirait même sa mère pour le compte de cette secte criminelle. Il est parfaitement stupide de confier des responsabilités à ces malades mentaux.