Bulldozer de Vitry : et si le PCF avait raison ? | Causeur

Bulldozer de Vitry : et si le PCF avait raison ?

Trente ans après, les passions retombent, les problèmes demeurent

Auteur

Régis de Castelnau

Régis de Castelnau
est avocat.

Publié le 15 octobre 2012 / Politique

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PCF Vitry Hue Marchais

Le 24 décembre 1980 au matin, 300 travailleurs maliens quittèrent le foyer qu’ils occupaient sur le territoire de la commune de Saint-Maur et furent transportés pour être hébergés dans un bâtiment en cours de rénovation à Vitry-sur-Seine. Commençait alors la fameuse affaire dite du « bulldozer de Vitry ».
À la demande du maire de Saint-Maur, le gestionnaire du foyer avait accepté de débarrasser cette commune résidentielle de ses occupants encombrants. L’immeuble de Vitry était en pleins travaux, pour une bonne part financés par la mairie et devait accueillir en contrepartie, des jeunes travailleurs dont la liste était d’ailleurs arrêtée.
La section du PCF Vitry, informée, réagit par une action de commando où quelques militants, « armés » d’une pelleteuse s’employèrent à écrouler un escalier extérieur pour empêcher les nouveaux occupants d’y rentrer. Le maire de Vitry, Paul Mercieca, mis devant le fait accompli, et en désaccord avec la méthode, accepta pourtant de l’assumer politiquement. Noël passé, se déclencha alors une formidable campagne médiatique contre le PCF visant à le faire passer pour intrinsèquement raciste.

Je fus sollicité par la direction du PCF pour assister, en tant qu’avocat, Paul Mercieca, au centre de la tourmente. Je garde le souvenir du caractère absolument effarant du déferlement médiatique et de la pression quasi physique que l’on pouvait ressentir si l’on essayait de résister. Je garde également celui de la souffrance de Paul Mercieca, fils d’immigrés maltais, profondément blessé par l’accusation de racisme. Il y avait de quoi… A en croire les médias et les commentateurs politiques unanimes, il aurait lui-même conduit le bulldozer et détruit de fond en comble le « foyer » alors que les « résidents » maliens étaient à l’intérieur.
Il essaya alors, en pure perte, d’expliquer, soutenu par la direction nationale du PCF, que son intention était de refuser que se constituent dans les banlieues ouvrières de véritables ghettos, de nature à affecter des quartiers déjà frappés par la pauvreté. Le slogan des maigres manifestations de soutien au maire était d’ailleurs : « Mercieca a raison, pas de ghetto à Vitry ». En vain. Le coût politique fut très élevé pour le Parti communiste.

Quelques semaines plus tard, Robert Hue, alors maire de Montigny-lès-Cormeilles, lança une campagne contre le trafic de drogue qui pourrissait les cités de sa commune et mit en cause une famille d’origine marocaine considérée comme étant pourvoyeuse d’un quartier.
Bis repetita. Incroyable tsunami médiatique, insultes, prises à partie, et même manipulations policières. Là aussi, l’avocat que j’étais fut choisi pour assister Robert Hue. Deux fois aux premières loges, deux fois confronté à la tempête, et deux fois contraint de constater la quasi impossibilité d’y résister et les dégâts occasionnés.
Le Monde de l’époque condescendit, quelques semaines plus tard, à admettre que « le PCF posait mal de bonnes questions ».

Que craignait à l’époque le Parti communiste ?

Que les cités ouvrières, qu’en général il gérait, se transforment sous la pression du chômage, de la pauvreté mais aussi d’une immigration déséquilibrée, en « territoires perdus de la République », qu’au sein de ces territoires, le marché de la drogue devienne une économie de substitution, c’était leur crainte. Les dirigeants du PCF, forts de leur expérience de terrain, avaient parfaitement vu le danger, témoin de premier rang, je peux en attester. La déchirure du lien social, le communautarisme, la division des classes populaires, tout cela les préoccupait au premier chef. À juste titre.
Ce qu’ils avaient combattu, essayé de conjurer, sous les accusations, les injures et les quolibets, s’est produit. Les ouvriers sont partis, les plus pauvres d’entre eux devenant des « périurbains ». Ils l’ont fait avec leurs bagages, mais en oubliant leurs armes, et la plus importante d’entre elles, « la conscience de classe ». Celle que le Parti communiste avait réussi à forger entre les deux guerres et surtout dans la Résistance. Aujourd’hui, le Parti communiste effondré, marqués par un fort sentiment d’abandon, les ouvriers votent en nombre pour le Front National, pendant que les intellectuels dominants du Parti socialiste théorisent la nécessité de les passer par pertes et profits.
On fait mine aujourd’hui de découvrir les « territoires perdus de la république », on s’effarouche de l’économie de la drogue, on s’affole devant les kalachnikovs, on pleure sur le vote ouvrier capté par le Front National. On cite abondamment Brustier-Huelin et Christophe Guilluy. Trop tard ?

Le Parti communiste français était un parti bourré de défauts. Ouvriériste et stalinien, porteur du syndrome si français de « fille aînée de l’église », Rome étant cette fois-ci à Moscou… Il était attaché aux dogmes, adorait la liturgie, et célébrait ses grand-messes avec un faste sans pareil chaque rentrée à La Courneuve. Ah, on ne faisait pas dans le sociétal, place du colonel Fabien. On peut même se poser la question de savoir, la question du mariage gay étant posée à cette époque, si l’on n’aurait pas constaté des convergences entre Georges Marchais et Monseigneur Barbarin.
Mais le PCF fut aussi et surtout, l’outil de l’intégration à la Nation de la classe ouvrière. Il lui donna sa conscience de classe et sa fierté. Il fut aussi l’instrument de l’assimilation (oui, l’assimilation) de plusieurs vagues de travailleurs immigrés du fait de son hégémonie au sein du monde du travail. De sa formidable capacité d’éducation.
Sa disparition comme parti politique majeur, due à des facteurs historiques de diverses natures, était inévitable.
On peut quand même constater, sans que ce soit de la nostalgie, qu’il nous manque. Et qu’il savait faire preuve, parfois, de pertinence politique. Tiens, deux autres slogans de l’époque lancés, (très précisément à l’occasion des premières élections européennes, en 1979), là encore sous les quolibets du Monde, de Libé et du Figaro, et les accusations de chauvinisme et de xénophobie, voire pire.

- « Produisons français ! » François Bayrou en a fait un thème de campagne, et François Hollande un ministère.
- « Non à l’Europe allemande ! ». Sous une autre forme (plus élégante ?) les opposants au TSCG ne disent pas autre chose…

C’était il y a 30 ans. Eh, camarades, il n’y a pas à avoir honte !

*Photo : ina.fr

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 21 Octobre 2012 à 9h04

      libertyisland dit

      Pour tous ceux qui ne comprennent pas pourquoi, nous parlons de trahisons du prolétariat français et immigrés par le PC et plus généralemnt par la gauche (TOUTE la gauche SANS EXCEPTIONS)
      Là aussi? c’est une porte d’entrée, pour une nouvelle grille de lecture de notre société, merçi à ce communiste …..venant de moi c’est un exploit……ou alors a t il des remorts….. trés tardifs tout de meme, le MAL est fait.

    • 18 Octobre 2012 à 17h17

      Marie dit

      “il faut aussi rappeler que Francois Mitterand , ministre de l’intérieur en 1956, n’a pas accordé la grâce à 45 algériens jugés coupable de troubles à l’ordre public et condamnés à mort : Ils furent tous guillotinés ! Alors notre président peut faire un effort, 1956, c’est 5 ans avant 1961 et le cruel passage de Mitterand a radicalisé le cycle attentats-repression. Manipulation odieuse de l’histoire pour ses futurs électeurs et partenaires ?” Monsieur Hollande semble oublier qu’il y a des français qui ont vécus cette époque .

    • 18 Octobre 2012 à 17h08

      Fiorino dit

      @ Marie
      En effet c’est très intéressant. La répentance à outrance qui arrive même à falsifier l’histoire pour être encore plus coupables ne semble pas avoir bonne presse dans le monde anglosaxon. D’où sa vitalité linguistique en Afrique alors que le français perd de plus en plus de terrain voir encore au Gabon recemment. Mais on nous explique que la France en sorte grandit et plus forte donc ça doit être vrai.

    • 18 Octobre 2012 à 17h00

      Marie dit

      @Fiorino
      Accepter les approximations historiques de Hollande , sûrement pas , c’est en peu de temps la seconde fois qui arrange les faits , il l’a déja fait à Gorée
      http://www.bvoltaire.fr/bernardlugan/quand-francois-hollande-cautionne-le-mythe-de-goree,1704

      la repentance ça lasse!

    • 18 Octobre 2012 à 16h41

      Fiorino dit

      Mais marie je suis absolument d’accord avec vous, reconnaître un moment comme celui-ci pourquoi pas? Mais à condition qu’au moins la lecture de cette histoire soit apaisé au moins en France. Or Hollande a fait une promesse électorale prenant en compte uniquement une partie, ce qui entraîne une vision fausse et partielle des evenement. D’après ce que j’ai compris l’objectif été de braver les couvre – feu et conduire donc à la repression. Mais comme le dit l’ours la verité c’est la verité point. Donc il faudra accepter maintenant la vertié de hollande l’historien.

    • 18 Octobre 2012 à 16h34

      Marie dit

      @Fiorino
      “Au cours de l’année 1960 on dénombre 9 policiers qui sont lâchement abattus par le FLN, l’année suivante, jusqu’aux événements qui vont suivre soit jusqu’en octobre, ce sont 22 policiers qui subissent le même sort par le même mouvement. Au moment des événements, le FLN est vaincu et il est entrain, de négocier sa défaite et c’est le général de Gaulle qui mène les négociations. Mais en coulisses ce même FLN essaie de porter la guerre sur notre territoire.
      Malgré mes douze ans à cette époque tout ceci est gravé dans ma mémoire.

      • 18 Octobre 2012 à 16h51

        Fiorino dit

        D’autre part pour connaître la verité sur cet épisode il faudrait que l’Algérie ouvre ses archives comme l’a dit fillon, mais ici comme vous l’avez dit bien les français se contentent d’une verité uniquement à charge contre eux…

    • 18 Octobre 2012 à 16h34

      Fiorino dit

      @ L’ours
      Si vous considerez que la France est aujourd’hui la seule responsable des massacres que ce soit des militants du fln que ce soit des harkis alors il ne faut pas se plaindre après qu’on ait un esprit munichois si vous cautionnez cette vision fausse et partielle de l’histoire culpabilisante dans un seul sens. Quant à al2b ça ne m’étonne pas sa réaction lui ils considère que ce sont les musulmans les vrais victimes de la société française il est incapable de le voir en pérsecuteurs. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi il tend à minimiser systèmatiquement l’antisémitisme.

      • 18 Octobre 2012 à 16h44

        a2lbd dit

        Je n’ai jamais pensé que les musulmans sont les victimes de la société.Je l’ai encore moins écris. En revanche celui qui est fort est celui qui reconnait ses torts. Le faible est celui qui tente de faire porter le chapeau aux autres. Oui l’Ours en l’occurrence est fort.

        • 18 Octobre 2012 à 16h49

          Fiorino dit

          Ici il n’est pas question de moi vous ou l’ours. Moi je n’ai rien à voir dans cette histoire. Le fort c’est celui qui recherche la verité et vous deux vous êtes incapables de nous dire déjà le nombre des victimes alors..

        • 18 Octobre 2012 à 16h51

          a2lbd dit

          si, je vous ai répondu.

        • 18 Octobre 2012 à 16h55

          Fiorino dit

          Non vous avez simplement mal compris les chiffres d’atlantico c’est maximum 50 morts.

    • 18 Octobre 2012 à 16h21

      L'Ours dit

      Marie, Fiorino,

      moi cette reconnaissance ne me gêne pas. La vérité c’est la vérité, point!
      Evidemment que cela me hérisse le poil de voir que de l’autre côté, ils sont incapables d’en faire autant alors qu’on sait les horreurs commises. Mais la vérité ne se marchande pas.

      • 18 Octobre 2012 à 16h23

        a2lbd dit

        Alors là bravo !

      • 18 Octobre 2012 à 16h29

        Fiorino dit

        Donc combien des morts lors de cette manif?
        300 comme l’a dit encore elkabach hier? Et combien pour le main du fnl?
        @ a2ld
        J’attend de vous aussi les explications de la verité, par ailleurs qui a été responsable de quoi? Le général de gaulle dans tout ça?

        • 18 Octobre 2012 à 16h31

          Marie dit

          non non et non ils auraient eu au maximum 50 morts ,c’est toujours trop soit mais cette forme de manipulation est pénible!

        • 18 Octobre 2012 à 16h42

          a2lbd dit

          ben je n’ai fais que féliciter l’ours. Je suis d’accord avec sa phrase c’est tout.

          les responsables ? Tous le monde est personne. Un siècle de politique pro-coloniale. Donc dans la lise Bugeaud, Ferry, Cremieux, et bien d’autre encore. Lyautey : à voir, s’il avait eu raison sur les politiques, l’Algérie Française eut peut-être été différente.

          Papon ? Bah comme dans la rafle du vel d’hiv ce type ,a juste démontré qu’il était toujours prêt à mettre la force publique du coté de puissants pour opprimer les faibles. Son histoire est celle d’un petit courtisan ambitieux prêt pour se tailler sa place dans l’appareil de l’état à toutes les bassesses et vilénies afin de complaire à ses supérieurs en leur évitant d’avoir des éclaboussures de sang trop visibles sur leurs tuniques.

        • 18 Octobre 2012 à 16h46

          Fiorino dit

          @ al2b
          Sauf que vous n’avez pas encore dit combien des morts comme vous conaissez la verité. Donc si je comprend bien la responsabilité elle est uniquement du côté français comme d’habitude, savoir s’il y a eu de morts pour la main du FLN pour non respect de la loi coranique, ne vous intéresse pas. Avec cette attitude on comprend mieux pourquoi la France vu de l’extérieur est considéré comme un pays perdu pour l’occident. D’autre part c’est un des rares pays occidental a être devenu l’observateur à l’oci.

        • 18 Octobre 2012 à 16h50

          a2lbd dit

          D’après ce que J’ai compris de l’arcticle d’Atlantico, l’évaluation la plus basse c’est 50 morts.

          C’est déjà une honte nationale ! I En mai 68 5 mots au total dont 1 policier….

        • 18 Octobre 2012 à 16h51

          a2lbd dit

          5 morts en 68 pas mots

          Manquait le r de raton

        • 18 Octobre 2012 à 16h54

          Fiorino dit

          Et bien non 50 c’est l’évaluation maximum. La plus basse c’est une dizaine. Apparement vous êtes preque ravi de pouvoir gonfler le nombre des morts pour parler de honte nationale. Mais bon la France est devenue un pays honteux c’est d’ailleurs pour cela que les africains se détournent de la langue française comme l’a bien expliqué hureaux:
          http://roland.hureaux.over-blog.com/article-vive-la-francafrique-111291006.html

        • 18 Octobre 2012 à 16h57

          Fiorino dit

          “Manquait le r de raton”

          Tout est dit avec cette autoflagellation inutile de se poser bcp de questions.

        • 18 Octobre 2012 à 17h03

          a2lbd dit

          Mais même 10 c’est trop !

          Et je ne suis pas ravi.

        • 18 Octobre 2012 à 17h10

          Fiorino dit

          Si dix c’est déjà trop pourquoi ce besoin de gonfler les chiffres de cette façon? En tout cas vous avez demontré que vous ne conaissiez rien du tout à cette histoire. Le plus fort c’est le monde anglosaxon qui ne passe pas son temps à s’autoflageller.

        • 19 Octobre 2012 à 17h15

          Alpin dit

          @a2lbd,

          “les responsables ? Tous le monde est personne. Un siècle de politique pro-coloniale.”

          Dites vous ,pas seulement et avec contradiction,qui plus est,car si la politique du “royaume arabe” de Napoléon III (un comble,il n’était pas républicain) avait pu être continuée,on aurait eu alors probablement une indépendance à la marocaine à gérer,c’est à dire quelque chose de bien moins problématique.

          Mais ,surtout,car la liberté et la responsabilité donc la liberté des dirigeants du FLN fut aussi engagée,avec les choix qui allèrent avec de la guerre totale “justifiée” tantôt par la” vilenie” qui aurait été pire que les autres de la colonisation française,tantôt par l’asymétrie du faible au fort.

          Il y a un ouvrage actuellement en français qui fait vraiment le point historique sur cette question c’est la synthèse de l’historien Guy Pervillé (qui va publier d’ailleurs un autre travail à ce sujet bientôt):

          PERVILLE Guy.
          Pour une histoire de la guerre d’Algérie. 1954-1962. (Signes du temps.)

          Paris, Picard, 2002

      • 18 Octobre 2012 à 16h30

        Marie dit

        Je serais d’accord avec vous l’Ours si il n’y avait pas d’une part un manque de vérité dans ce qui est dit et d’ autre part une “manipulation ” de Hollande.
        “Pourquoi ce que dit Hollande est en partie inexact ?

        François Hollande dit » Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance« . Non, c’est le FLN qui voulait transporter la guerre en France et pour ce faire il a mis en demeure les FMA (Français musulmans d’Algérie) de participer à une manifestation qui par ailleurs était interdite. De nombreux Algériens ne voulaient pas participer à cette manifestation, aussi face à ce refus le FLN a brandi des menaces.

        Un couvre feu a été instauré (à tort ou à raison) de 20h30 à 5h30. Afin de pouvoir le contourner en toute légalité le SAT-FMA ( Service d’assistance technique aux Français musulmans d’Algérie) a délivré des laissez- passer au rythme hebdomadaire de plus de 1000 et il accorde des dérogations aux étudiants et aux fonctionnaires . C’est ainsi que le 17 octobre, les militants du FLN font diffuser en secret, afin que la police ne soit pas au courant, l’ordre de ne pas respecter le couvre feu. Cet ordre n’est ni discutable ni négociable et les FMA qui refuseront de participer à la manifestation sont menacés d’être exécutés. Ce sont ces menaces qui expliquent le nombre important de manifestants en cette soirée du 17 octobre.

        Pourquoi ces morts ?

        Pour les raisons indiquées ci dessus, le mot d’ordre ayant été donné en secret et de bouches à oreilles, la police n’a été informée que bien tard du projet de manifestation. Ce qu’elle ignore, c’est que l’ordre a été donné aux manifestants de ne pas être armé et de défiler pacifiquement. La police en manque d’informations pense au contraire que les manifestants sont lourdement armés. Ce sont plusieurs milliers de FMA qui défilent en arborant des drapeaux algériens et en hurlant deux slogans « Algérie algérienne » et « libérez Ben Bella« . Les informations qui parviennnt à la préfecture de police sont contradictoires, certaines disent que la manifestation se passe dans le calme, d’autres informations indiquent que des policiers auraient été tués ou blessés par des manifestants munis de couteaux. Puis, des coups de feu ont été tirés et deux versions s’opposent : pour les uns ce sont les « chocquistes » du FLN, pour les autres ce sont les policiers. Toujours utile, il est incontestable que de nombreux manifestants ont été tués et que pour sa défense la police invoque le fait qu’elle n’a fait que répondre à des tirs. Ce qui est également incontestable c’est s’il y a eu des blessés parmi les policiers aucun mort n’a été a déploré ce qui n’est pas le cas côté manifestants.”

    • 18 Octobre 2012 à 15h35

      Marie dit

      http://www.atlantico.fr/pepites/drame-17-octobre-1961-combien-morts-reellement-516333.html

      Mais était ce vraiment utile dans le contexte actuel de faire cette annonce alors qu’on sait de beaucoup de gens n’ont pas connus cette période! Vivre en région parisienne a cette époque était très anxiogène.

    • 18 Octobre 2012 à 9h19

      Fiorino dit

      @ Pb
      C’est bien ça le problème on veut reconnaître un fait historique sans que les historiens soient encore tombé la dessous… d’autre part la république ne doit pas aussi les algériens qui ont été tué par le FLN pour non respect de la loi coranique en France?

    • 18 Octobre 2012 à 2h33

      Fiorino dit

      “Celui qu’il a fallu à une militante d’origine espagnole pour dénoncer le viol dont elle avait été victime de la part d’un camarade d’origine maghrébine. C’était en 1976, l’année où la CGT virait les féministes des cortèges du 1er mai en les traitant de sales bourgeoises. Cette année-là, les camarades avaient tenté d’expliquer à cette militante de se taire, pour ne pas salir l’image des immigrés, pour ne pas briser la solidarité face à la domination de classe.”
      http://www.prochoix.org/pdf/Prochoix.28.interieur.pdf

      • 18 Octobre 2012 à 5h14

        Alex73 dit

        Concernant ce problème, le PCF n’a pas le monopole de l’hypocrisie…