Le cadavre de l’Union européenne | Causeur

Le cadavre de l’Union européenne

La fin d’une illusion, le début d’une autre?

Auteur

Jacques Sapir
économiste, spécialiste de la Russie.

Publié le 07 juillet 2016 / Économie Monde Politique

Mots-clés : , ,

(Photo : AP21916219_000003)

Le Brexit oblige les divers dirigeants des pays de l’Union européenne à une prise de conscience de la crise que connaît cette dernière. On constate que ce sont les dirigeants français qui ont le plus de mal à intégrer cette nouvelle réalité et à y faire face. La sortie du monde des illusions semble particulièrement pénible, que ce soit pour François Hollande ou pour Manuel Valls.

Pourtant, ce retour aux réalités s’impose car la question aujourd’hui posée n’est plus celle d’une « réforme » de l’UE mais de sa transformation radicale, actant par là la fin du projet fédéraliste. Tel était le sens de l’appel signé par vingt intellectuels, dont votre serviteur 1. La nécessité de maintenir entre les pays européens – tous les pays européens – des structures permettant des formes adaptées de coopération est évidente. Mais, les institutions de l’UE ne sont plus en mesure d’assurer cette fonction. En ce sens, l’UE est morte.

Cette mort de l’UE implique que l’on prenne conscience des réalités. Or, certaines d’entre elles sont particulièrement déplaisantes pour un cerveau qui fut abreuvé par la propagande européiste, comme c’est le cas pour une large partie de notre classe politique.

1) Le « couple » franco-allemand est mort. Cette mort est ancienne et il convient ici de dire que ce « couple » ne fonctionna jamais comme l’aurait voulu l’image complaisamment diffusée en France. Ce couple est entré en agonie dès que l’Allemagne a procédé à sa réunification. Les tentatives pour le maintenir se sont heurtées à cette réalité qu’une Allemagne ayant, quant à elle, recouvré sa souveraineté n’avait plus besoin d’une alliance particulière avec la France. Il est vrai que les hésitations, les palinodies, des dirigeants français, de Nicolas Sarkozy à François Hollande, ont fini par l’achever. Faute d’avoir eu le courage de parler fermement avec l’Allemagne et de la mettre devant ses responsabilités, nous devons aujourd’hui affronter une crise bien pire que si, en 2010 ou en 2011, nous avions mis les dirigeants allemands au pied du mur et dissous la zone Euro.

2) Les divergences entre Allemands et Français quant au futur de l’UE sont irréconciliables. L’Allemagne ne voit pas d’autres intérêts dans une UE renforcée que le contrôle qu’elle pourra indirectement exercer sur les choix budgétaires des pays voisins. Elle ne veut sous aucun prétexte s’engager dans la voie de plus de solidarité. La France, ou plus exactement les dirigeants français, qu’il s’agisse de François Hollande ou d’Alain Juppé, continuent de faire croire qu’une UE renforcée est possible alors que nous n’avons aucun moyen d’imposer à l’Allemagne les transferts budgétaires que cela impliquerait. Sauf, bien entendu, à envoyer une brigade blindée occuper Berlin… La seule forme d’UE renforcée admissible pour les dirigeants allemands est celle de l’extension de la politique austéritaire. Sinon, ils se replieront sur une Europe des États qui leur convient désormais fort bien2. Le revirement de Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, n’a pas été réellement compris, ni même perçu3. Son ralliement à l’Europe des Nations indique un changement important dans la position officielle de l’Allemagne.

3) Ces divergences ont été révélées crûment par le Brexit et la question de l’attitude à adopter vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Si le gouvernement français plaide pour un « divorce » rapide, il se heurte là au gouvernement allemand qui, tant par pragmatisme économique que par sympathie politique avec les conservateurs britanniques, entend, selon la formule, « donner du temps au temps ».

4) L’inachèvement structurel de la zone euro et de l’Union économique et monétaire a atteint désormais son point critique. La montée des mauvaises dettes dans le bilan des banques italiennes et portugaises, la crise fiscale qui s’annonce en Grèce pour la fin de l’été sont des symptômes d’une crise profonde.

Poids des mauvaises dettes dans les bilans
Poids des mauvaises dettes dans les bilans
 

Dans cette situation, il est évident que plus longtemps on restera dans l’incertitude et plus lourd sera le prix à payer.

Cette crise de l’UE aboutit à une situation où il n’y a que des mauvaises solutions pour l’ensemble des pays. Dans le bras de fer subtilement engagé par le gouvernement conservateur britannique avec l’UE, soit une position ferme est adoptée et la Grande-Bretagne pourra recourir aux diverses mesures de dumping fiscal pour faire en sorte que cette « fermeté » soit chèrement payée par l’UE, soit un compromis raisonnable est trouvé, et l’on se rendra compte que l’on peut sortir de l’UE sans connaître de catastrophes. D’ores et déjà, que ce soit aux Pays-Bas, en République tchèque et même en Italie, on peut voir monter les oppositions à l’UE. Dès lors, l’Union européenne est prise entre deux feux : soit elle cherche à minimiser le coût du Brexit et elle joue dans la main de ses opposants, soit elle cherche à « faire payer » la Grande-Bretagne, comme l’ont dit très imprudemment et très stupidement certains journalistes, mais alors elle entre dans une situation où les mesures de rétorsions britanniques lui coûteront cher, ce qui donnera d’autres arguments aux adversaires de l’UE.

La seule solution intelligente consiste à acter le décès de l’UE et, comme nous l’avons écrit, à organiser une conférence entre les pays qui voudront bien y participer pour élaborer un nouveau traité, remplaçant complètement les traités précédents, et même, en un sens, le traité de Maastricht, et mettant en place une communauté des Nations. Tel était le sens de cette initiative. Bien entendu, on peut ne pas se faire d’illusions sur cet appel. Mais, il faut savoir qu’un nouveau système de relations sera de toute manière indispensable pour les pays européens.

L’Union européenne est morte. Nous avons le choix de vivre avec son cadavre, et ses pestilences, avec tous les risques qu’une telle politique comporte, ou nous avons le choix de l’enterrer. Mais, pour cela, il faut un nouveau traité, non pas un traité de replâtrage mais un traité refondant une communauté à la place de l’Union. Tel était, et est toujours, le sens de l’appel signé. Nous ne serons réellement débarrassés de l’UE que quand son successeur sera en place. Mais, pour se mettre réellement au travail, il est clair qu’il nous faudra une autre classe politique que celle qui, dans la majorité ou dans l’opposition, existe aujourd’hui en France.

Retrouvez cet article sur le blog de Jacques Sapir.

>>> Retrouvez en cliquant ici l’ensemble de nos articles consacrés au Brexit.

  1. http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/30/31002-20160630ARTFIG00290-brexit-vingt-intellectuels-eurocritiques-lancent-un-appel-pour-un-nouveau-traite.php
  2. http://www.spiegel.de/international/europe/brexit-triggers-eu-power-struggle-between-merkel-and-juncker-a-1100852.html
  3. http://www.irishtimes.com/opinion/derek-scally-germany-signals-rethink-on-europe-post-brexit-1.2710212

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 11 Juillet 2016 à 10h24

      QUIDAM II dit

      Ceux qui ont voté pour le Brexit ce sont les mal éduqués, les chauvins, les étriqués, les racistes, les vieux, les pauvres… Salaud de peuple (2° degré)

    • 11 Juillet 2016 à 5h51

      Livio del Quenale dit

      Le cadavre de l’Union européenne
      La fin d’une illusion, le début d’une autre?
      par Jacques Sapir qui est économiste, spécialiste de la Russie.
      -
      On comprend mieux pour quoi il écrit : “Le cadavre de l’Union européenne” et son analyse délétère, même si tout n’est pas orienté.

    • 10 Juillet 2016 à 11h15

      IMHO dit

      https://www.youtube.com/watch?v=x66TYd9nAMI

      La vache, L’Europe n’est pas morte !

      Le veau d’or est toujours debout!
      On encense sa puissance
      D’un bout du monde à l’autre bout!
      Pour fêter l’infâme idole,
      Rois et peuples confondus,
      Au bruit sombre des écus
      Dansent une ronde folle
      Autour de son piédestal!
      Et Satan conduit le bal!

      • 10 Juillet 2016 à 11h19

        IMHO dit

        Remarquez que c’est chanté en français “originaire de l’Union Européenne” comme la vinasse .
        Et qu’il y a plein de soldats rosbifs parmi les adorateurs du
        rejeton d’Europe et de Zeus .

      • 10 Juillet 2016 à 11h43

        i-diogene dit

        Pfff… Quel pensum de subir ce genre de truc:

        - des gus en collant qui s’ engueulent en chantant et mettent des plombes à mourir en poussant des vocalises agonisantes..!^^

        - C’ est encore pire que les comédies musicales américaines des années 50..!^^

    • 9 Juillet 2016 à 23h40

      curnonsteen dit

      J’ai vraiment du mal à supporter les individus ( indus, vidi etc..,) qui se décernent la qualité (?) d’intellectuels. Cela veut-il dire que les autres sont des saucisses de Strasbourg, de Francfort, de Toulouse ou d’ailleurs ? Pour moi, les auto-médaillés intellos : Das ist mir Wurst !

      • 10 Juillet 2016 à 12h00

        varese dit

        Moi aussi, je préfères les saussices aux pseudo-z-intellectuels.

        • 10 Juillet 2016 à 12h18

          i-diogene dit

          .. Purtant, un intello pataugeant dans sa choucroute, c’ est très jouissif..!^^

    • 9 Juillet 2016 à 12h43

      beornottobe dit

      pour “ça” ils sont très inventifs les députés !

    • 9 Juillet 2016 à 12h42

      beornottobe dit

      ça m’étonnerait fort qu’ils réfléchissent sur la suite des événements….(ou alors pour mieux traverser la tempête) ( qui ne fait QUE commencer! malgré tout ce qu’on essaie de nous faire croire) – sondages à l’appui-

      • 9 Juillet 2016 à 15h27

        Diogène le cycliste dit

        Un député qui réfléchit à autre chose qu’à sa carrière, moi aussi cela m’étonnerait.

    • 9 Juillet 2016 à 7h14

      isa dit

      Seule et unique question à se poser après avoir ( pas) lu ce texte:
      Pourquoi Poutine veut- il tant la mort del’UE? 

      • 9 Juillet 2016 à 8h22

        Diogène le cycliste dit

        Poutine ou les EU?
        C’est vrai que pour les EU, ce serait plutôt une province ou un protectorat. TIPP, OTAN, etc, c’est aussi un peu la mort de l’UE?

      • 9 Juillet 2016 à 8h32

        Cosmo dit

        @isa
        Ecrivez des drames et publiez! 

    • 9 Juillet 2016 à 6h32

      Cosmo dit

      Jacques Sapir fait de l’agit prop !  La mort annoncée de l’Europe est-elle une mort cérébrale quand tous les organes vitaux continuent de fonctionner ?

    • 9 Juillet 2016 à 0h09

      RED (From Tex) dit

      Rassurez-vous M. Sapir… L’Europe est morte en effet. Les gens comme vous auront bien aidé les “chefs d’états” à la tuer.

      On va “revenir” à “l’Europe des Nations” comme vous dites… C’est à dire : à ZÉRO EUROPE !

      Et ainsi vous, et les dirigeants de nos (très) chers “États Nations”, pourrez ainsi interdire toute émergence d’un “Peuple Européen” dont vous ne voulez à aucun prix…

      Je comprends bien pourquoi Hollande et tous les clowns qui nous gouvernent n’en veulent pas, ils seraient “rétrogradés” d’un cran.

      Mais ce que je ne m’explique pas, c’est pourquoi VOUS ne voulez pas cette Europe…

      La nostalgie des “Bonnes guerres” tous les 30 ans peut-être ?

      Je vois pas autre chose…

      Parce que… vous n’êtes quand même pas payé, pour ça ?

      • 9 Juillet 2016 à 1h31

        Saul dit

        parce qu’il n’existe pas de “peuple européen”, tout simplement. Et donc qu’un tel projet n’est que folie, voué inéluctablement à l’échec. C’est à dire la guerre.

        • 9 Juillet 2016 à 1h42

          Lector dit

          Saul, sauf qu’un peuple ça se construit (France/Philippe II, Italie/Garibaldi, Allemagne vs “nous” :))
          Une langue commune imposée + le droit etc. Faut tjrs perdre un peu de son identité (régionale et maintenant nationale) pour en adopter une plus large.

        • 9 Juillet 2016 à 2h24

          Saul dit

          Pas sur des identités aussi ancrées et anciennes que les nôtres. dur d’imposer une langue commune dans ce cas…
          Et ça ne se construit (tes exemples le confirment d’ailleurs) que dans la guerre.
          l’europe ne peut être nationale, c’est juste une version modernisée de l’empire.

        • 9 Juillet 2016 à 8h37

          Cosmo dit

          @ Saul
          Bien vu. ” L’Europe ne peut être nationale. C’est juste une version modernisée de l’empire. “ 
          Et l’on connaît le destin des empires… 

        • 9 Juillet 2016 à 10h33

          Lector dit

          le destin des empires, comme tout autre régime, c’est de régner pendant un temps ; assez long d’ailleurs.

          Eh bien Saul, ce pourrait être affaire de volonté politique et de choix éthique que de construire dans une paix relative. En attendant un sabir hégémonique s’impose, le globish. (Ce n’est pas l’Espéranto ni la langue de Shakespeare.)

          La bêtise des élites te donne raison et je ne suis pas ignorant de cela (tu sais bien). J’y vois la démission du politique. Voire sa soumission au tout économique.

        • 9 Juillet 2016 à 13h26

          Saul dit

          mais une nation, ça dure bien plus longtemps qu’un empire ;-)

        • 9 Juillet 2016 à 13h29

          Villaterne dit

          A condition Saul qu’on ne tue pas la nation !
          Le grand tout c’est plutôt le grand fourre-tout !

        • 9 Juillet 2016 à 13h57

          Saul dit

          Concernant les notres, dissoudre la nation est mission impossible.
          On le voit d’ailleurs quasi quotidiennement : les fêtes nationales rassemblent de manière massive alors que les commémorations européennes font des bides de chez bide.
          Et pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé de tuer ce sentiment d’appartenance commune.
          Tiens, prend l’euro actuellement, une expression de la vivacité du sentiment national.

        • 9 Juillet 2016 à 14h17

          Villaterne dit

          Entièrement d’accord Saul
          J’ai toujours dit que l’engouement patriotique qui s’exprime à travers le sport démontre que les particularités nationales ne sont pas prêtes à disparaître dans le cœur des peuple !
          Mais je me méfie des politiques qui s’évertuent à tout noyer avec l’assentiment des jeunes générations, tout au moins française !

        • 9 Juillet 2016 à 15h10

          i-diogene dit

          Rhâââ, l’ Euro-foot en exemple, maintenant..!^^

          On remarque bien la cohésion nationale quand un match oppose le PSG à l’ OM..!^^

          De toute façon, l’ UE enlèvera quoi à l’ identité culturelle de la France..?

          La création de l’ Etat français n’ a rien enlevé aux identités culturelles régionales… Pour la plupart, elles ont été abandonnées par les régionaux: ça demande un effort supplémentaire de parler français et breton, languedocien et français, etc..

          Sinon, chaque région conserve jalousement sa culture culinaire, par exemple..

          L’ effet de mode a sûrement détruit beaucoup de traditions aussi: architecture, vêtements, musique, etc..

          Les traditions culturelles régionales ou nationales sont des choix personnel et non-pas un projet de société..!^^

        • 9 Juillet 2016 à 15h44

          Saul dit

          un match PSG/OM ne suscite l’engouement que chez les supporters de foot. Dans le cas de l’euro pu d’un mondial, ça touche tout le monde, même ceux qui se foutent du foot d’habitude…

          Et bien sur que si que le jacobinisme fut un modèle coercitif d’abandon des particularismes locaux, c’est même ce qui lui est reproché par les zozos antijacobins.
          La langue justement, les différents patois n’ont pas été abandonnés volontairement, cela fut imposé au travers de l’école. Le lavage de bouche au savon parce que l’on parle patois est un cliché bien connu mais reflétant une réalité historique.

        • 9 Juillet 2016 à 18h53

          i-diogene dit

          Non-non, Saul, moi le foot ça m’intéresse nettement moins que le cycle de vie du hanneton.. Si j’e regarde la télé (très rare) et que j’ aie le choix entre ces deux programmes.. Aucune hésitation.. Le hanneton..!^^

          Moi, j’ espère qu’ un jour, nos enfants seront aussi attachés à l’ UE que vous l’ êtes à la France, tous..
          Fier d’ une première: une démocratie qui s’ est construite par le dialogue et les compromis, plutôt que par la guerre et les massacres..

          Faut pas désespérer: aux USA les nordistes et les sudistes se haïssaient… Bon, il y a toujours des a-priori, mais l’ idée de nation a fait son chemin..

          Pour ma part, j’ espère qu’ un jour il n’ y aura qu’ un seul gouvernement sur terre (je ne le verrai pas), mais quel qu’ il soit, il sera forcément humain car les dictatures finissent toujours par s’ effondrer..

          D’ici là… Y’ aura encore des morts..!^^

        • 11 Juillet 2016 à 0h59

          RED (From Tex) dit

          @Saul,

          Je n’ai pas le temps d’approfondir, mais…

          Heureusement que vous n’étiez pas là du temps de Hugues Capet ou de Louis XI… Vous leur auriez expliqué que c’était une très mauvaise idée de faire la France, puisqu’il n’y avait pas de “peuple français”…

          Par contre, à l’époque, il y avait des Lyonnais, des Bourguignons, des Bretons…

          Vous auriez d’ailleurs dit la même chose à Frédéric de Prusse et à Garibaldi…

          Bref, vous voulez tuer l’Europe, allez-y…

          Vous croyez comme me l’a dit un copain que “la France existait avant l’UE, elle existera après”…

          Vous vous trompez !

          AVANT l’UE, la France était “imbriquée” à 5% avec le reste du monde.

          AUJOURD’HUI, la France est “imbriquée” à 70% avec le reste du monde !

          Vous allez renégocier TOUT avec 200 pays ? Vous avez peut-être le temps, mais pas eux !

        • 11 Juillet 2016 à 1h30

          Saul dit

          Red,

          Vous oubliez un truc fondamental : bien que ne parlant pas la même langue à l’époque d’Hughes Capet, il existait un sentiment d’appartenance commune, la même appartenance au Regnum Francorum.
          Pas le temps d’approfondir et je me repeterais, mais rien que le fait sous les Mérovingiens que toute la population de la moitié nord du royaume se considérait comme “francs”. Alors que démographiquement c’est impossible.
          Bref vous oubliez que vos lyonnais et autres Bourguignons n’avaient pas d’identités solidement ancrées et que celles ci ne faisaient qu’évoluer au fil des conquêtes, guerres etc. Ce qui n’est pas le cas des nations, particulièrement la notre dont la construction du sentiment national débute il y a 1500 ans déjà.
          (sur les Bourguignons, je vous engage à lire la protestation des Etats de Bourgogne disant en gros qu’ils voulaient rester sous la souveraineté de la Couronne de France et non passer sous celle de Charles Quint, pourtant héritier direct de leurs ducs. Leur rattachement à la France était pourtant récent…).
          Un peu comme ces Allemands que Bismark a unifié, bien que relevant de plusieurs états, ils avaient déjà une conscience commune, d’appartenir à la même culture, au même “volk” (je vous laisse traduire)… Vous voyez la différence ? le sentiment européen en revanche…

          Quant à la France imbriquée avec 5% du reste de la planète avant l’UE, vous divaguez mon ami, je vous invite à réviser l’Histoire de France, vous vous rendrez compte qu’elle était une des puissances qui comptent. Et tout le long de son histoire.

    • 8 Juillet 2016 à 22h04

      varese dit

      Le cadavre de l’UE ? Il paraît que les autres pays tentés par un référendum type Brexit se sont ravisés.

      http://www.theguardian.com/world/2016/jul/08/brexit-causes-resurgence-in-pro-eu-leanings-across-continent

    • 8 Juillet 2016 à 19h49

      Zinho dit

      Il y a un axe Washington-Londres-Barlin. Les USA ont prévenu : Londres est notre alliée pas d’”entourloupes”. Les petit marquis haineux de l’UE peuvent aboyer : l’argent et la bombe feront encore la loi pour quelques temps.

      • 8 Juillet 2016 à 20h17

        isa dit

        On se demande bien quels sont les haineux.
        C’est trop… Rigolo. 

    • 8 Juillet 2016 à 13h00

      zelectron dit

      on enterre pas quelqu’un de vivant !

    • 8 Juillet 2016 à 12h52

      Diogène le cycliste dit

      @J SAPIR
      Assez d’accord avec votre article et vos conclusions.
      Je ne me fais pas trop d’illusion sur la direction future et je pense que malheureusement que personne ne fera rien. Donc, ce sera le 1er choix de votre dernier paragraphe.
      La classe politique ne fera rien, tout au moins en France car ils sortent tous du même moule et ne savent pas voir par eux-même. Ensuite parce qu’il y en a qui tiennent à leur gagne pain, même, et surtout, s’il ne sert à rien. Dans les autres pays, je ne sais pas?
      Quant à la gauche, être de gauche, c’est bien une névrose car comment dire d’une personne qui refuse de voir le vérité telle qu’elle est et s’enferme dans un monde imaginaire?