Brexit: oui ou non, c’est win-win! | Causeur

Brexit: oui ou non, c’est win-win!

God save the City

Auteur

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau
est un économiste français, ancien expert du MEDEF

Publié le 23 mai 2016 / Monde Politique

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Si le «non» l’emporte dans exactement un mois, preuve sera faite que tout ce qui a pu être abandonné aux technos de Bruxelles peut être reconquis. Et si c’est le «oui», ce sera presque pareil, puisque le Royaume-Uni ne restera dans l’Union qu’en échange de concessions stratégiques sur la souveraineté des Etats membres.

(Dessin : Soleil)

Quand nos braves compatriotes choisissent leur président, l’heureux élu s’installe avec l’agenda que le système a confectionné pour lui: relever les défis et saisir les opportunités de la globalisation, renforcer l’intégration européenne, renforcer la compétitivité du site France, combattre les dérives xénophobes. Mais, depuis 2007, que d’imprévus ! Grande récession occidentale de 2008, crise de l’euro de 2010, printemps arabes de 2011, guerre terroriste et crise des migrants de 2015 et, last but not least, référendum anglais du 23 juin prochain. Désormais, l’imprévisible prend le pas sur le prévisible et gouverner n’est plus prévoir mais courir éteindre les foyers d’incendie qui se déclenchent l’un après l’autre.

L’intense débat qui agite nos amis anglais concernant l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne est réjouissant. L’État britannique fait jouer la procédure référendaire que les républicains et les socialistes français ont enterrée après le revers du 29 mai 2005. Mais David Cameron a pris un risque calculé en arrachant à l’UE des concessions majeures : possibilité d’échapper à des règles européennes indésirables, maintien des règles financières sur les marchés anglais et faculté de supprimer l’accès aux prestations sociales pour les non-Anglais, y compris pour les ressortissants non britanniques de l’Union. Il fait désormais campagne pour le « oui » avec de nombreux appuis dans les cercles influents du pays. Pour dégager les enjeux de l’affaire, mettons-nous à leur place.

[...]

>>> Retrouvez en cliquant ici l’ensemble de nos articles consacrés au Brexit.

  1. Une fraction importante finance les fonds de cohésion structurels européens au profit des pays pauvres et sous-équipés de l’Union.
  2. Les banques anglaises sont presque toutes étatisées.
  3. Incriminé par François Hollande durant sa campagne, accepté par lui en juin 2012, placé sous la supervision de Pierre Moscovici nommé commissaire en 2014.

  • causeur.#35.couv.bd

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    publié dans le Magazine Causeur n° 94 - Mai 2016

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    • 25 Mai 2016 à 8h18

      salaison dit

      Pourquoi pas !?……..

    • 24 Mai 2016 à 15h37

      mogul dit

      Remarquable article !
      Brexit or not brexit, les Anglais ont déjà prouvé qu’il était possible d’établir un rapport de force avec l’axe Berlin/Bruxelles, et qu’il est donc possible de défendre ses intérêts nationaux dans le machin européén. Un constat qui suffit à mettre un peu de baume au cœur de l’UEphobe que je suis. Ils ont aussi prouvé leur attachement au respect de leurs frontières (ce concept ringard et totally old school…), même si c’est à notre détriment (accords du Touquet…) ce qui fâche beaucoup beaucoup certains de nos europhiles. Que n’en prenons nous de la graine…
      Bien sûr, le “oui” qui provoque déjà des insomnies chez nos barons bruxellois serait la cerise sur le cake…

    • 24 Mai 2016 à 15h09

      munstead dit

      Au contraire,  l’Europe aura perdu dans les deux cas. Bien entendu, les anti-européens systématiques seront encore plus satisfaits du Brexit mais l’affaiblissement de la construction européenne par des concessions qui ouvrent la porte à d’autres revendications sera un délicieux os à ronger.

      • 24 Mai 2016 à 15h39

        mogul dit

        Exactement !
        Je m’en pourlèche les babines à l’avance…

    • 24 Mai 2016 à 14h56

      beubeuh dit

      On peut aussi voir le verre à moitié vide: la menace d’une sortie de la part du deuxième (par son PIB) ou troisième (par sa population) pays européen n’ont pas permis d’obtenir de concessions majeures. Il n’y a notamment pas de révision des traités seulement des mesures dérogatoires et des engagements formels. Londres a notamment échoué à obtenir un pouvoir de blocage de toute intégration ultérieure de la zone euro. Cameron vient de craquer toutes les allumettes britanniques, tout ça pour allumer un feu de paille.
      On verra donc ce que pourront bien obtenir Budapest ou Copenhague lorsqu’eux aussi menaceront de sortir.

    • 24 Mai 2016 à 14h35

      Villaterne dit

      C’est à se demander si les conséquences du « oui » ne seraient pas pire pour l’UE que celles du « non » !
      La victoire du « oui » est peut-être l’occasion de garder l’Europe tout en se débarrassant de son pouvoir dictatorial. Retrouver une souveraineté tout en faisant partie d’un Tout.
      Bref, remplacer un Rottweiler par un épagneul !

    • 24 Mai 2016 à 5h46

      thierryV dit

      Les institutions européennes font figure, comme dans certaines démocraties , de réservoirs à planqués. Le fonctionnement du parlement européen semble complètement dépassé avant même d’avoir produit un quelconque souffle constructeur.
      l’Europe  produit une caricature femme même et de ses mentalités. 

    • 23 Mai 2016 à 16h52

      L’objecteur dit

      L’article de Jean-Luc Gréau est à lire absolument. Il démontre combien les grands médias de l’hexagone et nos responsables politiques appartenant aux “partis de gouvernement” se gardent bien de nous informer objectivement des enjeux de ce fameux Brexit. Sans doute, pour les seconds, sont-ils honteux, ou pire encore inconscients, de la façon dont l’Angleterre a su manoeuvré avec l’UE impotente. Fort réjouissant…