Souverainistes et réformateurs de l’UE, deux faces d’une même médaille? | Causeur

Souverainistes et réformateurs de l’UE, deux faces d’une même médaille?

Le pile ou face des imposteurs

Auteur

Benjamin Edgard
est journaliste.

Publié le 29 juin 2016 / Économie Monde Politique

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Nigel Farage, le leader de Ukip, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, à Bruxelles ce 28 juin (Photo : SIPA.AP21915524_000001)

Si l’Union européenne est l’expression de 500 millions d’Européens ; si les directives et les règlements de l’Union européenne sont fidèles à la vie quotidienne de ses citoyens ; si ses principaux dirigeants sont les représentants des peuples européens, pourquoi craindre alors la tenue de référendums sur le maintien ou non des peuples au sein de l’Union européenne ? Quels sont les fondements de cette peur contre la « vox populi » ? Cette angoisse ne signifierait-elle pas que les dirigeants eux-mêmes sont plus amoureux des idées sur l’Union européenne que sur les effets qu’elles produisent sur leurs peuples ? Et si ces idées peuvent être rejetées par les peuples, si en ce sens « la loi ne peut être que le reflet idéal, conscient de la réalité, l’expression théorique absolue des puissances pratiques de la vie », comme le répètera Karl Marx, les « grands » de ce monde sont-ils plus attachés au reflet qu’à la réalité concrète ? L’existence ordinaire, celle de tous les jours, n’a-t-elle pas son mot à dire en tant qu’elle vit, sent, et respire, la réalité de l’Union européenne ?

Les diverses réactions jusqu’à l’injure des « bureaucrates de l’intelligence » ou des « savantissimes bureaucrates de métier », selon toujours les mots de Marx, sur la nouvelle crise de l’Union sont toutes révélatrices des écarts entre la vie réelle et la vie rêvée. La crise comme le rappelle son étymologie est une décision. Décision sur la fin de l’Union européenne pour les souverainistes ; décision sur sa refondation pour les réformistes. Mais ces deux décisions sont toutes deux insuffisantes pour cerner et saisir l’événement en cours. Il s’agit d’un combat déjà joué entre De Gaulle et Monnet, entre la Nation et la Fédération ; entre l’Europe comme regroupement d’Etats ; et l’Europe comme intégration et dissolution totale de tous les Etats ; entre l’Europe des Nations, et les Etats-Unis d’Europe. Mais personne ne s’interroge sur les liens philosophiques entre les Etats et l’Europe ; entre l’Etat comme esprit du peuple ; et l’Union européenne comme l’esprit des Européens. Comme si entre l’union nationale et l’Union européenne s’exprimaient des différences essentielles. Il est évident que toute union (union bancaire, union économique et monétaire, union des capitaux, union douanière, monnaie unique…), à savoir la destruction de toutes les particularités locales pour les fondre sous une même entité abstraite et globale, prend ses racines à la même source : le Capital.

Un capitalisme bleu-blanc-rouge vs un capitalisme européen

Entre Marine Le Pen et Jean-Claude Juncker, la différence est seulement chronologique. La présidente du Front national voudrait revenir à la France d’avant ; et le président de la Commission européenne veut une France d’après. Mais, là encore, personne ne se demande si ce retour en arrière ou cette poussée en avant n’est pas simplement provoquée par le même moteur. Ni Marine le Pen, ni Jean-Claude Juncker ne s’opposent au capitalisme. Chacun des deux admet l’économie de marché comme fondement de la démocratie moderne. L’une veut un marché à visage national ; l’autre un marché à visage international. Mais tous deux se rejoignent et s’accordent sur le dispositif capitaliste qu’il faudrait pourtant combattre. Un capitalisme bleu-blanc-rouge ou un capitalisme européen dont les destinées sont identiques : déraciner les peuples qu’ils soient nationaux ou européens afin d’accroître la richesse qu’elle soit nationale ou européenne.

Or ici encore personne ne prend en considération l’immense majorité de ceux qui produisent : le peuple. Celui-ci est aujourd’hui pourtant aliéné, et celui-ci ne produit plus en vue de lui-même mais toujours en vue de son aliénation : l’argent, qu’il s’exprime en euro ou en franc. Le peuple sera dans tous les cas transformé en marchandise nationale ou européenne pour se jeter dans le salariat. Un salariat qui n’est autre que la mise en équivalence de tout le monde à partir de la monnaie qu’il soit banquier et émerveillé ou ouvrier et désespéré. Or, le Front national défendra-t-il l’ouvrier français ou bien le banquier français dont les intérêts au sein du capitalisme divergent ? Ou feindra-t-il de soutenir les uns au nom de la France pour mieux jeter les autres dans un capitalisme national, histoire de conserver l’héritage libéral de son parti créé en 1972 ? Soutient-il la loi travail ou la conteste-t-il réellement? Soutient-il alors le capitalisme, ou le rejette-t-il ? Ainsi, vouloir restaurer la souveraineté de la France au nom de l’héritage républicain reviendrait dans tous les cas à soutenir les fondations bourgeoises des Lumières : les droits de l’homme et le doux commerce ; la substitution de la guerre à balles réelles à la guerre à balles économiques ; à la guerre concurrentielle entre les peuples européens — Schengen — ou à l’intérieur des Etats européens — burn out vs parachute dorée.

Nous ne voyons ainsi plus de « gueules cassées » dans notre époque européenne, mais des corps écrasés par le mouvement engagé lors de la création de la Communauté économique européenne fondée en 1957 lors du traité de Rome. Comme le rappelaient Bertrand Delanoë et Dominique Strauss-Kahn, l’ancien patron du FMI, dans une tribune au journal le Monde en 2004 : « En effet, tous les traités européens du passé ont été économiques : le traité de Rome avec l’Union douanière, le commerce, la concurrence ; l’Acte unique avec le grand marché ; le traité de Maastricht avec la monnaie unique ». L’Europe sociale, l’Europe des Nations et l’Europe libérale sont donc les échos lointains d’un grognement vorace : un cerbère à trois têtes rongeant jusqu’à l’os la liberté réelle des peuples. L’enjeu est bien aujourd’hui de ne pas remettre en cause leur colère légitime, mais de la réorienter vers « les choses qui le méritent », comme le recommandait Aristote. « D’où la colère contre les propagandistes, puisque qu’en répétant inlassablement et par tous les moyens qu’il n’y avait pas d’alternative à l’ordre néolibéral en Europe, et que la dissolution des peuples dans le marché mondial était l’unique horizon de l’Histoire, ils ont précisément travaillé à interdire l’action, ont barré l’avenir, et ont donc condamné les peuples à des vengeances imaginaires. Or le refus d’interpréter la misère sociale et les bouleversements historiques en termes de luttes de classes a toujours conduit à les interpréter en termes de luttes de races », selon les analyses du philosophe français Jean Vioulac, notamment auteur de La logique totalitaire, essai sur la crise de l’Occident. L’urgence est donc aujourd’hui triple : ne pas se laisser bercer par les réformateurs de l’Union européenne tout en ne se laissant pas berner par les critiques purement nationales de l’Europe, pour permettre enfin, juste avant le coup de sifflet final, de marquer le but victorieux de la délivrance des peuples.

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    • 1 Juillet 2016 à 14h19

      BE dit

      Bonjour Messieurs,
      Je suis l’auteur du papier que vous avez lu et commenté. Je vous remercie pour vos commentaires qui me permettent d’affiner mon propos. Et je me permets de vous répondre de manière groupée parce que j’ai pu y lire plus ou moins l’affirmation de la même idée, et de la même incompréhension. En préambule, je tenais à déclarer qu’il est fort dommage que certains se livrent à des exercices de personnalisation de mon propos voire parfois à un ressentiment inquiétant. Un propos qui n’est d’ailleurs pas le mien en propre, mais qui dépend de mon héritage, de mes lectures, et du contexte socio-historique. Dès lors, au lieu de viser le Je, visons le Nous, et au lieu de causer pour soi-même, causons ensemble ?

      • 1 Juillet 2016 à 14h34

        durru dit

        “au lieu de viser le Je, visons le Nous”
        Désolé, cher monsieur, les démocraties de type occidental se sont construites justement sur le concept d’individu, de droits et devoirs individuels, de responsabilité individuelle (gnothi seauton, en somme). Le “Nous”, le concept collectiviste/corporatiste, est exactement celui qui a apporté tant de malheurs le siècle dernier. Et vous voulez le raviver? Certes, il n’est pas mort, loin s’en faut. Mais laissons-le mourir en paix, si je peux dire…

      • 3 Juillet 2016 à 12h22

        expz dit

        Effectivement,c’est un exercice est assez difficile,considérez plutôt votre papier comme une hypothèse?. Exemple: A.Wiles:après avoir passé des années à réfléchir sur la conjoncture de Fermat (indémontrable depuis 3 siècles),sa démo semble -enfin-exacte,”ça se tient”. Mais à la veille de la conférence (devant les “pontes”)il s’aperçoit que cette démo est…fausse.Horreur absolue!Il bachota alors toute la nuit pour “sauver les meubles”.

    • 1 Juillet 2016 à 14h19

      BE dit

      Tout d’abord, j’ai vu la récurrence du terme marxiste. Il s’agit d’une erreur classique et compréhensible de vouloir associer Karl Marx au marxisme. Dans un ouvrage consacré à Marx, le grand philosophe Michel Henry, auteur d’un ouvrage intitulé Marx, commence son propos par : « le marxisme est l’ensemble des contre-sens qui ont été faits sur Marx ». Et Marx lui-même à la fin de sa vie déclara : « Ce qu’il y a de certain, c’est que moi je ne suis pas marxiste». En ce sens, Marx lui-même n’a jamais voulu imposer une doctrine quelconque, ou une théorie particulière. Dans une lettre en 1843 à Arnold Ruge, il écrivait : « réforme de la conscience, non par des dogmes, mais par l’analyse de la conscience mystifiée, obscure à elle-même ». Il essaya alors simplement à partir de la réalité, des événements concrets – révolte ouvrière notamment – de dégager les fondements et les fondations invisibles. Il s’agissait alors d’observer derrière les phénomènes apparents ou derrière les concepts pour en exhiber les logiques. Il s’agissait d’opérer « une critique radicale de tout l’existant ». Or, le terme radical qui vient de « radix » veut dire racine. J’ai alors tenté dans ce texte d’aller à la racine pour voir si justement nous n’étions pas abusés par nos propres catégories, et si le retour aux Etats-Nations n’était rien d’autre que la même logique à l’envers.
      Concernant plus particulièrement le « marxisme-léninisme » ou le communisme, il a toujours été un projet industriel – les plans quinquennaux – qui entend, en détournant le propos de Marx, ériger une rationalisation complète de l’URSS, à partir d’un projet scientifique dont le but était de créer une classe ouvrière pour la soumettre à l’impératif industriel.

      • 3 Juillet 2016 à 11h27

        kelenborn dit

        Commençons par le commencement ! Marx a dit qu’il n’était pas marxiste!! Pardi! seuls BHL et Attali sont respectivement Levistes et Attalistes ( en fait pas vraiment fatalistes mais en Levytation permanente sauf quand il s’agit de pépettes, ce qui les fait vite atterir!)!
        Pour le reste , dommage que votre vrai nom ne soit pas nombril car vous pourriez vous réclamer du parti du même nom tant votre contemplation de cette partie de votre être semble vous avoir fait de vous un autiste. Autrefois, on faisait l’exégèse de la Bible mais, vous, je vous verrais bien faire une thèse de 900 pages sur la particule “an” chez Platon! Franchement, je suis admiratif. Vous dépassez en talent Onfray qui, trouvant une crotte de mulot, peut la rouler entre ses doigts pendant 25 pages!
        Quand même un satisfecit. Contrairement à certains qui déposent ici leur crotte et laissent aux besogneux que nous sommes le soin de gloser sur son odeur et sa taille, vous êtes venus la défendre. C’était un combat difficile que vous saviez perdu à l’avance mais tel la garde à Waterloo vous êtes mort le fusil à la main!
        MK

      • 3 Juillet 2016 à 12h50

        expz dit

        Là votre argumentation ressemble aux réponses du PCF dans les années 70:”Non le communisme ce n’est pas comme l’URSS”
        -Mais alors comme la Chine?
        -Non,plus.
        -Comme la Yougoslavie?
        -Encore moins
        Mais alors qu’est-ce?
        -C’est le communisme Français.
        Je ne suis pas spécialiste,très loin de là,je peux me tromper…Quelques objections:Marx reprend dans le capital ,la dialectique du Maître et de l’esclave qui serait l’explication du sens de l’Histoire au sens scientifique du terme.Son aboutissement définitif étant le capitalisme qui ,avec ses contradictions (nous y reviendrons)et la lutte des classe débouchera inéluctablement sur la dictature définitive du prolétariat et la fin de l’Histoire.
        Cette contradiction provient de la lutte pour la plus-value travail des capitalistes entre eux qui débouche,avec l’obsolescence du capital machine de plus en plus rapide,sur une baisse GLOBALE du taux de profit (et non local). Or ,c’est le phénomène inverse qui se produit aujourd’hui.De plus la révolution prolétarienne se fait toujours attendre,mais peut-être cherche t’elle plutôt à s’embourgeoiser,comme Marx le déplorait avec les ouvriers Anglais du 19e Siècle…
        Réciproquement,il faut bien distinguer Marxiste et Communiste:ainsi Attali ou Piketty et d’autres sont des Marxistes mais ne sont pas communistes (loin s’en faut).
        Au sens Léniniste:l’impérialisme capitaliste exploite les ressources de ses colonies pour maintenir son niveau de plus-value.

        -

      • 3 Juillet 2016 à 14h16

        varese dit

        Benjamin Edgard a raison : Marx n’a jamais été marxiste. Il suffit de lire ess écrits pour le comprendre.

    • 1 Juillet 2016 à 14h18

      BE dit

      Au XIème congrès du Parti en 1922, Lénine déclarait : « la classe ouvrière, dévastée, déclassée, dispersée dans les campagnes à la recherche du pain n’est plus ! », en raison de la révolution russe qui avait anéanti cette classe. Lénine, lui-même, dans son ouvrage « Les tâches immédiates du pouvoir des soviets » prônait une « réorganisation du travail du peuple selon le dernier mot de la science et de la production ». Mais il finira par constater que cette logique à tendance à créer un appareil productif qui s’autonomisera : « Je doute fort qu’on puisse dire que les communismes mènent. A vrai dire, ce ne sont pas eux qui mènent, c’est eux qui son menés », dans le Rapport au XVe Congrès du Parti communiste.
      Dès lors, tout lien avec notre modernité est justement de savoir si la logique de l’Etat elle-même n’a pas de telles catégories, et si l’Union européenne n’est rien d’autre qu’un grand ensemble autonome à l’échelle européenne. Et donc savoir si l’Etat lui-même n’est pas soumis à l’impératif économique, et si l’Union européenne elle-même n’est pas soumise aussi à l’impératif économique. Or, il s’agit ainsi de savoir est-ce qu’il s’agit d’une logique inhérente à l’Etat et à l’UE, ou est-ce qu’il s’agit d’une dérive ? Un exemple concret vous mettra sur la voie. M. Juncker, le président de la Commission, est en train en ce moment à travers la Banque européenne d’investissement et un instrument, le Fonds européen d’investissement stratégique, de favoriser des projets à l’échelle européenne dont l’unique but est la croissance économique. Cet argent lui-même est fourni à la fois par les puissances publiques, et en grande majorité par la puissance privée. Ce qui conduit et conduira à des aberrations en termes de vie sociale, et communautaire. Je vous enjoins à lire l’article du Monde dont le titre est « Une usine créée en plein bocage normand grâce au plan Juncker ».

      • 3 Juillet 2016 à 13h13

        expz dit

        L’URSS était soumise à l’impératif économique,comme les états ou l’UE.C’est une logique inhérente parce que cela conditionne sa survie:celui de s’adapter aux évolutions du monde qui est un processus de destruction/création cyclique et dont les effets positifs n’arrivent qu’à terme.C’est ainsi qu’a disparu l’URSS,système fermé,incapable de s’adapter aux évolutions du monde.Totalement obsolète parce que l’absence de concurrence a engendré une irresponsabilité individuelle incapable de répondre aux besoins élémentaires d’une population que l’état était incapable de comprendre.(Il ne me semble pas que les ex-RDA soient de grands nostalgiques). En d’autre terme,seule la force Stalinienne et son système de terreur conservait une certaine logique. Tout système système fermé-et non mis en concurrence- est condamné,à terme,à disparaitre.
        Pourquoi “aberration en terme de vie sociale”?

    • 1 Juillet 2016 à 14h17

      BE dit

      D’autre part, au vu de l’endettement généralisé de tous les Etats européens, le peuple lui-même n’a pas son mot à dire dans les décisions d’utilité publique. Car savez-vous que la France emprunte régulièrement sur les marchés pour se financer au travers de ce que l’on appelle les spécialistes en valeur du Trésor, regroupement de grandes banques nationales et internationales au service non pas des français eux-mêmes, mais chargées d’emprunter pour l’Etat, et son fonctionnement bureaucratique ? Or une banque regarde-t-elle l’utilité publique d’un projet ou le retour sur investissement de ce projet ? Une banque regarde-t-elle les conditions concrètes de votre remboursement futur, ou bien l’usage de votre projet ? La banque est là pour gagner de l’argent, et elle n’a pas vocation à en perdre sous peine d’être mise à mal.
      Ainsi, vouloir une économie de marché nationale avec un Etat au service des intérêts privés, ou une Union européenne au service des intérêts privés européens conduit bien à la même source : le Capital. Le Capital a pour principe le retour sur investissement de l’argent. D’une mise de 110 euros, je dois obtenir 115 euros. Mais comment ai-je obtenu ce supplément ? Non pas parce que l’argent aurait magnifiquement le don de produire en lui-même 15 euros de plus, mais parce lorsque tout le monde est employé il ne travaille pas en vue de son activation, mais il est activé par le capitalisme qui exige de lui qu’il produise toujours plus, afin de lui dérober une partie de sa production. Cela s’appelle le salariat. Or, il est surprenant que si le projet républicain pose comme principe l’égalité, la fraternité, et la liberté, je ne vois aucune liberté lorsqu’un individu est forcé à vendre sa puissance de travail selon des conditions étrangères à son activité.
      Dès lors, mon propos consistait à dire que l’Etat fonctionne de manière automatique, et si l’Union européenne fonctionne aussi de manière automatique, c’est qu’il y a bien une instance supérieure qui les

      • 3 Juillet 2016 à 14h04

        expz dit

        Pourquoi le “peuple”n’aurait pas son mot à dire dans les décision?
        L’état émet des obligations qui sont des titres qui s’échangent sur les marchés monétaires avec une valeur intrinsèque (d’où les agences de notation),souvent les détenteurs/acheteurs sont les fonds de pension étrangers.
        Votre questionnement,c’est en fait:”qu’est ce que la valeur”?N’étant pas Marxiste je vous répondrais que ce n’est pas forcément le travail mais la valeur subjective de l’objet qui la rend attractive:un verre d’eau dans le désert peut avoir une valeur différente,de même avec un deuxième verre dont la valeur diminuera.
        Donc qu’est ce que l’endettement?C’est le fait de consommer plus que l’on ne produit,ce sont les états qui le décident,pas les banques.Lorsque les individus consomment immédiatement cet emprunt,son remboursement par son activité n’est pas “étranger”.
        Qu’est ce qu’un prêt?C’est le fait de renoncer à une consommation immédiate pour un consommation future,d’où l’intérêt.

      • 3 Juillet 2016 à 14h26

        varese dit

        Je ne suis pas d’accord avec vos termes. Un salarié ne vend pas sa puissance ee travail; il la transforme en capital. Le travail n’est pas une activité commerciale en soi, même si les relations labourales sont régies par des contrats.

    • 1 Juillet 2016 à 14h16

      BE dit

      Ce Dispositif, c’est bien le capitalisme qui n’est autre que le grand dissolvant de toutes les particularités pour les fondre dans l’argent. Or, le capitalisme n’a aucune matérialité. Il suffit pour cela de voir tous les mouvements de valeurs qui n’ont plus aucun rapport avec la réalité concrète, preuve que le Dispositif s’autonomise lui-même en vue de sa reproduction. Mais cette machine va avoir besoin de machiniser encore plus le salariat pour produire encore plus rapidement et plus efficacement sa logique. Nous voilà à l’ère des start-up – tout le projet de Macron – où les gens vont être remplacés par des algorithmes, et où leur emploi va disparaître pour être exécuté par des machines. En ce sens, le capitalisme ne produit pas du travail, mais de l’emploi et de la destruction d’emploi aujourd’hui pour sa propre reproduction. Voulons-nous alors devenir les esclaves d’un système machinique ou voulons-nous reprendre la main sur nos vies ? C’est parce que justement le travail est une activation comme reprise pratique de sa communauté tandis que l’emploi consiste à être interchangeable peu importe les qualités particulières, qu’il faut urgemment reprendre nos vies en main. Comment alors contrevenir à cette logique ? En la refusant totalement par des actions non médiatisées par l’argent, par le roc maussien le « donner, recevoir, et rendre », pour observer ensuite ce qui se dégagera des corps vivants eux-mêmes, puisqu’il doit s’agir d’une expression du peuple lui-même et non d’un quelconque programme imposé de l’extérieur sous peine de retomber sous la même logique. Pour l’heure, je crois savoir qu’il ne vient à personne de monnayer « un coup de main » à son voisin, à moins de favoriser la nouvelle « économie du partage » ?

      Bien à vous.

      • 3 Juillet 2016 à 14h34

        expz dit

        Lorsque le dispositif s’”autonomise” on appelle cela une bulle.Phénomène récurrent lorsque -à l’inverse de ce que vous affirmiez précédemment-les BC produisent une masse monétaire (pour éviter l’emprunt ou l’impôt)trop importante.A chaque valeur monétaire correspond une valeur informative intrinsèque.Ainsi,depuis 2008,la BF a imprimé pour 4000 milliards de dollars créant une bulle spéculative dans l’immobilier US.Aujourd’hui,la BCE prend à son tour le relais,mais tente de l’orienter vers l’investissent.Ses essais précédents n’ayant fourni aucun résultat.
        La substitution par des algo n’est pas nouvelle,vous-même les utilisez en pianotant,êtes-vous son esclave (certains sur ce site semble l’être,vu le temps qu’ils y passent…)?
        L ‘Ubérisation,les réseaux sociaux,de la VPC offrent une multitude d’emplois nouveaux et correspondants à une nouvelle demande qui se crée (et qui sont en même temps destructeurs),mais si celle-ci n’existait pas il n’y aurait aucun changements.Tout ceci,bien évidemment ,à la condition d’être régulé correctement car ce ne sera pas un monde enchanté,c’est le moins que l’on puisse dire…
        En réalité c’est une diminution de l’emploi non qualifié/ouvrier.
        “Reprise pratique de la communauté”:vous pensez que le travail à la chaîne c’est mieux?
        L’”économie du partage”:vaste débat,en fait c’est celle de l’ex URSS.S’imaginer que les individus travaillent pour la collectivité est une douce illusion…
        En réalité l’économie c’est une dynamique,pas un gâteau:ce qui est produit à l’instant N n’engendre nullement une production identique à l’instant N+1.
        Bien à vous aussi.

    • 1 Juillet 2016 à 13h04

      BEORNOTBE dit

      il manque la légende (ou la bulle) de la photo, qui est :

      “t’as vu? on continue à les avoir (le cons…. tribuables)…. où qu’ils sont ils continueront à payer”

    • 30 Juin 2016 à 0h17

      Sancho Pensum dit

      Et donc ?…

    • 29 Juin 2016 à 23h08

      arbrecentenaire dit

      Les réactions à l’article sont réjouissantes…! Si l’on passe sur son marxisme et son anti-capitalisme, en effet bien primaire au vu de l’Histoire, il n’en reste pas moins que la question du capitalisme reste posé. La mondialisation auquel les lecteurs de Causeur s’opposent, c’est bien la capitalisme mondialisé. S’imaginer que le retour à la Nation règlera la question est un rêve… Evacuer l’économie, hélas! toute puissante, un déni. La politique, les idéologies retour à Matusalem des incantations… Vous serez laminés, mes seigneurs, en europénaistes ou en souverainistes.

      • 29 Juin 2016 à 23h18

        durru dit

        Ce que vous dénoncez, mon cher monsieur, ce n’est pas le “capitalisme mondialisé”, mais bien un capitalisme de connivence que nombreux ici aiment appeler “néolibéralisme”. Et, hélas, le seul moyen de lutter contre cette hydre qui risque de détruire ce qui reste de nos démocraties est bel et bien la politique. Pas celle pratiquée de nos jours, la fuite de responsabilités, mais la vraie, qui demande, au contraire, des vraies prises de responsabilités.

        • 30 Juin 2016 à 11h50

          arbrecentenaire dit

          Cela reste dans l’incantation, quelle serait cette “politique responsable” face à l’hydre dont vous parlez justement ? Je n’en vois guère le plus petit commencement, mais peut-être pourriez-vous m’éclairer, j’en serais ravi ?

        • 30 Juin 2016 à 12h30

          durru dit

          Ah, mais c’est ce dont nous avons besoin, justement. Comment? Je n’ai pas la solution miracle. Un mouvement citoyen de type Ciudadanos pourrait être une partie de la réponse.
          En tout cas, éviter à tout prix les solutions faciles, clé en main, type FdG ou FN.

        • 30 Juin 2016 à 18h36

          saintex dit

          ce n’est pas le “capitalisme mondialisé”, mais bien un capitalisme de connivence que nombreux ici aiment appeler “néolibéralisme”.
          )))))))) On fait un tennis ?

        • 30 Juin 2016 à 21h51

          durru dit

          de table?

    • 29 Juin 2016 à 22h33

      munstead dit

      Après le blog de Sapir, le marxisme à deux balles de B. Edgard. Que se passe-t-il à la rédaction en chef de Causeur? Trop occupée à se bagarrer avec l’inénarrable Clémentine Autain sur RTL, Elizabeth Lévy ne surveille plus ce que publie Causeur?

    • 29 Juin 2016 à 20h03

      Aristote dit

      Je proteste énergiquement contre l’utilisation abusive d’une citation de mon oeuvre pour défendre des raisonnements d’adolescent boutonneux. 

    • 29 Juin 2016 à 19h50

      gerryq dit

      Merveilleux: il suffit de se proclamer “journaliste” pour avoir droit à une pleine page de raisonnements adolescents dignes de Nuit Debout. Causeur nous a habitués à mieux que ça!

    • 29 Juin 2016 à 18h48

      Saul dit

      Pour résumer, un Marx et ça repart.

      • 30 Juin 2016 à 18h37

        saintex dit

        Ouais, même que les hommes viennent de Marx et les femmes de Linux.

    • 29 Juin 2016 à 18h12

      Loulou dit

      La question reste posée! Je pense dans nombreux référendums l’électeur ne répond pas exactement à la question! En profite pour sanctionner sur les conséquences d’une mauvaise politique intérieur (Immigration, difficultés etc..). LE manque de visibilité, ce sentiment commun des citoyens Européens de ne pas être entendus à certainement joué. J’ajoute que nombreux de nos élus pour réaliser des travaux les ont à tords imposés soit disant que, ex: le marché n’était plus aux normes Européenne!Alors que la norme est qu’il y ai l’eau et l’électricité pour les besoins des marchands! Je pense que l’ignorance, des avantages et des inconvénients n’est jamais développé! Je rest persuadé que les Britanniques ont fait une erreur! Dans le monde actuel face aux puissances économique que sont la Chine la Russie les USA et les pays émergents, il est vital de rester au sein de cette Europe inachevé!
      LE départ de l’Angleterre aura au moins cela de bon : la volonté des politique de la rendre plus audible et justement de faire en sorte qu’elle protège! Si nous voulons rester leader avec l’Allemagne, faire le nécessaire pour réduire ce boulet intergénérationnel que représente notre dette et que la cour des comptes dénonce!!!
      Ne prenons pas le risque d’aller vers deux Europe celle des pays vertueux! et les autres!
      Les investisseurs : -2% ! La France se paupérise, trop de charges trop d’impôts

      http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=20&date=20160628

      • 30 Juin 2016 à 19h21

        kelenborn dit

        Il faudrait proposer à Belcassine que ce texte constitue l’épreuve du bac de français l’an prochain ! Les candidats seraient tous collés car il n’auraient rien compris à moins que le jury ne considère que si on peut écrire ainsi, c’est que tout le monde peut avoir son bac. Dommage que l’auteur ne s’appelle pas Louloute car on aurait enfin eu l’oeuvre d’une écri-vaine à l’épreuve du bac!
        MK

    • 29 Juin 2016 à 17h42

      postumus dit

      Qu’est ce que c’est cet article …une suite du film Jurassic Park ?
      Il me semble qu’il y a toute la partie est de l’Europe qui s’était soi-disant affranchie du nationalisme et du capitalisme …et pourtant les “peuples” en question n’en ont plus voulu tellement c’était épatant …”Wir sind das Volk” disaient-ils en Deutsche Demokratische Republik …pur se débarrasser du régime et de sa Stasi…
      Ce Benjamin Edgard …on vient de l’extraire du permafrost …!??

      • 29 Juin 2016 à 20h40

        kelenborn dit

        Faites gaffe Postumus , j’ai été guillotiné par le censeur pour avoir écrit que l’auteur d’un article faisait penser à la momie de Toutankhamon…
        MK

    • 29 Juin 2016 à 16h29

      kelenborn dit

      Une question qui devrait quand même être posée à la direction de Causeur!
      On sait que les fins de mois sont difficiles et que vous ne pouvez , comme Petite Fraise renvoyer le paiement de l’addition aux calendes grecques mais là, trop c’est trop!
      On veut bien manger les restes pour ne pas qu’ils se perdent surtout s’ils frisent la péremption mais quand même pas les croquettes de Médor!
      Il y a bien parmi les journaleux des gens qui savent lire et écrire mais aussi réfléchir! alors soyez sympas , évitez nous ce genre de repas!
      MK
      kelenborn.e-monsite.com

      • 30 Juin 2016 à 0h53

        ZOBOFISC dit

        Mais OUI Mme LEVY donnez donc la parole à M. KELENBORN, il écrit achtement bien. Y’a que pour l’humour que ça laisse un peu à désirer.

        • 30 Juin 2016 à 19h28

          kelenborn dit

          Oui, je te signale que si on montre son zob au fisc on risque un redressement , ce qui n’est utile que pour ceux qui n’arrivent pas à b….. !!!
          Et tu trouves que je n’ai pas d’humour!
          MK

    • 29 Juin 2016 à 15h51

      A mon humble avis dit

      J’espérais beaucoup du titre, et je me prends rapidement Marx en pleine face.
      J’ai d’abord cru à une citation d’érudit reconnaissant quelque vertu à l’analyse marxienne -pas marxiste, ne poussons pas trop quand même- et j’ai décidé d’absoudre l’auteur de ce péché pas trop capital (merci de sourire). Mais non : c’est bien de l’anticapitalisme pur et dur à la sauce Brexit.
      Je m’attendais à une description précise et explicite du fameux déficit démocratique de l’UE, où les élus de tous bords sont en fait toujours d’accord pour aller dans le même sens unioniste, sans se soucier de l’avis des peuples, ou juste pour le honnir et l’évacuer avec dégoût; et je lis que leur défaut commun est d’être capitaliste …
      Critiquer Juncker pour ses certitudes fédéralistes et sa morgue face aux opposants, voilà qui m’aurait fait plaisir. Dénoncer Le Pen qui affirme vouloir la fin de l’UE mais en a bien besoin pour utiliser son mandat européen comme tribune pour ses ambitions personnelles en 2017, j’aurais applaudi.
      Et en plus, l’article se termine en queue de poisson : il suffirait d’être sourd à tous les discours en attendant la délivrance du grand soir, qui bien sûr ne manquera pas d’arriver par la grâce du Dieu Marx et de Saint Lénine.
      Bon, enfin, ça m’aura au moins fourni l’occasion d’exprimer quelques rancœurs contre ces élus européens qui nous emmènent là où nous ne voulons pas aller, mais avec la main sur le cœur en affirmant que c’est pour notre bien, car eux savent tandis que nous sommes complètement stupides et arriérés.

      • 29 Juin 2016 à 16h22

        kelenborn dit

        Mais d’ailleurs, à mon avis encore plus humble , vous illustrez parfaitement et étayez le propos de l’auteur! Les élus européens et les marxistes c’est “Bonnet blanc et blanc bonnet” Pour les élus européens nous sommes si stupides et arriérés que nous devrions les remercier de nous apporter leur lumière Pour les marxistes, c’est la même chose: il faut au peuple une avant-garde éclairée qui lui indique le chemin de l’aube nouvelle. Le dernier phare illuminant de sa pensée l’Humanité reconnaissante est d’ailleurs en Corée.
        Dommage évidemment que l’avant garde ait été éblouie par ses phares et qu’elle se soit payée un platane . Ou plutôt tant mieux car le véhicule avait déjà écrasé suffisamment de vies!
        MK

      • 29 Juin 2016 à 16h23

        Perplexe dit

        J’aime et partage cette fin de réflexion, sentiment je crois à la situation des peuples rebelles à Panurge ….

    • 29 Juin 2016 à 15h50

      Vtc dit

      suite de mon message :
      certes l’économie de marché n’est pas parfaite, mais citez nous une seule personne qui ait risqué sa vie pour intégrer une économie socialiste. En revanche on en connait des centaines de milliers qui l’ont fait dans le sens inverse, beaucoup y ont perdu la vie.

    • 29 Juin 2016 à 15h50

      kelenborn dit

      Bon!!! Leroy vient au moins défendre les produits de sa ferme. Lui on ne le voit pas! Il est vrai que vu le nombre de tomates et d’oeufs qu’il s’est ramassé, il a plutôt intéret à demandé l’asile politique à Nuit De Boue! J’ai bien dit politique!
      MK