Finkielkraut: grandeur (et insuffisances) de Michel Rocard | Causeur

Finkielkraut: grandeur (et insuffisances) de Michel Rocard

L’Esprit de l’escalier en vidéo

Auteur

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut
est philosophe et écrivain.

Publié le 05 juillet 2016 / Politique

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« Michel Rocard, c’est une part de ma vie » confie Alain Finkielkraut, dans l’émission « L’Esprit de l’escalier » se souvenant s’être réuni en 1980 avec quelques amis pour favoriser sa candidature à l’élection présidentielle. Admiratif du « parler vrai » et de la « rectitude » de l’ancien Premier ministre, Finkielkraut y reconnaît « l’héritier de Pierre Mendès France dans sa volonté de réconcilier le socialisme et l’économie de marché ». Mais le revers de son pragmatisme était « une vision trop étroitement économique du monde » négligeant la culture.

L’académicien rappelle ainsi que la « liquidation hélas définitive de l’école des hussards noirs de la République » a commencé pendant le séjour de Rocard à Matignon, sous l’autorité de Lionel Jospin. Quels que soient ses errements, il restera comme un grand homme d’Etat qui a théorisé avec brio le fossé entre les qualités requises pour la conquête et l’exercice du pouvoir en démocratie médiatique.

Analysant les réactions au Brexit, Alain Finkielkraut montre l’obsolescence du clivage droite-gauche. Si, « jusqu’à une date récente, les riches étaient de droite et la gauche défendait le peuple », la mondialisation a rebattu les cartes entre élites nomades et classes populaires sédentaires devenues les nouvelles classes dangereuses en raison de leur enracinement et de leur doute face au multiculturalisme. Jadis, « le bourgeois était pris entre l’égoïsme calculateur par quoi il s’enrichissait et la compassion qui l’identifiait au genre humain » mais la gauche actuelle « réussit l’exploit de réconcilier les privilégiés avec eux-mêmes. Ce spectacle est à vomir, jamais les gagnants n’ont été aussi puants » conclut le philosophe.

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    • 7 Juillet 2016 à 21h23

      Fogo91 dit

      La différence entre Elie Wiesel et Michel Rocard c’est que l’un était Mitterrandiste et l’autre ne l’a jamais été.

    • 7 Juillet 2016 à 12h59

      IMHO dit

      Il n’a jamais été capable de s’arrêter de fumer .