Après le Brexit, inventer une démocratie éclairée | Causeur

Après le Brexit, inventer une démocratie éclairée

Ni populisme, ni gouvernance des experts

Auteur

Emmanuel-Just Duits
Auteur de "Après le relativisme" (Ed. Le Cerf).

Publié le 22 juillet 2016 / Politique

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En Islande, les manifestations de 2009 ont débouché sur l'élection d'une assemblée constituante. Cependant, aujourd'hui, ce processus est à l'arrêt (Photo : SIPA;AP20792039_000006)

Dans son éditorial de Libération du 6 juillet intitulé « Le référendum n’est pas le climax de la souveraineté populaire », Jean Quatremer met en garde contre les illusions et dérives d’une démocratie par référendums. Ajoutons à son article des questions fondamentales. Comment des individus lambda, qui ne connaissent rien des institutions européennes et des délicates équations de l’économie, devraient être en charge des plus grandes décisions ? N’est-ce pas la pire illusion de la démocratie que de faire croire aux citoyens qu’ils sont légitimes à commander des mécanismes qu’ils ne comprennent pas vraiment ?

Ces arguments méritent d’être pris très au sérieux,car ils expriment une pensée partagée par nombre de leaders de l’Union européenne (et d’intellectuels), qui reste cantonnée dans les milieux autorisés. En plus de l’incompétence, le peuple y est accusé d’être foncièrement irrationnel, et, in fine, immoral. Ce bas peuple manque de l’élévation suffisante pour prendre les grandes décisions. On pourrait résumer dans toute sa crudité le credo des eurocrates : le demos — la foule — se montrant hors d’état de dominer ses passions et ses préjugés irrationnels, il y a lieu de restreindre fortement son pouvoir, un pouvoir dont l’exercice incombe aux meilleurs de la cité : les philosophes-rois.

Cette argumentation remonte à certains propos de Platon, craignant déjà les démagogues. Plus curieux, elle se retrouve réactivée chez quelques pères de la démocratie représentative. Habermas a montré qu’au XIXe siècle même des penseurs relevant de la mouvance libérale n’étaient pas exempts de défiance à l’endroit du peuple1. C’était aussi, déjà, le point de vue d’un Montesquieu[2. De l’Esprit des Lois, Montesquieu, Livre XI, 6.] : « Il y avait un grand vice dans la plupart des anciennes républiques, c’est que le peuple avait le droit d’y prendre des résolutions actives, et qui demandent quelque exécution, chose dont il est entièrement incapable. Il ne doit entrer dans le gouvernement que pour choisir ses représentants, ce qui est très à sa portée. »

Le souci de voir contenus les excès de la majorité par une élite éclairée est bien à la base de nos systèmes. Afin de prévenir l’émergence de la démo­cratie directe, les législateurs ont ménagé un jeu de contre-pouvoirs. Les institutions, les groupes d’élus qui en émanent, les « experts », enfin, n’ont d’autre mission que d’éviter le basculement vers la folie collective. Derrière ces intentions louables, se profile une attitude paternaliste à l’égard du peuple infantile. Mais il ne s’agit pas ici de verser dans une forme du « tous pourris » ni de théorie du complot ; les « élites » européennes ne visent pas à ourdir des plans machiavéliques ; c’est au nom de l’éthique la plus pure qu’elles préféreraient confisquer en douceur le pouvoir aux populations. D’ailleurs, leurs arguments ne sont pas infondés. Comme on le répète volontiers : « Hitler a été élu démocratiquement. » Dans ce cas, la démocratie doit être encadrée, et certains droits fondamentaux inscrits de manière intangible dans nos pays, de façon à ce qu’ils soient préservés des élans populistes. Déjà à l’époque de la votation suisse contre les minarets (2009), des responsables européens s’interrogeaient sur la nécessité de poser des limites sur les sujets possibles des référendums.

Mais si les citoyens n’ont pas assez de compétence et de distance face à leurs passions pour juger des sujets les plus importants, où s’arrête leur droit à décider ? Ont-ils alors suffisamment de compétence et de raison pour choisir des représentants ? Ne serait-ce pas plutôt aux « gens compétents » et raisonnables de se coopter ou de s’élire dans un collège prédéterminé ? Cette logique pousse à en revenir à un régime censitaire. Pour éviter le populisme, on tombe dans l’oligarchie. Et chacun sent bien que l’UE lorgne de ce côté.

Eviter les fausses bonnes idées

La solution serait-elle découverte par certains think tanks ? Feu Olivier Ferrand notait, dans une tribune au Monde en 2012 : « Terra Nova réfléchit à un dispositif nouveau : le “référendum délibératif”. Il prend modèle sur l’expérimentation en cours en Islande. Le gouvernement islandais a réuni un panel représentatif de la population — 2 500 citoyens tirés au sort — pour rédiger une nouvelle constitution. Ce panel a pris le temps de la réflexion, aidé par des juristes constitutionnalistes, et le temps du dialogue, pour faire émerger un consensus. Le projet qui en est sorti est proposé à tous les citoyens par référendum. Le texte soumis au vote a ainsi été travaillé pour exprimer la position raisonnée du “peuple”. En conclusion, et pour le dire en un mot : oui au référendum d’initiative populaire, non au référendum d’initiative populiste. »

Or le processus islandais est au point mort. Ceci montre que les procédures adoptées jusqu’à présent sont problématiques. Elles ne répondent d’ailleurs pas à différentes questions : qui choisit les experts et nomme les délégués de la commission constitutionnelle ? Quel rôle pour les experts, les professionnels de la politique et les juges dans ce projet ? Est-ce que la représentativité d’un échantillon est suffisante pour le légitimer ? En réalité, les dispositifs qui misent sur un panel de citoyen encadré par des experts n’est peut-être pas le bon – ce qui ne déligitime pas le projet de créer de meilleurs outils pour encadrer les référendums. Les solutions à trouver seraient à mon sens du côté de ce que les Américains appellent des « arguments mappings », des cartographies d’arguments, permettant d’analyser et de critiquer la logique de chaque position politique. Il ne s’agirait pas forcément alors de dégager un consensus, mais plutôt des options fondamentales, permettant à chacun d’accomplir ses choix de façon plus éclairée (et invalidant au passage les arguments sophistiques et démagogiques, non en les disqualifiant moralement, mais par la froide analyse).

Pour la démocratie en Europe, toute la question est de sortir de la fausse alternative entre des référendums bâclés, soumis aux passions — et sur ce point l’argument de l’élection d’Hitler porte, tout comme les réflexions justifiées de Quatremer d’ailleurs — et la « solution » de pseudo-démocraties gouvernées de très haut par des experts et des juristes. Pour cela, il faut éviter la « fausse bonne idée » qui consiste à limiter les référendums et leurs sujets possibles ; au lieu de faire un pas en arrière, et régresser vers une limitation de la démocratie comme le veulent les eurocrates, il faut s’opposer à leur projet et faire un saut en avant, vers une nouvelle phase de la démocratie, en inventant des espaces délibératifs, avec des débats réellement sérieux et structurés. Il est urgent de sortir du mauvais débat qui oppose d’un côté les « populistes » réclamant référendums sur référendums aux « experts » voulant encadrer par des garde-fous de plus en plus contraignants la parole et la décision des citoyens.

L’UE se trouve à la croisée des chemins : soit elle continuera sa fuite en avant vers la dépossession du pouvoir accordé aux citoyens, au bénéfices d’experts capables de s’y retrouver dans des structures de plus en plus complexes et opaques ; soit les décisions reviendront aux peuples d’Europe, au travers de nouveaux mécanismes. La question centrale est donc la création d’un chaînon manquant, véritable outil démocratique de débat, permettant aux citoyens de prendre des décisions enfin éclairées par la raison. Notons ici que de telles procédures efficaces de débats ont été mises au point avec l’expérience du Deliberatorium aux Etats-unis, voire les conférences de consensus, par exemple.

Si nous n’arrivons à créer ce nouvel outil de débat méthodique et éclairant, on pourra dire adieu à l’idéal même de la démocratie — le pouvoir du peuple pour le peuple — et nous connaîtrons une régression inimaginable vers le pouvoir de ces nouveaux philosophes-rois que sont les experts et les juristes des instances européennes.

>>> Retrouvez en cliquant ici l’ensemble de nos articles consacrés au Brexit.

  1. L’espace public, Habermas, Payot, 1997, surtout chap. IV, 15.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 26 Juillet 2016 à 19h24

      Leftcruiser1 dit

      Utiliser le vote pour hitler comme un argument pour ne pas demander l avis au peuple est une erreur. Le vote pour hitler est la preuve que la démocratie indirect est risque. Le représentant élu pouvant faire totalement l inverse de ce pourquoi il a été élu. Les référendums c est de La démocratie directe est cela est différent. Je ne crois pas une seule seconde que le peuple allemand aurait répondu oui a la question  suivante:  Êtes vous pour l extermination massive des juifs? 

    • 26 Juillet 2016 à 17h02

      beornottobe dit

      politicien =député= Hypocrite, menteur.

    • 25 Juillet 2016 à 14h45

      hls dit

      « Le demos — la foule — se montrant hors d’état de dominer ses passions et ses préjugés irrationnels, il y a lieu de restreindre fortement son pouvoir, un pouvoir dont l’exercice incombe aux meilleurs de la cité : les philosophes-rois. …. L’UE se trouve à la croisée des chemins : soit elle continuera sa fuite en avant vers la dépossession du pouvoir accordé aux citoyens, au bénéfices d’experts capables de s’y retrouver dans des structures de plus en plus complexes et opaques ; soit les décisions reviendront aux peuples d’Europe, au travers de nouveaux mécanismes. La question centrale est donc la création d’un chaînon manquant, véritable outil démocratique de débat, permettant aux citoyens de prendre des décisions enfin éclairées par la raison.»

      Ce «chaînon manquant» pourrait, dans nos jours, être un large débat sur Internet concernant l’avenir de l’Europe, auquel tous les citoyens dans toute l’Europe seraient invités à participer: Quelle Europe, quelle démocratie, quelle participation les citoyens veulent-ils? Si beaucoup de citoyens participent, leur voix pourrait être entendue à Bruxelles et l’UE pourrait être transformée démocratiquement en une union flexible, proche des citoyens. Il ne faudrait donc point „dire adieu à l’idéal même de la démocratie – le pouvoir du peuple pour le peuple“, pour arriver au «pouvoir de ces nouveaux philosophes-rois que sont les experts et les juristes des instances européennes.» – Une Europe plus démocratique pourrait voir le jour, en commençant chez vous sur http://www.our-new-europe.eu !“ 

      • 26 Juillet 2016 à 17h04

        beornottobe dit

        “opaques”…..
        il fallait que ce soit dit (et écrit)

    • 25 Juillet 2016 à 1h14

      Lapraline dit

      Cher Livio del Quenale ! délirez-vous ?

      Les individus lambda sont ceux qui, faute d’avoir été entendus (je ne dis pas écoutés) pendront haut et court ceux qui les prennent pour des cancres ou des idiots. Veuillez faire l’honneur aux illégitimes dont vous parlez de ne pas les croire aussi sots que vous le prétendez sinon vous aurez de désagréables surprises !

      Je me méfie toujours de ceux qui cataloguent ceux-ci ou ceux-là d’incapables ! Quelle est le fondement de ce jugement téméraire ? Qui est qualifié pour définir la capacité des électeurs ou pour leur faire passer le « permis de voter » ? Sont-ce les mêmes qui nous gouvernent à la petite semaine en disant haut et fort ce qu’ils ne font jamais et en légiférant en catimini en période estivale ou dans un hémicycle quasiment désert puisqu’une loi peut passer à la majorité relative ? La démocratie ne souffre pas des ignares qu’elle produit sciemment elle meurt de ses élites qui profitent des avantages toujours plus étendus puisqu’ils les imaginent et les votent eux-mêmes sans courir le moindre risque.
      Rappelez-vous 1789 ! même si Jacques Brel a dit : « On a détruit la Bastille et ça n’a rien arrangé »… 

    • 24 Juillet 2016 à 16h47

      QUIDAM II dit

      Le pouvoir devrait donc être détenu exclusivement par des experts, des think tanks, des lobbies, des ploutocrates, des politiciens, des réseaux ?… tous parfaitement irresponsables, au demeurant.

      Il est vrai que « le peuple » n’est, en définitive, fait que d’ouvriers et de techniciens qualifiés, d’artisans, d’ingénieurs, d’universitaires, d’entrepreneurs et de commerçants : toutes personnes immatures et proches de la débilité, c’est bien connu.

      A travers les perspectives qui sont brossées dans cet article, on aperçoit – finalement sans grand étonnement – l’extrême fatuité et l’imbécilité profonde des fausse élites qui ont échoué en tout car la France, qu’ils gouvernent depuis plus de 40 ans, est pays surendetté, rongé par le chômage, le communautarisme, la désindustrialisation, la précarisation des salariés, la déconfiture des classes moyennes, la perte d’influence internationale, etc.

      Une solution à laquelle personne ne semble songer : réserver le pouvoir exclusivement à des personnes issues de la société civile ayant fait la preuve de leur valeur et de leur compétence par des réalisations incontestables et reconnues internationalement.

        

    • 24 Juillet 2016 à 13h54

      nico dit

      L’oligarchie bruxelloise (secondée par ses laquais nationaux, de Sarkozy à Hollande en passant par la quasi-totalité de la classe politique) “construit” l’Europe non pas comme un prolongement, mais comme un substitut des nations.
      L’Union européenne a pour principes fondateurs la négation des nations européennes et la suprématie du marché.
       Son système de décision est exclusivement technocratique, totalement découplé du suffrage universel.
       Son arme ultime est la dette ; comme l’avait bien compris John Adams, “il y a deux façons de conquérir et d’asservir un peuple: l’une est l’épée, l’autre la dette”.
       C’est une machine à détruire qui profite à une infime minorité de riches ; ils en tirent d’immenses profits.
       Pour les peuples en revanche, il n’y a aucune prospérité, aucune liberté, aucun avenir heureux à attendre de cette union soviétoïde.
      http://les-minuscules.blogspot.fr/2013/10/coup-detat.html
      nl
       

    • 24 Juillet 2016 à 13h54

      cloberval dit

      La démocratie demande l’intelligence sinon à quoi bon demander aux idiots ce qu’il faut faire ?

      La décision et l’exécution sont difficilement divisibles sinon on donnerait les gouvernes à n’importe qui et les meilleures décisions du peuple ne seraient pas suivies d’effets.

      Alors le mieux c’est d’élire un type intelligent et qui a du savoir-faire et respecte ses électeurs. Mais ça aussi sa demande de l’intelligence et un type honnête.

      • 24 Juillet 2016 à 18h09

        kelenborn dit

        Oh ouais!! Un monarque éclairé quoi!!
        Remarque, pour éclairer, ici, on a déjà JM Arrouet qui se prend pour Voltaire. Queen Elisabeth pourrait faire la grande Catherine (même si Diderot est forfait) et si elle est élue, l’Idiogène peut devenir premier ministre et Sancho son directeur de cabinet!
        Quand on dit qu’il n’y a pas de solutions! franchement!!!
        PS evidemment, faut éviter que Prince Murat n’en prenne ombrage et qu’il n’ourdisse quelque complot!

    • 24 Juillet 2016 à 12h18

      beornottobe dit

      “ils” (les socialistes) ont l’habitude de faire beaucoup de bruit en tapant sur des casseroles!…… Or, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont eu mêmes des “casseroles”

      • 25 Juillet 2016 à 10h30

        beornottobe dit

        bien lire “euX – même”

    • 24 Juillet 2016 à 10h21

      keg dit

      Quand la démocratie est trop dure pour le citoyen, on crée un état d’urgence pour le sauver de lui-même….

      Il faut savoir équilibrer pouvoir et Peuple et c’est cela la dureté d’une présidence….
      La France n’est pas l’Islande

      http://wp.me/p4Im0Q-1cC

      • 24 Juillet 2016 à 12h21

        Dark horse dit

        Encore faut-il que ceux qui sont au pouvoir, soient à la hauteur. Ce qui est loin d’être le cas. Surtout depuis ces 4 dernières années.

        • 24 Juillet 2016 à 18h11

          kelenborn dit

          Je vois pas pourquoi tu dis depuis quatre ans, Cheval Noir, avant, le petit excité n’était pas non plus “à la hauteur” !!

    • 24 Juillet 2016 à 9h30

      Parseval dit

      Where Families Cannot Afford Rent.
      On dirait bien que les USA ont rejoint l’UE…

      • 24 Juillet 2016 à 13h15

        himavat dit

        le plus grave?
        elles ne peuvent plus payer l’ éducation de leurs enfants

    • 24 Juillet 2016 à 6h11

      beornottobe dit

      “une démocratie éclairée”…….
      à la lampe de poche! (ou mieux : “à la bougie”)

    • 24 Juillet 2016 à 1h11

      durru dit

      24 Juillet 2016 à 0h58 Warboi dit
      durru, je ne me souviens plus trop de vos arguments
      Je vous aide:
      23 Juillet 2016 à 19h54 durru dit
      Ben, oui, la faute des politiques français est indéniable. Mais cela ne fait pas du système bruxellois un système démocratique, non-bureaucratique et libéral.
      “Il faut beaucoup plus d’Europe”. Faux. Il faut une autre Europe. Respectueuse de la démocratie, des souverainetés nationales, se limitant à quelques domaines bien définis et sans le poids bureaucratique insupportable qui a déterminé les britanniques à en sortir.

      23 Juillet 2016 à 20h03 durru dit
      Concernant l’euro, il suffit de faire un exercice simple: combien de baguettes on pouvait acheter avec un salaire moyen en 2000, et combien aujourd’hui?
      Evidemment, cela ne prouve pas que seule sa mise en place en soit la cause, mais n’empêche que c’est un élément très visible, que tout le monde peut facilement identifier.

      Vous dites aussi:
      Que serait la France aujourd’hui hors de l’UE et hors de l’euro, face à la mondialisation. Voilà la question qu’il faut se poser.
      Faux, encore une fois. La seule question qu’il faut se poser est: comment on fait pour nous sortir de ce bourbier, aujourd’hui?
      Quant au terme “souverainiste”, que vous employez à toutes les sauces, quand vous ne parlez pas de “nationaliste”, populiste” ou “fasciste”, soyons sérieux. Pour vous (et pas que), tous ceux qui sont contre l’organisation de l’UE actuelle sont anti-européens et donc automatiquement affublés d’un des précédents qualificatifs, ce qui est d’une malhonnêteté intellectuelle sans bornes.

      • 24 Juillet 2016 à 18h20

        kelenborn dit

        Oh DURRU !!
        Vous faites une erreur de diagnostic!!! Si seulement Warboi n’était affectée que d’une malhonnêteté intellectuelle sans bornes ! Cela voudrait dire qu’elle fait exprès de sortir des conneries!!

        • 25 Juillet 2016 à 1h11

          durru dit

          Désolé, je ne suis pas médecin, il y a des spécialistes pour ça…

        • 25 Juillet 2016 à 17h50

          beornottobe dit

          connaisez-vous “dulcolax” ??????

    • 24 Juillet 2016 à 0h42

      Augustin Labiche dit

      Monsieur Saul,

      vous êtes cruel avec les partisans de l’Europe dont je fis partie, mais vous avez raison de l’être l’écart entre les attentes, les promesses et le résultat est terrible et parle de lui-même. La cerise sur le gâteau est cette immigration folle qui risque de nous mener à la guerre civile.
      Ceci dit, je doute qu’économiquement nous fassions beaucoup mieux seuls. L’incurie de nos gouvernants, notre incapacité à nous réformer, la tentation étatiste quand elle n’est pas collectiviste, nous amèneront directement dans le mur. Tous ces terribles défauts sont présentés comme des solutions par ceux qui veulent que nous reprenions notre indépendance.
      Nous devons choisir entre la peste et le choléra, ce n’est pas très réjouissant. 

      Dépressivement vôtre.
      Augustin Labiche. 

      • 24 Juillet 2016 à 0h59

        durru dit

        Cher Monsieur Labiche,
        Je vous ferais remarquer (en étant moi-même un pro-Europe convaincu, ayant voté “oui” en 2005) que cette construction à priori fort positive, l’UE, a permis justement aux dirigeants nationaux (et en particulier français) de se défausser de leurs responsabilités sur “Bruxelles”. Tandis que les opposants ne cessent d’accuser “Bruxelles” de tous les maux et le rendre responsable de tout (voir, par exemple, le discours de la CGT à propos de la loi Travail). Difficile à estimer ce qu’une évolution indépendante aurait pu engendrer.
        Vu que le mur approche, nous n’avons plus qu’une seule solution: accélérer. Ou alors…
        Piteusement vôtre,
        Durru

      • 24 Juillet 2016 à 1h06

        Saul dit

        Monsieur Labiche,

        Je vous rejoins sur l’incurie de nos gouvernants, un peu moins sur l’incapacité de la population à accepter les réformes. Elle en a accepté tout de même (on a tendance à les oublier) sans vraiment broncher, faisant confiance à ses gouvernants. Nous irons dans le mur ça c’est certain et de manière bien sanglante. Mais dites vous que ce sera aussi une occase de repartir de zéro.
        Pour ma part, je crois en l’étatisme, celui ci étant adapté à la mentalité de ce pays. Encore faut il les bons dirigeants. Tout comme je crois que “seuls” (ce qui n’est pas tout à fait vrai, souveraineté ne veut absolument pas dire autarcie) on y arrivera : la France a ce génie de savoir se surpasser quand elle est la tête dans l’eau.
        On tente de nous faire peur avec la mondialisation alors que celle ci a de tout temps existé et qu’on s’en est toujours débrouillé. c’est le rythme et les interconnexions qui se sont développés, c’est tout. Ce pays a traversé des épidémies décimant le tiers de sa population, des guerres, des invasions et toutes sortes de crickets et il devrait avoir peur de cette mesquine et risible globalisation ? Allons, les toxicos à l’européïne ne sont que des lâches reprenant jusqu’à plus soif un traditionnel discours décliniste et se pressant de courir à Coblence dès qu’il y a un grain. Sans compter que l’heure n’est plus aux grands ensembles, cette idée du salut dans la voie de l’empire, la taille etc. L’Histoire a démontré plus d’une fois que cela n’était pas un gage de succès pérenne.
        Vous me direz l’idée européenne pourtant. Noble et généreuse idée que voilà il est vrai.
        Mais il y a une faille de taille rendant ce projet voué à l’échec : il n’y a pas de “peuple européen”, pas “d’identité européenne”. Sinon il y aurait un monument/personnage symbolisant cette hypothétique identité européenne sur les billets en euro. Ils n’en ont pas trouvé, CQFD.
        Arrêtons les frais. Delenda est europa.

        Catoniquement votre

        • 24 Juillet 2016 à 1h23

          Augustin Labiche dit

          Tout n’est peut-être pas perdu alors, si même vous, vous référez à Caton : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cato_Institute

        • 24 Juillet 2016 à 13h01

          varese dit

          On aura toujours Erasmus…

        • 24 Juillet 2016 à 18h41

          kelenborn dit

          “Sans compter que l’heure n’est plus aux grands ensembles, cette idée du salut dans la voie de l’empire, la taille etc. L’Histoire a démontré plus d’une fois que cela n’était pas un gage de succès pérenne.”
          hmmm vous avez raison de vous méfier des grands ensemble! il semble que vous vous y perdiez…
          De fait, j’ai du mal à vous suivre car il semble que vous soutenez à la fin le contraire de ce que vous affirmiez au début voire même au milieu!
          Je ne vois pas, simplement, en quoi l’étatisation à laquelle vous croyez est compatible avec la mondialisation de laquelle vous dites ne pas avoir peur. Je ne vois pas non plus une fois cela dit pourquoi vous condamnez la construction européenne qui s’inscrit quand même comme une marche dans l’acceptation de la globalisation et ce , alors même que vous affirmez que l’heure n’est plus aux grands ensembles!
          Ouf!!heureusement, in fine vous citez Caton car… je commençais à y perdre mon latin!
          MK

      • 24 Juillet 2016 à 9h14

        Dindon et Pigeon dit

        Vous remarquerez que la quasi-totalité des débats sur l’UE, ou des attentes que l’on en a, portent sur les méthodes ou les outils (les institutions, etc.)
        Or, tant que les buts de l’Unions ne sont pas clairement définis, tant que l’on expliquera pas clairement pourquoi ladite Union doit continuer son expansion géographique, se débarasser de ses moyens de productions… il est impossible de discuter des moyens. Ce constat est valable autant pour les pros- que les antis-EU.
        Pour ma part, je ne suis pas opposé à l’idée d’une union, à condition d’en connaître les raisons et les limites. On trouverait alors, par exemple, peut-être, qu’une telle Union aurait énormément à gagner à se lier avec la Russie, l’Algérie et/ou le Pérou… mais pas avec la Moldavie, ni avec la Finlande.
        Donc, à ce jour, je dis Niet :)

      • 24 Juillet 2016 à 18h27

        kelenborn dit

        Oui …. je serais presque d’accord avec l’ensemble de ce que vous dites!! Juste une précision: l’incapacité à nous réformer! On sait aussi ce que cela signifie pour Minc, Attali, BHL et je ne parle même pas de la cohorte des journaleux illéttrés et imbéciles pour qui c’est le Sésame universel alors même que le premier travail utile serait de les réformer comme on réforme la bête du même nom!
        Bon , quand même, pas pour les envoyer à l’abattoir, mais à l’hospice où Elkabasch devrait se marier à Françoise Fressoz!
        MK

    • 24 Juillet 2016 à 0h19

      Saul dit

      Parsi pose ingénument la question de savoir si c’est vraiment du à l’euro. En omettant bien volontairement que l’euro c’est aussi un transfert de pouvoirs et donc une privation de quelques leviers économiques de la part des gouvernements. On renverra notamment aux traités européens décrivant les compétences exclusives et “partagées” (qu’en termes bien choisis…) de l’UE. Celle ci ne s’occupe pas que des photocopies comme nos européïnomanes tentent de faire croire.
      Mais il oublie aussi ce qui était promis avec cette monnaie de singe.
      Allez petit rappel
      A déguster lentement et à comparer avec aujourd’hui…

      • 24 Juillet 2016 à 0h21

        Saul dit

        Voir aussi les noms des auteurs, c’est pas le pigiste ou le stagiaire hein…

      • 24 Juillet 2016 à 0h35

        durru dit

        Voyons, au hasard:
        “Elle assurera ainsi des prix attractifs”, “une gestion saine des finances publiques”, “elle favorisera la croissance”, “facilitera la modération des impôts”, “la Banque centrale européenne assurera la stabilité du pouvoir d’achat”, etc.
        Que du vrai, quoi…
        Merci, Saul.

        • 24 Juillet 2016 à 0h44

          Saul dit

          c’est rigolo hein ;-)

        • 24 Juillet 2016 à 0h45

          himavat dit

          Et certains avaient alors osé critiquer certains aspects de ce beau projet, voire l’ idée même!
          les voilà bien sots maintenant …

      • 24 Juillet 2016 à 18h57

        kelenborn dit

        Oui, ça mérite d’être lu!!! Ce Berruyer avec sa tête de directeur de cab qui était tant occupé qu’il en a oublié de perdre son pucelage aurait mieux fait de s’appeler Berrurier! Ca l’aurait déniaisé. Ce qui est pas mal, ce sont les signataires en dessous, Attali en première ligne!!! Comme celui la a écrit une chose et son contraire quand il n’a pas dit n’importe quoi en le faisant d’ailleurs écrire par des nègres qui auront mal interprêté la pensée du maître, lequel n’aura rien remarqué car il plaidait déjà le contraire de ce qu’il avait plaidé!! Bref!! que du beau monde pour un monde qui l’est moins!
        MK

    • 23 Juillet 2016 à 22h36

      Dark horse dit

      Pour faire simple, rappelez vous avant l’€. Quand vous sortiez 50 francs, ou que vous faisiez vos courses avec 100 francs. Aujourd’hui, respectivement 8€ et 15€.  Le passage à l’€ a marqué l’explosion du prix psychologique. 1 franc est devenu 1€. Et à fortiori, 99 francs, 99€ (environ 650 francs). Etc… Cet effet ayant créé une inflation sans précédant, car une augmentation en entraîne une autre.