Finkielkraut: Brexit, “les eurocrates ne l’ont pas volé!” | Causeur

Finkielkraut: Brexit, “les eurocrates ne l’ont pas volé!”

L’Esprit de l’escalier en vidéo

Auteur

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut
est philosophe et écrivain.

Publié le 28 juin 2016 / Monde Politique Société

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Alain Finkielkraut ignore si la décision souveraine du peuple britannique de sortir de l’Union européenne est une bonne ou une mauvaise chose. Cependant, pour lui, comme il ‘a expliqué lors de l’émission « L’Esprit de l’escalier », il est certain que « les eurocrates ne l’ont pas volé ». À force de promouvoir une Europe désincarnée, sans racines, ni mode de vie particulier, les classes dirigeantes européennes se prennent un violent retour de bâtons. Au point qu’une nouvelle ligne de faille semble traverser les sociétés européennes qui « se partagent désormais entre les planétaires et les sédentaires, les globaux et les locaux, les hors-sol et les autochtones ». Dans cette nouvelle lutte des classes, « les planétaires sont non seulement mieux lotis économiquement mais ils se croient politiquement et moralement supérieurs. Ils traitent les autochtones de ploucs, voire de salauds » xénophobes.

Alors que François Fillon a proposé de fournir deux voix à chaque jeune pour contrer l’euroscepticisme des plus âgés, Alain Finkielkraut s’afflige d’une « hostilité obscène aux vieux » au profit d’un « cosmopolitisme de galerie marchande » et de la « complète absorption dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication ».

Pour Finkielkraut, l’un des paradoxes de la situation politique présente réside dans le fait que les Britanniques ont été les premiers militants de « la concurrence libre et non faussée » à l’intérieur de l’Union européenne, « dogme » que la classe dirigeante européenne « applique avec d’autant plus de zèle qu’il permet d’humilier les nations alors même qu’un peu de protectionnisme se révélerait nécessaire ».

Selon l’académicien, l’Union européenne a contribué à la « déseuropéanisation de l’Europe elle-même, notamment à travers sa politique migratoire » qui favorise la fragmentation de nos sociétés « en communautés hostiles ». Quant à la révolte des opinions publiques contre l’accueil inconditionnel de migrants, « le fait de vouloir être majoritaire dans son propre pays ne relève pas de l’égoïsme, c’est une aspiration absolument légitime qu’il est absurde de vouloir criminaliser ».

Au sujet d’un autre référendum, qui s’est tenu ce week-end en Loire-Atlantique, le philosophe à l’épée d’académicien ornée d’une vache s’oppose plus que jamais à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Bien que n’ayant « aucune sympathie pour les zadistes », il réaffirme son souci de « ménager la terre ». Pour les mêmes raisons, il regrette le report par les députés de l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 4 Juillet 2016 à 4h09

      Livio del Quenale dit

      On mélange trop facilement les révisionnistes de la constitution européenne avec les Eurosceptiques, comme le oui au brexit voté par référendum en Angleterre le 23 juin 2016. les anglais ne veulent pas de l’Europe alors que les Français veulent l’Europe, mais pas avec cette constitution à laquelle elle a voté non en 2005 et que l’on a fait passer quand même par voie parlementaire européenne ce que les français ne sont pas prêt d’oublier, au point que maintenant la réaction risque d’être violente et se transformer en rejet pur et simple de l’Europe , cette fois. Effectivement les eurocrates et euro-béats sont surpris et désavoués car les anglais apporte de l’eau au moulin des eurosceptiques du continent. C’est ballot. - 

    • 2 Juillet 2016 à 20h02

      distrait dit

      Heureusement que les Britanniques n’ont pas besoin des gnagnagnas de Finky pour savoir si le Brexit est bon pour eux ou pas. Ils sont souverains, ils ont pris leur décision de partir , bonne chance a eux qui était jusqu’à présent tellement partisans de l’élargissement pour noyer le projet européen 

    • 29 Juin 2016 à 11h00

      radagast dit

      Brillante analyse et tout particulièrement pour la mise en évidence de la partition entre “globaux et locaux , les hors sol et les autochtones” .
      Je suis moi même persuadé que c’est la nouvelle ligne de fracture de nos sociétés , plus que tout le reste .
      Quand je pense que je sais plus quelle passionaria missionnée avait osé le traiter de “pseudo-intellectuel” pour qui se prenait elle donc?
      Il est l’une des rares personnes en France à oser encore penser pat lui même , ce qui n’est manifestement pas le cas de Fillon.
      Tout sauf Fillon (et Juppé et Macron et toute la clique mondialiste)

    • 29 Juin 2016 à 10h14

      gerryq dit

      Que de salive et de sueur pour une question à laquelle PERSONNE ne comprend rien! AF a raison de dire s’il ignore si ce sera une bonne ou une mauvaise chose.. il y aura probablement des deux.
      une majorité d’Anglais ne sont pas satisfaits de l’Union Européenne; ils ne sont pas les seuls: construction antidémocratique, la recherche de plus petit dénominateur commun ne pouvait aboutir qu’à cette catastrophe: on réglemente la taille des queues de cerises, mais on est incapable de définir une position commune sur les grands problèmes; et chaque pays veut tirer des avantages sans faire de concessions. Les Pays sont-ils si différents de nous,chers votants, qui voulons la réforme mais pour les autres?

    • 29 Juin 2016 à 8h28

      isa dit

      • 29 Juin 2016 à 9h18

        thierryV dit

        Les grandes idées sont souvent les plus simples et deviennent toujours la proie de politicards ou d’activistes qui les manipulent les habillent pour mieux les combattre . . Il est si facile de prendre le bas peuple pour des attardés . Vous n’en êtes pas a votre coup d’essai, d’ailleurs.
        Comparer des alcoolos de comptoirs a des peuples violentés , voilà bien qui vous ressemble . Vous n’en êtes d’ailleurs pas a votre coup d’essai ( brexit ). ce qui confirme que votre sensibilité aux discourt éllipptiques est encore a travailler sérieusement.
        Il est vrai qu’on ne peut pas attendre grand chose d’une personne qui traite les britanniques de cons . Forme suprême de la nuance. Alors , parler de comptoir…