Europe: There is an alternative | Causeur

Europe: There is an alternative

Les élites doivent apprendre de leurs citoyens

Auteur

Gaël Giraud
est économiste en chef de l'Agence française de développement.

Publié le 18 août 2016 / Économie Monde

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L'Union européenne et le Royaume-Uni sont à la croisée des chemins. Le pire serait qu'ils s'obstinent dans les politiques suivies depuis les années 1970, la financiarisation, la dérégulation et l'autisme face aux laissés-pour-compte.

L’idée se répand selon laquelle le Brexit serait la victoire de catégories populaires, qu’on imagine volontiers incultes et xénophobes, réticentes à consentir aux grands vents de l’histoire et du progrès. La même lecture de l’événement avait fait florès après la victoire du « non » au référendum français de 2005. La part de vérité de cette herméneutique, c’est qu’il s’agit bien du refus d’une Europe construite par et pour les élites du continent, dont le 1 % le plus favorisé s’est considérablement enrichi depuis quarante ans. L’erreur est de croire que ce refus serait motivé uniquement par un nationalisme de bas étage, et non par le constat amer que l’Union européenne n’est, à ce jour, une success story que pour ces mêmes élites.

En outre, l’apocalypse promise aux citoyens britanniques qui oseraient se prononcer en faveur du “leave” n’aura sans doute pas lieu. Les quelques points de pourcentage que la livre sterling vient de perdre vis-à-vis de l’euro sont faibles par comparaison avec la volatilité que la devise britannique affiche depuis plus d’un an et, en particulier, les 30% qu’elle a perdus depuis 2007 face à l’euro. Une dévaluation qui a du reste contribué à la croissance de la Grande Bretagne depuis le krach des subprimes. La volatilité des changes, quant à elle, est en partie due au désarroi des capitaux surabondants dans un contexte où ce qui, il y a cinq ans, eût paru extravagant devient le « New Normal », comme des taux d’intérêt longs durablement négatifs. Ou encore la contraction violente de l’économie mondiale : en 2015, le PIB nominal mondial s’est réduit de – 6 %. Un peu comme si nous avions effacé l’économie japonaise du planisphère.

[...]

  • Brexit : l'étrange victoire

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    publié dans le Magazine Causeur n° 96 - Juillet-aout 2016

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    Brexit : l'étrange victoire
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 24 Août 2016 à 11h33

      Zinho dit

      “En 1976, quatre ans après l’entrée du Royaume dans la CEE, l’économie anglaise, en voie de désindustrialisation, avait dû faire appel au FMI pour ne pas sombre”
      Le tableau est incomplet : le Labour régnait sans discontinuer depuis 1945 et la GB était en bel et bien faillite.

    • 23 Août 2016 à 7h45

      beornottobe dit

      “Les élites doivent apprendre de leurs citoyens”….
      …..
      ce serait vraiment nouveau ça !
      Pourtant il faudra bien qu’ils y viennent un jour

    • 22 Août 2016 à 14h10

      beornottobe dit

      retour aux règles conventionnelles classiques : (même pour une langue vivante)pour le reste (les utilisateurs (trices) du language SMS s’en chargent!

      agent de surface = (en général) balayeur -se-
      contre vérité= mensonge
      préposé = facteur (en lettres)
      etc etc…….(même si ça paraît anachronique maintenant ou alors réformateurs(trices): précisez!

    • 22 Août 2016 à 7h59

      beornottobe dit

      Droite Chiraco-Sarkosienne aussi
      come je le disais pour la Gauche ces Partis ne sont pas là pour appliquer leurs idées, mais LES NOTRES !!!!!

      • 22 Août 2016 à 14h01

        beornottobe dit

        mille excuses : comme avec deux “M” évidemment!

    • 22 Août 2016 à 7h37

      beornottobe dit

      Gauche….! : vous l’aurez voulu !…. faudra PAS VOUS PLAINDRE ENSUITE !

    • 21 Août 2016 à 12h46

      beornottobe dit

      les “députés” européens ( et autres) sont aussi “pourris” que les autres!
      (que les députés qui ne sont pas d’accord (avec exemples à l’appui) )n’ont qu’à intervenir!……)

    • 21 Août 2016 à 12h35

      beornottobe dit

      dans l’état actuel des choses,ça peut encore durer mille ans !!!!!!

    • 20 Août 2016 à 22h12

      Lector dit

      Pétition pour des mesures fortes et exemplaires contre José Manuel Barroso qui déshonore la fonction publique européenne et l’Union européenne dans son ensemble :

      https://www.change.org/p/pour-des-mesures-fortes-et-exemplaires-contre-jm-barroso-pour-avoir-rejoint-goldman-sachs

      • 21 Août 2016 à 12h33

        beornottobe dit

        autre point de vue:c’est la façon dont voient la plupart des européens……
        mai ce n’est pas du tout la façon ont ils imaginaient les répercutions……
        réfléchissez un peu :C’est NOUS qui leur avons donné ces possibilités l’intermédiaire de nos “députés”…….
        réfléchissons AVANT de donner notre voix à un Député quel qu’il soit
        !!!!!!!

    • 20 Août 2016 à 12h03

      beornottobe dit

      je doute “fort” que les créateurs de l’Europe aient pensé à cette usurpation D’IDENTITE OU DE DEFINITIONS!!!!!! ( n’est ce pas les…… fonctionnaires ou parlementaires de l’Europe?)

    • 20 Août 2016 à 11h59

      beornottobe dit

      c’est une alternative ?????????
      alors pas étonnant que certains sans démettent !
      (pour le moment : certains….. ,la “suite” pourrait bien être plus nombreuse et explicite!)

    • 20 Août 2016 à 10h09

      Luc67 dit

      L’europe n’est que l’outil secret de mise en place d’un fédéralisme au détriment des Nations qui la compose. Ce fédéralisme sera piloté par un gouvernement supranational composé de fonctionnaires apatrides, non élus et hors de tout contrôle démocratique comme l’imaginait déjà Jean Monnet et  Arthur Salter  dès 1920. Ceci est expliqué dans “La grande dissimulation” de Christopher BOOKER & Richard NORTH – préface de Jacques Sapir –  l’histoire secrète de l’UE révélée par les Anglais. On comprend pourquoi ils ont enfin quitté une union dans laquelle ils n’ont jamais voulu adhérer. Il serait étonnant que leur situation ne s’améliore pas après avoir rompu les amarres. 

      • 20 Août 2016 à 10h11

        Luc67 dit

        il faut lire :” comme l’imaginaient déjà”

    • 19 Août 2016 à 22h10

      raisongarder dit

      Beaucoup de mots employés mal à propos dans cet article : financiarisation n’est pas précisé, l’alternative peu claire. “L’autre voie pour l’Europe de demain, c’est celle d’une refondation du projet politique européen. Elle implique un renoncement à l’imaginaire d’un monde réglé par la mobilité du capital et le droit international” Alors, qu’est-ce qui va “régler” le monde ?
      En fait l’Europe est plutôt moins inégalitaire que le reste du monde et n’est pas responsable du fonctionnement de l’économie mondiale, c’est à dire de la mondialisation qui se fait naturellement par la simple demande des êtres humains avides de développement.
      Tout juste pourra-t-on modifier l’économie (ou “le capitalisme”, ou “la mondialisation”) à la marge. Sans employer des termes comme “modèle” ou “refondation”. La gigantesque erreur que fut le marxisme a assez fait perdre de temps à l’humanité !

    • 19 Août 2016 à 22h03

      raisongarder dit

      Quelle alternative ? Comme toujours, rien n’est dit sur les moyens de lutter contre la financiarisation (précisez svp ?) et l’augmentation des inégalités (jamais définies : entre pays, entre déciles de la population, entre centiles ?).
      En fait, l’Europe n’est pour rien dans l’évolution de l’économie mondiale (ou de la mondialisation, ce qui est la même chose). Et ce n’est pas en Europe que les inégalités augmentent le plus.
      “L’autre voie pour l’Europe de demain, c’est celle d’une refondation du projet politique européen. Elle implique un renoncement à l’imaginaire d’un monde réglé par la mobilité du capital et le droit international…” Alors, réglé par quoi ?
      Qu’il y ait trop de fonctionnaires trop payés à Bruxelles, d’accord, mais aussi en France, en Italie, en Grèce et dans tout le Tiers-monde. Ce n’est pas un problème spécifiquement européen.
      Quand au peuple et à sa voix jamais écoutée !!! Pour le Brexit, il y av

    • 19 Août 2016 à 17h24

      Philvar dit

      Et nous y voilà :
      “” la démocratisation institutionnelle ne saurait être le projet politique de l’Europe. La transition écologique, sociale et citoyenne a vocation à devenir cet horizon mobilisateur qui fait tant défaut à un continent en panne de récit collectif depuis les années 1980. L’extraordinaire succès de la COP21 peut en devenir a posteriori l’acte fondateur. Un grand plan d’investissement dans les infrastructures vertes pourrait ensuite permettre de sortir le continent de la trappe déflationniste dans laquelle les conséquences de la crise de 2008 et de l’austérité budgétaire sont en train de le piéger. “”
      Par exemple les éoliennes qui sont une catastrophe économique de quelques dizaines de milliards d’euro, seulement pour la France ! L’Allemagne, elle, pourrit l’Europe avec ses centrales à charbon ultra polluantes.
      La tartine est beurée pour certains mais au foie gras, le beurre étant bien trop populeux !

      • 19 Août 2016 à 17h26

        Philvar dit

        La tartine est beurrée, bien sûr ! Sorry

    • 19 Août 2016 à 17h19

      Philvar dit

      La cerise sur le gâteau :
      “”" ..avec quatre décennies de recul, il est aujourd’hui clair que les marchés financiers ne fournissent pas, en Europe, le canal de financement du secteur privé susceptible d’assurer les investissements qui feront, demain, la prospérité des Européens. En outre, une fois dérégulés, ces marchés sont la proie récurrente de bulles et de krachs financiers contre lesquels il est fort difficile de se protéger. “”"
      Et pour cause : la BCE ouvre en grand ses fournitures de monnaie aux banques mais au seul profit des états et des dépenses gouvernementales. Il n’est pas question d’en faire profiter ces salauds d’entrepreneurs qui ne pensent qu’à s’en mettre plein les poches !

    • 19 Août 2016 à 17h10

      Philvar dit

      “” La part de vérité de cette herméneutique, c’est qu’il s’agit bien du refus d’une Europe construite par et pour les élites du continent, dont le 1 % le plus favorisé s’est considérablement enrichi depuis quarante ans. “”
      Ok si l’on accepte de constater que ces élites sont en fait, en plus des politiques de tous bords, les hauts fonctionnaires de tous les pays et surtout ceux au chaud dans les administrations européennes. Par exemple, en plus de salaires mirobolants qui a décidé les clauses et âges de leur retraite dans des conditions plus proches de quelques dirigeants du CAC40 (après impôts) que du travailleur lambda. Fantastique ! Non ?

    • 19 Août 2016 à 14h43

      beornottobe dit

      même la Pape s’y est mis!…….

    • 19 Août 2016 à 14h42

      beornottobe dit

      hum….. “Les élites doivent apprendre de leurs citoyens”…..
      ils auront du mal ! car ils ne savent pas écouter, pas observer…..
      à part leur Carrière vous savez…..!!!!!

    • 19 Août 2016 à 9h41

      QUIDAM II dit

      « Les élites doivent apprendre de leurs citoyens » car ce con et salaud de peuple
      - qui paie toutes les factures et assument toutes les conséquences désastreuses des politiques menées par des « élites » incultes et qui ont échoué en tout, excepté dans la gestion de leurs carrières –
      souhaite, en démocratie, être entendu et respecté bien qu’il ne soit pas diplômé de l’ENA, et bien qu’ayant voté (en Grande-Bretagne) pour le Brexit, il apparaît comme vieux, stupide, ranci, raciste et xénophobe, étriqué et pauvre.
      Mais on entend déjà de gracieux démocrates déclarer que, pour ce qui concerne les questions européennes majeures, le recours vote devrait sans doute être restreint et compliqué de manière à éviter des errances et aberrations électorales.
      Comme chacun le sait depuis toujours : en démocratie, le problème c’est le peuple ! C’est, bien évidemment, ce que pensaient Staline, Pol Pot, Mao, Ceaușescu et les autres.
      « Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. » écrivait déjà Voltaire dans sa lettre à Damilaville le 1er Avril 1766.

      • 20 Août 2016 à 17h10

        beornottobe dit

        ce serait plus simple -à mon avis- de VIRER tous ces politiciens (nes), parlementaires, gouvernementaux, etc…. (car ils seraient moins nombreux)…..
        quoique……..à bien y réfléchir…..?

    • 18 Août 2016 à 21h26

      Aristote dit

      57 % de dépenses publiques en France. Où sont les “solutions de marché”  ????