Petit précis de décomposition politique | Causeur

Petit précis de décomposition politique

Brexit, loi El Khomri, crise agricole, primaire…

Auteur

Jacques Sapir
économiste, spécialiste de la Russie.

Publié le 01 mars 2016 / Économie Politique

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Le désenchantement vis-à-vis du «rêve» européen perceptible sur l'ensemble du continent s'accompagne, en France, d'un spectacle de décomposition accélérée offert par le PS et Les Républicains.

(Photo : SIPA.AP21831429_000027)

L’une des caractéristiques de la situation actuelle est le désenchantement vis-à-vis du « rêve » européen. L’Europe, et en particulier sous sa forme de l’Union européenne, ne fait plus rêver. Elle inquiète et elle fait même peur. Le « rêve » s’est transformé en cauchemar, d’Athènes à Paris, en passant par Rome, Lisbonne et Madrid. Les causes en sont multiples : chômage de masse, politiques d’austérité à répétition dont le poids est toujours porté par les mêmes, mais aussi montée des réglementations liberticides et des détournements de souveraineté, enfin des comportements scandaleux à l’échelle internationale comme on peut le voir dans la gestion calamiteuse de la question des réfugiés ou dans l’alignement sur la politique états-unienne avec le soutien apporté, de fait, aux néo-nazis qui sévissent à Kiev. Ce désenchantement se traduit par la montée des remises en cause de l’Union européenne, dont le débat sur une sortie possible de la Grande-Bretagne (ce que l’on appelle le « Brexit ») est l’un des exemples. Il provoque en retour la crise ouverte des élites politiques, et en particulier en France où la « construction européenne » avait depuis longtemps quitté le domaine de la raison pour entrer dans celui du dogme religieux. C’est ce qui explique le spectacle de décomposition accélérée que donnent les deux partis anciennement dominant de la vie politique française, le Parti « socialiste » et l’ex-UMP rebaptisé « Les Républicains ».

Un PS incapable de faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire

Cette décomposition est aujourd’hui une évidence au sein du P« S ». La tribune co-signée par Mme Martine Aubry et quelques autres, tribune dont on a déjà parlé, en est l’un des symptômes1. Dans cette « rupture », qui semble bien aujourd’hui actée2, entre deux lignes que pourtant tout rapproche et en particulier leur européisme, ce sont les querelles d’égo qui ont d’abord parlée. Et ceci est symptomatique d’une décomposition politique quand on n’est plus capable de faire le tri entre l’essentiel et l’accessoire, ou que l’on en vient à considérer les questions de personnes comme essentielles. De fait, la cohérence du gouvernement, et des partis qui le soutiennent, est déterminée par le vote du Traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance (le TSCG3), vote qui fut obtenu en septembre 20124. Ce Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, contient en réalité trois mensonges pour le prix d’un. Quelle stabilité, quand on voit dans le rapport récent du FMI5 que les mêmes mécanismes qui ont été mis en œuvre depuis 2010 n’ont fait qu’aggraver la crise ? Quelle stabilité encore quand on voit la dépression que connaissent les pays en crise ? Parler de stabilité est ici un mensonge flagrant. Quelle coordination, encore, quand on sait qu’il n’y a de coordination qu’entre des agents libres et des Etats souverains, alors c’est à une autorité hiérarchique que l’on a affaire, et qu’il n’y a dans ce traité qu’asservissement à des agences dites indépendantes ? J’écrivais en octobre 2012 : « Ce Traité organise en fait le dépérissement de la démocratie en Europe avec la fin de l’autorité suprême des Parlements nationaux en matière budgétaire. Or, il faut s’en souvenir, c’est par le consentement à l’impôt que commence la démocratie. »6

Quelle gouvernance, enfin, dans un Traité qui s’est avéré inapplicable et qui n’a pas eu d’autres fonctions que d’être violé à peine signé ? Mais ce traité désastreux a bien été l’inspiration des diverses mesures prises par François Hollande et ses divers gouvernements. C’était ce traité qu’il fallait combattre et non pas pleurer sur ses conséquences. Ceci ne rappelle que trop cette célèbre phrase de Bossuet qui s’applique, hélas, parfaitement à cette situation : « Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance ».7

Entre Fillon, Juppé, Le Maire et Sarkozy, où sont les différences ?

Mais, la décomposition sévit aussi dans l’opposition. La « primaire » que les « Républicains » veulent organiser n’est pas seulement une injure aux institutions, dont ce parti devrait, de par ses origines, être le meilleur défenseur. Elle se traduit par une surenchère de petites phrases, des postures dont raffolent certains dirigeants politiques, le verbe haut et les coups bas. Car, entre MM. Fillon, Juppé, Le Maire et Sarkozy, où sont les différences ? Un peu plus ou un peu moins d’austérité ? Quelques cadeaux en plus ou en moins pour le Medef ? Le jeunisme brouillon contre la calvitie couverte d’erreurs ? Ce sera, toujours, le même alignement sur Bruxelles, sur l’Union européenne et sur l’Allemagne. Il faut espérer qu’une voix se lève pour faire entendre un autre discours. Mais, en attendant, nous avons droit au même spectacle que celui donné par les « Solfériniens ».

Enfin, des histrions proposent des candidatures de fantaisies, comme celle de Nicolas Hulot, sans se soucier du programme qui pourrait la sous-tendre. Cette focalisation sur des personnalités est bien la preuve que nous sommes dans un espace politique complètement décomposé.

Le dilemme européen : la déflation ou la disparition

Pourtant, l’heure est grave. La situation de la France n’a d’égal que la crise que connaît l’Union européenne. Il suffit de lire ce qu’écrit un auteur « européiste », mais pourtant lucide, pour s’en convaincre 8. Car cette crise qui perdure a une origine. Cette destruction de l’ensemble du cadre économique et social que nous connaissons en France vient de ce que l’euro favorise ou impose dans les différents pays membres. Mais, elle découle aussi du cadre politique implicite qui se met en place à propos de l’euro dans les pays de la zone euro. Aujourd’hui, la plupart des Européens sont désormais conscients des effets négatifs sur l’économie de la monnaie. On sait ce qu’elle entraîne, et ce qui était prévisible depuis près de dix ans9 : croissance faible et montée du chômage. La crise de la zone euro est désormais une évidence, même pour les idéologues les plus bornés. Aucun des problèmes fondamentaux posés dès l’origine n’a été résolu, et leurs effets désormais s’accumulent. Les solutions partielles qui ont été proposées, et présentées comme des avancées historiques vers une Europe fédérale, posent en réalité bien plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. La zone euro n’a plus d’autre choix que de s’engager toujours plus dans une politique de déflation, dont les conséquences cumulées sont redoutables pour les peuples des pays qui la composent, ou de disparaître.

L’attractivité de l’euro mais aussi de l’Union européenne est en train de s’effacer. La faute en revient aux politiques d’austérité qui ont été mises en œuvres ouvertement pour « sauver » l’euro, c’est-à-dire pour résoudre la crise des dettes souveraines. Or, ces politiques ont plongé les pays qui les ont appliquées dans des récessions très profondes10. Il faudra que très rapidement les dirigeants des différents pays en prennent acte et soit trouvent des thèmes susceptibles de refonder cette attractivité, soit comprennent que l’on ne peut durablement faire vivre des institutions contre la volonté des peuples.

Pour des Comités d’action de la révolte sociale

Les quolibets et les insultes que le président de la République a subis au Salon de l’agriculture le matin du samedi 27 février sont exemplaires de l’exaspération d’une profession, mais au-delà des Français. Or, les problèmes de l’agriculture française, dont les sources sont multiples et où le rôle de la grande distribution est à signaler, seraient largement réduits si une différence de 40% s’établissait entre le franc retrouvé et le deutsche mark. Cela correspond à ce que donnent les calculs dans le cas d’une dissolution de la zone euro, soit une dépréciation de 10% pour le franc et une appréciation de 30% pour le DM. Notons encore que c’est l’Union européenne qui s’oppose à la signature d’accords garantissant les prix d’achat aux producteurs, au nom du sacro-saint respect de la « concurrence libre et non faussée ». Le gouvernement français aurait parfaitement les moyens de régler cette crise en jouant sur les prix et non par des suppressions de cotisations, qui ne sont que des palliatifs temporaires.

La montée de l’exaspération populaire est aujourd’hui palpable, et sur l’ensemble des terrains. C’est ce qui explique le retentissement des manifestations du Salon de l’agriculture le 27 février. De la calamiteuse « loi Travail » à la situation dramatique des agriculteurs, de la révolte des enseignants contre la réforme du collège et le discours de l’Education nationale à la casse des services publics et de l’esprit public (avec son corollaire, la laïcité) sur l’ensemble du territoire, il est temps que ces diverses colères trouvent leur débouché politique. Ce débouché ne peut être qu’une position radicalement opposée à l’euro et renvoyant l’Union européenne à une réforme immédiate. Ce débouché doit prendre la forme d’un rejet immédiat des deux partis, le P« S » et les « Républicains » dont la cogestion de la France au sein de l’idéologie européiste a produit la situation actuelle. Cela impose de dire haut et fort que nous ne voterons en 2017 ni Hollande, ni Aubry, ni aucun des clones que nous produira cette « gauche » déshonorée, ni pour Juppé, ni pour Sarkozy, ni aucun de ces clowns issus de la matrice européiste.

Cette convergence des luttes doit s’organiser, si possible avec l’aide des syndicats, ce qui serait naturellement souhaitable, mais s’il le faut sans eux. Un grand mouvement de Comités d’action de la révolte sociale est possible. Ces comités doivent avoir deux principes directeurs : la volonté de faire converger les luttes et le rejet clair et sans ambiguïté du cadre européen avec la volonté affirmé de retrouver notre solidarité. Telle pourrait être la meilleure sortie possible de la situation de décomposition politique dans laquelle nous nous trouvons.

Retrouvez cet article sur le blog de Jacques Sapir.

>>> Retrouvez en cliquant ici l’ensemble de nos articles consacrés au Brexit.

  1. Voir Sapir J., « L’indécence et l’impudence de la tribune de Martine Aubry » note publiée le 26 février in RussEurope, http://russeurope.hypotheses.org/4746
  2. http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2016/02/28/25001-20160228ARTFIG00072-martine-aubry-et-ses-proches-annoncent-leur-retrait-de-la-direction-du-ps.php
  3. Voir le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, dit TSCG, URL :http://www.consilium.europa.eu/media/1478399/07_-_tscg.en12.pdf
  4. Voir Sapir J., « Honneur au Soixante-dix », note publiée le 9 octobre 2012 sur RussEuropehttp://russeurope.hypotheses.org/266
  5. http://russeurope.hypotheses.org/253
  6. http://russeurope.hypotheses.org/266
  7. Bossuet J.B., Œuvres complètes de Bossuet, vol XIV, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145. Cette citation est connue dans sa forme courte « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes ».
  8. Fazi T., « Why The European Periphery Needs A Post-Euro Strategy », 25 février 2016, https://www.socialeurope.eu/2016/02/bleak-times-ahead-for-the-european-periphery/
  9. voir J. Bibow, (2007), ‘Global Imbalances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This’, in J. Bibow et A. Terzi (dir.), Euroland and the World Economy: Global Player or Global Drag?, New York (N. Y.), Palgrave Macmillan, 2007.
  10. Baum A., Marcos Poplawski-Ribeiro, et Anke Weber, (2012), « Fiscal Multipliers and the State of the Economy », IMF Working papers, WP/12/86, FMI, Washington DC. Blanchard O. et D. Leigh, (2013), « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers », IMF Working Paper, WP/13/1, FMI, Washington D.C.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 6 Mars 2016 à 11h28

      Vert Gallois dit

      HS nécessaire. Si les commentaires sur l’article sur les francs maçons sont interdits cela prouve que la secte a encore un (petit) pouvoir, non?

    • 5 Mars 2016 à 19h42

      salaison dit

      des “cons”…… position  politique !……
      il ne pouvait en ëtre autrement!….. 

    • 5 Mars 2016 à 2h12

      Danshu dit

      L’euro a gonflé artificiellement le prix de tous les produits et services jusqu’à déséquilibrer l’économie. Que n’a-t-on pas fait l’Europe sans l’euro ? 

      • 5 Mars 2016 à 2h22

        Lector dit

        c’est bien le problème. On rêvait d’une Europe politique et l’on nous a servi (asservis à) une UE économique.

      • 5 Mars 2016 à 12h17

        PSR dit

        Sujet de 1990. Personne ne vous a dit que nous sommes en 2016 ?
        D’où sort votre affirmation gratuite totalement speculative ?
        Comment pouvez comparer avec une situation de pure fiction( ce qu’aurait la france sans l’euro depuis 17 ans) ?
        Et lector, il fait quoi pour sa soit-disant “europe politique” ? Carcher sur les avancées du parlement, des ministres, du president de la commission ?

        • 5 Mars 2016 à 14h12

          Lector dit

          :D que fait-on ? On critique votre UE réduite aux marchés. Mais ça vous passe au dessus de votre toute petite tête de piaf.

        • 6 Mars 2016 à 8h07

          durru dit

          Lector, l’UE n’est pas réduite aux marchés, l’armée bureaucratique bruxelloise, qui a prouvé à maintes reprises son efficacité, étouffe la démocratie déjà chancelante des pays membres. Et tout ça n’a rien d’économique.
          Non, le gros problème de l’UE est plus dans un dirigisme sans limite et sans représentativité (qui inclut un interventionnisme économique tout à fait aléatoire et irréfléchi) que dans une structure purement économique. L’euro est, effectivement, un symbole économique, mais ce n’est qu’un outil bureaucratique de plus (il n’y a qu’à regarder qui sont les décideurs).

    • 5 Mars 2016 à 1h03

      saintex dit

      Minguette dit, N’empêche, je reste optimiste, c’est ma nature.
      Belle et bonne chose, mais trouvez-vous vraiment que de vouloir empiler plus de cartes sur un château mal fondé et qui s’effondre, soit l’expression d’un optimisme ? Si encore vous disiez qui est bien fondé, ou si vous disiez que l’enchaînement des évènements vous semble positif.
      Le seul point que je relève est votre affirmation que globalement le niveau de vie a augmenté. Je l’avais délibérément écarté de la précédente réponse car sans en définir le domaine, il est trop vague. Le niveau de vie a effectivement augmenté, mais partout dans le monde, et probalement plus ailleurs dans le monde qu’en UE. En UE le chômage a augmenté, la dérive culturelle a augmenté, la misère a augmenté, le doute et l’incertitudes ont augmenté… Ce disant, je ne prétends pas que c’est du fait de l’UE. Je crois d’ailleurs que l’UE n’est qu’un outil qui appartient à d’autres.
      Dans les discours d’autres partisans de l’UE, on trouve la paix en Europe quand chacun sait qu’elle est le fait de l’OTAN et qu’elle a failli en Serbie. On trouve la trop grande faiblesse relative des pays parmi les plus grandes puissances économiques quand de moins grandes croissent en liberté. On trouve des économistes pro-euros tout aussi savants ques des économistes anti-eurs, tout aussi tocards, tout aussi persuadés de lire la marche et l’avenir du monde dans des ratios (probablement de cristal). On trouve le dynamiseme de la création d’une fédération quand celle-ci est d’une pesanteur sans pareil générant l’immobilisme.On trouve que ne pas rendre hommage à l’UE, c’est faire le jeu du FN. On trouve refuge dans l’appel à la démocratie dans un système qui ouvertement ne l’est pas et va jusqu’à nommer des administrateurs. On trouve hier que Angela est grande quand elle annonce acheter un millions sur catalogue dont la photo est un gosse noyé au bord de la plage. On trouve aujourd’hui que Angela est grande parce que gestionnaire responsable quand elle t

      • 5 Mars 2016 à 1h03

        saintex dit

        On trouve aujourd’hui que Angela est grande parce que gestionnaire responsable quand elle trouve que la marchandise livrée ne convient pas. On trouve qu’être un travesti barbu ça mérite le respect artistique mais que Tsipras est un gros pédé et fainéant de Grec. On trouve même des gens qui disent que ça va de travers mais que ça va s’arranger parce que l’homme est bon. Ce c’est vous Minguette.
        Mais ça ce n’est pas l’optimisme et encore moins la raison. C’est l’expression de l’espérance que ce qui a failli va réussir. Je comprends bien cette vision et souvent je la partage. Elle est la devise de Guillaume d’Orange. Nul n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. C’est une admirable maxime qui pousse l’homme à affronter l’adversité. Mais l’UE n’est pas un homme et aucune adversité ne lui a échu. C’est un système perverti par une assemblée de satrapes bruxellois et de caciques nationaux cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude… tiens je fais mon de Gaulle… Cependant, rien n’est perdu. )))

        • 5 Mars 2016 à 1h04

          saintex dit

          Mais c’est bien vrai. Si vous croyez en l’Europe et voulez une belle Europe que l’on aime et dont on est fier, je suis votre homme et nombreaux autres ici aussi. Ne cédez pas à la facilité de la réduction de ce qui est dit contre l’UE et des gens qui tiennent ces propos.

        • 5 Mars 2016 à 1h11

          Lector dit

          si tu fais ton de Gaulle tu risques de te faire S.A.C.quer

        • 5 Mars 2016 à 1h19

          saintex dit

          )))) Alors on est sauvé, il y a là un gars qui va terroriser les terroristes en parlant comme Raimu.

        • 5 Mars 2016 à 1h27

          Lector dit

          “y’a Pasdqua”

      • 5 Mars 2016 à 12h26

        PSR dit

        Ca decolle toujours pa saintex, de construire votre discours autour de vos affirmations gratuites … Ainsi “chateau mal fondé” est une appréciation par nature discutable et qui n’engage que votre désir.
        idem construire sur le baratin decliniste punk :
        L’évolution de la prospérité ne peut se faire que vis à vis de conjoncture comparable. Celle-ci a évolué dans la zône euro de maniere similaire aux US, Canada, Australie. Donc votre discours de catastrophisme est totalement faux. QUe la croissance soit affaiblie en zone euro et aux US, soit ! Mais votre discours se construit encore autour d’une situation catastrophique imaginaire.
        Le reste de votre discours est tout aussi polémiste et basé non pas sur une réalité globale qui n’est ni idyllique ni catastrophique, mais une réalité sur la quelle les entreorenats travaillent pour l’ameliorer et que les declinistes deforment pour se rassasier dans un repli sterile.

        • 6 Mars 2016 à 7h58

          durru dit

          Bravo PSR, quel bel exemple de lecture approfondie d’Orwell!
          Mais oui, bien sûr, la réalité de tous les jours c’est “imaginaire”, tandis que les discours font la réalité.
          Un seul exemple: quand vous parlez d’évolution similaire entre l’UE et les US, faites l’effort de regarder l’évolution du CAC40 par rapport au DJ sur les dernières années (disons, 15). Et de trouver les similitudes, ainsi que les éventuelles différences.

    • 4 Mars 2016 à 17h36

      steed59 dit

      Minguette tu m’as l’air intelligent – plus que PSG en tt cas – il ne t’aura quand même pas echappé que tout n’est pas rose dans ton meilleur des mondes européistes, surtout depuis quelques années

      • 4 Mars 2016 à 19h57

        Lector dit

        si ça lui échappe totalement, que de l’Espagne à la Grèce etc. les classes moyennes sont en perdition. Parce que “ce sera mieux demain”… déjà plus de 10 piges qu’on entend ça.
        “Faisons table rase du passé pour construire l’avenir”(sic), voilà le credo imbécile des gens qui ont construit ce “c’était mieux avant” pour caricaturer la critique contemporaine et masquer leur délire nihiliste jovialiste.

        • 5 Mars 2016 à 12h49

          PSR dit

          Votre discours punk (no-future) expliquez-nous en quoi ca vous fait du bien !

      • 4 Mars 2016 à 23h09

        minguette dit

        J’ai dit que tout était rose ?
        Quand je vois les atermoiements au sujet des réfugiés, j’ai honte de l’UE. 
        Où sont nos valeurs ? Ce n’est certainement pas “mon” europe.

        • 4 Mars 2016 à 23h37

          Lector dit

          ah ben voilà. On ne dit pas moins et l’on ajoute les classes moyennes, les salariés et même les PME ; ça devrait vous allez comme ça non ?

        • 5 Mars 2016 à 0h12

          Lector dit

          pas de réponse ? Ben tiens, c’est plus facile de fantasmer du “c’était mieux avant” que l’on produit soi-même pour l’attribuer à des “hainnemis” qu’on a construit de même.
          Bref si vous n’êtes pas un jovialiste (puisque vous voilà revenu à la raison, comme dirait l’autre) eh bien nous ne sommes pas plus des archéos repliés sur nous-mêmes. Vous saisissez ou pas ?

        • 5 Mars 2016 à 1h35

          eclair dit

          minguette
          quels refugiés?
          Passons.

          Tu veux les accueillir tu en prnds combien 5 10 20 50 100 millions? 500 millions 1 milliard?

          Tu crois quoi que tu ne laisseras pas des laissés pour compte?
          Que la capacité d’accueil de l’europe est infinie? 

        • 5 Mars 2016 à 2h01

          Lector dit

          Eclair, la Syrie n’est pas l’Inde ou la Chine. La démographie française est bien trois fois supérieure à la syrienne. Alors l’UE… proportionnellement, n’est pas vraiment en danger de remplacement.
          “Nous” avons soutenu al nosra (merci Caroline et BHL) contre Al Assad, puis nous bombardons des civils dans les territoires de l’EI… alors Minguette, pour le coup, a raison de trouver honteuse la politique d’accueil défaillante de l’UE.

        • 5 Mars 2016 à 2h13

          eclair dit

          lector

          sauf que la plupart ne sont pas syriens.
          Et si on voulait vraiment les aider on irait les chercher directement. 

        • 5 Mars 2016 à 2h20

          Lector dit

          tu te doutes bien qu’en matière d’accueil, entre réfugiés politiques et clandestins, la politique peut être sévère à l’endroit des indésirables.

        • 5 Mars 2016 à 8h06

          steed59 dit

          “Votre” europe n’existe pas ailleurs que dans vos reves … Dans la réalité il y a l’UE et ses nombreux défauts etuis rien d’aitre

        • 6 Mars 2016 à 15h55

          lisa dit

          Nos valeurs sont d’accueillir des réfugiés, mais là 80 % d’hommes jeunes en bonne santé, dont une partie qui a maltraité les accueillantes allemandes, suédoises, etc…. vous en prenez dans votre appart ? 
          Pauvre Angela qui mettait en avant nos valeurs chrétiennes, les leur sont un peu différentes. 

      • 5 Mars 2016 à 12h47

        PSR dit

        PAuvre steed … sachant que tu analyses l’intelligence d’autrui au travers de la tienne ca nous donne une idée de la crédibilité qu’on peut accorder à tes conclusions ! Ceci dit, en l’occurence parmi tes multiples derives, tu peux tomber juste ! Je ne sais si Minguette est “intelligent”, mais ses propos sonts construits, solides, constants, se basant sur des réalités tangibles et non des baratins de propagande.
        En faisant un exercice minimum de reflexion, steed, tu constaterais que chez les personnes analysant de maniere responsable, rien n’est jamais “rose” ! Il y a des situations, plus ou moins favorables sur lesquelles on travaille pour ameliorer.
        Les declinistes de votre espece se gavent d’un catastrophisme artificiel inventé par eux et sans veritable projet hors détruire !

    • 4 Mars 2016 à 16h29

      golvan dit

      Il existe des grands principes pour l’UE.
      L’existence des nations est un frein au progrès et source du vilain nationalisme.
      L’existence de frontières est un frein à la circulation des marchandises et des biens donc c’est mal.
      L’existence des frontières est un frein aux desseins forcément altruistes des multinationales qui se livrent au quotidien à un lobbying forcené à Bruxelles. 
      Une monnaie unique est nécessaire car on ne peut tolérer que des pays ajustent leur monnaie en fonction de leurs intérêts propres puisque justement le but ultime de l’UE est la disparition desdits états.

      Dès lors pourquoi tenter d’expliquer ou d’argumenter face à des gens qui se comportent vis-à-vis de l’UE comme des croyants face aux décisions du pape ?
      La mauvaise santé économique de la zone euro est niée, et comme dans les pays communistes hier, les problèmes dus à l’UE et à l’euro ne pourront être réglés qu’avec plus d’UE et plus d’euro.
      C’est tout simple et à réciter en faisant tourner un moulin à prières, éventuellement en se frappant la poitrine.
      Mais inutile d’argumenter.  

    • 4 Mars 2016 à 16h28

      isa dit

      Parse val,
      Sans remettre Grosjean en question, vérifiez bien ce qu’est le refinancement des banques auprès de leurs assureurs, soit des organismes financiers qui collectent nos sous et dont les plus grands groupes bancaires sont dépendants.
      Quand vous achetez des obligations en AV, vous passez par votre banque mais cette dernière vous fait un contrat avec un de ces grands groupes. 

    • 4 Mars 2016 à 15h46

      PSR dit

      Résumons le discours laborieux du militant FN Martiny :
      1) Nous demandons à la cantonnade qui peut exposer quel est le projet FN de sortie de l’euro (pourquoi, vers quoi, quels bénéfices, quels risques, quels délais, quelles conséquences, comment ?).
      2) Silence sur la question, mis à part les injures habituelles
      3) Finalement, Martiny, coscient surement de l’incurie totale de ses compères, poste un lien dans lequel seraient “les réponses”) mais incapable d’en donner quelques éléments importants.
      4) Finalement, il nous fait un copier-coller de l’introduction du dit lien, nous enoncant qu’il n’y connaît rien mais fait confiance.
      5) Il s’avère qu’à la lecture, ce texte n’a pas le moindre rapport avec la lubie du FN d’une sortie de l’euro, mais un secnario de sortie concertée de tous les pays de l’eurogroup ..
      6) MArtiny nous explique alors qu’en fait le FN voudrait “négocier” la dite sortie concertée … ce qui évidemment n’est pas du pouvoir du FN mais d’une volonté commune de pays qui n’ont nulement manifesté quelque intention en ce sens ! C’est dire le délire !
      7) Mais ca s’arrête pas là ! En cas de refus (prévisible) nos FN feraient un “référendum” sur le sujet … PAr conséquent, à supposer par impossible que les francais accederaient à leur caprice d’abandonner notre monnaie, nous voilà revenu à la question initiale (pourquoi, vers quoi, quels bénéfices, quels risques, quels délais, quelles conséquences, comment ?)
      Cet échange, laborieux, au vu de l’obscurantisme de la propagande FN et l’irritation profonde des militants d’être interrogés sur des sujets plus complexes que beugler sur les immigrés, l’Europe, la France, la “bien-pensance montre au final le desert, pas seulement economique, mais politique de cette entreprise de tromperie electorale qu’est ce FN !

      • 4 Mars 2016 à 17h29

        isa dit

        Trop bien PSR!
        En plus vous savez quoi, jure crache, Elle a dit qu’elle démissionnerait du poste de Prez de la Republique( si elle était élue) au cas où les français répondraient par référendum qu’ils étaient contre la sortie de l’euro.

        Quel bazar!
        M’enfin elle a du boulot avec Jeanne en ce moment.

    • 4 Mars 2016 à 15h38

      minguette dit

      Pas de problème Saintex, je n’ai pas été blessé du tout par le terme “remplaçant”, c’est mieux que doublure ! Moi je ne le sens pas comme ça.
      Nadia et moi ou d’autres ici (Isa, Sancho, IMHO ?), nous sommes indubitablement dans la même famille de pensée, chacun avec nos histoires, nos sensibilités différentes, nos vécus. Je m’avance pour eux, mais je crois que nous ne trouvons pas que “c’était mieux avant”, tout simplement nous ne nous retournons pas. Cette époque est passionnante, la nôtre, a rebattu entièrement toutes nos cartes, la mondialisation, la fin de la guerre froide, l’explosion des technologies, l’élévation ininterrompue, quoi qu’on en dise, du niveau de vie, mais aussi des défis monumentaux à relever, augmentation de la population, pollution, terrorisme, énergies. c’est fascinant et je crois en l’homme, pour les régler. Je dois être une sorte de mystique laïc voyez-vous))))))
      Ce qui semble faire de nous des libéraux sociaux européens progressistes plus ou moins convaincus)))))

      • 4 Mars 2016 à 15h55

        PSR dit

        Ouf !!! quel vent de fraicheur vous amenez (je me sentais un peu seul) au milieu de ces odeurs de vermoulu que dégagent les propagandes grincheuses.
        Oui, le progressisme implique aussi un réalisme.
        C’est pourquoi le sommaire de mesures que j’avais exposé étaient en même temps audacieuses mais totalement réalistes en matière de financement, acceptabilité.
        Minguette, il me semble, comme l’ont montré allemands, italiens, britanniques que c’est par le succès et l’audace que le FN(est ses associés plus ou moins assumés) s’ecroulera tout seul parce que son carburant (les echecs et immobilisme des autres) sera épuisé. Et non pas des astuces electorales à la mode regionales 2015(même s’il le fallait).
        Il est evident que sur causeur, ce n’est pas le lieu favorable à des idées constructives comme celles que nous partageons.
        Mais il est toutefois utile d’examiner leur propagande pour la confronter aux réalités objectives. S’il est quelques’uns moins endoctrinés, tout n’est pas perdu non plus !

        • 4 Mars 2016 à 21h23

          saintex dit

          “c’est fascinant et je crois en l’homme, pour les régler (les problèmes.”
          Parce que nous aurions le choix ? D’une façon ou d’une autre, les problèmes seront réglés. Par le temps, par la disparition de l’homme ou par l’arrivée de nouveaux problèmes. Mais il ne faut pas trop compter sur l’arrivée des martiens. L’homme est le charbonnier maître sur sa planète, et quelle que soit la gestion qu’il en fait, il le restera et devra assumer les conséquences de cette gestion. Parce bonnes ou mauvais, les actions ont toujours des conséquences.
          Je suis convaincu que vous vous trompez si vous pensez être plus d’une famille que d’une autre par la vision de l’Europe ou le traitement du terrorisme. Je le suis aussi que si vous alliez au delà de la présente surface d’échange virtuel, vous seriez surpris de voir changer vos affinités, y compris sociales et politiques.

      • 4 Mars 2016 à 16h34

        steed59 dit

        maman je vais pleurer d’émotion …

        churchill disait : ” vous savez la différence entre un optimiste et un pessimiste ? le pessimiste est toujours mieux renseigné”

        • 4 Mars 2016 à 17h33

          minguette dit

          Dans le même genre il y a aussi Billy Wilder “En 44 les Juifs optimistes étaient à Auschwitz”…
          N’empêche, je reste optimiste, c’est ma nature.

      • 4 Mars 2016 à 21h16

        saintex dit

        Minguette,
        Tout le monde ou presque (1) pour dire que,
        ” Cette époque est passionnante, la nôtre, a rebattu entièrement toutes nos cartes, la mondialisation, la fin de la guerre froide, l’explosion des technologies”. Et je crois qu’il n’y a rien à ajouter à ce constat.
        Tout le monde est conscient “des défis monumentaux à relever, augmentation de la population, pollution, terrorisme, énergies”.
        Tout le monde en est conscient mais tout le monde n’a pas la même idée de la meilleure façon de traiter tout cela. Et le moins que l’on puisse dire, est qu’il n’existe pour les quatre défis que vous citez, aucun fil commun qui puisse former une famille politique, aucune communauté de pensée dans les familles politiques.
        Puisque l’UE est le thème du jour, vous avez évoqué vous-même une énorme différence entre nadia et vous. Les pays de l’est, ça va chercher dans un bon tiers de la population, non ? Souffrez-donc, ou plutôt ne souffrez pas que l’on puisse pensez que l’Europe et/ou l’Euro ne sont pas de bonnes solutions ou que l’UE n’est pas la bonne Europe. Et ça c’est votre vue, avec toutes les variantes de diagnostic sur le dysfonctionnement de l’UE.

        • 4 Mars 2016 à 21h25

          saintex dit

          En dessous de cela est la bonne place de ceci.
          “c’est fascinant et je crois en l’homme, pour les régler (les problèmes.”
          Parce que nous aurions le choix ? D’une façon ou d’une autre, les problèmes seront réglés. Par le temps, par la disparition de l’homme ou par l’arrivée de nouveaux problèmes. Mais il ne faut pas trop compter sur l’arrivée des martiens. L’homme est le charbonnier maître sur sa planète, et quelle que soit la gestion qu’il en fait, il le restera et devra assumer les conséquences de cette gestion. Parce bonnes ou mauvais, les actions ont toujours des conséquences.
          Je suis convaincu que vous vous trompez si vous pensez être plus d’une famille que d’une autre par la vision de l’Europe ou le traitement du terrorisme. Je le suis aussi que si vous alliez au delà de la présente surface d’échange virtuel, vous seriez surpris de voir changer vos affinités, y compris sociales et politiques.

      • 4 Mars 2016 à 21h47

        durru dit

        Minguette, un libéral (soit-il “social” et “européen”) ne peut pas soutenir le dirigisme et le pouvoir de la bureaucratie bruxelloise, ou alors il n’est plus libéral.
        Arrêtons de mélanger ce mot à toutes les sauces, pour l’amour de Dieu! Ou alors employez le bon, par pitié, “libertaire” (hédoniste, quoi).
        Sinon, je crois que vous faites fausse route en ce qui concerne certains de vos supposés compagnons (sinon tous, car Nadia ne vient plus sur ce forum depuis un moment). Surtout si les mots ont toujours un sens.