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Bouveresse bout

Publié le 03 août 2010 à 6:00 dans Brèves

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Dans son dernier livre, paru en 2008, La connaissance de l’écrivain, un de nos plus grands philosophes, Jacques Bouveresse, notait non sans mélancolie : « Puisque le système capitaliste libéral a apparemment gagné aujourd’hui par forfait, et qu’il ne semble plus y avoir d’autre système politique et économique qui offre des perspectives plus prometteuses et que l’on puisse proposer sérieusement pour le remplacer, on a l’impression que la critique qui peut être formulée contre lui est condamnée à être et à rester désormais essentiellement morale. »

Bouveresse, professeur au Collège de France, vient cependant de montrer que l’on pouvait aussi mettre ses actes en parfait accord avec ses convictions, et avec panache. Il vient de refuser la Légion d’honneur et s’en explique dans une lettre à Valérie Pécresse. Hors de question, pour lui, de recevoir une décoration remise par « un gouvernement dont la politique adoptée à l’égard de l’Education nationale et des services publics en général me semble inacceptable » Il faut qu’il fasse tout de même attention, Jacques Bouveresse, il y en a qui vont se retrouver déchus de leur nationalité française pour moins que ça.


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  • 3 August 2010 à 20h10

    anthoto1 dit

    A bien des égards, Jérôme Leroy vit encore dans le monde des années 50. Etant trop jeune pour avoir connu Georges Marchais ou Maurice Thorez, je le regarde avec la même tendresse et la même fascination que j’observe un coelacanthe : c’est un fossile vivant du communisme à la (grand) papa. Remercions Causeur d’agir pour la protection d’une espèce vouée à disparaître, mais que je ne peux m’empêcher de préférer à l’écologisme totalitariste.

  • 3 August 2010 à 19h35

    rocardo dit

    Et oui,FrançoisK,dans les années 70,on dénonçait Marcellin,alors qu’il eût fallu s’occuper sérieusement(goudron+plumes) de Marceline.

  • 3 August 2010 à 18h54

    bennasar dit

    Je me demande souvent si ce que je préfère chez jérôme, c’est le talent ou la mauvaise foi.
    Ceux qui risquent de perdre la nationalité Française (mais ils risquent peu, la gauche et les sages veillent) pratiquent un ultra-libéralisme paticulièrement sauvage, méprisent plus que tout les services, le public et les services publics au point d’y mettre le feu quand ça les amuse et peuvent tuer ceux qui les défendent mais la tentation de les mettre dans le même panier que les philosophes intègres est trop forte. De loin,ça pourait presque faire un peuple. Tous ensemble, tous ensemble, ouais !!!

  • 3 August 2010 à 16h23

    FrançoisK dit

    A propos de légion d’honneur, on relèvera que dans la dernière promotion, Marceline Loridan a été élevée au grade d’officier.
    Pour les jeunes générations on rappellera que Marceline a donné au monde entier avec son bien-aimé complice Joris Ivens ce chef-d’œuvre inoubliable, « Quand Yukong déplaça les montagnes » (1973-1975), documentaire à la gloire de la révolution culturelle du bon Président Mao Ze Dong.

  • 3 August 2010 à 15h09

    rocardo dit

    Tout est dit par hyverno,Porc et Alpin.
    Bouveresse,tellement grand philosophe qu’il reste incapable de dénoncer les vraies causes de la déchéance de l’Instruction publique.

  • 3 August 2010 à 14h04

    Porc dit

    On rêve de la Toison (la vraie, l’autrichienne). On peut faire collection de bananes (un sport diplomatique). Mais il y a mercerie et mercerie : par exemple, la Légion d’honneur à titre militaire et à titre civil. Le citoyen Chirac a conféré à l’ami Poutine la grand-croix de la Légion d’honneur. A titre civil.
    Si le cœur vous en dit…

  • 3 August 2010 à 12h53

    Sophie dit

    Une médaille, c’est comme un titre de noblesse. Ca ne se demande pas, ça ne se refuse pas, et on en parle le moins possible.

    Principe familial.

    Réfuté par mon grand-père qui refusa l’anoblissement après la guerre de 40 parce qu’il venait de Léopold III, vu comme un collabo.

  • 3 August 2010 à 12h28

    serge dit

    Pour rester en total accord avec ses convictions et ses actes,
    il va le mois prochain démissionner de la fonction publique et ne plus ainsi accepter les rémunérations d’un état si médiocre. Et bien moi je dis: respect.

  • 3 August 2010 à 12h05

    hyverno dit

    Mais j’y pense… Si Jacques Bouveresse avait été musicien, il aurait accepté HOHNER et BATTERIE !

  • 3 August 2010 à 10h53

    Alpin dit

  • 3 August 2010 à 10h50

    Porc dit

    Monsieur Clavel l’a refusée deux fois.

  • 3 August 2010 à 10h46

    sausage dit

    “J’ai connu toutes les formes de déchéances, y compris le succès”
    Cioran

  • 3 August 2010 à 10h20

    Alpin dit

    On pourrait dire aussi que l’indifférence (ataraxia) est une meilleure preuve
    de tempérament et de vie philosophique.

    Que cette même indifférence peut selon ,amener à accepter ou bien à refuser
    ce qui relève des apparences mondaines.
    Le refus étant quelquefois une passion triste.

    On pourrait dire ,et là cela devient plus consistant que ce refus n’est pas encore
    assez citoyen,car nous n’avons pas entendu manifester publiquement son rejet
    de la destruction “pédagogiste” de l’enseignement secondaire.

    Quand à se manifester contre des pouvoirs et des” élites “, étrangères en France
    à l’université et à la recherche par leur cursus ,leur habitus et leur compréhension
    des besoins et des possibilités de cet univers ,il faut le faire sans oubli ni
    complaisance.

    Pour mon compte je préfère fréquenter le spécialiste de Wittgenstein, plutôt que
    l’homme d’opinion et me souvenir d’une capacité critique à l’égard de la manie
    idéologique d’une bonne partie de l’intelligentsia non scientifique:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Prodiges_et_vertiges_de_l%27analogie

  • 3 August 2010 à 9h41

    Sébastien dit

    “La soif d’honneurs est la mort de la pensée.” (Wittgenstein, Remarques mêlées)

  • 3 August 2010 à 9h29

    Aymenon dit

    Cet homme d’honneur mérite sa qualité de Français!

  • 3 August 2010 à 9h28

    sausage dit

    Pourtant ce ne sont pas les raisons qui manquent

    Hyverno, merci pour ce texte.

  • 3 August 2010 à 8h34

    Joëlle dit

    La justification de Bouveresse me paraît plate, trop générale pour avoir de la portée.

  • 3 August 2010 à 7h53

    Porc dit

    “Il ne suffit pas de ne pas l’avoir, encore faut-il ne point l’avoir méritée”
    Marcel Schwob.

  • 3 August 2010 à 6h35

    hyverno dit

    Ce texte de Marcel Aymé a été publié en 1950 par le Crapouillot. Un ministre l’avait proposé comme récipiendaire de la Légion et l’Elysée, pour ne pas être en reste, l’avait invité. Voici sa réponse, un peu tardive, il le confesse :
    “Je regrette à présent de n’avoir pas motivé mon refus et dénoncé publiquement, à grands cris de putois, l’inconséquence de ces très hauts personnages dont la main gauche ignore les coups portés par la main droite. Si c’était à refaire, je les mettrais en garde contre l’extrême légèreté avec laquelle ils se jettent à la tête d’un mauvais Français comme moi et, pendant que j’y serais, une bonne fois, pour n’avoir plus à y revenir, pour ne plus me trouver dans le cas d’avoir à refuser d’aussi désirables faveurs, je les prierais qu’ils voulussent bien, leur Légion d’Honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens.”

  • 3 August 2010 à 6h28

    hyverno dit

    Bouveresse a refusé la Légion d’Honneur pour des raisons politiques : « un gouvernement dont la politique adoptée à l’égard de l’Education nationale et des services publics en général me semble inacceptable ». J’aurais préféré, précisément pour le panache, qu’il l’a refusât par principe : pas de breloque à ma boutonnière… Ce que fit Marcel Aymé, par exemple, qui invita même, dans un article désopilant, un ministre à se la tailler en pointe, la Légion, et à se la réintroduire, etc.