Bouteflika for ever !
Le président algérien est l’archétype du “dictateur présentable”
Publié le 23 novembre 2008 à 10:11 dans Monde
On entend, çà et là, quelques murmures réprobateurs relatifs à la manœuvre d’Abdelaziz Bouteflika qui a fait voter par un Parlement à sa botte une modification constitutionnelle lui permettant de briguer un troisième mandat de président de la République algérienne démocratique et populaire. Mais rien de bien méchant, et il ne faut pas s’attendre à ce que le monde se lève pour faire barrage à Boutef’, tant est présente la crainte d’une nouvelle poussée islamiste en Algérie.
Ainsi, celui qui fut dans les années 1960 le plus jeune ministre des Affaires étrangères en exercice sur la planète devrait être en mesure, à soixante-douze ans, de se succéder à lui-même pour un nouveau bail de six ans. Son élection ne fait pas question, la sincérité d’un scrutin présidentiel en Algérie aujourd’hui n’ayant rien à envier à celle des élections du deuxième collège (indigènes) au temps de l’Algérie française. Il s’agit seulement d’annoncer un résultat convenable. Les scores à la soviétique (supérieurs à 98 %) ne sont aujourd’hui pratiqués que dans quelques Etats d’Asie centrale où les despotes éclairés au gaz ne voient aucune raison de modifier des pratiques aussi anciennes que commodes.
Tout l’art consiste à bricoler un scrutin de telle manière à ce que les observateurs internationaux, qui ne peuvent être partout, soient contraints de reconnaître que “dans l’ensemble” l’élection s’est déroulée dans des conditions répondant aux critères démocratiques, tout en assurant une confortable majorité au candidat de l’oligarchie au pouvoir.
Si l’on ne s’émeut guère, en France et dans le monde, des péripéties politiques qui se déroulent de l’autre côté de la Méditerranée, c’est qu’on se soucie peu aujourd’hui d’encourager les pays du Maghreb à marcher hardiment vers la démocratie, l’économie de marché et un développement à l’asiatique de leurs capacités de production.
Le projet idéaliste “grand Moyen-Orient prospère et démocratique” lancé après la guerre d’Irak par une administration Bush sous influence des néos-conservateurs s’est cassé le nez sur le réel. Et le réel, c’est que l’instauration de la démocratie suppose que la structuration des forces productives et sociales soit suffisamment avancée pour que ceux qui produisent les richesses participent à leur gestion. C’est le bon vieux No taxation without représentation qui lança la révolte des colonies américaines contre la métropole britannique.
Or, il suffit de lire la description parfaitement réaliste que donne, dans Le Monde, un ancien général, Rachid Benyellès, pour constater qu’après l’échec grandiose d’une expérience “socialiste” qui a détruit le tissu économique, agricole et entrepreneurial hérité de la période coloniale, l’économie algérienne est exclusivement fondée sur une rente pétrolière accaparée par une oligarchie politico-militaire. D’où cette situation absurde dans laquelle les entreprises chinoises appelées pour répondre en catastrophe à la pénurie de logements liée à la croissance démographique galopante ne trouvent pas de main d’œuvre locale, tandis que les chantiers français ne fonctionneraient pas sans la main d’œuvre algérienne et que des hordes de jeunes oisifs végètent dans les grandes villes du pays. Les Chinois viennent donc avec leurs ouvriers construire des immeubles pour les chômeurs algériens.
Malgré tout cela, et les frustrations que le régime incarné par l’inoxydable Bouteflika provoque au sein d’une population désemparée, il fait aujourd’hui figure de “dictateur présentable”, un modèle que la communauté internationale est prête à tolérer, voire à promouvoir.
Comme son ennemi intime le roi du Maroc, et son voisin Ben Ali, Boutef’ tient en lisière des islamistes radicaux exterminés brutalement dans leur composante militaire, mais à qui le régime sous-traite l’encadrement moral de la société.
Par ailleurs, Boutef’ arbitre avec un instinct de conservation remarquable conflits et rivalités entre les diverses factions de l’oligarchie, favorisant alternativement l’une ou l’autre d’entre elles, et faisant en sorte qu’aucune tête susceptible de lui faire de l’ombre n’émerge des cercles dirigeants.
Une certaine liberté d’expression est accordée à l’opposition politique, essentiellement kabyle, et à une presse qui a acquis, à partir de 1988, une indépendance de ton remarquable. Mais l’état d’urgence reste en vigueur, limitant fortement les libertés publiques, et l’intimidation judiciaire des journalistes trop irrévérencieux est une pratique de plus en plus fréquente.
Pendant ce temps-là les “trabendistes” (vendeurs de marchandises rares acquises au cours d’allées et venues régulières en France ou en Espagne) alimentent l’économie informelle qui assure le minimum à la population démunie, et les harragas, ces jeunes sans travail, risquent leur vie en contrôlant la traversée vers le nord sur des embarcations de fortune…
Le “dictateur présentable” ne sera pas sommé de respecter les recommandations des rapports annuels des ONG pointant du doigt la corruption où les atteintes aux libertés dans le pays qu’il dirige. On lui pardonnera même quelques pratiques brutales dans la répression de ses opposants, pourvu qu’il arrive à persuader les chefs des Etats démocratiques que ces derniers ont partie liée avec le terrorisme international, ce qui n’est pas très difficile. Il lui sera assuré un siège à la commission des droits de l’homme des Nations-Unies, où il pourra tout à loisir voter en rafale des motions condamnant Israël et tonner contre les anciens colonisateurs qui ont le culot d’interdire le port du voile islamique dans les établissements scolaires publics. Le job de dictateur présentable, sans être de tout repos car les Iznogoud sont partout, reste quand même attractif. Au point qu’un vieillard malade veuille en reprendre.
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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tahar dit
l’algérie perd sa crédibilité d’un jour à l’autre.
elle est passée par des périodes très marquantes de la colonisation à la dictature, de la dictature à la liberté conditionnelle du début des années 1990 avant de s’enfonçer dans le terrorisme. et maintenant, les dictateurs sont de retour pour faire de l’Algérie un pays totalitaire
Pirée dit
Monsieur Jean Luis,
“La révolution liquide la faiblesse et accouche la force” (Bertrand de Jouvenel).
Kabilian dit
je lui donne max deux ans de vie, il as le cancer, C pour ce la il a demander de se presenter comme candidat au nobel, ( il me fait rire un des plus grande masacreur de masse que l’humanite a connus veux devenir nobel de la paix)
Jean Luis dit
je suis tres surpri de voir que tt les intervenants ont oublier la cause principal qu’a poucer l’algerie a sambrer ( les militaires) ils ont tanter par tt les moyens de rester au pouvoir ils sont meme etait creer une guerre civil, pour casser la resistance, et masque la demande d’independance des kabyle, enfin ca marche aparament personnes n’as vu le Ique!, je vous invite a faire un tour sur le site que je vien de joindre, pour les arabophone, c tres interessent, vous serez surpris, des articles, enfin ya qu’une personne qui peut sauver l’algerie, c’est les Algerians, ils ont renverser la france, pour quiter le pouvoir, un groupe de 250000 soldats c’est pas grand chose comparer a presque 40 millions de fiers Algeriens.
Ludovic Lefebvre dit
Alidjra,
Peut-être que le FLN a aussi un peu torturé, un peu massacré pendant la guerre d’Algérie soldats et pied-noirs et peut-être que quelques Harkis ont été massacré aussi après. Si on entend beaucoup Bouteflika rappeler les crimes de la France, il est discret sur le sang qu’il a sur les mains. La France s’est calmée y compris sur son territoire, l’Algérie ne peut pas en dire autant avec les catholiques qu’elle emprisonne, les personnes à qui elle refuse son sol, les propos antisémites de ses dirigeants etc.
La France ne nie pas ses crimes en Algérie, elle s’y étend même. Encore un mensonge qui arrange.
L’Ours dit
alidjra,
je ne suis déjà pas d’accord avec la première partie de votre exposé, mais de plus la France passe son temps – à tort – à s’auto flageller et à faire pénitence!
Il n’est de pire sourd… qui ne veut se regarder en face!
alidjra dit
J’aime beaucoup la france. On y est sans aucun doute plus libre de ses opinions, surtout si on regarde de l’autre côté de la mer. Abdelaziz Bouteflika, président de la république démocratique et populaire (appelation du temps de feu Houari Boumedienne, Dieu aît son âme) a appris à jouer à la marelle, sauf que sa marelle, son terrain de jeu c’est l’Algérie et les algériens. Mais si j’aime la France, j’ai appris à analyser objectivement et ne pas chanter avec la chorale. S’il faut crier haro sur le baudet, allons-y gaiement. L’Algérie est aujourd’hui gangrénée de l’intérieur, c’est un fait. Ce qui n’est pas précisé, c’est que l’héritage date et de beaucoup. Faisons un peu d’histoire. Au temps béni des colonies, les départements français d’outre-mer étaient peuplés d’indigènes (c’est fort de café (l’autochtone était le bwana blanc et l’indigène était…). Cherchez l’erreur. Bien, on passe sur les exactuions et autres tortures. Quand la France s’en va, elle laisse le FLN victorieux. Avec l’indépendance, les algériens se mettent a y croire. Après quelques péripéties, Boumedienne, colonel, est élu. L’Algérie, sans connaître la prospérité, va dans la bonne direction. Redistribution des terres, politique économique, relations extérieures…compliquées. Houari Boumedienne aura marqué l’Histoire, non pas pour ce qu’il aura accompli, mais pour ses convictions et la place qu’il aurait et a (un court laps de temps) voulu donner à l’Algérie face aux positions néo-colonialistes d’un certain nombre de pays, dont la France pour ne citer qu’elle.
Alors je veux bien qu’on parle de Bouteflika, dictateur en herbe. Il n’a pas l’appêtit d’un Bokassa, l’envergure d’un Pinochet ou les épaules d’Idi Amindada…
Rappelons simplement due la France en pliant honteusement bagage a laissé un cadeau empoisonné. Quand l’assemblée nationale votait à l’unanimité les bombardements en Kabylie et validait les généraux, il est aujourd’hui de bon ton de faire table rase d’une vision unilatérale et de proclamer que nous sommes au pays des droits de l’homme. Franz Fanon a parfaitement décrit ce processus d’un complexe de supériorité. L’ancienne puissance éprouve des difficultés à reconnaître ses fautes. Il n’est pas déplacé de comparer l’Allemagne et la France. D’ailleurs, c’est la vieille Europe qui est malade. Malade de son passé qu’elle garde comme un bien précieux. Cela s’appelle l’amnésie collective et pour les bien-pensants on parle d’inconscient collectif. Ah c’est inconscient…Et si en fin de compte, Bouteflika était un inconscient ? Qui est conscient…Non vous devez faire erreur. L’histoire est un éternel recommencement à ce qu’il parait.
Pirée dit
Bougnaparte, c’était Laval.
AAthias dit
@ Ramon
Honte à vous ! Hors de ma vue ! Lire Paris-Match (quand bien même ce serait pour faire passer le temps ), est un véritable scandale. Ah! A quand les salles d’attente aux guéridons et tables basses débordant de Causeur version papier !!! C’est vrai qu’il est plus facile de décortiquer un article de Luc Rosenzweig que de déchiffrer une photo de Carla. Mais pi tet ji mi trampe!! Inch Allah !
ramon mercader dit
@ ludo
ami ludo tu nous dit “que veut ou ne veut pas la france?”
facile
elle veut le pitroule cette saloperie d’pitroule ,et ne veut pas des immigrés.
mais elle s’y prend mal ,elle ramasse les immigrés et doit payer (cher ) pour le pitroule
seul réconfort: lorsque l’occident sera ruiné par la destruction de l’économie (hé voui ,le renchérissement du pitroule………) les économies rentières seront au plus mal.
@ luc roszenzweig
attirant ou attrayant.
pas attractif ,merde!
@ pirée
en fait l’ami boutef a la tete d’un notaire de province de la france de 1950 (ou 1890 je suis pas exclusif)
@ tous
l’autre jour dans une salle d’attente en lisant un paris-match (voui faut bien s’occuper en attendant la coiffeuse) y avait la photo du génocidaire d’aujourd’hui qui sera notre partenaire commercial de demain (enfin on espère ) laurent n’kunda en personne!
d’ailleurs sur la photo y avait sa femme à coté ,un peu comme les hommes politiques de chez nous posent avec maman et la marmaille (et parfois les chiens,ou meme lorsqu’ils préparent la tambouille dans leur maison de vacances sur une ile atlantique .ben tu vois qu’il est fréquentable !)
Cyrano34 dit
Cher M. Rosenzweig,
Votre article m’a appris beaucoup de choses, mais il y a un point sur lequel j’ai quelques doutes. Vous dites, au détour d’une argumentation, que “les chantiers français ne fonctionneraient pas sans la main d’œuvre algérienne”.
C’était sans doute vrai il y a trente ans, mais est-ce toujours le cas ?
J’ai trouvé facilement des chiffres sur le nombre de travailleurs chinois dans le bêtiment en Algérie, qui confirment vos dires.
Mais j’ai vainement cherché ceux concernant le nombre d’ouvriers algériens dans le bâtiment en France.
Par contre j’ai trouvé ceux de l’INSEE sur les autorisations de séjour accordées à des étrangers en France en 2005 : 164 200 au total.
Sur ce total, la grande majorité des autorisations a été attribuée pour raisons de rapprochement familial, et non de travail.
Ainsi 19 190 autorisations ont été données à des Algériens pour raisons familiales, et 451 seulement pour raisons de travail.
Lien : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/064000296/0000.pdf
Même en supposant que ces 451 travailleurs volontaires aillent tous dans le bâtiment, ça ne suffirait pas pour “faire fonctionner les chantiers français”.
Quelqu’un a-t-il des informations là-dessus ?
Pirée dit
Physiquement, Son Excellence le président Bouteflika ressemble à un président du Conseil surnommé Bougnaparte.
Ludovic Lefebvre dit
Un ami algérois décidé de rester sur place m’a confirmé que l’Algérie avait sombré dans l’islamisme si ce terme signifie réellement quelque chose,disons était devenu un Etat où la politique, le droit et la religion étaient imbriquées et indissociables. Il tient à l’écart des gens en costume traditionnel en échange d’autres pouvoirs. Pas de surprises du coté de l’Algérie, ni de la scène internationale en ce qui me concerne. Que veut et ne veut pas la France là-dedans ? Visiblement, elle ne le sait pas elle-même. Elle ne sait plus grand chose.
Je plains les algériens qui ne sont pas dans l’état d’eprit de Bouté, mais aussi ceux en France qui l’ont fui et retrouvent de ces doctrines archaïques où ils vivent.
brahim dit
l’algérie est désormais plongée dans la dictature et la brutalité
la constitution de 1996 a été faite par président militaire, en l’occurence liamine zeroual, alors qu’un président civile vient après lui pour instaurer la dictature et le totalitarisme
colliote dit
c foutu, il es président à vie, il est sur les pas de ses copains d’à côté, comme ben Ali, et Moubarak et El Assad