Bourses : des indices aux preuves
Après les mesurettes, la récession
Publié le 12 juillet 2010 à 13:00 dans Économie
Mots-clés : Économie

File d'attente pour du pain, Mémorial Franklin Roosevelt.
La majorité des investisseurs et analystes considérant les Bourses comme un indicateur puissant et fiable, les envolées des indices sont dès lors interprétées comme autant de signaux précurseurs anticipant une embellie économique. C’est ainsi que les appréciations notoires des Bourses en 2009 avaient été motivées par les multiples stimuli et autres plans de sauvetage mis en place quelques mois plus tôt qui avaient suscité une vague d’optimisme parmi les investisseurs persuadés que l’économie bénéficierait (au moins à la longue) des ces injections de liquidités. Pourtant, ce processus tend également à s’inverser lorsque les marchés se rendent compte que les économies ont du mal à suivre, l’euphorie boursière se dégonflant dès lors dans de misérables pschitts…
Les tourmentes boursières actuelles pourraient – et devraient – s’intensifier davantage tout en perdurant encore quelques années ! C’est seulement en 1945 que la Bourse américaine a, en valeurs actualisées de l’époque, recouvré pleinement les niveaux des années 1930… Le parallèle entre cette période et la nôtre étant au demeurant intéressant puisque, tout comme la fin des années 1930 marquées par la conclusion de la Grande Dépression et par la queue de comète d’un son lot de mesures plus ou moins discutables, la crise de 2007 et de 2008 s’est soldée par une montagne d’endettements qu’il revient à nos économies aujourd’hui d’ingérer tant bien que mal… Le réflexe compulsif de nos Etats ayant été limité à la mise en place successive de toutes sortes de mesures stimulatoires, il est impératif de reconnaître aujourd’hui que les Etats-Unis (que je cite car c’est eux qui ont été les plus généreux en la matière) sont toujours en récession, et ce 18 mois après avoir réduit à zéro leurs taux d’intérêts !
Bienvenue en 1932 !
Dès lors, comment réagir face aux baisses de taux frénétiques qui ont propulsé les déficits budgétaires au-delà de 10% du P.I.B. ? Les Bourses – celles-là mêmes qui avaient prédit une reprise notable pour 2010 – commencent donc par accuser le coup d’autant plus cruellement qu’elles ont cédé l’an dernier à un optimisme injustifié. Pour les Bourses mais aussi pour les Etats, l’heure de vérité approche.
L’exemple seul de la Californie suffirait à affoler: voilà un état Américain (et non des moindres !) qui, dans une tentative quasi désespérée de juguler un déficit de 19 milliards de dollars, licencie 200 000 fonctionnaires tout en réduisant de 14% le salaire de ceux qui sont toujours en poste Un autre état de moindre importance comme l’Illinois (au déficit de seulement 12 milliards !) étant pour sa part en retard de paiement sur ses écoles, centres de soin et prisons pour un montant de 5 milliards de dollars… Reconnaissons donc que la conjoncture économique s’aggrave progressivement, un million de citoyens US ayant littéralement été boutés hors du marché du travail, seule raison pour laquelle la statistique officielle du chômage n’atteint aujourd’hui pas les records historiques ! Et un chômeur Américain met en moyenne 35 semaines à retrouver du travail, ce qui représente le délai le plus long depuis la Seconde guerre mondiale.
La raison du désastre, c’est que les déséquilibres qui ont débouché sur la crise de 2007 et de 2008 ont encore été exacerbés par les injections de liquidités massives et opportunistes de gouvernements soucieux de retarder au possible les choix décisifs et les indispensables modifications structurelles. Le temps n’est plus aux interrogations académiques ni au déni car à présent que les effets (artificiels) des stimuli s’évaporent et cèdent la place à une réalité économique crue et non tronquée, nous entrons en récession ! Bienvenue en 1932.
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L'auteur
Michel Santi , ex-cambiste et trader, décortique, scrute et analyse le monde de la Finance.
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ramon mercader dit
j’aime beaucoup la photo qui illustre l’article
si à l’automne il me reste assez de monnaoie dans mon cochonnet j’irais ( non pas me recueillir) contempler de visu cette oeuvre de propagande
d’ailleurs la propagande c’est extraordinaire
on l’abille du nom que l’on souhaite elle reste quel que soit le régime
elle en change c’est tout
de nom
actuellement c’est com’ ou communication le nouveau sobriquet à la mode
et les moins avares en com’ sont précisemment ceux qui en fustigent l’usage chez leurs adversaires
expat dit
et puis fatback – si tu lis ici pendant des vacances – j’ai dîné hier soir avec des amis socialistes – je leur ai demandé “que préférez vous : on impose Bettancourt 50 % de son revenu, et l’état touche 3 M Euros. Ou on l’impose à 20 % et l’état touche 10 M Euros – que préférez vous ?” Alors divine mon grand, ils préfèrent le premier. Dinque non ?
expat dit
Bonnes vacances fatback ! tu nous manques !
turbo22 dit
Bonjour fatback,
Bonne vacances.
Souris donc dit
Bonjour Fatback
Bonnes vacances !
N’oubliez pas la crème solaire indice 50, un coup recto, un coup verso. Comme la Bourse, procyclique à la hausse comme à la baisse.
fatback dit
Je suis en vacances.
(et taper des posts sur le clavier d’un telephone c’est long)
.
Bon article !
La ménagère dit
@ Marie
Pour connaître les revenus de nos voisins et des voisins de nos voisins, on pourra peut-être faire appel au Canard enchaîné ?
L’Ours dit
J’hésite entre le chanvre et le sisal ;o(
Marie dit
@la ménagère
“Ne serait-ce que au niveau de la transparence….(utilisation des contributions du citoyen)”
La transparence passe aussi là bas par le fait que tout le monde peut connnaitre le revenu de son voisin . Il n’y a pas de raisons que l’Etat soit plus transparent que le citoyen. J’ai d’énormes doutes sur la capacité des français a accepter ça …
Where dit
‘jour à tous,
A propos des déficits publics, ce que je pige pas, c’est cette insouciance, si ancienne qu’elle est devenue norme. On dépense plus qu’on ne lève d’impôts, et alors? Quand tout le monde fait pareil depuis des décennies…que le courage manque pour dire la vérité, et quand on trouve encore quelques illuminés pseudo-experts pour expliquer que la situation n’est pas si anormale que ça. Il y aujourd’hui en France des gens qui sont dans la vie active, et n’ont jamais été contemporains d’un budget à l’équilibre. C’est à peine croyable….
Et pendant ce temps, les élus locaux attaquant les banques sur le mode “ben oui, on empruntait à 2% pendant que les bons du trésor étaient à 3%, j’avais pas compris le passage du contrat où ça causait de parité EUR/USD. T’étais vendeur d’option de change, abruti! Fallait pas signer si tu ne comprenais pas!
Tant qu’en France on aura aux manettes des incompétents qui se croient tellement malins qu’ils font 3 jobs à la fois, ce sera mort, cramé, foutu. Et j’en parle en connaisseur: J’habite à Nice.
merci de m’avoir lu.
expat dit
et puis oui – Fatback where are you ?
expat dit
Quelque part, si un état n’a pas les fonds pour payer les fonctionnaires, que fait-il avec les fonctionnaires ? Si je ne peux pas payer une femme de ménage, j’en prends pas un !
Et en plus quand on voit les packages supplémentaires qu’il essayer de forger au Congres (qui n’ont veux pas) c’est dingue !
La ménagère dit
@ Marie
Ne serait-ce que au niveau de la transparence….(utilisation des contributions du citoyen)
BvB09 dit
Mais que fait Fatback?!
.
dans le cours qu´il a donné dernièrement, dans lequel il´expliquait que les politiques volontaristes des banques centrales en matière de taux, donc découplées du marché, étaient à la source de nombreuses crises.
J´ai lu d´autre part que plus que la relance de l´économie par l´Etat après la crise de 1929, c´était l´´économie de guerre qui avait sorti les USA des ennuis économiques.
.
La main invisible face au volontarisme?
Marie dit
@ la ménagère
“LA solution : s’inspirer du modèle suédois en l’adaptant à NOS mentalités…’ alors ça ne sert à rien car inenvisageable en France. Et puis tout n’est pas bon dans ce modèle!
La ménagère dit
LA solution : s’inspirer du modèle suédois en l’adaptant à NOS mentalités…
Six HERONS dit
Si Cassandre avait eu des solutions on l’aurait su
frOM dit
Des constats, toujours, la Solution (?…)