C’est bon pour la morale !
Les valeurs laïques existent, je les ai rencontrées à l’école
Publié le 04 septembre 2012 à 17:25 dans PolitiqueSociété
Mots-clés : Luc Chatel, morale laïque, Vincent Peillon

L’article de Vivien Hoch sur la réintroduction de la morale à l’école a quelque chose de réellement ébouriffant. Voici Vincent Peillon, sous sa plume, transformé en sinistre endoctrineur pratiquement bolchévique. A moins que ce ne soit en pétainiste, comme le pense Luc Chatel qui doit être de gauche sans le savoir puisque de tels amalgames sont, paraît-il, réservé à la gauche morale.
Mais lisons monsieur Hoch et regardons ce qui provoque en lui une telle panique à l’idée que le nouveau ministre de l’éducation ne fasse finalement que mettre en pratique ce qui avait été décidé … par son prédécesseur ! Luc Chatel lui-même déclarait en effet en août 2011 au Parisien : “Oui, je fais revenir la morale à l’école. La circulaire qui paraît ce jeudi est destinée à toutes les classes du primaire. Pas forcément tous les matins, mais le plus régulièrement possible, le maître va maintenant consacrer quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur la morale. Le vrai/le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l’intimité… Ne fixons pas de carcans”.
Vivien Hoch voit un terrible danger, je le cite, à ce que l’école se mette à « proposer des systèmes éthiques laïcs, républicains et universalistes. » Pour lui, “il s’agit de poursuivre l’entreprise des philosophes des Lumières, Rousseau en tête”. Bon, comment le dire sans être désobligeant ? En fait, nous avons là la définition exacte des valeurs sur lesquelles la République s’est construite depuis la Révolution Française avant de s’installer définitivement dans les années 1880. Si l’on excepte la parenthèse vichyste, ces valeurs ont fait consensus entre la gauche et la droite, toute la droite et toute la gauche, en tout cas celles se situant sur l’arc républicain, FN new-look compris. Vivien Hoch a tout à fait le droit de ne pas se situer dans cet arc républicain mais il serait plus sain qu’il le dise. En effet, à part quelques catholiques intégristes ou, à l’inverse, des néopaïens du Bloc Identitaire, je ne vois pas vraiment qui s’oppose en France à « l’entreprise de la philosophie des Lumières. » On a le droit de le déplorer, encore une fois, mais comme Vincent Peillon est un ministre républicain de la République et qu’il nous parle de l’école de la République, je ne vois pas ce qu’on peut lui reprocher, tout comme à son prédécesseur qui, encore une fois, disait la même chose. Ils font juste, si je puis dire, leur job. On pourrait même les en remercier puisqu’ils en finissent avec un certain relativisme soixante-huitard qui a su transformer les slogans de Mai en meilleurs axes de combat du libéralisme, l’extraordinaire « Il est interdit d’interdire » étant manifestement devenu la nouvelle maxime des marchés et de la concurrence libre et non faussée.
Citant évidemment Chesterton et cette phrase rebattue sur les valeurs chrétiennes devenues folles, Vivien Hoch dévoile un peu plus clairement son jeu. Il affirme ni plus ni moins l’impossibilité de fonder une morale laïque, c’est-à-dire une morale pour des athées ou des agnostiques qui pensent être en mesure d’aimer leur prochain, de respecter la vie et de partager avec l’autre sans y être obligés par quelque transcendance que ce soit, sinon une conscience de sa dignité d’homme.
Pour faire vite, monsieur Hoch se retrouve légèrement plus réactionnaire que Joseph de Maistre et croit comme un personnage dostoïevskien que si Dieu n’existe pas, tout est permis. On se permettra de le renvoyer par exemple (mais il y en aurait tant d’autres…) à Albert Camus qui a posé les fondements philosophiques d’un humanisme athée et d’une morale universaliste, ce qui l’a amené à condamner sans concessions tous les totalitarismes. Ces totalitarismes qui font tellement peur à Monsieur Hoch qu’il les voit même cachés dans la poche intérieure du complet veston de Vincent Peillon. Et puis, comme on en est aux motifs de fâcherie, on rappellera que c’est plutôt l’école laïque et sa morale si exigeante qui a mis fin au totalitarisme de l’enseignement, qui était le monopole sans partage de l’Église catholique. Même le chrétien d’exception qu’était Péguy a rendu un hommage bouleversant à ces instituteurs, ces « hussards noirs » qui iraient se faire tuer en héros quelques années plus tard au Chemin des Dames.
De manière plus amusante encore, attaquant sur un autre terrain, Vivien Hoch fait grief à Vincent Peillon de vouloir mettre en garde les élèves contre « les valeurs de l’argent, de l’égoïsme et de la concurrence. » Il voit là une critique à peine déguisée du capitalisme, ce qui signifie pour lui que le capitalisme se résume donc à l’argent, à l’égoïsme et à la concurrence.
Dont acte, pour une fois que ce n’est pas moi qui le dis ! Mais enfin, je crois hélas que le culte de l’argent dans notre société n’est pas l’apanage du capitaliste mais aussi du footballeur mercenaire qui ne chante plus La Marseillaise en équipe nationale et qui aurait bien eu besoin de leçons de morale.
Nous tenons enfin à rassurer monsieur Hoch. Vincent Peillon n’est pas anticapitaliste et il n’a aucun intérêt à former de futurs électeurs du Front de gauche.
Il veut sans doute tout simplement éviter qu’une sous-morale des quartiers avec économie souterraine parfaitement dérégulée ne vienne un peu plus miner les cités et provoquer de nouvelles émeutes urbaines. Ce en quoi il a raison : si les leçons de morale peuvent éviter les charges de CRS, à Amiens ou ailleurs, vive la morale ! Quand bien même il ne faudrait pas que cette morale devienne une école de la soumission, comme l’était celle des curés bourgeois que détestait Léon Bloy.
*Photo : uMontreal.ca
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.
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34a2lbd dit
C’est assez rare pour le noter, peu de personnes sont capables de franchir les frontières politiques partisanes pour accorder à un bord qui n’est pas exactement le leur un satisfecit sur un point donné.
Bravo donc à Jérôme Leroy et Jacques de Guillebon qui démontrent une capacité de cohérence intellectuelle que la plupart de nos représentants politiques sont incapables d’assimiler.
Pour autant sur le sujet de la morale voila une petite histoire. Je naviguais avec un ami qui le premier jour de quart me conta cette histoire
“Une famille que je connais, alors qu’elle retapait la maison qu’elle avait acheté tombe sur un sac rempli de Louis d’or. Ni une, ni deux, ils appellent l’ancien propriétaire et lui remettent l’argent : c’est çà l’honnêteté”
Le lendemain exactement j’eus droit à cette autre histoire
“Mon cousin a racheté la société de distribution de pétrole d’un pays en voie de développement. La première action qu’il entreprit fut de monter une holding à Amsterdam afin de ne pas être écrasé par les taxes locales. Depuis il se fait des couilles en or. Il est fort le gars”.
Conclusion : la morale est chose extrêmement complexe et mouvante même chez un seul individu.
Alpin dit
@a2lbd,
Extrêmement intéressant et qui devrait être à l’origine d’une interrogation scientifique (cf Spinoza).
Je proposerais pour commencer:
“dissonance cognitive”,oui mais par quel biais??
a2lbd dit
Une partie de la réponse dans l’analyse de Sebastian Roché sur l’absence de garant sur le bien commun ?
vadius dit
Pervertir de jeunes cerveaux?,ou envoyer des contre-feux a tout ce fatras qui environne la vie de nos ados?
La methode et le contenu de ce projet nous fourniront des indications.
Cesar dit
N’oubliez pas Topaze.
“L’argent ne fait pas le bonheur” répétaient en choeur les élèves de Topaze au 1er acte de la pièce de Marcel Pagnol.
Au dernier acte, il avait compris et ne se contentait plus des
“pissotières à roulettes” de son ancien protecteur.
Les “pissotières à roulettes” ont été remplacées par des dépôts d’ordures qui s’agrandissent démesurèment dans la région de Marseille. Vivement des leçons de morale!
L'Ours dit
Alpin, Saul,
content de vous relire.
JMS dit
Je pense également que le rappel des principes simples sur lesquels sont fondés les principes républicains au lieu de cours de droit constitutionnel à des gosses qui n’en peuvent mais, me semble une bonne chose.
Éventuellement il ne serait pas inutile d’ailleurs de les rappeler à certains intervenants sur Causeur.
eclair dit
@JMS
Il ne s’agit pas de principe.
Il s’agit de cours de morale . C’est une imbécilité.La morale change avec le temps.
JMS dit
Oui, mais elle s’écoule comme le temps…lentement.
eclair dit
@JMS
Vraiment?
Dans ces cours de morale il y aura le mariage homosexuel accuiellir les immigrés et autre joyeusetés.
C’est pas tant de la morale qu’ils veulent faire c’est de l’endoctrinement.
La morale c’est subjectif. Qui décidera de ce qui est moral ou non?
Seul importe les lois!
JMS dit
Il s’agit je suppose de rappeler ou d’inculquer les règles de base de la République:
L’unicité de la Nation
La liberté de penser et son corollaire la laïcité
Le refus du racisme et de l’antisémitisme
L’égalité hommes/femmes
Les principes démocratiques
La tolérance
etc.
Mangouste1 dit
Jérôme,
Considérant le nombre d’agnostiques et d’athées dans nos société, j’espère bien qu’une morale laïque peut s’imposer durablement, mais vous remarquez que celle des hussards noirs à explosé en plein vol une toute petite centaine d’années après sa naissance, et que Camus est aujourd’hui fort peu lu par les jeunes – et les autres – et qu’il n’est considéré comme exemple moral que par une toute petite partie de la population – on frise là, à mon avis, le score des Verts à la présidentielle. Bref, une morale qui ne s’appuie sur aucune divinité, jusqu’ici, ça a un peu tendance à être rapidement biodégradable, et c’est souvent aussi fort confidentiel.
P.-S. : Entre nous, vous charriez un peu en prétendant que Les Lumières ont fait consensus dans la société française depuis 200 ans, mmmh?
Mangouste1 dit
Considérant le nombre d’agnostiques et d’athées PRESENTS dans notre société…
Jérôme Leroy dit
Je ne sais pas, Mangouste: Camus est toujours le record de vente de Folio pour La Peste et L’Etranger, encore très “prescrits” au lycée.
Pour le reste, disons que les Lumières sont fondatrices de la République et que leur remise en cause a toujours été l’oeuvre de ceux qui avaient un gros problème avec elle. C’est vrai qu’ils reviennent en force aujourd’hui, avec des lectures systématiquement ethniques de la société.
Alex73 dit
Justement M.Leroy, il fort possible que Camus soit le record de vente chez Folio du fait uniquement de sa prescription au lycée… Ce qui ne veut pas dire qu’il soit réellement lu…
Mangouste1 dit
Romero,
Vous confondez la foi et le fanatisme et attribuez à l’existence de Dieu, de l’Humanité, de la Solidarité ou de la Justice… ce que les fous croient faire pour l’objet de leur folie. En cela, vous réfléchissez un peu comme eux, je le dis sans moquerie et sans aménité.
Mangouste1 dit
Alpin, Saul,
Bien vu tous les deux, et bonsoir à vous ; heureux de vous relire.
kriktus dit
@JeanBart, Saul
Si je crois qu’on peut éduquer sans instruire il est difficile d’instruire sans qu’un minimum d’éducation s’y glisse.
Sinon je trouve que l’école actuellement “éduque” énormément et dès tout petit. ça se fait autour de stages ou de sorties les thèmes sont très orientés, les thèmes les plus courants sont le sexisme, le racisme, la discrimination, la pollution et la discussion se résume souvent à une vision très manichéenne simpliste ce qui est quasiment incontournable quand on s’adresse à des enfants de primaire et a fortiori de cp. Ce ne sont jamais des thèmes comme la politesse, le respect, l’effort, la discipline. Et si les maîtres veulent des subventions pour que les enfants aient accès à des interventions ils sont obligés de proposer des thèmes qui donnent les subventions.
Avec des thèmes pareils, de la morale on passe à l’endoctrinement, à la propagande idéologique dont les enfants ne comprennent que le fait qu’on veut les entendre réciter le refrain sempiternel: penser ou faire ça c’est bien penser ou faire ça c’est pas bien mais ils savent inconsciemment que ça ne leur apportent à eux égoïstement dans leur construction de futurs “citoyens” responsables rien du tout, que dalle!
La meilleure formation morale des enfants c’est l’enseignement de règles claires ou quand il y a infraction à ces règles les sanctions sont aussi claires que les règles, immédiatement appliquées sans possibilité de négocier, de discuter. C’est l’enseignement de la discipline, la valorisation de l’exigence, de l’excellence (eh oui!) mais aussi de l’effort (on peut être excellent mais finir par moins bien réussir que celui qui a le sens de l’effort). ça les enfants en voient le bénéfice tout de suite et comprennent ce que ça va leur apporter pour plus tard.
romero dit
Si Dieu n’existe pas tout est permis ? Je soupçonne, chaque jour un peu plus, qu’au contraire, c’est quand [on croit que] Dieu existe que tout est permis. Dieu qui ne s’appelle pas toujours comme ça, qui s’appelle, parfois, l’Histoire, le Progrès, la Race supérieur, l’Utopie de l’Humanité et autres divinités assoiffées de sang… Regardez justement tout ce qu’on se permet, tout ce qu’on s’autorise à faire en Son [Leur] nom. Plus vous êtes croyant — plus vous croyez « vrai » le Dieu sanguinaire auquel vous croyez —, moins vous avez besoin de morale et plus vous serez « disposé » à passer outre ce qui répugnerait à votre seule vraie morale d’humain.
Si bien que, c’est ou [un] Dieu, ou la morale, il faut choisir. Toute « morale » d’origine divine est immorale. De tous les Dieux que nous avons « connus » jusqu’à présent, tous sans exception ont exigé de leurs fidèles de tels immoraux sacrifices (c’est même la définition de ce dernier mot : action souvent répugnante faite pour le Dieu, exigée par Celui-ci). Au contraire — crimes particuliers et faits divers mis à part, bien entendu —, seuls les vrais mécréants sont à même de saisir, d’éprouver la finitude absolue de chacune de nos vies, son autoritaire fragilité, susceptibles de nous donner le courage de tenir tête à tous les Dieux… Et seul ce courage peut fonder une morale que vous appellerez au choix « terrestre », « cis mondaine », « antireligieuse », « laïque », « humaine », « fraternelle », ou comme vous voudrez — mais toujours avec de bien petites minuscules.
Par ailleurs, nous connaissons tous des personnes qui, tout en se disant religieuses ou croyantes, ne sont pas complètement perdues pour cette morale-ci, et il leur arrive, en reprenant du courage, d’y revenir. C’est notre seul espoir, et encore.
Alex73 dit
Je vois pas trop en quoi le Christ est un dieu sanguinaire… (pour parler de ce que je connais le mieux)… “aime ton prochain comme toi même”, “ne juge point et tu ne seras pas juger”, il n’y a rien de sanguinaire la dedans…
Si Dieu n’existe pas tout est permis, car sans Dieu il devient impossible (ou tout du moins très difficile…) de justifier l’existence d’une morale… cf le comportement actuel de l’ “élite” dirigeante…
Au nom de quoi des hommes peuvent justifier d’imposer une morale a d’autres hommes ? C’est toujours au nom d’un Dieu ou de quelque chose d’équivalent (la République ou la révolution par ex) qu’une morale peut s’imposer.
kriktus dit
Oui!
JeanBart dit
@Saul : pourquoi faut-il donc toujours faire précéder ‘social’ à un mot pour qu’il devienne humain ?
Le libéralisme est un humanisme. Le socialisme, en ce qu’il cherche à combler plutôt qu’à élever l’humain, ne l’est peut-être pas.
Mais le débat entre JL et VH se situe sur un autre niveau : entre les libéraux et les ‘autoritaristes’, entre ceux qui ont confiance en l’homme et ceux qui s’en défient : voulons-nous que l’Ecole instruise ou éduque ?
Voulons nous qu’elle impose une morale, fluctuante suivant les majorités, où qu’elle permette d’appréhender des concepts, des valeurs, qui permettront à chacun, au fur et à mesure de son existence, de s’émanciper et se construire son propre code moral ?
Merci chers grand-pères, merci cher père, de m’avoir fait entrevoir, puis avancer en doutant, en questionnant, sur le chemin de ma propre émancipation.
Saul dit
parce que dire socialisme aurait pu s’averer trompeur.
social libéralisme, ça parle plus, c’est le socialisme à la française, la 3ème voie de Blair etc…
Votre question est pertinente : l’Ecole doit elle instruire ou éduquer ?
c’est d’ailleurs assez marrant de constater que lorsque ça s’appelait “Instruction Publique”, l’école faisait aussi de l’éducation justement, à travers les cours de morale laïque etc, et maintenant que ça s’appelle “Education Nationale”, elle se contente d’instruire…
perso je crois qu’il faut un minimum “d’éducation” de la part de l’école, car elle donne justement quelques valeurs communes de base, que l’on ne retrouve pas forcément dans toutes les familles.
Quant à ceux qui font confiance en l’homme, et ceux qui s’en défient, c’est un faux clivage perpétué aujourd’hui par les “libéraux”, ceux ci vendent l’idée que l’Homme peut s’élever tout seul, que tous ont le même degré de responsabilité, la même capacité de discernement etc…c’est en réalité une des plus belles escroqueries de notre époque, dont l’application pratique et économique consiste juste à flatter le consommateur pour mieux le niquer.
ce qui rapproche d’ailleurs les libéraux des cocos curieusement : ces derniers voulaient faire de cette égalité “naturelle” une finalité, et les libéraux disent que c’est déja le cas !
Le libéralisme est une escroquerie, au même titre que le communisme.
skyhigh dit
“Le libéralisme est une escroquerie, au même titre que le communisme.”
Je partage cette conclusion!!
Alpin dit
@Jean Bart,
Bonsoir,
Le libéralisme peut être considéré comme une orientation ,une attitude politique,un style marqué par la liberté,ceci quand il n’est pas système,dogme …idéologie comme tend d’ailleurs à le proposer sa terminaison en isme ,caractéristique des doctrines idéologiques,quand il n’est pas ultra…libéralisme.
Là on se demande en quoi il serait moins inquiétant que le socialisme entendu comme système,…logique d’une idée.
Le libéralisme comme systématisation de l’égoïsme ,valorisation absolue du marché en quoi est-ce mieux que l’engloutissement de tout par l’État et son idéologie?
Et donc pourquoi ne pas avec distance critique ,équilibrer ce même libéralisme par …du …social?Sans en faire un fétiche et une substitution à la réalité de la vie et des choses,mais une pondération de la liberté par le souci d’autrui et le sens de ce qui relie et oblige même quelquefois.
Saul dit
+ 1
a2lbd dit
+2
L'Ours dit
Cher Jérôme Leroy,
j’ai mis communisme pour que ça vous parle plus car je ne trouvais pas rapidement un exemple pour remplacer “argent”.
J’aurais pu dire: “il faut dénoncer les boulangères de la rue machin, la corruption et la prostitution”. Même s’il y a des virgules, l’inconscient pensera que les boulangères de cette rue sont corrompues voire des putains alors que ce n’est absolument pas dit dans la formulation.
Car ce que je voulais dénoncer n’était pas qu’on pense au capitalisme si on parle d’argent mais c’était bien l’association d’idées “argent, égoïsme”.
De toute façon, argent n’est pas une valeur négative. Tout travail mérite salaire n’étant pas une vaine maxime.
Alpin dit
@L’Ours,
Bien le bonsoir.
L'Ours dit
Jérôme Leroy,
Ok! et de toutes façons, je suis pour le retour de la morale laïque à l’école. Mais l’objection de Vivien Hoch sur les propos cités de Peillon reste valable à mes yeux.
Si je vous dis qui’il faut rétablir les valeurs de bonté plutôt que celles du communisme, de la privation de liberté et du totalitarisme, que penser sinon qu’il est sous-entendu que le communisme contient du totalitarisme et des valeurs négatives? En effet, puisque venant à la suite du mot communisme elles lui sont associées au moins de façon subliminales sans compter que je les ai énoncées par opposition à “bonté”.
Par ailleurs, je suis d’accord sur une certaine défense d’autres propos de Peillon sur une “religion laïque” qui sont à mon avis mal interprétés par ceux qui y voient malice.
Jérôme Leroy dit
ah oui mais peillon n’a pas dit plutôt que celle du capitalisme comme vous dites explicitement communisme. Comme Hoch, vous vous tirez une balle dans le pied en prenant la mouche parce que argent, égoïsme et concurrence, vous vous sentez visé!!:) J’essaie juste de dire justement que les valeurs des Lumières transmises par la morale laïque, à moins d’être à droite d’Attila, elles nous concernent tous, que l’on soit catholique, musulman, athée, communiste ou même, tenez, libéral!
Jérôme Leroy dit
…parce que même moi, je crois qu’il peut y avoir un libéralisme à visage humain, si ça se trouve, en théorie…
Saul dit
un libéralisme à visage humain ? mais ça existe Jérôme, c’est le social-libéralisme.
Jérôme Leroy dit
Bien vu, mister Saul!