Les djihadistes ne sont pas les damnés de la terre | Causeur

Les djihadistes ne sont pas les damnés de la terre

Entretien avec Jean Birnbaum

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 16 février 2016 / Politique Religion

Mots-clés : , , , ,

Le directeur du Monde des livres dénonce l'aveuglement de la gauche face au djihadisme. Pour lui, il faut cesser de trouver des excuses sociales aux terroristes.
jean birnbaum islam daech algerie

Jean Birnbaum, par Hannah Assouline.

Directeur du Monde des livres, Jean Birnbaum vient de publier Un silence religieux. La gauche face au djihadisme (Seuil, 2016).

Daoud Boughezala. Soyons directs : en lisant votre critique de l’angélisme de la gauche face au djihadisme et à l’islam, je me suis demandé où était passé le Jean Birnbaum qui encensait Aymeric Caron et fustigeait « les fantasmes sur la délinquance, l’immigration, les Roms » d’Alain Finkielkraut…

Jean Birnbaum : Pardon mais vous confondez deux articles. Les mots que vous citez sont extraits d’un papier qui n’était pas consacré à Finkielkraut et où il n’était jamais cité. C’est un tout autre article qui avait mis en fureur Finkielkraut et ses amis, celui où je rendais compte de son Identité malheureuse. Relisez-le, vous verrez que j’y saluais d’abord ses textes passés, son art d’hériter, de transmettre. Je connais bien son œuvre, j’ai lu non seulement ses livres mais aussi ses contributions aux revues les plus obscures, et c’est cette familiarité qui a rendu ma critique douloureuse. Car critique il y avait. Je soulignais quelques évolutions périlleuses, je montrais comment Finkielkraut a peu à peu délaissé le souci de la République pour l’obsession de « l’identité », et comment ce glissement le conduisait à jouer avec le feu. On peut ne pas partager cette analyse, mais la campagne qu’elle a suscitée montre surtout que, dans notre pays, toute critique, même argumentée, tend désormais à être disqualifiée comme une attaque personnelle, voire une « chasse à l’homme »… Un tel réflexe illustre la pulsion schmitienne qui travaille certains de nos intellectuels, lesquels somment chacun de choisir son camp : ami ou ennemi, pas de milieu ! Et voilà comment, au nom de la lutte contre les « bien-pensants », on évacue le débat d’idées tout en favorisant le journalisme servile…

Puisque vous conspuez le « journalisme servile », permettez-moi de vous dire que vous noyez le poisson. Lorsque Finkielkraut rappelait l’identité musulmane des terroristes, vous l’épingliez, alors qu’aujourd’hui vous rejoignez ses constats…

[...]

  • Des migrants et des femmes : Le Syndrome de Cologne

    Article réservé aux abonnés

    publié dans le Magazine Causeur n° 91 - Février 2016

  • X

    Article réservé aux abonnés

    Déjà abonné, connectez-vous


    mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
     

    PAS ENCORE ABONNÉ ?

    Des migrants et des femmes : Le Syndrome de Cologne
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 21 Février 2016 à 13h44

      Fixpir dit

      œ&o

      • 21 Février 2016 à 13h58

        Fixpir dit

        On ne devrait jamais nettoyer son clavier, ordi allumé, sans regarder l’écran …

    • 20 Février 2016 à 9h29

      walkyrie dit

      On a le droit de changer de trottoir surtout si celui-ci est dans l’ombre.

    • 19 Février 2016 à 13h20

      Cardinal dit

      On pourrait peut être plutôt rapprocher les djihadistes, de la période de la Bande à Baader allemande, des Brigatiste Rossi italiens, et ailleurs. Plus avant des anarchistes qui assassinaient les puissants,…. S’inspirant les uns du Marxisme, les autres de l’Anarchisme, comme les djihadistes s’inspirent de l’Islam.
      Un idéalisme et une religion aussi illusoires soient ils génèrent toujours un enthousiasme excessif sur ceux qu’on pourrait qualifier de “paumés de l’évolution”.
      Il est intéressant de lire l’autre article sur cette même page de Causeur sous le Titre “Du Califat à travers les ages” qui tend plutôt à contredire le parallèle avec les brigades internationales de la guerre civile d’Espagne.
      Ce qui est d’ailleurs un outrage.
      Si parallèle il y a c’est entre ce qui se passe en Syrie et non pas avec les fous d’al-Bagdadi. 
      A l’origine en Syrie, comme en Espagne dans les années  trente, l’idée était d’installer une vraie démocratie contre un régime autoritaire, pas un Califat dictatorial coupeur de têtes prétendant soumettre l’ensemble du monde à ses dictats. 
      Pour un homme de gauche Jean Birnbaum a un bien curieux sens de l’analyse.
      D’autant plus que les républicains espagnols et internationaux se réfugiaient France pour y trouver la paix et devenir français et pas pour mitrailler les gens à la terrasse des bistrots ou dans les salles de rédaction et de spectacle.
        

      • 20 Février 2016 à 8h02

        QUIDAM II dit

        Merci de rappeler, d’une part,
        . que l’objectif des brigades était d’établir un Etat laïque et démocratique en remplacement d’une dictature brutale et obtuse ;
         . et d’autre part que les brigadistes ne mitraillaient pas les bistrots parisiens.

        L’absurdité parfaite de la comparaison du djihad aux brigades internationales manifeste le degré d’aveuglement, d’égarement extrême et, pour tout dire, de pure connerie de nombre d’analystes.

    • 18 Février 2016 à 17h02

      QUIDAM II dit

      « Le sentiment qui met ces jeunes en mouvement, ce n’est pas d’abord la haine, mais l’enthousiasme. . Leur arme absolue, c’est l’espoir. » dixit Birnbaum.

      Il est permis de penser que ce qui les attire, au-delà de tout discours lénifiant, c’est la possibilité de réaliser un fantasme de toute puissance, de domination absolue sur ses ennemis qu’on peut égorger ou crucifier, sur les femmes.

      C’est aussi l’accomplissement d’un narcissisme piétiné à chaque instant dans l’univers occidental où beaucoup de ces djihadistes n’étaient que de minables petits délinquants : dans le djihad, ils se vivent comme la main de dieu qui châtie… rien de moins.

    • 18 Février 2016 à 13h31

      salaison dit

      hum!!!!(du “Monde”)….?????

       ”Le directeur du Monde des livres dénonce l’aveuglement de la gauche face au djihadisme. Pour lui, il faut cesser de trouver des excuses sociales aux terroristes…”

      • 20 Février 2016 à 8h10

        QUIDAM II dit

        Affirmer qu’il existe une sorte de déterminisme (ou même de corrélation directe) entre terrorisme et situation sociale, c’est faire des pauvres « une classe dangereuse », évidemment.

        C’est aussi commettre une fondamentale erreur d’observation et d’analyse de la réalité.

    • 18 Février 2016 à 10h16

      stella dit

      Cette religion ABRUTIT (et je pèse mes mots!) tous ceux qu’elle soumet ! 
      J’ai des amis musulmans “cultivés” : prof de fac, ingénieur, bac +3 dans le commerce international, ils passent TOUT à travers le prisme religieux, la bouffe, les tenues (indécentes en short!) et même ce à quoi ils vont “s’intéresser” …si c’est Haram, ils ne risquent pas d’y jeter un oeil !
      …et ils croient dans des histoires de Djinns (mauvais esprits) …oui oui, nous parlons de la “crème des musulmans”, là …! je vous laisse imaginer les autres ! Il y a un GOUFFRE entre nos 2 cultures et je ne suis pas sûre qu’on puisse le combler …

      • 21 Février 2016 à 0h47

        Laurenthr dit

        C’est malheureusement la réalité.
        Mais on pourrait s’en accommoder si,
        1. ce n’était pas en complète contradiction avec les valeurs dont se gargarisent les bien-pensants intellectuels
        2. on ne risquait pas d’être traités d’is…phobes en relevant simplement le-dit paradoxe
        3. on n’était pas forcés d’accepter ça dans notre pays comme un progrès pour l’humanité..  

    • 17 Février 2016 à 18h29

      jacques1234567890 dit

      la nature “humaine” à horreur du vide Spirituel.
      Les totalitarismes générés par l’occident (nazisme et marxisme) ont méprisé la question de l’existence de dieu c’est juste un crime contre l’humanité aux yeux des 6 milliards d’être humains non occidentaux.

      NB le crime c’est le mépris de la question et non l’athéisme qui est une conviction religieuse comme une autre.

      • 18 Février 2016 à 0h31

        Fioretto dit

        C’est ça en chine 1 milliard d’habitant le mépris de la question de l’existence de Dieu est un crime contre l’humanité … et en Inde ils adorent l’islamisme radical qui colle des attentats.

    • 17 Février 2016 à 17h52

      stella dit

      Le problème, c’est que l’”Islam des Lumières” qu’on nous serine n’existe pas ! Aucun muslim ne connait A.Meddeb ni A.Bidar ! Et pourtant je fréquente (et m’engueule avec ) des musulmans éduqués : ingénieur, prof de fac . Mais leur P… de religion PRIME sur TOUT! Ils voient tout à travers le prisme religieux : ce qu’on mange, comment on s’habille et ce qu’on DOIT penser !
      Tous ne jurent que par Tariq Ramadan, qu’ils trouvent très soft !
       

    • 17 Février 2016 à 14h21

      C. Canse dit

      Damnés de la terre ? 
      Non, des soumis qui tuent ceux qui se refusent à se soumettre ou qui n’ont même pas conscience qu’une soumission à une secte politico-religieuse puisse exister. 

    • 17 Février 2016 à 13h32

      Fioretto dit

      JeanBirnbaum 10 févr. Pour @BHL, mon livre “banalise le Mal” et fait un “inestimable cadeau” aux djihadistes. Vive la critique ! http://laregledujeu.org/2016/02/10/27592/quand-jean-birnbaum-confond-djihadisme-et-internationalisme/

      • 17 Février 2016 à 16h09

        isa dit

        J’ai toujours su que j’étais neo- conne…
        Sans blagues Fio, c’est exactement mon ressenti que décrit BHL.
        Grâces lui en soient rendues.

        • 17 Février 2016 à 20h29

          Livio del Quenale dit

          Ce dangereux intello, pseudo quelque chose, inconséquent, est un “de quoi j’me mêle” “altérateur”, mettant la pagaille où il passe en entretenant la malédiction juive, à l’instar de Ramadan dans son propre domaine.
          -
          Alors pourquoi néo-conne ? Parce qu’en plus conformiste?
          sortez des “digests” et pensez par vous même !