Béziers: les indigènes ne veulent plus être invisibles | Causeur

Béziers: les indigènes ne veulent plus être invisibles

Robert Ménard a fait sa Nuit debout

Auteur

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 30 mai 2016 / Politique

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A Béziers, Robert Ménard a réuni la France des invisibles qui craint de disparaître et ne se reconnaît guère que dans l'aile droite du FN. Sans pour autant adhérer au projet politique de ces citoyens inquiets pour leur identité, il faut les entendre au lieu de les mépriser.
beziers fn robert menard

Robert Ménard au forum "Oz ta droite", Béziers, mai 2016. Sipa. Numéro de reportage : 00758163_000008.

« J’ai découvert le trotskysme de droite. Et je ne suis pas très satisfait. » Chez Yves de Kerdrel, cette formule traduit sans doute le summum de la colère. Dans le train qui le ramène de Béziers, le très libéral et très chic – tendance flegme anglais – patron de Valeurs actuelles se demande si son ami Robert Ménard ne l’a pas un brin baladé. Ce week-end de débats devait être l’occasion de jeter des passerelles entre la droite classique et la droite frontiste ou plutôt entre deux de leurs branches respectives, catho-libérale d’un côté, lepéno-identitaire de l’autre. Et, à l’arrivée, ce proche de Sarko se retrouve assis à la tribune pendant que Ménard (un ami également malgré nos divergences abyssales) égrène une litanie de mesures présentées comme les marqueurs de la droite, mesures qui ravissent la salle, mais dont bon nombre seraient inassumables par les plus nationaux des Républicains.

Plus de police, plus d’armée, moins de social, quasi suppression de l’Education nationale, l’autodéfense organisée, la « famille française » encouragée : on ne reprochera pas à Robert Ménard de parler à mots couverts. Devant un public qui en redemande, il dessine les contours d’un Etat fort, voire autoritaire, qui ne serait plus le garant de la neutralité, mais le défenseur de l’identité française traditionnelle. En somme, plus de France que de République. « Et encore, on n’a gardé que les propositions les plus raisonnables », assure-t-il, concédant que la liste baroque votée par acclamations (et cartons rouges/bleus) n’est pas seulement issue des urnes déposées à l’entrée de la salle de conférences.

« Tout était préparé à l’avance », se plaint Kerdrel. Le plus probable est pourtant que l’ancien patron de Reporters sans frontières, comme souvent, a avancé à l’instinct, sans savoir clairement ce qu’il attendait de ce pavé, ni même dans quelle mare il le lançait. Xavier Lemoine, le maire LR de Montfermeil, est pour sa part convaincu qu’il a réussi son coup : « Il a créé un rapport de forces avec le FN et avec les Républicains. » Voire. Si à la tribune, diverses sensibilités se sont exprimées, le public était, lui, presque exclusivement composé d’électeurs frontistes – tendance Marion. Et l’un des résultats de l’opération aura été de faire entendre cette frange, qui ne se reconnaît pas dans la ligne philippotiste du FN, jugée trop étatiste, trop laïque et, in fine, un brin trop moderne. Grâce au départ précipité de Marion Maréchal-Le Pen, bruyamment acclamée en son absence, la presse aura eu le mini-psychodrame indispensable à ce type de réunion. En populiste assumé et efficace, le maire de Béziers a joué la salle contre la direction du FN. « Les appareils politiques sont aussi loin des gens que les journalistes, ironise-t-il, la voix légèrement cassée. Mais il faut t’y faire, la France invisible pense comme le public de Béziers ! Eh bien moi, je veux que sa voix pèse dans le débat. » Pour votre servante – et plusieurs dizaines de journalistes –, le raout biterrois aura au moins été l’occasion de l’entendre.

Exaspération, inquiétude, colère…

Cette France old school, comme dirait Onfray, a beau ramener sa fraise électorale, on ne cesse de lui expliquer qu’elle est vouée à la disparition. Et même qu’elle n’existe pas, d’ailleurs qu’elle n’a jamais existé puisque nous sommes tous des étrangers. On exalte les identités venues d’ailleurs, mais on ricane de sa peur de devenir minoritaire chez elle. Elle trouve qu’elle a beaucoup accueilli et on la traite de raciste. L’état d’exaspération, d’inquiétude et de colère perceptible dans les allées du Palais des congrès de Béziers est le résultat de décennies durant lesquelles l’aspiration à demeurer un peuple, avec son héritage et ses petites habitudes, a été méprisée, tournée en dérision et suspectée de cacher de noires complaisances. D’où un petit côté Nuit debout de droite. Le même besoin de parler, la même inquiétude pour l’avenir, le même folklore participatif. La même conviction qu’on doit faire quelque chose. La différence de taille réside dans les urnes : si le patchwork extrême gauchiste ne séduit qu’une faible minorité de nos concitoyens, une bonne partie de la France périphérique revenue sur les écrans-radars médiatiques grâce à Christophe Guilluy et quelques autres, est à l’unisson du public de Béziers. Pour elle, l’urgence tient en deux mots : immigration, islam. Ainsi, lors de la table ronde, particulièrement agitée, consacrée à l’immigration, Ivan Rioufol a-t-il été chahuté à plusieurs reprises « sur sa droite » pour le supposé angélisme de ses propos sur la nécessité de rallier les musulmans laïques à la République. Ce public qui dit aimer la France (et il n’y a aucune raison d’en douter) ne croit plus à sa capacité de fabriquer des Français. La progression d’un islam séparatiste et radical n’est guère de nature à le faire changer d’avis. Et la mollesse d’une partie des élites face à lui encore moins.

Bien sûr, on peut monter sur ses petits poneys antiracistes et se pincer le nez devant des humeurs qui ne font pas dans la dentelle. On peut caricaturer en beaufs ces Français un peu trop cathos sur les bords qui ont tendance à rêver de la France d’avant – d’avant l’immigration de masse – où les Français « issus de » ne se rêvaient pas en communautés. Pour ma part, je n’ai pas croisé de beaufs mais bon nombre de lecteurs de Causeur qui me disaient malicieusement que surtout, ils n’étaient pas d’accord, souvent beaucoup plus raisonnables individuellement que collectivement, s’intéressant à la politique et enrageant qu’elle ne s’intéresse pas à eux.

Proche de Charles Beigbeder, Benoît Dumoulin a décelé une ligne de fracture entre « une droite identitaire qui croit véritablement à un choc des races » et les défenseurs « d’un Etat-nation avec un fond chrétien ». De fait, pour beaucoup, « Français » est devenu synonyme de « blanc ». « Maintenant, tout le monde veut sa communauté avec ses représentants et ses droits, m’a confié une fonctionnaire à le retraite venue d’Avignon. Et seule la “communauté française” n’a aucun droit. » Les propagateurs d’un multiculturalisme qui ne reconnaît à aucune culture un droit d’antériorité auront réussi l’exploit de faire émerger un communautarisme « de souche » qu’ils peuvent désormais s’employer à dénoncer. « Ne vous inquiétez pas, m’a dit la fonctionnaire avignonnaise en se marrant de mon air effaré. Vous savez, on demande beaucoup pour obtenir peu. » Ainsi, si la salle a hurlé sa joie lorsque le mot « remigration » a été prononcé, beaucoup, dans les discussions de groupe, admettaient qu’ils n’y croyaient pas vraiment et qu’ils voulaient surtout « faire peur à la racaille ». N’empêche, je l’avoue, moi aussi, ça m’a fait un peu peur.

Ce n’est pas un hasard si Renaud Camus (encore un ami, encore des divergences) est l’une des stars de cette France malheureuse pour laquelle le « grand remplacement » n’est pas « un fantasme paranoïaque », comme le dit Nicolas Domenach avec un sourire supérieur, mais une réalité quotidienne qui voit les mœurs de la France d’avant céder du terrain à celles de la nouvelle. Que cette réalité n’ait pas été voulue par ceux qui l’incarnent n’y change pas grand-chose. En l’absence des références culturelles communes qui permettaient de faire vivre ensemble les différences, une partie de la France des provinces et de la Manif pour tous rêve d’un coup de baguette magique qui lui permettrait de ne plus vivre ensemble du tout.

Bien sûr, une bonne partie de mes confrères se contenteront de ricaner de cette France d’un autre âge qui rêve d’abroger la loi Taubira – mais sans effet rétroactif, a précisé Ménard – et essaiera d’oublier son existence en la noyant sous les noms d’oiseaux habituels. Il n’est pas exclu que certains, au sein de la jeune génération croisée à Béziers, s’efforcent de comprendre plutôt que de montrer leur belle âme, mais je ne les dénoncerai pas. En attendant, on peut dire à cette France qui ne veut pas mourir qu’elle se trompe, mais il vaudrait mieux encore le lui prouver dans les actes. Car si trente ans de prêchi-prêcha et de sermons n’y ont rien fait, il serait temps d’entendre sa colère avant qu’elle décide pour de bon de renverser la table.

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    • 5 Juin 2016 à 9h33

      salaison dit

      la “Gauche”??????? = y en a marre!!!!! (trop c’est trop!)

    • 5 Juin 2016 à 7h19

      Livio del Quenale dit

      Ce sont des refuges ! Comment voulez-vous que l’électeur s’exprime ? (avant les “grands” moyens et la rue, il tente une dictature)
      -
      Les grands partis politiques se sont partagé le pouvoir et bien évidemment ont confisqué le pluralisme des candidatures et la filière de leur choix.
      Donc ne pas s’étonner que ça tourne en rond aux bénéfices de ces “élus gagnants privilégiés” !
      -
      Que soit reconnu comme vote exprimés les bulletins blancs et le vous verrez devenir premier “candidat” en pourcentage mais aussi, cette coterie de politiciens professionnels érigée en système, dégringoler dans le pourcentages avec aussi du même couple FN, car exutoire des mécontents, pour la moitié, voire les deux tiers.
      -
      Quant aux 20% “d’indécis” ils vont rester, pour la plus part, dépendants des talk-shows politiques TV, qui leur servent à se décider, quand ils ne votent pas au hasard, dans l’isoloir.

    • 5 Juin 2016 à 7h11

      salaison dit

      ou une “habitude” pour ceux (et celles) qui ne pensent pas comme eux?…..!!!

    • 5 Juin 2016 à 7h09

      salaison dit

      le ‘mépris”…..???? C’est un film socialiste?

    • 4 Juin 2016 à 23h00

      Patrick dit

      Je viens de voir ceci : Nouvelles agressions sexuelles en Allemagne : les gouvernements sont complices.

      On y lit entre autres :
      En avril, sous prétexte de « lutter contre le harcèlement sexuel dans les transports », une compagnie ferroviaire allemande avait créé des wagons exclusivement réservés aux femmes à Cologne. Au Danemark, les incidents se multiplient dans les bars et les boîtes de nuit. La Suède, en deuxième position du palmarès mondial des pays recensant le plus de viols, est bien partie pour en devenir lauréate. En Autriche, la police trouve des solutions ingénieuses : elle conseille à une jeune femme agressée de se « teindre en brune ». En France, la République de gauche reste étonnamment muette sur le sujet.
      A vomir !

      • 5 Juin 2016 à 9h17

        salaison dit

        ben….. c’est la Gauche n’est ce pas!

        (elle préfère taxer, légiférer etc… etc…. les Clients de prostituées: c’est plus facile (et plus islamiste!) )

    • 4 Juin 2016 à 22h44

      Richou dit

      Bonsoir,

      Je me sens toujours de gauche .
      Si j’étais en Allemagne, je voterais SPD.
      J’apprécie beaucoup Causeur mais je ne suis pas souverainiste.
      Je suis un athée convaincu mais je reconnais et apprécie, sur le tard, ma culture chrétienne .
      Je suis non raciste, anti-FN mais j’apprécie cet article : besoin d’identité( je suis fier d’être français), demande de modernisation de l’islam, de limitation de l’immigration en provenance des pays musulmans …
      Je transfère bq d’articles de Causeur à des amis .
      Continuez ainsi .

      • 5 Juin 2016 à 9h20

        salaison dit

        le problème c’est qu’en France innombrables sont ceux (et celles) qui se “sentent” de Gauche et qui au fond, “ne le sont pas” (ni de Droite non plus d’ailleurs) : mais autre chose de plus sincère et honnête!

    • 4 Juin 2016 à 19h21

      Vert Gallois dit

      Pourquoi avoir fermé les commentaires sir l’article d’Obregon.Pour une fois qu’on remettait un grotesque Trissotin à sa place et qu’on se marrait!

    • 4 Juin 2016 à 11h36

      MGB dit

      Ah la bonne blague des antiracistes : “je rejette l’Autre, parce qu’il est différent”. “JE”, bien sûr, c’est nous les Français.
      Et si en réalité JE rejetais l’Autre parce qu’il me rejette ? Et en plus, l”Autre, il vient chez moi me dire de dégager vite fait ou de me convertir.
      Propos simplistes ? A vous de voir…

      • 5 Juin 2016 à 6h31

        Livio del Quenale dit

        &&& Propos simplistes ? A vous de voir… &&&
        ben j’ai failli ne rien voir.
        Et si vous appeliez un chat:un chat,
        ce serait plus clair.

    • 3 Juin 2016 à 20h25

      Singe dit

      Est-ce si difficile à comprendre que ce qui se passe à Béziers participe de l’ADN de la droite de la droite où la désunion en divers groupuscules finit toujours par intervenir. Ils finissent toujours par se mettre sur la gueule au bout d’un moment, cela arrive…

      • 5 Juin 2016 à 6h33

        Livio del Quenale dit

        tandis qu’à gauche , ce n’est pas la cas ;o)

        • 5 Juin 2016 à 9h36

          salaison dit

          ah! ah! ah! C’est ben vrrrrai ça!

    • 1 Juin 2016 à 17h07

      Arsenelupin dit

      Mon site BdVoltaire est continuellement parasité par Free App d’ Apple .Est ce qu’un brave lecteur ou lectrice de Causeur pourrait jouer le “docteur ” et m’indiquer le remède à suivre pour retrouver R Ménard !!! Est ce que Apple jouerait la carte du politiquement correct.J’ai le même problème avec Dreuz Info.Mon opérateur ne sait que faire.Free App… Free App !!!! Au secours,docteur Je ne peux même pas envoyer un mail à Bd Voltaire : Free app !Free App !!!! C’est pourquoi je m’adresse à  Causeur!!

    • 1 Juin 2016 à 10h16

      golvan dit

      En reprenant ce matin le fil de la discussion, je me rends compte qu’hier soir, incapables d’argumenter sur l’islam qui est tout de même le fil qui sous tend en grande partie la notion d’identité en France, et ceci quel que soit le bord politique, les habituels trolls de gauche ont déplacé ce fil sur le programme économique du FN pour n’avoir pas à prendre parti, sans doute pour continuer de se voir dans leur glace comme généreux et altruistes.
      L’expression “droite acceptable” que j’utilisais hier était destinée à identifier les partis que la gauche appellent la droite et qui ne diffèrent pas tellement du PS sauf, en partie, dans le domaine sociétal.
      Le programme économique de cette droite, je le répète, n’est guère différent de celui du PS, c’est-à-dire qu’il consiste à rester dans l’UE et à mettre en oeuvre progressivement les directives de la Commission, à laquelle participe activement un Moscovici, hier ministre socialiste incompétent aujourd’hui commissaire européen prospère.
      Etablies par le PS, les 35h n’ont jamais été abolies par la “droite acceptable” de retour au pouvoir, et les accords de branche actuellement à la base de la contestation cégétiste ne sont que l’application des directives européennes et ça n’est pas la droite qui est au pouvoir.
      Tout ça pour dire que les électeurs qui votent pour un candidat ou un parti dans l’attente de la mise en oeuvre d’un programme annoncé sont des naïfs, ou des imbéciles, les programmes de Sarkozy et de Hollande en étant dans ce domaine les parangons.  
      Par extension, considérer le programme de Ménard comme étant l’expression de la pensée de ceux qui ont participé aux journées de Béziers et ce qu’il faut attendre de la prise en compte de leurs souhaits dans l’hypothétique arrivée au pouvoir du FN, n’est guère plus intelligent que de croire en la parole de Sarkozy ou de Hollande.
      Dernier point: on peut critiquer le programme économique du FN, c’est démocratique, mais pas au nom du génie économique du PS et de LR. 

      • 5 Juin 2016 à 7h08

        Livio del Quenale dit

        Ce sont des refuges ! Comment voulez-vous que l’électeur s’exprime ? (avant les “grands” moyens et la rue, il tente une dictature)
        Les grands partis politiques se sont partagé le pouvoir et bien évidemment ont confisqué le pluralisme des candidatures et la filière de leur choix .
        Donc ne pas s’étonner que ça tourne en rond aux bénéfices de ces “élus gagnants privilégiés” !
        -
        Que soit reconnu comme vote exprimés les bulletins blancs et le vous verrez devenir premier “candidat” en pourcentage mais aussi, cette coterie de politiciens professionnels érigée en système, dégringoler dans le pourcentages avec aussi du même couple FN , car exutoire des mécontents, pour la moitié, voire les deux tiers .
        Quant aux 20% “d’indécis” ils vont rester, pour la plus part, dépendants des talk-shows politiques TV, qui leur servent à se décider, quand ils ne votent pas au hasard, dans l’isoloir.

    • 1 Juin 2016 à 8h37

      thierryV dit

      Une majorité de français , influencés par les dénonciations majoritaires , judiciaires , médiatiques et associatives , n’osent pas prononcer certains termes.
      Lorsque une religion de conquêtes pose trop de problemes sur le sol qu’elle investi un peut plus tous les jours ,des mesures doivent être prises . Rien à voir avec une dénonciation raciale mais avec une constatation mécanique .Il y des problèmes de plus en plus visibles et nous savons qu’ils ne pourront qu’augmenter , jusqu’à atteindre l’affrontement .Nous ne sommes pas musulman . Nous sommes judeo chretien . Point barre .
      Nous devons le proclamer officiellement (constitution) sous peine de disparaitre . Nous devons également cesser les incitations sociales , entamer sur 10 ans une remigraration progressive et établir une immigration sélective . Parce que c’est notre droit et notre devoir .
      Toute personne contestant, par ses actes ou ses paroles, le positionnement officiel de notre nation ,devra rendre des comptes .Personne morale ou physique (médias ou citoyen.).
      Voilà l’esquisse d’un tableau que s’efforceront de rejeter les humanistes de posture . c’est la raison pour laquelle je ne crois a aucune solution .L’Europe est foutue si on raisonne froidement.