Etats-Unis: Sanders victime de ses contradictions | Causeur

Etats-Unis: Sanders victime de ses contradictions

Entretien avec le sociologue Simon-Pierre Savard-Tremblay

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 03 juin 2016 / Économie Monde Politique

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Pour Simon-Pierre Savard-Tremblay, si le programme économique de Bernie Sanders défend les intérêts des classes populaires américaines, le candidat socialiste à la présidentielle pèche par progressisme sociétal. Otage de jeunes intellectuels progressistes méprisant le peuple, Sanders aurait dû lire Lasch et Michéa.
bernie sanders clinton michea lasch

Bernie Sanders. Sipa. Numéro de reportage : AP21903277_000002.

Simon-Pierre Savard-Tremblay est sociologue et essayiste. Dernier livre paru: Le souverainisme de province (Boréal, 2014).

Daoud Boughezala. Au-delà des slogans populistes, en quoi le programme économique de Bernie Sanders répond-il aux intérêts des Américains les plus modestes ?

Simon-Pierre Savard-Tremblay. L’empire américain décline, alors que les gens dans le besoin y sont nombreux. Aux États-Unis, les 10% les plus riches y contrôlent plus de 70% de la richesse, tandis que 80% de la population américaine serait pauvre ou en passe de le devenir. Malgré tout cela, plusieurs prônent l’abolition des quelques programmes de solidarité existants. Sanders propose quant à lui une couverture de santé universelle pour tous les Américains, l’adaptation d’une fiscalité progressive où les plus riches paieraient leur juste part, bas frais de scolarité pour favoriser l’accessibilité aux institutions d’enseignement. Le programme semble bien peu révolutionnaire et même modeste aux yeux de l’observateur français ou québécois, mais représente tout un ouragan aux États-Unis. Ralph Nader avait jadis porté de telles propositions, mais n’était jamais parvenu à s’approcher de l’importance politique de Sanders, pour qui il était réellement envisageable de penser se rendre à la Maison Blanche.

Sanders s’oppose aussi aux plus dangereux accords de libre-échange, comme le Partenariat transpacifique (PTP). Les partisans du libre-échange confondent fréquemment à tort ce véritable système réglementaire avec la –nécessaire- ouverture au commerce. Le libre-échange n’aura bien souvent eu que le chômage et la désindustrialisation comme résultats. Cela n’est pas particulièrement récent et avait déjà commencé avec l’ALÉNA, alors que les industries du sud des États-Unis avaient rapidement délocalisé leurs activités vers le Mexique. La position de Sanders sur cet enjeu n’est pas étrangère à sa victoire, totalement imprévisible, contre Hillary Clinton au Michigan.

Le monde vit actuellement à l’ère d’un capitalisme intégralement financiarisé, débridé et spéculatif, où une transaction de plusieurs milliards de dollars se règle en un clic sur internet, où des milliers d’emplois peuvent être jetés aux orties en une saute d’humeur des responsables de grands fonds actionnariaux. Sanders propose d’imposer des limites à la puissance des institutions financières. La réalité est troublante : trois des quatre banques ayant été sauvées de la faillite par l’État américain lors de la crise de 2007-2008 sont aujourd’hui plus imposantes qu’elles ne l’étaient à l’époque. La faillite de ces institutions entraînerait automatiquement la chute de l’économie mondiale. Sanders souhaite ainsi s’assurer autant que possible que l’échec annoncé des délires d’une minorité n’aient pas de répercussions sur les gens modestes, non pas seulement des États-Unis, mais du monde entier.

Bernie Sanders a certes remporté de grandes victoires symboliques, comme dans le Michigan, mais sans jamais véritablement menacer l’hégémonie d’Hillary Clinton sur l’électorat démocrate.  Pourquoi n’a-t-il pas crevé le plafond de verre ?

À une ère où le technique et le gestionnaire a supplanté le politique, ce qu’Emmanuel Todd appelle la post-démocratie, certains phénomènes populistes deviennent ainsi possibles pour combler un vide abyssal. Le paradoxe en est que l’enthousiasme pour ces populismes peut reposer tout autant sur la nécessité de refaire confiance au politique que sur un désabusement face à celui-ci. Hillary Clinton aurait ainsi pu être battue pour les mêmes raisons que Jeb Bush : incarner les élites du statu quo jusque dans son nom de famille. Barack Obama avait su terrasser Clinton il y a huit ans à coup de « hope » et de « change ». Quoi qu’il en soit, un appareil politique aussi institutionnalisé que le Parti démocrate est parfois très difficile à ébranler malgré l’ampleur d’un mouvement populaire. C’est que Bernie Sanders a constaté.

Pensez-vous improbable le report des électeurs de Sanders sur Clinton ? 

Ce report me semble ardu à réaliser. Au contraire, une part des électorats respectifs de Sanders et de Trump se ressemblent beaucoup plus que nous pourrions le penser au premier abord. Peut-on sérieusement croire qu’une population dans le besoin fait ses choix politiques en fonction des étiquettes officielles et partisanes ? Tant Sanders que Trump, qui veut taxer les produits chinois et déchirer le Partenariat transpacifique, ont fait du libre-échange un thème de campagne important. Peut-on sincèrement croire les partisans de Sanders, souvent des électeurs indépendants issus des classes moyennes ou ouvrières, se reporteront sur Hillary Clinton ? Soutenue financièrement par Wall Street et défendant en échange intégralement le programme de celle-ci, Clinton incarne comme nulle autre la classe dominante. Le richissime Michael Bloomberg aura d’ailleurs attendu de s’assurer qu’il soit clair qu’elle est bien la candidate désignée avant de renoncer à briguer la présidence à titre de candidat indépendant. Aurait-t-elle perdu qu’il aura sans doute été la carte jouée par les intérêts financiers et bancaires. Si les requins se mangent parfois entre eux, ils se découvrent aussi un certain sens de la solidarité quand le système est menacé. À contrario, Trump représente, comme Sanders, un discours anti-establishment clair et tranché.

Dans une tribune publiée sur le site du journal québécois Le Devoir, vous décortiquez l’alliance de classes sociale qui constitue l’électorat Sanders. En quoi cette coalition sociale est-elle porteuse de contradictions ?

L’électorat populaire ne constitue pas la seule base sur laquelle s’appuie Sanders, qui se compose aussi de l’intelligentsia progressiste, dont l’horizon est l’émancipation radicale de l’individu. Cette « gauche » sévit principalement sur les campus universitaires. Ces militants, s’ils se réclament d’un peuple imaginaire et fantasmé, ont au final un mépris à peine voilé pour le peuple réel. Ce dernier, se sentant menacé, observe le système économique détruire une à une les structures communes qui lui sont chères et se campe dès lors sur les plus proches de lui et les plus difficiles à écraser : valeurs morales, famille, village, nation, etc. Cet enracinement dans des repères protecteurs, pointé du doigt comme étant rétrograde et réactionnaire, est aujourd’hui le principal objet des moqueries et la cible de cette « gauche », qui contribue comme nulle autre au déploiement du capitalisme qu’elle prétend combattre. Comme la haute finance, la « gauche » exècre aujourd’hui les frontières nationales. Elle représente à la fois, pour le capitalisme débridé, une caution idéologique et une posture esthétique. Pour elle, les valeurs morales ne sauraient s’inscrire dans le politique, leur prescrivant ce que la droite veut faire des entreprises : la privatisation. L’idéologie progressiste, par son relativisme moral et culturel, par son adversité fondamentale à l’égard d’une conception publique et commune du bon, du bien et du juste, prône un monde fondé sur l’affirmation radicale des individualités de tous contre tous.

Depuis que cette « gauche » a renoncé au socialisme, il ne lui reste que ses multiples combats de substitution, tous liés au prétendu refus des discriminations, appliquant dès lors la grille d’analyse de la lutte des classes, à laquelle elle renonçait, à tous les rapports sociaux… sauf aux classes. Le peuple n’est plus à libérer du système économique, c’est la minorité qui serait à libérer de la majorité, les toilettes pour transgenres et la légalisation de la marijuana devenant les grands combats de la « gauche » contemporaine. Les grands intérêts économiques s’en lèchent les doigts, pouvant désormais aisément remplacer la morale des gens ordinaires par le règne de la croissance économique : cette « gauche » leur fournit une splendide contribution au grand rêve de la société de consommation sans limites, devant libérer radicalement l’individu pour que puisse régner pleinement le « je, me, moi ». C’est là que la rébellion devient un produit de consommation à la mode, Che Guevara se mutant en icône de la contre-culture que s’arrachent les adolescents. On comprend dès lors pourquoi le philosophe Jean-Claude Michéa voit dans la gauche le stade suprême du capitalisme…

Si cela semble aujourd’hui atteindre des proportions caricaturales, la chose n’est pourtant pas entièrement nouvelle. Dans La culture du narcissisme, le grand sociologue Christopher Lasch voyait dans les militants radicaux de la décennie 1960 la manifestation fondamentale d’un individualisme narcissique pathologique. Les différentes mouvances de « développement personnel » ont su leur succéder fidèlement en cette matière, au cours de la décennie suivante. Ce sont ces idéaux qui se développeront et augmenteront continuellement leur nombre d’adhérents pour se fondre aujourd’hui dans un « progressisme » cachant sa haine d’un peuple « trop arriéré », « trop homogène » et « trop patriarcal », le tout sous le masque de l’anti-populisme. Et cette gauche de se demander désormais pourquoi les pauvres votent à droite, pour citer le titre en français d’un ouvrage du journaliste et essayiste Thomas Frank…

Au “populisme imparfait” de Sanders, la mentalité américaine héritière de l’esprit des pères fondateurs ne préfère-t-elle pas le populisme libertarien d’un Trump, pro-armes et relativement isolationniste ? 

Je serais bien mal à l’aise de qualifier Trump d’économiquement très libéral ou de libertarien. Non seulement, tel qu’abordé précédemment, celui-ci s’oppose-t-il au libre-échange intégral, mais il défend également le maintien de l’Obamacare et une hausse du taux d’imposition des mieux nantis. Sur les armes à feu, sa défense absolue du second amendement est plutôt récente, alors qu’il se montrait auparavant favorable à un encadrement réglementaire. On sait d’ailleurs que Trump a, tout au long de sa vie, multiplié les revirements, ayant même été, pendant longtemps, partisan du Parti démocrate. Basé à New York, Trump n’est pas un républicain traditionnel, n’étant ni issu de la droite religieuse, ni des défenseurs d’un impérialisme humanitaire et militaire, ni de l’aile libertarienne économique. Le Parti républicain, comme institution permanente de l’espace public américain, a très souvent axé ses stratégies électorales sur la base populaire du sud du pays, pour ensuite lui tourner le dos et appliquer intégralement le programme de Wall-Street. Force est d’admettre que Trump a actuellement cassé l’élite dominante du parti. Courtisant les « gens ordinaires », pour reprendre l’expression de George Orwell, qui se retrouvent actuellement chez Sanders, le temps seul nous dira si une éventuelle présidence Trump sera elle aussi confisquée par les grands intérêts bancaires et financiers.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 4 Juin 2016 à 12h23

      thierryV dit

      Même les états unis (monde des villes) ploient sous les matraquages humanistes médiatiques . Il faut un Trump parfois assez braque , pour se demander si les yeux sont fermés ou subitement ouverts .

      • 6 Juin 2016 à 16h53

        salaison dit

        si les yeux sont subitement ouverts……. ils ne veulent rien voir tout de même !

    • 4 Juin 2016 à 2h34

      Ibn Khaldun dit

      Basé à New York, Trump n’est pas un républicain traditionnel, n’étant ni issu de la droite religieuse, ni des défenseurs d’un impérialisme humanitaire et militaire, ni de l’aile libertarienne économique.

      Rien que ça… On ne pouvait guère attendre d’un sociologue une analyse tout en nuance… 

      • 4 Juin 2016 à 11h30

        Naif dit

        l’impérialisme américain est le refrain des Stalinien depuis la deuxième guerre mondiale. les sociologues ont depuis longtemps montré leur affiliation à cette idéologie et il prétendent être indépendants. quelle blague !

        • 4 Juin 2016 à 12h26

          thierryV dit

          C’est assez juste car tout ce qui est du ressort des sciences humaines est plus ou moins consciemment engagé. On voit même l’archéologie faire sa petite révolution analytique , subventionnée et inquiète pour son avenir elle renvoit l’ascenseur…

      • 5 Juin 2016 à 16h19

        thd o dit

        Trump s’est en effet déclaré opposé à Bush et à son interventionnisme, et il est mal vu par le parti républicain.

    • 4 Juin 2016 à 2h07

      Ibn Khaldun dit

      Sanders propose d’imposer des limites à la puissance des institutions financières.

      Effectivement, c’est une proposition ré-vo-lu-tio-nnaire (sic).

      C’est tout de même aberrant que l’on ressuscite encore ces vieilles lunes. N’avez-vous pas oublié que c’est exactement ce que les thuriféraires d’Obama pensaient qu’il allait faire après sa victoire en 2008 ? Avec Obama, on allait voir ce que l’on allait voir; il allait fermer Gitmo, imposer sa façon de voir à Wall Street, changer le pays, instaurer une politique sociale (même si on dit pas comment on va la financer ni à qui elle profitera), etc… etc… Bilan des courses ? Rien.

      Mais avec Sanders, promis, cette fois-ci, cela sera la bonne. Nous sommes, fort malheureusement, dans une période où les hommes politiques ne peuvent plus grand chose désormais. C’est tout aussi valable pour Trump ou Hillary.

      Les élections de 2017 en France, seront du même acabit : une course à l’échalote. Le salut ne viendra ni de Hollande, Juppé, Sarko et encore moins de MLP.

      Y a vraiment de quoi avoir la mélancolie ces dernier temps…

      • 4 Juin 2016 à 6h28

        Ibn Khaldun dit

        Heureusement que vous êtes là, Lector. ;)

      • 4 Juin 2016 à 6h31

        Ibn Khaldun dit

        4 Juin 2016 à 6h10
        Lector dit

        Non, heureusement que JE suis là !

        —-

        4 Juin 2016 à 6h28

        Ibn Khaldun dit

        C’est vrai ça ! Isa risque de croire que l’on est deux personnes différentes ! :)))))) 

        • 4 Juin 2016 à 6h42

          Ibn Khaldun dit

          J’adooooore ! :)

        • 4 Juin 2016 à 6h45

          Ibn Khaldun dit

          C’est marrant, ce titre de Katerine me rappelle celui-ci. :)

        • 4 Juin 2016 à 7h00

          Lector dit

          ouep, bien vu ; on peut même supposer qu’il la connaissait ; c’est bien son genre.
          La “cigarette” de Katerine me fait penser au fado brésilien, Buarque, non plutôt Joao Gilberto :

          https://www.youtube.com/watch?v=nW6agN1KH8o

          et puis tjrs dans le registre notre chanteur de music-hall tout de blanc vêtu, comment s’appelait-il déjà ?

        • 4 Juin 2016 à 7h15

          Ibn Khaldun dit

          Très bon Joao Gilberto. Cela me fait penser à Antônio Carlos Jobim, que je préfère à Gilberto, malgré tout (même si il faut l’avouer, la voix est similaire). Il y a chez Jobim une douceur, une légère brise toute brésilienne, bref, ce que l’on pourrait appeler une saudade.

          Un titre connu, peut-être, de ce chanteur tout de blanc vêtu ? :) 

        • 4 Juin 2016 à 7h31

          Lector dit

          oui, je les apprécie tous les deux. Saudade, c’est ça, l’un des trois pilier de l’humeur brésilienne.

          Un titre ? Heuu… c’est le type en haut de forme blanc, avec un rire éclatant, le fils de l’amant… pffff chuis nul, quand je pense que je l’avais rencontré… qui faisait des chansons drôles de cabaret.

        • 4 Juin 2016 à 7h34

          Lector dit

          oui, je les apprécie tous les deux. Saudade, c’est ça, l’un des trois pilier de l’humeur brésilienne.

          Un titre ? Heuu… c’est le type en haut de forme blanc, avec un rire éclatant, le fils de l’amant… pffff chuis nul, quand je pense que je l’avais rencontré… voilà :

          https://www.youtube.com/watch?v=mrwlbAi-yqc

        • 4 Juin 2016 à 7h44

          Ibn Khaldun dit

          Henri salvador ! C’est exactement ce que j’avais en tête aussi !

          Toujours dans le style de cette même (et belle) époque. Un chanteur que vous connaissez, j’en suis certain. 

        • 4 Juin 2016 à 7h57

          Lector dit

          mouech… dans le style ? Je ne trouve pas. Trop sirupeux à mon goût. Cela manque de simplicité, de poésie.

          sinon :

          https://www.youtube.com/watch?v=LS04M9Mz26E

        • 4 Juin 2016 à 8h18

          Ibn Khaldun dit

          Oui, c’est vrai que l’on s’écarte de l’Amérique latine mais cela reste un marqueur où les tonalités de cette époque n’étaient pas très différentes.

          Luz Casal, voilà quelque chose de plus contemporain. 

        • 4 Juin 2016 à 8h26

          Ibn Khaldun dit

        • 4 Juin 2016 à 8h34

          Lector dit

          oui finalement voilà c’est daté. Même tonalité, je ne dirais pas ça. C’est pas le même mood. Et puis il y a des hits qui passent les frontières et le temps.

          Le insensatez / how insensitive dans une interprétation de Judy Garland :

          https://youtu.be/XMaIXqBhOLM?t=13s

        • 4 Juin 2016 à 8h39

          Lector dit

          heu… Rita Lee c’est un peu la Olivia Newton John latine, non ?

        • 4 Juin 2016 à 9h10

          Ibn Khaldun dit

          Oui, c’est exactement ça ! L’Olivia Newton John latine. :)

          Lorsque je disais tonalité, j’entendais plutôt l’utilisation plus ou moins récurrente des mêmes instruments; les violons notamment. Cela revenait parfois dans les ballades. 

    • 3 Juin 2016 à 19h23

      marcopes dit

      qu’il se rassure il est loin de battre Donald question contradictions

    • 3 Juin 2016 à 16h54

      thd o dit

      “Les partisans du libre-échange confondent fréquemment à tort ce véritable système réglementaire avec la –nécessaire- ouverture au commerce.”

      Nécessaire, pourquoi ?

      Krugman évalue à 5% les gains de niveau de vie liés à cette ouverture croissante depuis les années 1980. Personnellement, je renoncerais volontiers à 5% de niveau de vie en échange d’une certaine stabilité, et par exemple de boulot pour les ouvriers du textile du Nord de la France et des Vosges.

      • 3 Juin 2016 à 19h30

        Warboi dit

        Et leurs textiles, ils feront quoi s’ils ne les vendent pas ? Des confitures ?

        • 3 Juin 2016 à 19h41

          golvan dit

          @ warboi à 19h30
          Ne vous faites pas plus con que vous n’êtes: ils les vendront en France, voilà tout. Et aussi à l’étranger, parce que le commerce international n’a pas attendu les ahuris du libre échange pour exister.
          Et les Africains qui ne peuvent empêcher leurs pays d’être envahis par des textiles industriels pourront à nouveau retrouver un débouché interne à l’Afrique pour leur coton.  

    • 3 Juin 2016 à 14h14

      Fioretto dit

      Finkelstein soutient Sanders c’est intéressant de voir qu’il accuse les noirs de soutenir la “raciste” Clinton. Le problème de Sanders c’est aussi que les USA ne sont pas que blanc et les minorités ne le sont pas aussi minoritaires qu’en France, c’est au pif 35% de l’électorat.

      • 3 Juin 2016 à 14h34

        thd o dit

        Oui, 35%, mais avec 5% d’asiatiques. Qui ne doivent sans doute pas pleurnicher sur les discriminations, puisqu’ils réussissent mieux que la population majoritaire et que ce n’est pas trop le genre de la maison.

        D’ailleurs cela montre bien ce qu’on peut attendre du choix de la “mondialisation” : ceux qui affirment que la recherche restera forcément en occident sont au mieux des menteurs intéressés.

    • 3 Juin 2016 à 14h04

      Warboi dit

      Voilà, la gauche progressiste c’est le capitalisme et la droite réactionnaire c’est la protection des plus humbles…
      Je dirais bien merci pour ce grand moment orwellien, s’il ne se finissait pas un soutien, même réservé, à Donald.

      • 3 Juin 2016 à 15h08

        ZOBOFISC dit

        Pourquoi ? vous n’aimez pas Donald ?
        Vous voudriez plutôt Pluto ? 

    • 3 Juin 2016 à 13h35

      salaison dit

      (je dois être “bouché”……????) mais qu’est ce que ça veut dire au fond? :

      ” progressisme sociétal”

    • 3 Juin 2016 à 10h26

      Simbabbad dit

      La “gauche” bourgeoise américaine, dans laquelle on peut mettre une bonne partie d’Hollywood, est magnifiquement décrite dans cet article: narcissisme absolu, obsession des “discriminations”, batailles sur des conneries comme des histoires de toilettes ou de vestiaires, mépris du peuple… et dire que c’est ce “modèle” que veut suivre la gauche française…

    • 3 Juin 2016 à 10h04

      Parseval dit

    • 3 Juin 2016 à 9h20

      Laurence dit

      C’est clair, net et pertinent. Rien à jeter dans cet excellent article.

    • 3 Juin 2016 à 9h11

      clark gable dit

      Ca c`est sur que l`empire Américain est en plein déclin et ne fait plus réver , on comprend mieux soudain le moment de faiblesse de DSK tentant sa chance au prés d`une simple femme de ménage , vu qu`il n`y a plus de blonde platine sur la 5éme Avenue
      C`est ce qu`on nomme le nivellement par le bas

      • 4 Juin 2016 à 2h17

        Ibn Khaldun dit

        Ca c`est sur que l`empire Américain est en plein déclin et ne fait plus réver

        C’est tellement original que l’on prophétisa son déclin depuis au moins un siècle. En 1933, Bertrand de Jouvenel écrivait un livre qui s’intitulait déjà… La crise du capitalisme américain ! C’est toujours la sempiternelle “”prophétie”".

        Le monde occidental (ou les démocraties), dans son ensemble, se relèvera mais, dans l’immédiat, il vit une incontestable crise et de plusieurs ordres. Ce n’est pas tant l’Amérique qui ne fait plus rêver que les pays occidentaux et ce XXIe siècle, plus largement; singularité de notre époque : rien ne fait rêver. En revanche, la présente situation/apathie fut déjà prophétisé : en 1830 par Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique

    • 3 Juin 2016 à 9h10

      Cynorrhodon dit

      Quelqu’un à ce point honni par les médias français ne peut être totalement mauvais…..

    • 3 Juin 2016 à 8h06

      thierryV dit

      A l’heure ou le système “enrichissement” des peuples trouve sont blocage mécanique (budgets , normes , exigences ,dettes ) ces derniers , dans une anticipation instinctives commencent à formuler leur désir de sauter dans ce train de la vie rêvée , aussi virtuelle qu’illusoire. C’est un peut comme si les dirigeants , garants de ce “passage” , avaient brûlé leur vaisseaux . Ne pouvant plus que promettre encore et encore pour éviter cette énorme dépression que l’on sent poindre dans toutes les couches occidentales , même les plus libérales .
      Tout est collaboratif , tout est humaniste comme pour signifier que l’homme a enfin accédé au stade supérieur de la civilisation apaisée .
      Les lendemains de ce vide spirituel seront terribles , ne serait ce que par l’épuisement des ressources , la surpopulation déjà dévastatrice et qui nous dénonce comme coupable de manque de partage . Au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes nous voilà embarqué dans une courses folles à l’unification humaniste des continents .

    • 3 Juin 2016 à 6h50

      dov kravi דוב קרבי dit

      Pertinente analyse loin des manichéismes à la mode.
      Et ceci “ Le peuple n’est plus à libérer du système économique, c’est la minorité qui serait à libérer de la majorité, les toilettes pour transgenres et la légalisation de la marijuana devenant les grands combats de la « gauche » contemporaine. Les grands intérêts économiques s’en lèchent les doigts, pouvant désormais aisément remplacer la morale des gens ordinaires par le règne de la croissance économique : cette « gauche » leur fournit une splendide contribution au grand rêve de la société de consommation sans limites, devant libérer radicalement l’individu pour que puisse régner pleinement le « je, me, moi ».
      Montrant l’évidence de la primauté du narcissisme de nos sociétés malades. Spectacle, selfies, boursouflures, c’est mon choix, slogans, bruits du net, ma pensée en 140 signes, moâââ.
      De bonnes idées chez les cousins canadiens (avec Mathieu Bock-Coté…)