Bensoussan: nouveau Drumont? | Causeur

Bensoussan: nouveau Drumont?

Accusé d’islamophobie, l’historien est jugé aujourd’hui

Auteur

Barbara Lefebvre
Professeur d'histoire-géographie

Publié le 07 mars 2017 / Société

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Dans leur tentative de lynchage judiciaire à la 17e chambre, les salafistes du CCIF ont accusé l'historien Georges Bensoussan de racisme antimusulman. C'est presque logique, puisque ces gens-là voient des islamophobes partout. En revanche, on se demande encore comment la Licra a osé être elle aussi partie civile. Chronique d'un procès politique dont l'épilogue a lieu aujourd'hui.
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Georges Bensoussan

Il faut remercier le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF). Pour avoir fait apparaître publiquement les lâchetés de l’antiracisme à géométrie variable. Pour nous montrer qu’une certaine France s’est en effet soumise. Un magistrat du parquet a ainsi décidé qu’un signalement de cette officine identitaire, adversaire revendiqué de la loi républicaine, méritait poursuite contre un historien français, Georges Bensoussan. Lors du procès, qui s’est tenu le 25 janvier devant la 17e chambre du Tribunal de Paris, le seul antiraciste présent ce jour-là, c’était lui – le prévenu.

Le CCIF ne pense pas : il juge, stigmatise sur des bases absolument ségrégationnistes. Rien de neuf, la reformulation du discours sur l’islamophobie généralisée de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) qui a notamment produit en 1990 une « lumineuse » Déclaration islamique des droits de l’homme que tout un chacun devrait lire.

Quant à ceux qui se proclament les adversaires du politico-religieux et du racisme « d’où qu’il vienne », LDH, Mrap, Licra, SOS Racisme, tous s’enivrent de leurs mots-valises, de leurs implorations et de leurs batailles judiciaires : « préservons le vivre-ensemble ». Peu importe que le vivre-ensemble n’existe que dans leurs rêves. Il faut faire taire celui qui empêche de rêver.

L’immense majorité des militants de la Licra ont découvert son action en justice le jour de l’audience, ce qui a suscité démissions et conflits internes.

Mauvais augure pour la liberté démocratique que cette alliance des autruches et de leur prédateur. Attaqué de toutes parts (en interne en particulier), le président de la Licra se défend: la Licra n’a pas suivi le CCIF, elle a suivi le parquet « comme c’est l’usage ». Faux. La commission juridique de la Licra précise sur son site : « Si la présence de la Licra aux côtés du parquet représente une valeur ajoutée, elle n’est parfois pas nécessaire. Par ailleurs, la Licra ne peut intervenir sans un accord exprès de la victime lorsque celle-ci est identifiée. » Dans cette affaire, la victime identifiée étant « les familles arabes », on devra se passer de leur accord exprès. Mais le CCIF est là pour les représenter et signale en leur nom les propos de Bensoussan prononcés sur France Culture en octobre 2015. C’est toute la stratégie identitaire des dirigeants de l’association de passer pour les porte-parole d’une communauté dont ils prétendent sonder les cœurs et les esprits sans tenir compte de sa diversité.

A lire aussi >> Antisémitisme, appelons les choses par leur nom: Georges Bensoussan répond au président de la Licra

Le procès intenté à Pascal Bruckner et Jeannette Bougrab par le PIR (Parti des Indigènes de la République) et les Indivisibles était ignoble mais symptomatique du racisme bien connu de ces associations. Le procès fait à l’historien Georges Bensoussan est en revanche historique, même s’il conclut une campagne acharnée. Une enseignante passionnée par la diversité indigéniste a pu rassembler les pétitionnaires qui dénoncent depuis quinze ans Les Territoires perdus de la République comme une opération de propagande raciste anti-arabe savamment orchestrée (par qui ?). Depuis 2002, hélas, les faits nous ont donné raison en matière d’antisémitisme violent et de montée du radicalisme. Mais témoigner de la tragédie morale et politique qui s’annonce est en soi un crime pour les petits idéologues différentialistes d’extrême gauche qui se retrouvent à soutenir Dieudonné ou cautionner les réunions interdites aux blancs au nom du progressisme postmoderne.

Dans le feu de l’échange avec Patrick Weil dans Répliques, l’émission d’Alain Finkielkraut, Bensoussan, citant de mémoire des propos tenus par Laacher dans un documentaire, utilisait la métaphore d’un antisémitisme « tété au lait de la mère » qui lui a valu ce procès. En réalité, Laacher allait beaucoup plus loin: « Cet antisémitisme, il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue… Des parents à leurs enfants, quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Bon. Mais ça, toutes les familles arabes le savent. » Mais un sociologue français d’origine algérienne, on ne pétitionne pas contre lui, on ne le traîne pas devant les tribunaux, on le dit victime d’une diffamation et d’une manipulation et on le pousse à porter plainte contre Bensoussan. Smaïn Laacher, qui pense par lui-même, a retiré sa plainte. Déception de la pasionaria et ses amis qui après la pétition Mediapart, instrument fétiche de la vérité Potemkine, se tournent vers le CCIF !

Et les associations antiracistes dans tout ça ? De la LDH et du Mrap, rien à attendre : voilà vingt ans que

[...]

  1. « À propos du procès de Georges Bensoussan », blog Mediapart, 10 février 2017.
  2. Marianne en ligne, 3 février 2017.
  3. Professeur de sociologie à Paris 8 et sympathisante du PIR dont elle signe les appels à manifester voire y participe. Université de Paris 8, lieu où se sont tenues les réunions préparatoires au camp décolonial interdit aux « blancs » du PIR, que Mme Guénif a soutenu. Elle a vu dans la polémique suscitée par ces réunions ségrégationnistes « la preuve de la suprématie blanche » et justifie « qu’il y ait une volonté d’entre-soi de la part de personnes opprimées par un système de racisme inscrit au plus profond de l’État ». (mai 2016, L’Obs, Le Plus).
  4. Lire à ce sujet Juifs de France. Pourquoi partir ? de Serge Moati (éditions Stock), recueil d’entretiens avec des Français juifs ayant récemment émigré vers Israël…

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    publié dans le Magazine Causeur n° 103 - Mars 2017

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    • 9 Mars 2017 à 14h21

      briba dit

      la rage la haine contre l’islam n’est que la conséquence d’une totale ignorance des lois divines du monothéisme. Les trois religions du livre sont issues d’un même mouture. quant a l’antisémitisme par glissement sémantique ne concernerait qu’une seule communauté. etre sémite c’est appartenir a SEM fils de Noé’(qlsssl) et ensuite d’Abraham(qlsssl) père de tous les prophètes du monothéisme.

      • 9 Mars 2017 à 16h43

        golvan dit

        @ briba
        Vous dites absolument n’importe quoi, peu surprenant de la part d’un musulman.

    • 8 Mars 2017 à 13h15

      Nolens dit

      Compte tenu des évènements récents, attentats, criminalité, insécurité, etc., majoritairement le fait de musulmans (adeptes de l’islam pour ceux qui ne comprendraient pas bien, n’est-ce pas M. Sancho ducon), être islamophobe est un devoir, pas un délit. Etre Islamophile est au mieux un délit, mais plutôt un crime, complicité et apologie d’actes terroristes, rien que ça mérite les peines les plus lourdes.

    • 8 Mars 2017 à 10h28

      QUIDAM II dit

      Medhi Meklat est porté au pinacle… Bensoussan est trainé devant les tribunaux.
      Parfaite illustration de la dégradation de la morale et de la politique dans notre pays.

    • 7 Mars 2017 à 22h55

      lumièr dit

      Du même site.

      Les exégèses liées aux prières. Téter au sein l’antisémitisme cela se rapporte à tout le système coranique.
      Que les tribunaux n’y comprennent rien c’est bien parce que droit -multiculturel- implicite en France est devenu perméable au caractère liberticide de l’islam non modernisé.

      (….)

      Exégète: Muqatil Ibn-Sulayman, mort en 767, appartenant au courant majoritaire sunnite:

      – Dirige-nous vers le chemin droit (verset 6): signifie la religion de l’islam, parce que toute religion autre que l’islam n’est pas droite.

      – Le chemin de ceux que tu as gratifiés: à savoir les prophètes que tu as gratifiés par la prophétie comme il est dit dans le verset H-44/19:58: «Ceux-là sont ceux que Dieu a gratifiés, parmi les prophètes.»

      – Contre lesquels (tu n’es) pas en colère signifie: dirige-nous vers une autre religion que celle des juifs contre lesquels Dieu est en colère et «dont il a fait des singes et des porcs» (H-112/5:60).

      – Et qui ne sont pas égarés (verset 7) signifie: ne nous dirige pas vers la religion des polythéistes qui sont les chrétiens. (…..)

    • 7 Mars 2017 à 22h47

      lumièr dit

      Extraits sur les prières et l’ennemi dressé par l’islam.

      (….)La prière fait partie des cinq piliers de l’islam, qui sont: l’attestation de la foi, la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage. En droit musulman, celui qui nie l’obligation de prier est considéré comme apostat et passible de la peine de mort. (….)

      Si effectivement le sens avancé par les exégètes est celui que nous venons d’évoquer, on se demande comment les musulmans peuvent coexister en paix et en harmonie avec les juifs et les chrétiens alors qu’ils répètent ce chapitre dans leurs cinq prières quotidiennes, y compris le septième verset précité ? Et si telle est leur posture, à l’égard des juifs et des chrétiens, qui sont les Gens du Livre, que penser alors de leur attitude à l’égard de ceux qui ne font même pas partie des Gens du Livre ?

      La haine que génère le [verset 7] envers les juifs et les chrétiens ne se limite pas à ces derniers. Les musulmans sont des êtres humains comme tous les autres, et la haine ne peut que susciter, un rejet chez ceux qui réfléchissent parmi eux. Chacun de nous cherche un idéal dans la religion, toute religion. Mais quand on ne trouve que haine et discrimination à la lecture des textes fondateurs de la religion dans laquelle on est né, on éprouve de la répulsion (…)

      http://www.blog.sami-aldeeb.com/2014/11/04/sami-aldeeb-la-fatiha-et-la-culture-de-la-haine/

    • 7 Mars 2017 à 22h14

      ronchon56 dit

      Si vous avez lu l’article de Monsieur Tierry Lentz, vous aurez tout compris,
      “de la confiance qu’il convient d’avoir en la J……de note belle R publique.

    • 7 Mars 2017 à 20h23

      Schlemihl dit

      Comparer M Bensoussan à Drumont est une sottise

      D’abord parce que ça n’ est pas vrai
      Ensuite , et surtout peut être , parce que presque personne n’ a entendu parler de Drumont .

      Je ne joue pas les cyniques . C’ est seulement la vérité  .

      • 7 Mars 2017 à 21h04

        steed59 dit

        M. Drumont, il joue pas dans Arnold et Willy ?

        • 7 Mars 2017 à 22h34

          Schlemihl dit

          Possible …. je ne connais pas Arnold et Willy . Et le bougre est mort depuis un siècle .

      • 8 Mars 2017 à 14h39

        isa dit

        Tout à fait.

    • 7 Mars 2017 à 18h42

      Terminator dit

      La Licrasseuse s’est définitivement discréditée et Georges Bensoussan a gagné ses galons de combattant du monde libre, ils sont heureusement de plus en plus nombreux à se lever contre l’Islam assassin et conquérant !

    • 7 Mars 2017 à 18h26

      Pig dit

      Bien sûr que si, on a le droit de critiquer un jugement ! Qu’est-ce qu’est un recours judiciaire (appel, pourvoi… ) sinon une critique ?

      L’état d’urgence est bien commode pour faire taire toute opposition. Pourquoi l’a-t-on prolongé jusqu’à l’élection présidentielle alors que rien ne le justifiait ? Pour permettre au parquet de perquisitionner, sous un prétexte qu’on n’aura pas de mal à trouver, les locaux du principal candidat de droite sans autorisation d’un juge, et ainsi mettre son nez dans ses petits papiers. Et accessoirement, après cette découverte, lui mettre sur le dos d’autres scandales.

      Défendez l’état de droit au lieu de vous réfugier timidement, de vous soumettre. Imaginez un peu que la police débarque chez vous à n’importe quelle heure (état d’urgence) et fouille partout chez vous, êtes-vous absolument certain qu’elle ne trouvera rien du tout de nature à vous poursuivre ?

      Attention si vous êtes fonctionnaire et si au cours d’une de ces perquisitions surprise, sans commission rogatoire, la police trouve chez vous votre femme de ménage assise à fumer au lieu de travailler : détournement de fonds publics (vous la payez bien avec votre argent, qui vous vient de l’État) ! Emploi fictif !

      • 7 Mars 2017 à 20h20

        C. Canse dit

        Effectivement, l’état d’urgence permet des perquisitions sans décision d’aucun juge, simplement d’une quelconque administration, les français le savent-ils ?