Benoît Hamon, un monde qatari d’avance? | Causeur

Benoît Hamon, un monde qatari d’avance?

Son revenu universel nous promet une société à deux vitesses

Auteur

François Hien
est réalisateur de documentaire. Il vient d'achever l'écriture d'un premier roman et prépare un travail universitaire sur René Girard.

Publié le 27 janvier 2017 / Politique

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Le revenu universel de Benoît Hamon nous ferait basculer dans un monde à la qatari : une citoyenneté quasiment inaccessible, car associée à des privilèges exorbitants ; des armées d'immigrés sollicitées pour assurer le fonctionnement quotidien du pays ; une coupure totale entre les deux.
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Sipa. Hasan Jamali/AP/SIPA.

Le revenu universel séduit les électeurs de Benoît Hamon à la primaire de la gauche ; il rebute ceux de Manuel Valls, rocardiens responsables, et sans doute en partie ceux de Montebourg, héritiers d’un productivisme ouvriériste et volontiers patriote. Un sondage Opinion Way permet de saisir la sociologie relative des trois électorats. On y apprend notamment que Benoît Hamon a fait le plein auprès des actifs des catégories socioprofessionnelles supérieures (42 % des électeurs de cette tranche alors que Valls en recueille 23 %). Dans un article des Echos, Bruno Jeanbart précise : « Des idées comme le revenu universel ou l’avenir des conditions de travail plaisent beaucoup à ces salariés pas forcément très fortunés mais au capital culturel élevé. Benoît Hamon a séduit la gauche des villes ». Cette mesure phare de Benoît Hamon nous semble révélatrice d’un certain paradoxe de cet électorat. Pour le saisir, nous allons commencer par envisager les conséquences probables de l’adoption du revenu universel.

Des techniciens de surface immigrés

Un des arguments de Benoît Hamon consiste à rappeler que les emplois non-qualifiés se raréfient en France, du fait d’une désindustrialisation massive. Cependant, il restera toujours un certain nombre d’emplois non exportables, pour lesquels aucune qualification n’est nécessaire, et qui de plus n’ont aucune attractivité. Éboueur, balayeur de rue, femme de ménage : ces professions essentielles à notre environnement immédiat sont tellement dévalorisées que la novlangue managériale a cru bon de les euphémiser : on parle de technicienne de surface, ou d’agent de propreté urbaine.

Ces emplois, mal payés et peu valorisants, qui voudra les occuper lorsque le revenu universel sera en place ? Beaucoup de citoyens préféreront – on les comprend – employer leur temps à des tâches moins ingrates, quitte à travailler à temps partiel pour compléter l’allocation mensuelle. Bien entendu, certains choisiront de cumuler revenu universel et travail à plein temps, fut-il ingrat, mais il n’en reste pas moins probable que la France, une fois cette mesure adoptée, aurait un grand besoin de main d’oeuvre non qualifiée pour occuper des secteurs d’emploi en partie désertés. L’immigration y suppléerait sans doute. Il n’y a qu’à observer à quel point, dans nos rues, ces métiers sont d’ores-et-déjà investis par des employés « racisés » pour se convaincre d’un tel scénario.

Par ailleurs, il est évident que si l’Etat distribuait un salaire à vie à chacun de ses citoyens, l’acquisition de la citoyenneté serait beaucoup plus difficile. Les critères pour les naturalisations ne concerneraient plus seulement les qualités de l’impétrant (maîtrise minimale de la langue, manifestation d’un désir…) ; les considérations économiques entreraient en jeu : de combien de nouveaux citoyens peut-on se permettre de charger le budget de l’état ? La conséquence en sera inévitablement le resserrement du goulot d’accès à la citoyenneté française.

Avec la mise en place du revenu universel, nous aurons donc un besoin massif de main d’œuvre immigrée non-qualifiée pour occuper des postes qui ne seront plus assumés par les Français ; par ailleurs, ces immigrés auraient infiniment moins de chance d’accéder un jour à la nationalité française.

Revenu universel et postes ingrats

Or, on sait que l’immigration ne fonctionne que si les immigrés ont une perspective de progression dans la société d’accueil. Si cette société semble leur tourner le dos, ils n’ont aucune raison de consentir à des renoncements culturels pour s’y intégrer. La « panne de l’ascenseur social », selon la formule consacrée, la fermeture du marché du travail, ou la tendance à l’auto-reproduction des élites ont évidemment joué un rôle dans le sentiment d’exclusion ressenti par un grand nombre d’individus d’origine immigrée, et dans le repli communautaire qu’entraîne ce sentiment.

Ainsi, avec le revenu universel, des étrangers, en situation régulière ou non, occuperaient des postes d’autant plus ingrats que personne ne se soucierait d’en améliorer les conditions, puisque ceux qui les occupent n’auraient jamais vocation à devenir électeurs. Par l’effet d’une « préférence nationale » bien plus radicale que celle proposée par Marine Le Pen, le fossé se creuserait entre les nationaux et les résidents. Pour les premiers, certains métiers deviendraient tout simplement inenvisageables.

Le revenu universel nous ferait basculer dans un monde à la qatari : une citoyenneté quasiment inaccessible, car associée à des privilèges exorbitants ; des armées d’immigrés sollicitées pour assurer le fonctionnement quotidien du pays ; une coupure totale entre les deux. Les Qataris, souvent très riches et en tout cas exemptés d’impôts, n’ont aucune raison d’occuper des postes pénibles ; ces derniers sont tous assumés par des Indiens ou des Pakistanais, qui vivent en esclave dans une société dont ils n’ont aucune chance d’acquérir le moindre droit. Pendant que les citadins français vivraient leur rêve d’une oisiveté créative au service de l’épanouissement personnel, des pelotons d’immigrés feraient tourner la boutique…

Une gauche Terra Nova progressiste et délicate

Ce scénario n’arrivera sans doute pas, notamment parce que Benoît Hamon n’a qu’une très faible chance d’être président de la République. Cependant – et c’est l’objet de ma réflexion – il convient de se demander pourquoi l’électorat de Hamon ne semble pas tellement troublé par une telle perspective, ou plutôt pourquoi il ne s’est pas posé ces questions.

Cet électorat est progressiste et généreux. Il est composé de gens sympathiques et délicats, sensibles à ce qui rend une vie accomplie, au-delà des considérations statistiques ou matérielles. Le revenu universel est le signe d’une attention à ce qui est indicible dans une existence, et que la politique laisse souvent de côté. Cet électorat se demande, dans une perspective assez rousseauiste : comment faire pour que chacun ait les moyens de son propre accomplissement ?

Je ne crois pas qu’il faille se moquer d’une telle considération. Elle a le mérite de rétablir une hiérarchie des importances que le monde moderne ou le commentaire politique nous font souvent perdre de vue. Cependant, nous l’avons constaté, ces intentions généreuses semblent s’accommoder de conséquences désastreuses pour les autres.

Dans le même ordre d’idée, la GPA (gestation pour autrui) est réclamée par une frange de la population de gauche, sans doute congruente avec l’électorat de Benoît Hamon, au nom de l’égalité entre homosexuels et hétérosexuels, de l’essentielle légitimité du « désir d’enfant », et de la liberté individuelle. Or, la GPA se traduit concrètement par la mise en location de ventres du tiers-monde, dans des conditions souvent douteuses. Là encore, au nom de l’accomplissement individuel, au nom de progrès sociétaux, on s’accommode d’une forme d’esclavagisme moderne.

Globaux mais pas trop

De même, cette classe moyenne urbaine et branchée est généralement ultra connectée, très consommatrice de téléphones intelligents fabriqués dans d’effroyables conditions en Asie, et qui sollicite des métaux lourds dont l’exploitation est une calamité écologique. Encore une fois, on consent à des sacrifices au lointain au profit d’un mode de vie de plus en plus indéfendable, et dont l’application universelle causerait un désastre planétaire.

Le revenu universel m’apparaît du même acabit. On réclame un avantage, un nouveau confort – qui à peine conçu se reformule comme un droit – sans souci de ses conséquences concrètes dans un monde global.

Dès lors, posons la question qui fâche : et si l’argument progressiste des hamonniens était le paravent d’une indifférence au monde ? Et si ces électeurs avaient trouvé le prétexte pour reconduire l’égoïsme bourgeois tout en se clamant de gauche ?

J’ai conscience qu’il peut sembler cynique de s’opposer au revenu universel sous prétexte qu’il faut bien que certains travailleurs soient encore obligés de faire éboueur ou balayeur. Il serait bon de réfléchir à un changement de société au profit d’une meilleure répartition du travail pénible, ou au moins de sa revalorisation. Mais le revenu universel n’est à mon avis pas la bonne solution, il aggraverait les inégalités en confiant les travaux pénibles à des individus privés de tout droit.

Il ne faudrait pas être injuste : les électeurs de Hamon ont certainement une conscience sociale et une inquiétude écologique réelles. Mais ont-ils mesuré les conséquences de ce qu’ils défendent ?

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 31 Janvier 2017 à 15h52

      C. Canse dit

      Tout le cirque auquel nous assistons, tant à droite qu’à gauche généré par les primaires, montre que notre système électoral de désignation du Président de la République est très bien.

      Fin des primaires et retour au vote majoritaire, uninominal, secret, gratuit, à deux tours pour l’élection présidentielle, système qui a fait ses preuves.

    • 31 Janvier 2017 à 15h04

      Bernie dit

      Bonjour François,
      Je pense que nous pourrons en débattre le 3 mars à Avallon si vous en êtes d’accord.
      A l’inverse de ce que vous pensez et en me référant aux expériences passées (il y en a), tout prouve que le RB3I permettra plus de créativité.
      Je vous propose une interview faite il y a plus d’un an après une conférence à Armentières sur ce sujet : http://www.weo.fr/videos/dites-moi-tout-du-3-novembre-2015/ Amitiés.

    • 29 Janvier 2017 à 15h12

      malinamodra dit

      chose promise : à l’âne Benoit
      https://youtu.be/J9Kgjq_DNS8

    • 29 Janvier 2017 à 14h56

      CasusBelli dit

      “Les Qataris, souvent très riches et en tout cas exemptés d’impôts, n’ont aucune raison d’occuper des postes pénibles ; ces derniers sont tous assumés par des Indiens ou des Pakistanais, qui vivent en esclave dans une société dont ils n’ont aucune chance d’acquérir le moindre droit. Pendant que les citadins français vivraient leur rêve d’une oisiveté créative au service de l’épanouissement personnel, des pelotons d’immigrés feraient tourner la boutique…”

      C’est amusant. Vous vous offusquez qu’un peloton d’immigrés qui n’auront jamais accès aux privilèges d’une caste supérieure jouissant d’une vie oisive et créative, soient les victimes de ce système de revenu universel.
      Par contre, une classe ouvrière et laborieuse trimant pour s’assurer un avenir précaire dans des conditions délétères pendant qu’une caste “énatisée”, “patrimoinisée” se tape des lendemain de campagne au Flore et les macarons de Ladurée en pensant à leur week-end à New-york ou aux Bahamas (Non, surfait, Saint Martin ça reste chic) vous laisse froid.
      Non, c’est vrai me direz-vous, la classe ouvrière en France n’est pas malheureuse.

    • 29 Janvier 2017 à 12h07

      commissaire joss dit

      bien rémunérer le travail pénible est une solution intelligente mais il ne faut pas trop en demander à un patron ni à un politicien. Il paraît que les ouvriers coûtent toujours trop cher ? Il serait donc préférable de les payer moins et qu’ils bossent plus. Fillon y pensait mais il a le cul dans les ronces. En 30 ans, on a transformé le smic en une mascarade économique, je suis bien placé pour en parler, je suis ouvrier depuis 30 ans et depuis les quinquennats successifs de Sarkozy et de Hollande, donc 10 ans, le pouvoir d’achat de l’ouvrier a chuté de 450 euros, qui dit mieux ? le foutage de gueule est une institution dont l’avenir est compromis. A un moment ou à un autre, la poudre prendra feu.

    • 28 Janvier 2017 à 20h53

      gege26 dit

      payé à ne rien faire ( hormis quelques trafics) ça c’est le rêve

    • 28 Janvier 2017 à 15h24

      Lector dit

      article fiction complètement nul s’il n’était un attrape nigauds !

      -déni de réalité total tant à propos de la population des éboueurs qu’en ce qui concerne une société à deux vitesses possiblement à venir alors qu’elle est déjà telle par exemple ; et bien sûr tous les éléments du jouir rapide pour crétin précoce figurent en bonne place. Félicitations !

      • 28 Janvier 2017 à 19h37

        durru dit

        Lector, entre le concept de revenu universel véhiculé dans des cercles intellectuels et auquel nous pensons, et celui promu par Hamon, il y a un monde.
        Je suis désolé, mais je partage totalement l’analyse de Valls, la proposition telle que formulée par Hamon n’est rien d’autre qu’un encouragement de l’assistanat et une explosion de la feuille d’impôt.
        Il n’y a strictement rien pour faire société, pour que les citoyens se sentent concernés par leur appartenance à la nation qui va leur garantir ce RU. C’est une histoire sans queue ni tête et, à votre place, je serais plus inquiet qu’autre chose, car le concept va se retrouver fortement décrédibilisé suite à cette malheureuse séquence. Ce qui est plutôt une mauvaise nouvelle.

        • 28 Janvier 2017 à 22h07

          Lector dit

          Durru, on trouvera tjrs quelque chose à redire au revenu X (ou Y selon la formule ; “de base”, “citoyen”, “universel” ou que sais-je encore) et l’on peut bien penser (à tort ou à raison) que la proposition d’Hamon ne va pas dans le sens qui conviendrait, pour ma part c’est le commentaire de Valls que je trouve être un coup sous la ceinture et de petit bouffon narcissique des bacs à sable genre “mon mien à moi que j’ai de projet y vaut plus que ton tien à toi”. Je ne lis pas non plus que cet article en défendrait un autre d’un genre analogue ou une mesure qui irait dans ce sens.

          Désolé de le dire ainsi mais Valls arrivé de son Espagne franquiste en milieu aisé ignore tout simplement ce que fut la critique du travail des années 60 en France ou aux USA. Certainement comme tous ces réacs à qui Lévy assumant le vocable en son temps a donné malgré elle un blanc-seing d’expression qui va contre tout ce en quoi je crois depuis le cinéma de mon enfance puis aux lectures de mon adolescence et postérieures. Et c’est, je crois, ce qu’un ancien PC comme Leroy a compris. Notre civilisation ne crève pas de faire société ni de son collectif mais de son individualisme forcené et de ses tortillages de faux-culs conformistes dont les réformes vont tjrs dans le sens d’un intérêt du libre échange non contrôlé et d’une concurrence faussée qui n’est pas plus habile à faire du politique qu’Aubry lorsqu’elle mit en place les 35 heures… pour exemple de ratage “universel”.

        • 28 Janvier 2017 à 22h42

          durru dit

          Bah justement, la “gauche” d’aujourd’hui, celle qui se réclame “la vraie”, Aubry, Hamon et autres Mélenchon, n’a strictement rien à faire de la société, tout ce qu’elle cherche est faire plaisir à l’amour propre de chacun. Chaque politique de leur camps, d’abord, ensuite chaque électeur réel ou potentiel. Il n’y a strictement aucun projet de société derrière toutes leurs gesticulations.
          Et quand je dis que je partage l’analyse de Valls, je ne dis pas que je partage son projet. Mais en l’occurrence, il a visé juste, par rapport à celui de Hamon. Sous la ceinture? Non, je ne crois pas, c’était un constat. Enfin, c’est mon avis.

        • 28 Janvier 2017 à 22h54

          Lector dit

          Durru, vous ne faites là que décrire l’électoralisme et ça vaut dans ce cadre pour chacun des candidats depuis au moins l’entrée de la comm’ en politique.

          Valls ne s’embarrasse pas de constat ou de prévision, ou de projection, c’est le genre prêt-à-tout. Bien pire que Hamon, un véritable arriviste, il y a du totalitaire autoritaire chez Valls, c’est lui le véritable danger que la gauche française avant lui n’avait sans doute jamais rencontré dans ses rangs.

        • 28 Janvier 2017 à 23h49

          durru dit

          C’est vrai que Mitterrand n’était pas de gauche…

        • 29 Janvier 2017 à 0h10

          Lector dit

          non seulement Mitterrand était à la fois un élu de gauche et un homme de droite mais je ne vois pas ce que vient faire ici son évocation. Vous ne prétendez tout de même pas comparer le personnel politique contemporain tout à fait ignare avec un homme comme lui ?! Et si vous ne percevez pas la différence entre la violence d’un Valls et ce qui faisait autorité auparavant alors… Remettez vos pendules à l’heure.

        • 29 Janvier 2017 à 9h56

          durru dit

          “Valls ne s’embarrasse pas de constat ou de prévision, ou de projection, c’est le genre prêt-à-tout.” “il y a du totalitaire autoritaire chez Valls”
          Si vous remplacez “Valls” par “Mitterrand”, ça marche aussi. Rien que la claque prise en ’83 et la manière de gérer l’affaire Mazarine, avec mises sous écoute, menaces et tutti quanti (et encore, je n’ai pas encore connaissance d’actes tout à fait illégaux commis par Valls dans l’exercice de ses fonctions).
          Bien sûr qu’il y a des différences, je ne faisais que faire écho à vos lignes.
          .
          Et pour une réponse plus sérieuse à votre précédent message, je vous signale qu’il existe encore des propositions politiques qui essaient de proposer un modèle de société. Modèle avec lequel on peut ne pas être d’accord, mais ce n’est pas mon propos. Je répète, et ce n’est pas “décrire l’électoralisme”, la “vraie gauche” ne propose plus rien à ce titre, et ce depuis des lustres.
          Je dirais même que, au contraire, cette “vraie gauche” ne s’emploie qu’à détruire tout ce qui reste de société dans ce pays. Ce n’est même pas qu’ils veulent renverser l’échelle des valeurs, ils ne cherchent qu’à détruire les valeurs en place. Sauf à m’expliquer que la raison du plus fort, les “victimes” génétiques, le “il est interdit d’interdire”, l’apprentissage croisé entre maître et élève ou autres lubies de ce genre sont des “valeurs”.

        • 29 Janvier 2017 à 10h44

          Lector dit

          1/ c’est ce que j’avais compris et je vous répète que cette comparaison n’a pas lieu d’être. Entre ces deux là qui partagent sans aucun doute autant d’ambition vous ne discernez pas la différence de caractère.
          2/ C’est vous qui le dites.
          2bis/ Et que croyez-vous qu’a fait la droite depuis ce pseudo gaulliste de Chirac jusqu’à Sarkozy ?!

        • 29 Janvier 2017 à 10h51

          durru dit

          1. Différence de caractère? Je doute. Ce n’est pas Mitterrand qui serait plus moral que Valls. Je dirais plutôt différence de compétences. Mais ce n’était pas ce que je voulais mettre en avant.
          2. J’aimerais avoir un contre-exemple. Les discours que j’entends (et les – propositions de – lois que je vois passer) ne me font pas penser à autre chose.
          2bis. C’est justement la raison de la défaite de Sarko. Il a proposé un projet et il ne s’y est pas tenu. Mais il a quand même proposé quelque chose.

        • 29 Janvier 2017 à 14h17

          Lector dit

          1 de compétences c’est évident mais si vous ne voyez pas qu’il en est une immense de caractère c’est que vous devez manquer un peu de psychologie. Un simple physionomiste serait capable de déceler la violence chez Valls ; tout le contraire de “la force tranquille”.
          2 je vous accorde que ladite vraie gauche ne communique pas très fort ou le fait peu ou mal.
          2″un projet Sarkozy ? Vous plaisantez ! Le dernier projet en date fut celui d’Aubry et cie : société de services et partage du temps de travail versus ancien plein emploi et industries.

        • 29 Janvier 2017 à 14h50

          durru dit

          Si je dois nommer une personnalité qui a détruit de manière importante et durable la notion de “politique” en France, c’est bien Mitterrand. Et les différences d’apparence ne sont que des détails, moi je regarde les résultats.
          Quant à Aubry et cie, moi je vous parle “société”, vous me répondez “économie”. Pareil pour Hamon, ce qui l’intéresse lui, c’est promettre à tout un chacun qu’il va pas mourir de faim. Mais comment faire société avec les 66 millions de Français actuels, ça non, jamais cela ne lui traverserait l’esprit. Le projet de Sarko a pu être perçu comme débile (et même l’être, pourquoi pas?), mais lui au moins proposait de “faire société”, ne vous en déplaise.
          Et c’est justement pour ça que, pour moi, il n’y a que deux possibles vainqueurs en mai, sauf cataclysme improbable: Fillon ou Marine.

        • 29 Janvier 2017 à 15h36

          Lector dit

          eh oui un choix de société implique une économie qui lui est liée… pfff Durru voyons… ??!! Oh et puis là vous me soulez vous aussi avec vos “n’en déplaise”… NB “faire société” vous appelez ça un projet ? C’est juste du discours.
          Allez ciao.

      • 28 Janvier 2017 à 20h46

        gigda dit

        Curieusement Lector je trouve cet article tout à fait pertinent, et grave : 
        “Dès lors, posons la question qui fâche : et si l’argument progressiste des hamonniens était le paravent d’une indifférence au monde ? Et si ces électeurs avaient trouvé le prétexte pour reconduire l’égoïsme bourgeois tout en se clamant de gauche ? ”
        En conséquence nous aurons  Narcisse Macron qui drague avec succès l’autre versant de la petite bourgeoisie et je  leur en voudrais mortellement de ce cynisme même pas idéaliste, en fait  ignorant . 

        • 28 Janvier 2017 à 22h27

          Lector dit

          Gigda je ne le trouve certainement pas pertinent car il s’appuie sur un constat faux, oublieux des réalités et pas plus impertinent tant cette fiction abreuve les fantasmes contemporains en prétendant lire le réel. Tous les éléments de langage du prêt-à-penser soi-disant anti bien-pensance y sont, dont la très vague critique mais très auto-satisfaite l’air de ne pas y toucher -mais là encore garni de vrais morceaux de bo-bo germanopratins- du progressisme qui nous mènerait à une France qatari. Du grand n’importe quoi insidieux d’où sortent de fausses hypothèses qui conduisent à des conclusions hypothétiques de facto erronées je ne fais pas une analyse projective mais un vague synopsis qui se touche le nombril. Pour ma part j’en ai plus que ras le bol de ce genre qui prétend penser en s’exonérant de connaissances réelles et de travail, pensant qu’il suffirait de saupoudrer de quelques constats contemporains bien réels, le moindre fantasme construit dans le confort de son petit cerveau ramassé sur Lui-même. Mais ne soyons pas injuste, l’auteur possède certainement une conscience et le pire pourrait bien être qu’il est honnête en se la triturant pour se faire plaisir.

    • 28 Janvier 2017 à 13h39

      Chr martel dit

      Le RU existe dans les monarchies pétrolières parce que ils beneficient d’une RENTE -pétrolière justement- que leurs nationaux sont peu nombreux et qu’ils ont une mentalité esclavagiste, (de par leur culture islamique, figée depuis les années milles) donc aucune scrupule à exploiter une population d’émigrés dans des condition infames.
      Maintenant, concretement, Ben Hamon, sufisament lucide pour savoir qu’il n’a aucune chance présidentielle ne cherche qu’a conforter son poste de deputé maire de trappes au prochaines législatives en faisant miroiter à son electorat salafiste la possibilité d’etre payé à rien foutre. Vous me direz, c’est deja le cas, certe… Mais là, se sera ecrit dans le marbre de son programme de prommesses

    • 28 Janvier 2017 à 13h32

      Chr martel dit

      Le RU existe dans les monarchies pétrolières parce que ils ont une RENTE -pétrolière justement- que leurs nationaux sont peu nombreux, qu’ils ont une mentalité esclavagiste, (de par leur culture islamique, figée depuis les années milles) donc aucune scrupule à exploiter une population d’émigrés dans des condition infames.
      Maintenant, concretement, Ben Hamon, sufisament lucide pour savoir qu’il n’a aucune chance présidentielle ne cherche qu’a conforter son poste de deputé maire de trappes en faisant miroiter à son electorat salafiste la posibilité d’etre payė à rien faire. Vous me direz, c’est deja le cas, certe… mais là se sera ecrit dans le marbre de son programme de prommesses.

    • 28 Janvier 2017 à 13h02

      Naif dit

      Houais bon si je comprend bien les électeur d’Amon sont prêt à être généreux si cela ne leur coûte rien !

    • 28 Janvier 2017 à 12h07

      accenteur dit

      Dans mon scénario qui commençait pareil que celui de l’auteur de l’article avec les éboueurs, la suite était différente. Les éboueurs soudanais ou éthiopiens devenaient français en envoyant leurs enfants à l’école. Leurs enfants nés en France et devenus diplômés faisaient partie du groupe des Français diplômés sans emplois donc aidés mais refusant comme les autre français diplômés, les emplois d’éboueurs. D’où la nécessité de faire appel à de nouveaux émigrés africains pour remplir ces emplois d’éboueurs, jusqu’au moment où leurs enfants (les enfants des enfants) nés en France, donc français et diplômés refuseraient à leur tour les emplois mal aimés d’éboueurs comme les autres, d’où la nécessité de faire appel… etc etc
      Auparavant, les riches +++, pas vous ni moi, auraient quitté la barque France trop chargée et sur le point de couler.
      PS Je suis comme l’honni Le Pen, 5000 euros par mois, c’est faisable quand on est diplômés et plus. C’est quand même pas ce que touchent les grands patrons français.

    • 28 Janvier 2017 à 10h53

      Terminator dit

      De toutes façons les socialistes sont cuits de chez cuit, alors le “revenu universel” n’est qu’une trouvaille géniale pour virer le torero d’opérette et tirer un trait définitif sur son bilan calamiteux…

    • 28 Janvier 2017 à 10h39

      Charles Lefranc dit

      les têtes du PS sont à vomir . Et cela dure depuis plus de 30 ans. Je me souviens d’ un article du Nouvel Obs dans ces années là ou jacques Julliard donnait la recette-miracle pour sauver la gauche du retour de Chirac : amener plus de pauvres en France. La recette fonctionne , désormais a flux tendus. La droite classique-conservatrice est laminée , et la gauche peut accomplir les basses-oeuvres du capitalisme global le plus avide ; démanteler les barrieres economiques-douanieres-culturelles , ecrabouiller fiscalement la classe moyenne et bientot la bourgeoisie , par une pression fiscale etouffante, et cerise sur le gateau , se maintenir au pouvoir . Cela fait 30 ans que ce stratagéme fonctionne. Et comme la gauche est trés efficace dans son offre-marketing , voici Macron , le banquier qui nous claque du doigt avec son ” en marche ” . Et la classe-moyenne & la bourgeoisie désormais n’ ont plus qu’a se coucher avec Marine Le Pen , ou se faire ratiboiser par Macron . Donc la société ” qatarie ” s’ installe en France, sous la houlette d’ une frange ultra-riche-urbaine-mondialisée, qui pourra a loisir ponctionner par ses intermédiaires ( gouvernement de gauche -presse de gauche ) la classe moyenne , et exercer le pouvoir ad vitam eternam grace aux aumones du revenu universel . La rente gaziere-petroliere du Qatar , se situe en France dans la rapacité du fisc et dans la docilité de la classe moyenne.

    • 28 Janvier 2017 à 1h59

      buddy dit

      aintenant examinos le RU. Qui va payer les milliards nécéssaires pour que certains se tournent les pouces. Pas les actionnaires, souvent situés à l’étranger, paradis fiscaux, fonds de pensions qui ne font que ponctionner et menacent à tout bout de champ de retirer leurs billes, mais les classes moyennes, essentiellement des salariés qui ne peuvent échapper à la pression fiscale (sans combine). Le prélèvement à la source à été mis en place pour ça, transformant les employeurs en percepteurs malgré eux, il sera implacable.
      Alors j’imagine leur tête à ces classes moyennes quand ils verront ce qu’on leur ponctionne pour entretenir des glandos.
      De toutes façons, on disserte pour rien, Hamon ne sera élu qu’au poste de président de Trappes.

    • 28 Janvier 2017 à 1h48

      buddy dit

      Vous avez raison sur le fond, la proposition de Hamon est idiote.
      Mais votre démonstration est à côté de la plaque, elle ne tient pas compte de l’histoire du Quatar qui a amassé un pactole pétrolier qui a ensuite été habilement fructifié dans le monde capitaliste mondialisé.
      Par contre, leur système de société esclavagiste existe même dans des pays sans le sou, j’ai pu voir que dans certaines sociétés du moyen orient ou d’Afrique, même des gens en bas de l’échelle ont un sous-prolétariat encore plus bas et plus précaire qu’eux. C’est surtout un problème de culture.
      Mais ce type de société à double vitesse, il existe pas très loin de nous, dans ce pays dont on vante toujours la réussite : l’Allemagne.
      Pays qui utilise une masse de main d’œuvre importée, payée à coups de lance pierre et qui n’a aucune chance d’être naturalisée.
      Pas besoin de RU pour faire ça, mais notre garde fou c’est le SMIC que certains voudraient gicler.

      • 28 Janvier 2017 à 3h19

        chlomo dit

        @ buddy ,

        je partage votre constat : “question de culture ” vrai !
        et la leur n’en est pas une : une contre -culture , un néant !

        la réussite de l’Allemagne est ambiguë : pays réunifié et reconstruit alors qu’il a été dévasté bien + que la France , devenue la première puissance économique du continent et qui plus est mené par une folledingue qui brigue un 4 ème mandat alors qu’elle a mis son pays dans la merde et nous avec !!!

        beaucoup de questions sur les attentions accordées à ce pays après la défaite de 1945 par les alliés , sur sa réunification , sur la possible infiltration des banquiers véreux du style Goldmann and Saxe dans la Deutsche Bank (et donc nos banques par capillarité ) sans parler du reste : la question des migrants et des centaines de terroristes infiltrés dans les masses …

        Je suis pour le RU sous certaines conditions mais sans pas celles de la gauche .