Benoît Hamon en a !
Un dirigeant du PS qui provoque les journalistes, ça s’arrose
Publié le 17 novembre 2008 à 8:00 dans Politique
Mots-clés : Parti socialiste
Petite bizarrerie, hier au congrès de Reims. Benoît Hamon, au beau milieu de son discours de candidature, a rendu un hommage très appuyé aux militants de son parti en charge du service d’ordre. Il est vrai que ceux-ci venaient de passer un rude week-end. Le SO – dernier secteur du PS où l’on trouve plus d’ouvriers que de bac +5 – fut en effet pendant trois jours en butte au harcèlement permanent d’un certain nombre de journalistes qui pensent qu’une carte de presse ou un caméscope donnent au premier crétin venu le droit de tout faire (par exemple essayer d’espionner une réunion à huis-clos) ou de tout dire (par exemple traiter les bénévoles du SO de nervis, de gros bras, voire pire).
Ayant moi-même, dans une vie antérieure, participé à maints SO, en ayant aussi délibérément agressé un certain nombre d’autres, je sais bien que l’une des qualités essentielles requises pour cette tâche est un calme olympien. Je sais aussi que cette responsabilité n’est pas confiée à des robots, mais à des humains, qui réagissent donc parfois comme vous et moi quand on les harcèle, quand on les injurie ou tout bêtement quand on les prend d’un peu trop haut. Nul ne s’étonnera que, dans ces circonstances, quelques claques soient parties et que quelques égos journalistiques se soient trouvés froissés. Certains confrères ou assimilés ont quand même cru devoir en faire toute une affaire, tel l’excellent Julien Martin de Rue89 qui n’hésite pas à mettre tout son talent dans la balance : “Le poing et la rose, écrit-il, n’est pas un vain slogan au PS. La rose représente classiquement la couleur du socialisme. Quant au poing, il est devenu le symbole de son service d’ordre.”
D’après nos informations, il semble que le service de presse du PS et, nous dit-on, la direction du parti aient jugé utile de calmer le jeu en promettant aux journalistes que les membres du SO, qui ont fait leur devoir de militants, seraient dûment admonestés. C’est bien sûr un acte déshonorant et c’est sans doute pour cela que Benoît Hamon a jugé indispensable de rendre hommage au SO devant toute la presse. Ce qui, on s’en doute, ne le rendra pas très populaire auprès de la profession. Ça s’appelle donc du courage. Ce mec-là a de la classe. Je serais Ségo, je me méfierais…
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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Ludovic Lefebvre dit
Soyons sérieux, les marseillais ne sont pas des dockers, mais des contrebandiers. En plus, ce sont des machines qui portent les caisses sur le Vieux Port, pas les individus. Si vous voulez voir des hommes, des vrais, il faut aller sur le port de Boulogne sur mer, de Brest où le fond de l’air est frais, où ça pue le poisson, où l’on prend des petits-déjeuners aux tripes et au Ricard. Là, il y a du syndiqué enragé, du bon animal sans âme qui vous éventrerait le journaliste comme il éviscère le congre !
Patrick dit
Vingtras, Quadruppani, Leroy… Mais c’est la Commune qui a dressé sa dernière barricade sur Causeur ! Et que ça vous invective le bourgeois, et que ça vitupère la société, et que ça vomit les chrétiens et les crétins (c’est à dire les uns et tous les autres). Et comme ça se sent bien entre soi, et combien c’est heureux d’envisager les prochaines émeutes : on fera une ballade sur les Grands boulevards, brandissant une forêt de pics, portant à hauteur du premier étage les têtes énuclées et grotesques des banquiers, des curés, des salauds.
On mettra devant la racaille, les hirsutes d’abécédaire, tout ce mauvais ragoût de piétaille apostasiée, afin d’amortir les premiers assauts des CRS.
Parce qu’après, tout se réglera au fusil à pompe. Et là, d’un côté comme de l’autre, il ne restera que des guerriers, des types «couillus» ou non, mais résolus à se défendre avant d’offrir à leurs adversaires la satisfaction de détacher leur tête de leur tronc !
Quant à moi, je m’entraîne à tirer la langue, pour vous narguer, tel un masque de carnaval sanglant, lorsque ma tête se balancera par-dessus vos ricanements fortement alcoolisés.
Stan dit
Oui, c’est un peu couillon d’en avoir… Autant en être, non ?
Quadruppani dit
Pardon, un lapsus révélateur: je voulais dire “pas en bien”!
Je profite de cette nouvelle intervention pour déplorer, chez M. Cohen, la métaphore du “mec qui en a”. Cette association des couilles et du courage m’a toujours semblé assez bête, tout politiquement correct mis à part.
Quadruppani dit
Chère Joëlle, mais non, je ne suis pas seul, nous sommes plusieurs à penser ainsi, et j’espère que nous serons de plus en plus nombreux à ne plus gober le mensonge déconcertant des “nécessités économiques auxquelles il faut s’adapter”, entre autres parce que l’économie apparaît toujours davantage pour ce qu’elle est: une religion. C’est vrai, je juge, mais suis à mon tour jugé, et souvent en bien, ça ne me dérange pas, ça s’appelle le débat.
Quant aux compliments sur mon écriture, je n’ai qu’une réponse: encore! encore!
Joëlle dit
“voir cette ivraie fricoter avec ce bon grain, c’est un plaisir rare : à la fois jouissif et parfaitement vain”
Avez-vous conscience, cher Quadruppani, de l’orgueil qu’il y a à juger ainsi des gens? A se mettre dans une position aristocratique où on est seul face aux autres? A toiser de loin la plèbe qui discutaille “en vain”?
Vous défendez le peuple en commençant par mépriser tous vos voisins commentateurs, je me demande si c’est la bonne démarche.
Mais je reconnais que vous écrivez bien.
L’Ours dit
Cher camp des gentils;
bien sûr que docker n’est pas un métier de privilégié, et bien sûr qu’il y a une bande de salopards là haut qui sont des voyous en col blanc s’enrichissant au mépris de l’appauvrissement des autres!
Tout cela est vrai!
Donc, selon vous, comme il y a des salauds de riches, je vais pouvoir aller piller le supermarché du coin la conscience tranquille.
Mais essayons d’être rationnels et de juger de la réglementation de la pêche aux moules sans se demander si celle des thons ressemble à du pillage!
Revenons aux dockers.
Ils ne sont pas comme les sabotiers à l’avènement de la chaussure industrielle. Les dockers avaient, eux, quelque chose à sauver. Là, leur entêtement dû au refus de regarder la réalité en face, les tue !
Quadruppani dit
pardon pour le doublon (un triplon maintenant?)
Quadruppani dit
Cohen n’est jamais aussi bon que quand il joue les traîtres à sa corporation. Plus fort les coups sur le journaliste chancelant !(les connaisseurs auront reconnu une citation de la Une de l’Huma le jour de l’entrée de la division Leclerc dans Paris – mais là, il s’agissait des “boches”, terme non utilisée par la même Une quand elle salua le pacte Staline-Hitler cinq ans plus tôt, mais mon antistalinisme primaire m’égare.) J’adore ce salon, lire côte à côte la prose aiguisée de Leroy, les provocs malignes de Cohen et les débilités réacs de tels commentateurs (avant de s’attaquer aux prétendus “privilèges” des dockers, on ferait bien de s’occuper de ceux, immensément, incomparablement plus insupportables, de l’oligarchie mondiale), c’est un plaisir rare et parfaitement vain, comme une conversation de comptoir, la chaleur humaine (et la mauvaise haleine du voisin) en moins. Je lève mon verre de Barolo à la santé des dockers qui pendront le dernier baron médiatique avec les tripes de la dernière éléphante socialiste.
Quadruppani dit
Marc n’est jamais aussi bon que quand il joue les traîtres à sa corporation. Plus fort les coups sur le journaliste chancelant! (les connaisseurs auront reconnu la une de l’huma le jour de l’entrée de la division Leclerc dans Paris – mais là il s’agissait des “boches”, terme qui ne fut pas utilisé cinq ans plus tôt, pour saluer le pacte Staline-Hitler – mais mon antistalinisme primaire m’égare) J’adore ce salon: lire côte à côte les provocs raffinées de Leroy, les méchancetés imparables de Cohen et les débilités réacs de tel ou tel commentateur (avant de s’attaquer aux prétendus privilèges des dockers, il faudrait commencer par mettre fin à ceux de l’oligarchie mondiale, incomparablement plus insupportables), voir cette ivraie fricoter avec ce bon grain, c’est un plaisir rare: à la fois jouissif et parfaitement vain. Ce qui ressemble le plus à un bavardage de comptoir, la mauvaise haleine du voisin en moins. Je lève mon verre de Barolo à la santé des dockers qui pendront le dernier baron médiatique avec les tripes de la dernière éléphante socialiste
Jérôme Leroy dit
Mercader, vous adhériez à la CGT et vous étiez docker, si ça vous semble si merveilleux comme boulot.
C’est comme Bob Blackwalk hurle après les privilèges des profs. Si c’est si bien, qu’il passe les concours ce bélître atrabilaire… Ce ne sont pas des charges dont on hérite, jusqu’à preuve du contraire. Les dockers, les ouvriers du livres, les profs et les fonctionnaires ne sont des privilégiés que parce que les mots ne veulent plus rien dire et que Marchenoir pense où ses maîtres lui disent de penser. Rééducation, Marchenoir, cinq ans, au moins, fissa, laogaï, goulag, ahahahah….
ramon mercader dit
@ l’ours
et encore,tu n’as pas vu les autres ports!
viens sur la façade atlantique,tu sauras ce que signifie arc-bouté sur les privilèges!
c’est simple,y a plus de ports!
Lejeun dit
Merci de révéler cette information Monsieur COHEN !
Les militants socialistes ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas qu’ils portaient à leur tête un bolchévique adepte de la dictature du prolétariat.
Qu’ils se rangent sous la bannière de la mère nourricière Ségolène !
Patrick dit
Vingtras, avez-vous lu dans Jules Vallès cette «prise par le gras du bide», que vous recommandez chaudement ?
L’avez-vous déjà employée ? À l’exception d’un porteur de caméra, je ne distingue pas clairement son application sur un individu au format SO CGT, ayant les mains libres et fortement burné.
vingtras dit
La bonne prise, quand on fait partie d’un SO, c’est de pincer le gras du bide de l’adversaire. IRRESISTIBLE. Lâcher de caméra garanti… Bien mieux qu’un coup de poing dans la gueule. Et pas vu pas pris… mais faut de la poigne.
Le “must” des SO se recrutait pour le PCF chez les clicheurs de presse CGT, les manieurs de “coquilles”, de formes. Les hommes du “plomb”… Le virtuel ne fait pas le poids aujourd’hui que Mazetto s’est fait journaliste…
L’Ours dit
Vous avez hélas raison Candide.
Même le port de Barcelonne gonfle le torse pendant que celui de Marseille s’étiole!