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Belgique : une révolution ? Non, Sire, un monôme !

Réponse à Jérôme Leroy

Publié le 21 février 2011 à 6:01 dans Monde

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Certes, elle était bien sympathique, cette « révolution des frites » organisée par un quarteron d’étudiants belges, flamands et francophones pour protester contre l’absence persistante de gouvernement fédéral deux cent cinquante jours après les élections législatives. Mais peut-on affirmer, à l’instar de l’ami Jérôme Leroy qu’en Belgique : « la jeunesse a démenti avec humour les prévisions séparatistes, rattachistes, micronationalistes ou évaporationnistes en lançant la « révolution des frites », reprenant un symbole gastronomique national ». La jeunesse ? Tout au plus un petit millier d’étudiants se sont mobilisés à la suite de cet appel, principalement à Bruxelles, où la fibre « belgicaine » de la bourgeoisie francophone, petite est grande est largement plus solide qu’en Wallonie. Leurs alliés flamands se trouvent, comme par hasard, dans les amphis de la VUB (Université libre de Bruxelles, section néerlandophone) où se retrouvent profs et étudiants marqués à gauche, issus des milieux cultureux et bobos flamands fréquentant les estaminets de la rue Adrien Dansaert.

Cela fait-il un peuple ? Cela suffit-il pour effacer du réel belge le constat de l’avocat et député wallon Jules Destrée dans sa fameuse « Lettre au Roi » d’août 1912, dont l’évidence n’a pas été démentie un siècle plus tard : « Et maintenant que me voilà introduit auprès de Vous, grâce à cette sorte de confession, laissez-moi Vous dire la vérité, la grande et horrifiante vérité : Sire (…) Vous régnez sur deux peuples. Il y a en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n’y a pas de Belges ». Le seul reproche que l’on peut faire à cette adresse est de passer sous silence l’existence de quelques dizaines de milliers de Belges germanophones dont la discrétion dans le conflit communautaire a garanti la tranquillité et la prospérité. La vigilance de puissances, le poids de l’église catholique et l’enrichissement général lié à la révolution industrielle et à l’exploitation du Congo avaient contribué à donner l’illusion que la Belgique était une nation d’évidence. Son lent, mais inéluctable, délitement depuis les années soixante du siècle dernier arrive aujourd’hui à son terme.

A moins d’être un tenant attardé de la théorie des avant-gardes guidant le peuple vers une lumière qu’il n’est pas en mesure d’apercevoir du fond de son aliénation, ce monôme, organisé par quelques étudiants d’outre-Quiévrain en mal de « guindaille » ne saurait être présenté comme une révolution en marche.
On n’entend pas gronder la colère populaire dans le Hainaut profond, du côté des friches industrielles du Borinage, ni dans la Flandre industrieuse où l’on se soucie, de Anvers à Hasselt, davantage de la compétitivité de l’économie provinciale que du destin d’un royaume issu d’un compromis obsolète…

On pourrait croire à cette levée en masse d’un peuple belge pour le maintien de la Belgique, si la manif remarquablement vendue aux médias par quelques étudiants malins s’était prolongée par une présence régulière d’un foule bilingue sur la Grand Place de Bruxelles, exigeant la perpétuation du pays de Rubens, Magritte et Monsieur Beulemans.

Or, il faut bien constater qu’il n’en est rien, et que le roi des Belges ne sera pas conforté sur son trône par un mouvement populaire suffisamment puissant pour faire pièce à l’irrésistible ascension d’un nationalisme flamand géré de main de maître par Bart de Wever. Il ya même fort à parier que si ce pauvre Albert II venait à passer ad patres, son héritier, Philippe, haï des Flamands, irait rejoindre rapidement la cohorte des familles royales sans royaume…

Enfin, cher Jérôme Leroy, il est toujours mal venu de parler de corde dans la maison d’un pendu, et de « pays réel versus pays légal » à propos du pays de l’inventeur de cette formule. Il s’appelle Léon Degrelle, le Doriot wallon, qui parvint, lui, à échapper à la mort au combat ou au juste châtiment pour mourir de vieillesse en Espagne en 1994.

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  • 24 February 2011 à 16h31

    red benjamin dit

    Borgal (14:21),

    RED BENJAMEN:
    Pourriez-vous préciser davantage vos insinuations quant à l’état de ma culture ?

    Ne vous vexez pas! Je ne mettais pas en cause votre niveau! Je me demandais si, voyant votre emportement, vous n’étiez pas remonté contre les wallons outre mesure. Auquel cas, peut-être êtes-vous de culture flamande?
    C’était uniquement là le fond de ma question.

  • 24 February 2011 à 16h20

    Sophie dit

    “Porc dit :
    24 février 2011 à 8:04
    krijgt, inderdaad. Maar,
    - Avez-vous des enfants ,
    - Non, je ne les aime pas.”

    Dieren, ce ne sont pas les enfants….

  • 24 February 2011 à 8h20

    Mangouste1 dit

    “Je ne m’énerve pas et affirme être tout autant « de bonne compagnie » que vous, très cher …. Cependant je reconnais -et d’ailleurs assume sans aucun problème- être en effet « assez remonté », comme vous dites, par rapport à certaines réalités révoltantes. Du genre : un monde qui marche sur la tête, l’anomie générale qui le dispute à l’absurdité pathétique des décideurs politiques, le surréalisme roi pour résoudre les questions les plus graves…. etc…..etc ! Etant comme moi (je suppose) lecteur enthousiaste (oui) de « CAUSEUR », je suppose que vous devez avoir quand même une vague idée du genre de choses auxquelles je fais allusion, hmmmm ?”

    Certes! Et vous ne deviez pas vous sentir visé par le “de bonne compagnie”. Si vous êtes un lecteur assidu de Causeur, vous devez voir un peu de qui je veux parler. Bonne journée!

  • 24 February 2011 à 8h12

    Porc dit

    dans une proposition interrogative, le verbe ne doit-il pas précéder le sujet ?
    Een grote bier, avec un seul O, je viens de vérifier.

  • 24 February 2011 à 8h04

    Porc dit

    krijgt, inderdaad. Maar,
    - Avez-vous des enfants ,
    - Non, je ne les aime pas.

  • 24 February 2011 à 0h56

    Sophie dit

    @
    “Porc dit :
    22 février 2011 à 20:36
    Je dirais plutôt : – ik houd er niet van, mais je ne suis pas certain d’avoir raison. Mais passons à l’essentiel :
    - Wat krijt u, Mevrouw ?
    - Een grote Leffe, natuurlijk.”

    1) Non, “er” c’est le pronom partitif.
    2) Wat krijGt-u
    3) Een GroOte Leffe.

    Traversez donc la frontière, je me fais un plaisir de vous faire visiter Bruges qui est, paraît-il , la plus belle ville de Belgique(?).
    ;-)

  • 23 February 2011 à 23h55

    Sophie dit

    Oui, Porc. L’adoption crée le lignage.

    Hoe men zegt in het vlaams?

  • 23 February 2011 à 22h20

    Porc dit

    La langue maternelle n’est ni héréditaire, ni même congénitale, mais celle de la petite enfance. Les bébés adoptés en fournissent un excellent exemple.

  • 23 February 2011 à 21h29

    BORGAL dit

    MANGOUSTE :
    “Ne vous énervez pas, cher ami, nous sommes ici entre gens de bonne compagnie – pour le moment – et nous pouvons discuter très calmement, ça nous change. Ceci dit, je vous sens fort remonté et, comment dire? un peu carré dans vos opinions”

    Je ne m’énerve pas et affirme être tout autant “de bonne compagnie” que vous, très cher …. Cependant je reconnais -et d’ailleurs assume sans aucun problème- être en effet “assez remonté”, comme vous dites, par rapport à certaines réalités révoltantes. Du genre : un monde qui marche sur la tête, l’anomie générale qui le dispute à l’absurdité pathétique des décideurs politiques, le surréalisme roi pour résoudre les questions les plus graves…. etc…..etc ! Etant comme moi (je suppose) lecteur enthousiaste (oui) de “CAUSEUR”, je suppose que vous devez avoir quand même une vague idée du genre de choses auxquelles je fais allusion, hmmmm ?

  • 23 February 2011 à 19h09

    Sophie dit

    Pour info, première utilisation d’un “tableur électronique” , 1890, recensement des USA.

  • 23 February 2011 à 17h58

    Mangouste1 dit

    Sophie,

    Le pangermanisme, c’est juste. Vous avez raison, ça ne leur a pas réussi. Il leur reste le “soliflamandisme” mais, comme je le disais plus haut, sans justification vénale, ça dégagerait aussi un petit parfum romantique voire völkisch du plus mauvais effet dans notre monde où, c’est bien connu, le seul moteur doit être l’argent, lui qui n’a pas d’odeur, pas plus que les crimes que l’on a commis et que l’ont commet encore pour lui, eux que l’on s’empresse d’expliquer par des mobiles moins terre-à-terre et surtout plus étranger à nous-mêmes en mettant ainsi, entre les criminels et nous, une rassurante distance.

    Borgal,

    Ne vous énervez pas, cher ami, nous sommes ici entre gens de bonne compagnie – pour le moment – et nous pouvons discuter très calmement, ça nous change. Ceci dit, je vous sens fort remonté et, comment dire? un peu carré dans vos opinions. Je respecte votre enthousiasme, mais je pense qu’il vous aveugle un peu sur certains sujets et qu’il vous fait désirer des solutions venues d’ailleurs – le référendum – qui pourraient nous péter à la gueule si on les adoptait. Et croyez-moi, je ne me sens ni Wallon – cette blague!, ni encore moins socialiste.

  • 23 February 2011 à 17h33

    Sophie dit

    “confondre lignage et langue”….

    Ne parle-t-on pourtant pas de “langue maternelle”?

  • 23 February 2011 à 17h28

    Sophie dit

    Mon cher Jérôme, je n’ai nullement parlé de notion de francophonie au X° siècle. J’ai dit que lors de l’édification de Bruxelles, la langue d’usage était le français.

    D’autre part…. comment vous dire ça gentiment… c’est à la Cantilène de Saint Eulalie que vous faites probablement allusion. Pas la cantate.

  • 23 February 2011 à 15h59

    Porc dit

    Loin des oreilles socialo-wallonnes et libéro-bruxelloises, les Flamands parlent français. Ou latin. Ou japonais. L’un d’eux compose des haï-ku, qu’il traduit en plusieurs langues, dont le latin et le français. Parmi les Flamands, seuls des gens de basse extraction, c’est-à-dire, en réalité, des Wallons, confondent lignage et langue.

  • 23 February 2011 à 15h54

    Jérôme Leroy dit

    La notion de francophonie, au dixième siècle, Sophie, comment vous dire ça gentiment…C’est un peu comme la notion d’électronique en 1850…Je sais le serment de Starsbourg, la Cantate de Sainte Eulalie, mais tout de même, francophonie…

  • 23 February 2011 à 15h09

    Sophie dit

    Cela étant posé, j’approuve parfaitement les Flamands dans leur dénonciation de l’incurie et de la corruption des dirigeants socialistes wallons qui nous vendraient aux pires pour conserver leurs prébendes.

    Et je ne suis nullement opposée à une scission de la Belgique à condition que le rattachement de chaque commune à telle ou telle entité se fasse sur base d’un referendum sous contrôle international.

  • 23 February 2011 à 15h06

    Sophie dit

    “essayez d’imaginer quelles langues on parlait aux Pays-Bas du XVI eme siecle, dans les Provinces-Unies, sous le Saint-Empire, etc…. ”

    J’imagine très bien, j’ai fait philologie à l’ULB.

    Quant à la Micromanie belge, c’est un pamphlet du professeur Van Parijs, éminent prof de philologie à…. la VUB (flamande)

  • 23 February 2011 à 15h03

    Sophie dit

    “1°) « Non, c’est une vache à lait ».
    Et la Flandre est la vache à lait de la Wallonie. Match nul.”

    C’est en tout cas ce que prétend la Flandre. Ce n’est validé par aucune analyse externe. Aucune. (Cfr le blog de Jean Quatremer sur Libé).

    Ce qui l’est, par contre, c’est que la Wallonie regorge d’eau de source (Bru, Spa, Chaudfontaine, etc…) qu’elle VEND aux Pays-Bas et DONNE à la Flandre. En cas de scission, la Flandre devra acheter son eau au même tarif.

    Ce qui est également validé par le droit international c’est que l’impôt est perçu là où il est généré. Autrement dit, en cas de scission, les 350 000 Flamands qui viennent bosser à BXL mais paient leurs impôts en Flandre, devront alors s’en acquitter à BXL.

    Et ce qui a même été reconnu par le CD&V, c’est qu’en cas de divorce, il faudra prendre en compte les aides versées de région à région DEPUIS 1830. Autrement dit il faudra prendre en compte les années comprises entre 1830 et 1974, où les aciéries et charbonnages wallons ont fait tourner la Belgique et permis de faire d’Anvers et son terminal Zeebruges un des premiers ports internationaux.