Mon 13 novembre | Causeur

Mon 13 novembre

Récit d’une nuit d’épouvante

Auteur

Olivier Prévôt
anime le site et la revue L'Esprit de Narvik et le blog Les Carnets de Betty Poul sur Causeur.

Publié le 13 novembre 2016 / Société

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Le 13 novembre 2015, Olivier Prévôt était chez lui, à deux pas du Bataclan. Voici le récit poignant de la soirée d'épouvante qu'il a vécue.
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Drapeaux, fleurs et bougies en hommage aux victimes le 31 décembre 2016 devant le Bataclan à Paris © AFP/Archives MATTHIEU ALEXANDRE

L’angoisse est revenue. L’heure d’hiver. Les fleurs qui ont été à nouveau déposées, le matin de la Toussaint, aux pieds des barrières métalliques qui barrent encore l’entrée du Bataclan – ce lieu où autrefois je retrouvais des amis car, disions-nous, il était à équidistance de nos appartements respectifs – c’est-à-dire : à côté, tout proche. Un gyrophare, une sirène, quelqu’un qui court, ou encore un couple enlacé sur le trottoir, et voilà, ça recommence. Novembre. Un rappel, de cette nuit, de ces nuits-là. Désormais, je le sais : ici, toutes mes fins d’automne auront ce goût de catastrophe, d’effondrement, de désolation silencieuse.

Car nous avons appris à nous taire, nous les riverains. À ne pas trop emmerder les cousins, les amis, les parents, les collègues avec ça, « ça » dont ils ont partagé quelque chose pour avoir passé une partie de la nuit du 13 au 14 novembre 2015 devant la télévision, pour avoir lu les articles, pour s’être sentis concernés, indignés, informés. Nous, il ne faudrait pas trop la ramener, ne pas se prendre pour des victimes. « Tu étais bien au chaud », m’a-t-on même sorti une fois que j’insistais. Oui, et j’en ai encore froid.

Mais c’est vrai qu’il faisait bon, qu’il faisait doux ce soir-là. Juste avant. L’été indien n’en finissait pas, miraculeux. Un éditeur m’avait demandé d’intervenir en début de soirée, lors d’un débat qu’il organisait pour la sortie d’un livre : Les Norvégiens pacifistes. Devant un parterre d’étudiants scandinaves nous avions évoqué ce doux pays du Nord. Lors de la petite réception qui suivit, j’avais encouragé ces étudiants si sages, si timides, à embrasser la ville. À s’amuser, loin des rigueurs d’Oslo.

De la rue de Trévise où s’était tenu le débat, à Oberkampf où j’habite, j’ai remonté à pied les grands boulevards. Les terrasses étaient pleines, comme si tout ce que la ville comptait de jeunesse s’était donné rendez-vous dehors. Comme d’habitude, je me suis amusé à compter les Spritz dont l’orangé colore les tables. Je me souviens très bien d’avoir pensé au titre d’Hemingway, si juste : Paris est une fête. Les jours qui suivront, la référence fera florès.

Lisez la suite sur le blog d’Olivier Prévôt.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 14 Novembre 2016 à 15h55

      Hannibal-lecteur dit

      Le témoignage “poignant” d’un timoré qui n’a rien risqué à part craindre de manquer de croissant au petit déjeuner, mais qui a quand-même eu peur. Je me marre. Et qui rencontrant un muslim sinon agressif, au moins padamalgam particulièrement mal venu à cet instant, s’est contenté de se lamenter de son attitude. Un couard tellement prisonnier de sa couardise qu’il l’étale !
      …Comme exemple à ne pas suivre? 

    • 14 Novembre 2016 à 13h34

      persee dit

      La logorrhée,. Je précise . Il n’est pas nécessaire de traduire l’émotion, la douleur , l’indignation par cette mortification , cet apitoiement malsain , sur ce dolorisme institutionnalisé, cette “dynamique ” qui pousse les gens vers la dépression au lieu de les galvaniser vers une décision , vers une action . C’est comme si on châtrait la conscience du peuple. Suis-je abstrait ?

      • 14 Novembre 2016 à 16h00

        Hannibal-lecteur dit

        Oh non, vous êtes clair, et vous avez raison : les lamentateurs euh ça existe ça se vautrent dans la sentimentalité qui ne débouche même pas sur une thérapie pour les traumatisés. Ils feraient mieux de prôner la rēvolte…

    • 14 Novembre 2016 à 11h36

      persee dit

      La mise en scène de ce drame , par le pouvoir en place et le logorrhée médiatique , est une insulte permanente à la dignité humaine et je la trouve répugnante? Non nous ne sommes pas des brebis destinées à l’abattoir ; Comprenez vous que cette posture victimaire est révoltante . le dernier avatar de ce christianisme dégénéré qu’est le socialisme .

    • 14 Novembre 2016 à 5h56

      bu2bu dit

      Sancho machin casse vraiment les burnes, à ne pas vouloir comprendre. Donc, en gros :
      L’ISLAMOPHOBIE EST UN DEVOIR MORAL, CIVIQUE, INTELLIGENT ET DE BON SENS, ET DEVRAIT ÊTRE OBLIGATOIRE ET INSCRIT DANS LA CONSTITUTION.
      C’est clair là ou bien ?
      De même que les combats contre le nazisme et le communisme sont devenus des évidences historiques, de même le combat contre l’islam,une abomination bien pire que les deux totalitarismes précédents, est une nécessité vitale.

      • 14 Novembre 2016 à 8h05

        eclair dit

        idiot comme reflexion.

        une phobie est une peur irraisonnée.

        Le terme d’islamophobie est brandi et fabriqué par les défenseurs de toutes les pratiques de l’islam.

      • 14 Novembre 2016 à 14h37

        Sancho Pensum dit

        C’est clair que vous êtes un con.

    • 14 Novembre 2016 à 0h29

      GigiLamourauzoo dit

      On a quand meme gagné 2-0 contre l’Allemagne ce jour là.

    • 13 Novembre 2016 à 23h24

      Martini Henry dit

      C’est beau le socialisme… Où l’on apprend que le discours de Michaël Dias, fils d’une des victimes des attentats, que l’on cite partout pour sa tolérance et son ouverture d’esprit, a été relu et corrigé par l’Elysée…
      Mais dans quel monde vivons-nous?
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/11/13/97001-20161113FILWWW00192-13-novembre-le-fils-d8217une-victime-se-plaint-de-ne-pas-pouvoir-parler-librement.php?xtor=EPR-211