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Banques Centrales au bord de la crise mondiale

Publié le 22 juillet 2010 à 6:00 dans Brèves

Ils ont fait feu de tout bois! Je parle bien sûr de nos Banquiers Centraux aujourd’hui parfaitement conscients que plus de baisses de taux quantitatives ne serviraient en rien à nos pauvres économies décharnées. Faisons donc notre deuil des stimuli fiscaux et éliminons de notre vocabulaire les expressions de “sauvetages bancaires” et même de “too big to fail” car nos Etats n’ont tout bêtement plus les moyens de soutenir leurs économies et encore moins de renflouer des établissements financiers … précisément trop massifs pour être sauvés! Les déséquilibres et autres excès orgiaques aux sources mêmes de la crise ayant débuté il y a maintenant trois ans, je veux dire ces endettements massifs du monde de la finance, des ménages et autres entreprises du secteur privé…loin d’avoir été résorbés par des mesures énergiques ont été rejoints par les endettements souverains à la faveur des mesures-miracles keynésiennes! Et voilà donc celui que l’on qualifie d’oiseau de mauvaise augure – Roubini – refait son apparition en prévoyant pour ces 12 prochains mois une croissance mièvre de l’ordre de 1,5% pour les Etats-Unis et une stagnation en bonne et due forme pour l’Europe. Nos pays avaient-ils un besoin vital de “deleveraging”, c’est-à-dire de se dépouiller peu à peu de leurs dettes? Qu’à cela ne tienne: nos Gouvernants ont cru réveiller les morts en insufflant encore et plus de dettes!

Comment donc compenser aujourd’hui cette consommation mondiale en berne si ce n’est en exhortant les pays épargnants (Chine, Allemagne…) à prendre le relais afin de tenter de sauver la demande mondiale et de soutenir la croissance globale? De fait, la Chine elle-même ralentit inexorablement puisque sa croissance devrait se situer cette année autour des 7% par rapport à 11% l’an dernier! Mauvaise nouvelle pour l’ensemble de la région Asiatique qui voit donc son moteur chinois ralentir, très mauvaise nouvelle pour les bourses mondiales qui connaîtront très prochainement une onde de choc violente qui déstabilisera encore plus nos économies avec, à la clé, une probable et nouvelle récession. La dynamique du second semestre 2009 a définitivement disparu, attachez vos ceintures !

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  • 23 July 2010 à 2h41

    pirate dit

    “Comme toujours, dans les pays régis par l’économie dite ‘libérale’, quand les entreprises privées sont en bénéfices, elles repoussent toutes les interventions de l’Etat mais, quand elles sont en perte, elles ne manquent jamais de l’appeler au secours’”

    Excellent Roba, et vous voyez, on a beau expliquer aux libéraux que leur système aurait sérieusement besoin d’être régulé, réglementé et que non le profit ad nauseam n’est pas possible, ils continuent de croire à leur propre sornette en expliquant que hein, tout ça c’est à cause des charges qu’elles sont trop grosses, de la délocalisation qu’elle devrait être taxé, la désindustrialisation qu’elle est pas juste.
    Non les mecs, c’est votre système qui ne fonctionne pas, et là il est entrain de claironner son agonie.

  • 22 July 2010 à 20h58

    expat dit

    @ Rocardo : je n’ai pas tout lu sur le fil mais ça “Les Anglais devraient faire à Keynes comme à Cromwell:déterrer son cadavre et ficher son crâne sur un pieu à l’entrée de Londres”
    Oh yes !

  • 22 July 2010 à 20h58

    Souris donc dit

    @ Rocardo

    “L’Ours,Souris,je vous aime beaucoup,mais je suis désespéré par vos obsessions sur les délocalisations et la désindustrialisation”

    Ne désespérez pas !
    En fait, où que ce soit dans le monde, un consommateur cherche à payer moins cher pour une qualité égale. Dans les pays développés comme dans les pays en développement. Quand l’offre ne nous convient pas, nous différons ou renonçons à notre achat. Il n’y a pas de consommateur citoyen ou autre faribole dérisoire.
    Une offre bon marché et de qualité trouve de la demande.
    Dans un pays émergent, les gens n’ont aucune protection, aucun salaire minimum, aucun syndicat, peu de réglementation. Ils constituent donc un réservoir de main d’œuvre permettant à ceux qui les emploient de réaliser des marges très confortables tout en vendant moins cher.
    Les pays européens ne peuvent pas être compétitifs, même avec des marges bénéficiaires bien plus faibles.

    Et remédier au chômage qui en résulte ne se décrète pas.

    En fait, ce n’est pas la désindustrialisation qui est préoccupante, mais l’impossibilité de proposer du travail à tout le monde, et le coût du chômage en indemnités, sans parler du coût social.
    Bien d’accord sur les causes structurelles que vous évoquez. Et qui aggravent le phénomène en France.

  • 22 July 2010 à 19h01

    L'Ours dit

    rocardo,

    en fait, ma thèse n’est pas une volonté farouche contre les délocalisations. Je dis simplement que tant que ce seront les entrepreneurs/employeurs qui auront à dos toutes les charges pendant que les entrepreneurs/non employeurs de même dimension n’en n’auront aucune, les seconds seront les voleurs des premiers jusqu’à épuisement de l’économie intérieure.
    Comment? Pour mieux comprendre, prenons deux entreprises qui font le même produit (mais il faut voir cela au-delà du même produit et de façon macro économique à l’intérieur d’un seul pays), l’entreprise A et B ont toutes deux cent employés. B ferme, va en Chine et monte une structure de vente en France avec un seul employé. Résultat: A fournit cent clients à B plus tous les clients payés par les caisses toujours financées par A pendant que B ne fournit qu’un seul client à A et rien par les caisses.
    Vous voyez, ça ne peut fonctionner que tant qu’il y a des secteurs d’activités nouveaux qui vont embaucher les employés délaissés par A, mais un déséquilibre dangereux a été créé.
    Solution, des charges ratio inversement proportionnelles au nombre d’employés, ce qui équilibrerait le financement des futurs consommateurs.

  • 22 July 2010 à 18h51

    rocardo dit

    J’avais déjà dénoncé cette lubie de “désindustrialisation”,et Eclair m’avait dit que je ne comprenais rien à l’économie.Quelle ne fut pas ma satisfaction quelques jours plus tard en lisant un article d’Alexandre Delaigue sur le site Econoclaste qui disait la même chose que moi sur le sujet!
    De même,quand on parle croissance de pays émergents,la plupart ont en tête l’exemple de la Chine,avec son énorme excédent commercial.Toujours le bon vieux mercantilisme de Colbert,dont la fausseté et la nocivité ont été démontrées depuis longtemps.Pourquoi personne ne regarde l’Inde,dont la croissance n’a rien à envier à la Chine,avec un déficit commercial constant?
    En fait,un gros excédent commecial signifie une croissance sous optimale(la croissance serait plus forte si on se rapprochait de l’équilibre).

  • 22 July 2010 à 18h31

    rocardo dit

    Bon,évidemment,ma dernière phrase était une bête provocation:Keynes estimait qu’au-delà de 35% du PIB en dépenses publiques,on était en économie socialiste.Et son but en augmentant beaucoup(mais TEMPORAIREMENT) le déficit budgétaire était de créer une période limitée d’inflation pour BAISSER les salaires réels(voir le proverbe:en période d’inflation,les salaires prennent l’escalier et les prix l’ascenseur).Mais ce n’est que pour les périodes de récession,soit 2-3 années sur 10.Dès que la reprise reprend,on doit revenir à l’équilibre,voire à l’excédent budgétaire.Ce qu’avait très bien su faire Clinton.
    L’Ours,Souris,je vous aime beaucoup,mais je suis désespéré par vos obsessions sur les délocalisations et la désindustrialisation.Le chômage français,qui a démarré au mitan des années 70,pour être aussi incrusté,a forcément des causes structurelles:une protection exagérée d’une partie du salariat(fonction publique et parapublique pléthorique comparée aux autres pays européens,un salaire minimum élevé,des entraves réglementaires mutipliées au licenciement font trinquer ceux qui entrent dans la population active ou en sont exclus.Cela explique qu”en France,le chômage des jeunes et des vieux soit plus important que dans les autres pays européens,et que la durée des périodes de chômage soit beaucoup plus longues.

  • 22 July 2010 à 16h46

    kacyj dit

    rocardo dit :
    22 juillet 2010 à 10:03
    “Le moteur de l’économie n’est pas la consommation,c’est l’investissement.
    Les Anglais devraient faire à Keynes comme à Cromwell:déterrer son cadavre et ficher son crâne sur un pieu à l’entrée de Londres.”
    .
    Je sais bien que certains agitent Keynes comme un épouvantail antilibéral. Mais je vous suggère de revoir ses écrits. Vous seriez surpris de voir le rôle qu’il attribue à l’investissement, essentiellement public je vous l’accorde.
    .
    Quant au moteur de l’économie, vous pouvez toujours investir mais comme le souligne l’Ours, il faudra bien qu’il y ai t des acheteurs au bout de la chaîne, si possible avec un minimum de pouvoir d’achat. Un moteur, c’est suffisant pour un système simple. Pour un système plus complexe, il est préférable de multiplier et d’équilibrer les puissances motrices.

  • 22 July 2010 à 12h01

    jerome dit

    @ souris
    Des centaines de millions de chinois, qui vivent encore comme au moyen age dans les campagnes, ne sont pas inclus dans les stats du PIB parce qu’ils ne font pas partie de l’economie moderne. La croissance chinoise phenomenale c’est avant tout l’entree dans l’economie de dizaines de millions de chinois des campagnes – qui eux memes au passage n’y gagnent pas forcemment a court terme en qualite de vie.
    J’ai lu, mais c’est a verifier, que l’entree de ces millions de paysans dans l’economie correspond a 7-8% de croissance d’ou la necessite vitale du regime d’avoir toujours une croissance superieure a ca.

  • 22 July 2010 à 11h54

    Souris donc dit

    @ jerome

    Je ne comprends pas comment vous passez de stats démographiques concernant l’exode rural chinois au PIB.
    Si la croissance devient nulle, ils ne peuvent plus racheter de dette US.
    Chine explosive, USA en dépôt de bilan comme nous : irait-on vers un monde sans croissance, étale, un rêve écolo-bobo ?

    Vous avez passé de bonnes vacances, Fatback ?

  • 22 July 2010 à 11h51

    L'Ours dit

    “Le moteur de l’économie n’est pas la consommation,c’est l’investissement.”

    tout dépend où on situe le moteur.
    Bien sûr qu’il faut des investissements, sinon rien ne se passerait. Pourtant ils risquent d’augmenter la dette dans un premier temps (l’entreprise emprunte à la banque, la banque délire, l’Etat paye en empruntant, et la ronde folle continue).
    Mais rien, absolument rien ne tourne s’il n’y a pas: consommation.
    Et pour qu’il y ait consommation, il faut que l’acheteur ait des munitions.
    Celles-ci ne sont fournies que par un travail ou des caisses (maladie, chomage, retraite…)… On revient au départ.
    Mais les entreprises vont éviter ces frais en se délocalisant pour revenir ensuite rechercher des clients qui existent de moins en moins puisque justement il n’y a plus de travail puisque les entreprises sont parties. Et si elles étaient restées, elles seraient mortes puisque rien ne les protégeait.
    Et après cela, on s’étonne d’être en crise.

  • 22 July 2010 à 11h41

    jerome dit

    @ souris
    Les chiffres chinois sont trompeurs. La croissance chinoise s’est avant tout l’entree dans l’economie de millions de chinois qui etaient jusqu’a present dans une economie traditionnelle et donc hors statistiques. 7% ca correspond justement a l’augmentation numerique de ces travailleurs sortis des campagnes – cela signifie donc une croissance reelle nulle.
    Avec en plus la pression sociale qui monte, une classe moyenne qui revendique de plus en plus de libertes, des islamistes a l’est, des tibetains au sud, etc… la Chine peut exploser a tout moment.

  • 22 July 2010 à 11h03

    fatback dit

    “Les déséquilibres et autres excès orgiaques aux sources mêmes de la crise ayant débuté il y a maintenant trois ans”
    Ils ont débuté bien avant comme le souligne très justement l’article proposé par expat plus bas.
    .
    Les injections massives de liquidités à des taux fixés arbitrairement par les banques centrales suivies de politiques restrictives destinées à corriger les effets de leurs propres erreurs déséquilibrent nos marchés financiers depuis – au moins – 60 ans.
    .
    Les politiques de sauvetage systématique des banques ont permis à ces dernières de réaliser des profits gigantesques sur le dos du contribuable depuis – au moins – la crise des Saving and Loans des 70s.
    .
    Enfin, les politiques visant à encourager l’accession à la propriété datent du New Deal avec un renfort massif sous les présidences Clinton et W Bush.
    .
    En quoi cela est-il nouveau ?

  • 22 July 2010 à 10h41

    Souris donc dit

    @ Rocardo

    On s’inquiétait de la surchauffe en Chine, maintenant on s’inquiète du “ralentissement”, 7% de croissance, excusez du peu…
    Récession inévitable ? En tous cas redistribution des cartes et basculement du pouvoir à Pékin.
    Nous aussi nous avons connu la surchauffe : grâce à l’endettement vertigineux, cette baguette magique permettant de différer la résolution de tous les problèmes et grâce aux biens d’équipements à bas coût venus de Chine : étourdissante augmentation du pouvoir d’achat et du bien-être dans les classes moyennes que tout le monde avait fini par considérer comme normale et allant de soi.
    Eh bien, non. Retour à la réalité. Tout se paie et le moment est venu. Chômage par désindustrialisation, mise en péril des systèmes de protection par l’immigration inconsidérée et le papyboom, symptômes les plus visibles.
    Fin de l’insouciance, en tous cas.

  • 22 July 2010 à 10h32

    Michel Santi dit

    A rocardo: ou voyez-vous que j’ai écris que les endettements des Etats datent de 2008?
    A mon humble avis, prenez la peine de lire l’article et, par ailleurs, je ne cesse depuis de nombreuses années à dénoncer les relances Keynésiennes.
    Merci quand même de votre contribution

  • 22 July 2010 à 10h03

    rocardo dit

    Cet article a tout faux,et Expat a raison:l’endettement croissant des grands pays développés(l’endettement étatique) est très antérieur à la crise de 2008.
    Ce problème se double d’un endettement privé aux EU seulement.
    Nous sommes en face d’une masse de mauvais in vestissements(et des dépenses étatiques supérieures à 35% du PIB sont du malinvestissement) qui doivent être ramenés à leur valeur réelle,zéro pour certains.Tant que ce dégraissage n’aura pas été fait,la vraie reprise ne pourra redémarrer.
    Le moteur de l’économie n’est pas la consommation,c’est l’investissement.
    Les Anglais devraient faire à Keynes comme à Cromwell:déterrer son cadavre et ficher son crâne sur un pieu à l’entrée de Londres.

  • 22 July 2010 à 9h43

    Roba dit

    Chez les bouquinistes, il arrive que l’on trouve un petit volume édité en 1942 (! Horresco referens!) aux Editions de la Toison d’Or. Ecrit par un certain Francis Delaisi, il porte le titre évocateur de ‘La révolution européenne’ et décrit entre autres le Krach de 1929. On peut y lire: (page 63): “Comme toujours, dans les pays régis par l’économie dite ‘libérale’, quand les entreprises privées sont en bénéfices, elles repoussent toutes les interventions de l’Etat mais, quand elles sont en perte, elles ne manquent jamais de l’appeler au secours’.
    Le reste du livre est à l’avenant. Politiquement incorrect, il se permet même de proposer des conseils et des solutions pour l’ économie mondiale.
    Il est heureux que la victoire alliée de 1945 ait permis de mettre pareils brûlots sous le boisseau.

  • 22 July 2010 à 9h29

    jerome dit

    Quoi qu’on fasse, meme si on prend les bonnes mesures et qu’on mene la politique economique la plus parfaite imaginable, les 2-3 prochaines annees risquent d’etre assez dures.
    Et comme je doute que les gouvernements n’appliquent la meilleure politique possible, surtout quand on voit Obama qui continue a s’accrocher a l’absurdite d’une relance par la depense publique qui ne fait qu’empirer les choses, je pense que cette decennie va etre terrible. Si ca ne finit pas avec une petite guerre, je serai etonne.

  • 22 July 2010 à 9h28

    Michel Santi dit

    A expat: la crise a bien démarré à l’été 2007, les déséquilibres ayant bien-sûr précédé de plusieurs années…

  • 22 July 2010 à 9h06

    expat dit

    “Les déséquilibres et autres excès orgiaques aux sources mêmes de la crise ayant débuté il y a maintenant trois ans”
    Mais non, ça a commencé bien avant, un article fort intéressant (désolée encore une fois en anglais) :
    http://www.city-journal.org/2010/20_3_financial-crisis-books.html

  • 22 July 2010 à 8h27

    DMonodBroca dit

    “Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger”

    Cette lapalissade peut se dire aussi : “il faut produire pour consommer et non consommer pour produire”.

    Il n’ont pas compris cela tous ceux qui ne voient notre salut que dans la consommation.