Bac: signe ta pétition d’abord! | Causeur

Bac: signe ta pétition d’abord!

La jeunesse, aussi, peut être un naufrage…

Auteur

Lyvann Vaté
est lycéen. Il tient le blog Lyvannvate.wordpress.com.

Publié le 21 juin 2016 / Société

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(Photo : SIPA.00639205_000020)

Qui a dit que les jeunes étaient incapables d’engagement ? Voilà une nouvelle qui devrait faire mentir les atrabilaires patentés qui se refusent à jeter sur la jeunesse le regard complaisant et fasciné qu’il est d’usage d’arborer. Derrière leurs écrans, ou à Nuit debout, les jeunes révolutionnent les voies démocratiques – nous dit-on. Par-delà la caricature de la jeunesse mort-née et apathique, se dégage une écume d’éternels rebelles scandalisés, folâtrement amusés par leur propre indignation. Et ils trouvent dans la pétition le moyen de satisfaire leur besoin de revendication.

Gare aux penseurs aigris qui croient que le baccalauréat n’a plus de valeur et qu’on se contente de le donner aux élèves en « phase » terminale : il est difficile, aujourd’hui, au point que pour l’anglais, plusieurs milliers d’entre eux ont demandé le retrait d’un texte jugé trop complexe. Apparemment, les rédacteurs de l’épreuve d’anglais n’ont pas retenu la leçon de l’an dernier. Ces adultes, hélas, n’écoutent donc rien et n’en font qu’à leur tête : ils s’obstinent ! Alors que déjà lors de la session 2015, des élèves avaient réclamé l’annulation de la question M qui comportait le verbe « to cope with », l’Éducation nationale a récidivé. « Où la scène se passe-t-elle ? », ont-ils osé demander. Précisons que le texte comportait l’indication Manhattan et que les élèves devaient donc déduire qu’il était question de New York. Cela valait bien une pétition.

Parfaitement « intraitable » !

La question requérait donc une culture assez large pour savoir que Manhattan est à New York ; et comme l’un des élèves le souligne dans un commentaire, cela demandait « des connaissances que nous ne possédons pas tous, même si cela paraissait évident. » Et puis on sent que le ton des pétitionnaires a pris en grade. Cette année, le texte de la supplique se limite à une phrase laconique : « Suite à la difficulté de la compréhension du texte A nous voulons une modification du barème » sonne comme une exigence pure et simple. On a dépassé le stade des revendications alambiquées de l’an passé, consternant monceau d’arrogance (« Nous demandons à rencontrer la ministre »), voire d’insolence (« Il est inadmissible de proposer des questions incompréhensibles ») et d’immaturité (« Nous demandons des points bonus » !). Percluse de fautes d’orthographe qui avaient beaucoup amusé les observateurs, la pétition de 2015 faisait état d’une question « intraitable » (le terme est impropre, mais passons…) et évoquait des « externalités négatives » sur le reste de la copie.

Quant au sujet de français des élèves de première, il y eut moins de grabuge que l’an dernier. Laurent Gaudé avait essuyé les foudres de certains élèves qui avaient peiné à commenter un extrait de son livre Le Tigre bleu de l’Euphrate, où l’on ne savait plus s’il s’agissait de l’animal ou du fleuve, ou des deux. Devant la virulence de la polémique, Actes sud avait publié un communiqué : « L’auteur joue sur l’homonymie entre le fleuve et l’animal pour enrichir la résonance de son texte. » Cette année, Dieu merci, nous autres L avons été pacifiques, car nous ne sommes pas passés loin de l’émeute : une coquille concernant la date de naissance de Jean Cocteau émaillait l’intitulé du sujet.

L’écrivaine Anatole France…

Quant au sujet des ES et S, il s’agissait d’un groupement d’oraisons funèbres, dont celle d’Anatole France qu’une partie non négligeable a pris pour une femme. Il y eut même des professeur-e-s (comme il convient de l’écrire si l’on préfère éviter le procès en sexisme) pour se féliciter de cette petite erreur, innocente, parce que cela mettait en exergue l’absence des écrivaines dans les sujets ! De « grands écrivains » écrivant pour la mort de « grands écrivains », ont ironisé certains pour signifier que la littérature patrimoniale est, en somme, un royaume de vieilleries, bien rances, bien pompeuses et bien mortes. Être un écrivain mort est aujourd’hui une tare.

Le discours, prononcé à la mort d’Émile Zola, commençait par « Messieurs » et il était question de « mâles louanges ». Voilà qui suffit pour incendier la poudrière féministe et relancer la critique sur la représentation des femmes dans les épreuves. Et là, en plus, vous avez pris des misogynes qui disent « Messieurs » au lieu de « Mesdames, Messieurs » ! On n’a pas idée. Et pourquoi pas demander à nos élèves de plancher aussi sur A mademoiselle, le poème de cet obscur machiste – qu’il faut être assurément pour employer un pareil mot –, Alfred de Musset (et qui, soit dit en passant, est mort lui aussi) ?

En 2017, je passerai le baccalauréat d’anglais : et je trépigne déjà d’impatience à l’idée de découvrir quelle sera l’impardonnable faute dont le système m’aura lésé – en espérant, que cette fois-ci, ils auront compris la leçon, on ne va pas rédiger des pétitions tous les ans, non plus !

Finissons cependant sur une note positive : cette énième et dérisoire pétition montre tout de même que la France n’est pas totalement envahie par la culture américaine, puisqu’il est encore des candidats au baccalauréat qui ne savent pas que Manhattan est à New York – et qui sont prêts à rédiger une pétition pour s’en enorgueillir…

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 23 Juin 2016 à 17h50

      IMHO dit

      Encore autre chose: je viens de lire les questions du brevet des collèges, elle ne sont vraiment pas compliquées et elles sont posées à des élèves qui ont quinze ans.
      Les questions du Baccalauréat sont beaucoup plus difficiles, et les lycéens qui doivent y répondre n’ont que trois ans de plus que les collégiens du brevet.
      Est-on certain que dans ces trois ans, qui sont aussi ceux de la maturation sexuelle et d’un très grand désordre mental et psychique, la grande majorité les adolescents sont capables d’acquérir vraiment ces savoirs en plus et surtout à apprendre à s’en servir ?
      Ne serait-il pas raisonnable de chercher ceux parmi les lycéens qui sont capables d’apprendre des sciences difficiles, et d’abord parce ça leur plait, et réserver le bac à ceux-là, qui serait ensuite certain par contrat que leur intelligence sera bien employées, à des tâches dignes d’eux et dont il déciderait .
      Et faire un brevet supérieur pour les autres, suivie de l’acquisition d’une expertise précise .
      Trier, cultiver, employer, et non confondre,gaspiller,abandonner

      • 23 Juin 2016 à 19h32

        i-diogene dit

        Adepte du tri sélectif..?

        Qui trie qui..?

        C’ est vraiment n’ importe quoi:

        j’ ai un fils qui n’ a jamais rien fichu jusqu’ au BAC, qu’ on ne voyait jamais ouvrir un livre, mais il se maintenait, bon an/mal an, autour de la moyenne..

        Après le BAC, il a fait un BTS et une licence de construction mécanique..
        Aujourd’hui il travaille au BE d’ une filiale de Facom en Suisse pour la conception de nouveaux outils..

        Je crois surtout qu’ on devrait faire un meilleur tri dans les candidats à l’ enseignement, et, en tout cas, leur donner une sérieuse formation pédagogique ainsi qu’ un suivi..!^^

        • 23 Juin 2016 à 19h55

          IMHO dit

          Trier ne veut pas dire sélectionner, choisir et mettre au rebut, mais classer et reclasser: votre fils aurait eu confortablement son brevet du lycée
          et ensuite il aurait fait exactement ce qu’il a fait: acquérir une expertise précise .
          C’est quand même incroyable à a quel point les Français ne comprennent pas ce qu’on leur dit !

        • 24 Juin 2016 à 20h24

          i-diogene dit

          Depuis quand les enseignants sont-ils en charge d’ effectuer le moindre tri..?

          C’ est carrément du bolchevisme Totalitaire..

          Il n’ a jamais redoublé( j’ ai toujours refusé), il n’ a jamais été aiguillé sur une voie de garage, j’ ai refusé également..

          Le drame, c’ est qu’ étant très tonique et très vif d’ esprit, il passait le plus clair de son temps à amuser la classe..

          Ce n’ est pas de sa faute si la majorité des enseignants manquent de pédagogie et d’ humour et pratiquent leur métier comme un âne récite sa leçon apprise par coeur..

          Avec 7 enfants, j’ en ai vu des enseignants: des biens, des moins biens, des abrutis, deux pervers, et une quantité impressionnante de dépressifs..

          De là à leur déléguer l’ orientation des enfants, il faudrait être totalement inconscient..

    • 23 Juin 2016 à 10h44

      C. Canse dit

      L’utilisation de “Star Wars” dans la rédaction du sujet de physique vient-elle d’un arrangement entre les auteurs et le Ministère de l’Éducation Nationale ?
      Ou la France doit-elle s’acquitter des droits d’auteurs ?

       Pourquoi y eut-il encore une erreur dans l’impression du sujet de maths, signalée au bout de deux heures, les auteurs n’ont-ils pas le temps de se relire ni les imprimeurs ?

      • 23 Juin 2016 à 14h51

        Mouah dit

        Une “coquille”, surtout de cette taille, dans un sujet de bac est inadmissible ! La commission d’élaboration des sujets y consacre tout de même pas mal de temps, sous la direction d’un,e ou plusieurs inspectrices,teurs pédagogiques, et les sujets sont ensuite “cobayés” par d’autres professeures,eurs, sous la houlette des mêmes.

        • 23 Juin 2016 à 14h54

          Parseval dit

          Et en plus le sujet était écrit en Word…

      • 23 Juin 2016 à 15h13

        Flo dit

        L’erreur dans l’énoncé de math AURAIT été signalée au bout de deux heures. C’est ce qui se dit sauf que ce n’est pas vrai. Le fils d’une amie n’a été prévenu de rien du tout.

        • 23 Juin 2016 à 15h18

          C. Canse dit

          Le mien le fut au bout de deux heures minimum, bon que votre amie et son fils se rassurent, il y aura des consignes d’”indulgence” ou de rèvision du barême.

        • 23 Juin 2016 à 15h20

          C. Canse dit

          Mais ce ne sont que des conjectures.

        • 23 Juin 2016 à 15h26

          Flo dit

          C’est bien possible mais ça fait drôlement désordre. Cela dit ce n’est pas la première fois que ça arrive.

        • 23 Juin 2016 à 15h32

          C. Canse dit

          Évidemment, au point où nous en sommes…
          Un peu plus, un peu moins de désordre… 

        • 23 Juin 2016 à 15h41

          Flo dit

          :-D

        • 23 Juin 2016 à 19h53

          Mouah dit

          Si le SIEC (Service interacadémique des examens et concours) prévoyait qq exemplaires du sujet en rab’ par épreuve (ce qui, en regard du coût du bac, serait dérisoire), les profs de maths qui surveillent l’épreuve, et qui auraient forcément eu la curiosité d’y jeter un oeil, n’auraient pas mis deux heures à repérer l’erreur.
          Quant aux inspectrices,teurs qui sont “de garde” au ministère au cas où, et qui ont forcément un sujet, elles/ils auraient pu avoir la même curiosité, à défaut d’avoir fait preuve de la vigilance qui s’imposait AVANT le jour J…

        • 23 Juin 2016 à 19h56

          Mouah dit

          Evidemment, qu’il y aura des consignes d’indulgence… supplémentaires :)
          Si j’étais mauvais esprit (ce qui est loin d’être le cas, ha ha ha !), je dirais que ça a été fait exprès pour pouvoir donner encore plus de consignes d’indulgence que d’habitude.

        • 23 Juin 2016 à 21h26

          C. Canse dit

          À Mouah

          Vous aussi pensez que cette bévue n’en est pas une, mais qu’éventuellement on n’aurait pas corrigé la coquille à dessein.

          De toute manière, des consignes d’indulgence seront données car quelques candidats auront rendu leur copie avant que l’erreur n’ait été corrigée puisque la “découverte” fut annoncée deux heures après la distribution des sujets, qui pourrait pénaliser les rapides ? 

      • 23 Juin 2016 à 15h15

        C. Canse dit

        À Mouah et Parseval

        Le ministre de l’Éducation Nationale n’avait pas donné lecture de ce sujet-là de maths d’où la coquille :-) ; quant à Microsoft, vous savez bien quel est le problème… D’autant que les profs n’enseignant  pas le traitement de texte avec sont rappelés à l’ordre par les Inspections Acad., combien le coût de la soumission à Microsoft ?

    • 22 Juin 2016 à 18h56

      C. Canse dit

      À Lyvann Vaté

      Ça y est, les vacances !
      La collante, le 5 juillet…
      Un gros M… et une magnifique mention !

      En attendant votre prochain article. :-) 

      • 23 Juin 2016 à 16h58

        Lyvann Vaté dit

        Il reste l’oral de français : lundi 27 !
        Merci pour tous les retours sympathiques 

        • 26 Juin 2016 à 16h32

          C. Canse dit

          À Lyvann Vaté

          M… pour cet oral.  

    • 22 Juin 2016 à 18h18

      i-diogene dit

      Excellent article..!

      Il serait grand temps de secouer l’ Académie et lui mettre un coup de plumeau au passage, afin de la dépoussiérer et faire tomber les papi-vores vicieux..!^^

    • 22 Juin 2016 à 8h35

      Marcus Graven dit

      Dans le corpus de documents pour l’épreuve d’anglais, il y avait non seulement Manhattan, mais aussi Hudson et Harlem dans le premier texte. De plus, le second texte et la photographie mentionnaient clairement New York.
      Pour ne pas comprendre, il fallait être soit demeuré, soit un glandeur (ou une glandeuse) de haut vol. Je crains que la majorité des lycéens appartiennent à l’une ou l’autre des catégories. 

      • 22 Juin 2016 à 8h53

        Parseval dit

        Et votre avis sur cette question de physique ?
        https://pbs.twimg.com/media/CleCQlwXIAAEdaJ.jpg

        • 22 Juin 2016 à 13h00

          durru dit

          Allez-vous nous expliquer que New York/Manhattan/Hudson/Harlem n’étaient pas dans les programmes d’anglais, ni même dans celles d’histoire-géo de lycée?
          Pour rappel (?), le bac est censé vérifier l’assimilation des enseignements prodigués jusqu’au lycée. Je ne vois nullement pourquoi une question qui reprend des informations (basiques, s’il y en a) présentes dans les cours devrait faire une quelconque polémique.
          D’expérience, le qualificatif de “glandeu-r/se” est tout à fait approprié. Et celui de “demeuré(e)” s’applique aussi à de larges populations.

        • 22 Juin 2016 à 13h02

          C. Canse dit

          Réponse de mon aîné : “Oui, c’était facile.”

        • 22 Juin 2016 à 15h11

          C. Canse dit

          Les USA figurent au programme de géo de Terminale, les 5 quartiers de NYC sont appris au collège.
          On peut pardonner aux oublieux, candidats au bac stressés les pôv. petits, pas leur impolitesse mais étaient-ils si nombreux à pétitionner ?

           

        • 22 Juin 2016 à 15h31

          IMHO dit

          Le spectre 1 : septuplet, singulet, doublet, puisque
          la formule brute de l’éthanol est C2H6O .
          Pourquoi un septuplet au lieu d’un sextuplet ?
          Peut-être parce qu’un des atome H est lié à un atome O
          dans le radical OH.
          Je n’ai jamais fait de chimie organique .
          J’ai seulement consulté Wiki pour avoir une idée de ce qu’est la RMN, je m’en doutais, et vérifié la formule de l’éthanol, molécule qui m’est d’ailleurs familière.
          Donc je m’interroge: la bonne réponse était-elle censée venir d’une maîtrise au moins théorique de la technique de la RMN en chimie organique, ou d’une filouterie intellectuelle, si j’ai trouvé la bonne réponse .
          Dans les deux cas, cette question ne vaut pas le diable, car ou bien elle oublie que 15 % seulement des êtres humains ont un QI égal ou supérieur à 115, et qu’une partie de ces 15 % seulement ne trouve pas la spectroscopie ennuyeuse, ou bien elle veut vérifier la débrouillardise des lycéens, et ce n’est plus une question de chimie .
          Et en plus en répondant au hasard on a une chance sur deux de donner la bonne réponse: donc zéro pointé en docimologie

        • 22 Juin 2016 à 18h04

          Parseval dit

          Ah, non :-(
          C’est la formule développée, l’organisation spatiale, qui compte, les groupes CH₂ qui résonnent en fonction des groupes CH₃ et réciproquement.
          https://twitter.com/brusicor02/status/745229964170137600
          singulet : le H isolé du -OH / quadruplet : les H du CH₂ qui voient le CH₃ / triplet : les H du CH₃ qui voient le CH₂

          Apparemment, la RMN c’est nouveau au Lycée et c’est du saupoudrage.
          Ça doit faire partie d’une curieuse tactique : on dynamite les bases (boom, les maths, la physique et le français) mais on rajoute, façon poudre aux yeux, des notions du supérieur (RMN, proba/stats avancées, narrateur homodiégétique, &c.) pour dire que le niveau monte.

        • 22 Juin 2016 à 19h42

          durru dit

          “une curieuse tactique : on dynamite les bases (boom, les maths, la physique et le français) mais on rajoute, façon poudre aux yeux, des notions du supérieur (RMN, proba/stats avancées, narrateur homodiégétique, &c.) pour dire que le niveau monte”
          On dynamite bien avant: orthographe, grammaire, tables de multiplication, etc, etc.
          Et je ne vois pas ce qui est curieux là-dedans, car le nivellement par le bas est le moyen le plus sûr d’aboutir à un égalitarisme parfait. Sans parler d’autres avantages pour les politiques de profession.

        • 22 Juin 2016 à 19h47

          IMHO dit

          durru, on t’aime bien, mais lâche-nous un peu !

        • 23 Juin 2016 à 12h52

          IMHO dit

          L’enseignement est une drôle d’industrie, quand même.
          Les autres industries examinent ce qu’elle peuvent faire avec les matériaux et le matériel qu’ils ont,
          ce que les acheteurs solvables demandent, et ce qui en restera à l’industrie.
          L’industrie de l’enseignement ne se soucie pas de cela, et en fait elle ne soucie de rien: ni de quelle partie des élèves est capable d’apprendre à se servir de tel savoir, et inversement ce qu’on peut apprendre à telle partie , ni ce que les élèves désirent savoir, ni ce à quoi ce qu’il auront appris leur servira .
          On ne ferait ainsi pas des brosse à dents, mais on prétends faire des adultes .
          On remplit le Gosplan, et ce faisant on évite au Comité Central de regarder comment sont les gens et ce qu’il font .
          L’enseignement, au moins en France, est une industrie du camouflage .

        • 23 Juin 2016 à 17h31

          i-diogene dit

          Bé oui, c’ est là toute la difficulté:

          - Adapter l’ enseignement aux besoins réels de la société..!

          - Cela sous-entend de bien évaluer la part de diplômés supérieurs qui seront nécessaires dans les secteurs primaires, secondaires et tertiaires au moins dix ans à l’ avance… L’ exercice , n’ est pas simple..

          - même chose pour les diplômes intermédiaires..!^^

          .. Quand on réalise la difficulté de réformer l’ EN en France, avec les enseignants qui renâclent à tout changement d’ orientation, cela devient n exercice encore moins évident..

          … On le sait: l’ EN n’ est pas assez réactif, tout comme le droit du travail ou la réforme du code des impôts, etc…

          Le conservatisme est une stratégie de looser..

          D’ autres pays sont plus réactifs, en particulier les pays émergents..

          J’ avais visité une école primaire à Pondichéry (Inde), et j’ en suis resté pantois:

          - les cahiers d’ école sont en Tamoul sur la page de gauche, et en anglais sur la page de droite.. Ce qui fait que les écoliers écrivent dans les deux langues.. Donc, dans deux alphabets différents..

          - Ils peuvent être interrogés indifféremment en tamoul ou en anglais..

        • 23 Juin 2016 à 18h52

          IMHO dit

          No, i-diogène, c’est exactement l’inverse : chercher comment il faut configurer la société pour y faire une place à chaque futur jeune adulte en fonction compte ce que qu’on pourra leur apprendre à faire avec les dons, de leur intelligence et leur aptitudes qu’ils ont .
          C’est une recherche subversive car elle remet en question tous les pouvoirs et tous les acquis, mais elle sera inévitable dans l’avenir, vu la clarté grandissante sur les faits .
          Commençons par interdire l’instruction obligatoire

        • 23 Juin 2016 à 19h08

          i-diogene dit

          IMHO,

          C’ est clair, tu as bien un raisonnement de fonctionnaire financé par l’ ETAT..!^^

          Les besoins ne dépendent pas du “don” de chacun, mais du contexte et de l’ évolution du marché mondial..

          L’ Etat étant financé par l’ activité économique, il est bien forcé d’ anticiper les besoins..

          C’ est EXACTEMENT ça, le drame français: la fonction publique doit être au service de la société et non-pas l’ inverse..
          Ce que tu proposes, c’ est du communisme totalitaire..!^^

          ..D’ ailleurs, où sont les syndicats..?
          Dans le fonction publique et les multinationales, donc dans des entités soit financées par l’ Etat, soit aidées par celui-ci..

        • 23 Juin 2016 à 20h16

          IMHO dit

          I-diogène, 8 % des Français ont un QI éntre 75 et 85, 35 entre 85 et 100, 20 entre 100 et 110, 15 entre 1110 et 115 et 15 au-delà .
          La question de départ est: que fera-t-on avec ceux qui peuvent apprendre à faire mais pas apprendre à comprendre ? avec ceux qui ne peuvent pas beaucoup apprendre et ceux qui ne peuvent pas apprendre à se servir des maths ou des algorithmes ?
          Ce n’est pas une question rhétorique, j’attends une réponse qui prouve un QI non-négatif .

    • 22 Juin 2016 à 8h23

      Aristote dit

      Il faut supprimer le bac et laisser aux universités le soin de choisir leurs étudiants.

      • 22 Juin 2016 à 9h01

        thd o dit

        Dans les pays où les universités choisissent leurs étudiants, US UK et Allemagne par exemple, l’équivalent du bac n’est nullement supprimé.

        N’avez-vous rien de mieux à faire que de multiplier déclarations incendiaires, half-baked proposals et provocations infantiles ? Aller vous tailler la barbe, par exemple ?

        Ils sont vraiment fous, ces Romains :

        http://www.bonjourlesmouettes.org/images/asterix-theatre2.jpg

        • 23 Juin 2016 à 14h38

          Aristote dit

          Aux US, j’y ai vécu 6 ans, il n’y a pas de bac.

          Au Royaume Uni (O level) comme en Allemagne (Abitur), il y en a un, mais ils ne ressemblent en rien à ce qu’est devenu le bac français. Il reste un examen sérieux destiné à trier les candidats à l’Université. Il est décerné à nettement moins que 80 % (!!!) des élèves et les universités sont libres de choisir le niveau de résultats des candidats qu’elles admettent. Pour entrer dans une université de premier rang en Allemagne, il ne suffit pas d’avoir l’Abitur, il faut l’avoir avec une moyenne nettement supérieure à 10.

          Je ne sais pas si mes déclarations sont incendiaires, mais votre information est très généralement déficiente.

          Le bac français ne sert plus à rien. L’avoir ne veut rien dire, mais ne pas l’avoir devient stigmatisant car il en faut vraiment une couche pour le rater. Un truc très pervers en fait. 

    • 21 Juin 2016 à 21h54

      Warboi dit

      Ils sont demeurés à 90% ? Mais tant mieux, tant mieux ! Aucun danger ne viendra jamais de ces décérébrés qu’un peu de pain et de jeux contentera à jamais. Au pire ils nous pondront de temps en temps un ersatz de nuit debout, autant dire rien, voire quelques caillassages d’hôpitaux pour enfants malades, où ils exprimeront le meilleur d’eux-mêmes. Nous ne remercierons jamais assez la gauche d’avoir enfanté ces godelureaux qui laissent toute la place à ceux qui ont compris depuis longtemps que le monde appartenait aux bosseurs et aux morts de faim.

      • 22 Juin 2016 à 11h14

        silco dit

        et puis la langue arabe étant imposée par MVBCM, plus de problême

      • 23 Juin 2016 à 20h19

        IMHO dit

        Les décérébrés vont venir te faire ta fête, Warboi .

    • 21 Juin 2016 à 19h08

      Mouah dit

      Je ne résiste pas au plaisir de vous faire admirer cette perle de la plus belle eau pêchée dans la pétition :
      “Parceque j’ai passer cette epreuve et oui je suis d’accord avec le fait que le Texte A était très compliquer et ne relevé pas du niveau de terminale.”
      Comme on aimerait lui répondre qu’elle non plus ne relève pas du et ne relèvera pas le niveau de Terminale !:)

      • 21 Juin 2016 à 20h37

        kelenborn dit

        Oui cela est inquiétant surtout qu’il s’agit de bacs de l’enseignement général!
        Cela dit, je m’interroge
        J’ai enseigné l’économie en Lycée jusqu’en 1986, puis, après avoir fait l’ENA j’ai de nouveau enseigné deux ans en fac de droit au milieu des années quatre-vingt dix.L’impression que j’ai eu était que les meilleurs, disons ceux qui réussissaient leur première année de droit soit un quart environ était bien meilleurs que les élèves qui ont passé leur bac fin des années soixante… Donc Ferry que j’aime pourtant bien exagérait. Cela étant, ayant eu l’occasion de travailler avec des profs de l’université de Poitiers (géographie)ils ont évoqué une “secondarisation ” du premier cycle du supérieur: il faut reprendre ce qui aurait du être acquis au lycée.On m’a dit qu’un décrochage aurait eu lieu vers 1998! En tout cas, en tant qu’enseignant, je n’avais jamais vu des élèves écrire pareillement y compris en classe de seconde.
        M K
        kelenborn.e-monsite.com

        • 22 Juin 2016 à 16h11

          Axiophilus dit

          A Kelenborn
          Il semblerait qu’entre aujourd’hui et la fin des années 60 l’écart entre les meilleurs et les moins bons se soit agrandi. Je m’explique: les programmes étant plus chargés et variés (introduction de l’étude de l’économie au lycée chose que je n’ai jamais connue) les meilleurs d’aujourd’hui ont une culture (surtout scientifique et économique) plus large que ceux des années 60. Ont-ils pour autant un meilleur esprit critique? Une bonne capacité de synthèse? Enfin, les moins bons me semblent nettement moins bons que les bacheliers rattrapés in extrémis des années 60. Surtout en section littéraire: là, le niveau s’est effondré. Les élèves de la section S sont souvent meilleurs littéraires que ceux de L. Je suis stupéfait de leur ignorance crasse. Mais l’enseignement y a sa part de responsabilité. Ma femme qui n’a pas son bac est capable de vous réciter des tas de poèmes classiques et incontournables de Ronsard, La Fontaine, Lamartine, Hugo, Musset, Baudelaire, tout cela appris bien avant la 2nde. Faites un test en terminale L et vous verrez!

    • 21 Juin 2016 à 19h02

      Mouah dit

      Sur la forme : voilà un papier comme on aimerait en lire plus souvent, voire simplement de temps en temps. Si l’auteur est vraiment lycéen et l’a écrit tout seul comme un grand (^^), c’est un véritable dithyrambe qu’il mérite ! Un bémol, un seul – alors que chez la plupart des journaleux, c’est un par phrase : “la faute dont le système m’aura lésé” est un contresens. Voilà qui ne devrait pas léser LV d’un parcours académique brillant !
      Sur le fond, dommage que celui-ci verse dans la diatribe anti-féministe.
      Enfin, sur la pétition elle-même :
      Elle a recueilli à ce jour moins de 15.000 signatures. La plupart des signataires évoquent la difficulté du texte A plutôt que la question sur Manhattan. Plusieurs ne l’ont signée que pour pouvoir la commenter sur le mode : vous n’avez pas honte de geindre, etc.
      Pour ma part, je fustigerais davantage le Ministère qui, l’année dernière ou il y a deux ans, a cédé à une pétition de ce genre en donnant l’ordre de noter les maths ou la physique sur 24 ou 26. Comment voulez-vous que les morveux, maintenant qu’ils connaissent la recette, ne se fendent pas d’une pétition pour un oui, pour un non ? C’est gratuit et ça peut rapporter…

      • 22 Juin 2016 à 17h58

        Lyvann Vaté dit

        Merci pour vos compliments. Oui, je l’ai écrit “tout seul comme un grand”, haha ! Je précise qu’il y a aussi une pétition intitulée Pour que les terminales arrêtent de se plaindre du bac 2016 :  https://www.change.org/p/minist%C3%A8re-de-l-%C3%A9ducation-nationale-pour-que-les-terminales-arr%C3%AAtent-de-se-plaindre-du-bac-2016 : à peine 1700 signatures pour l’instant…

        Et je suis pas “anti-féministe”. Seulement, il y  a eu des profs de lettres -féministes – qui en étaient à se réjouir qu’on puisse prendre A. France pour une femme pour mettre en évidence l’absence de femmes au bac ! Pour autant, j’ai tenté d’éviter “la diatribe” bien qu’il y ait de la dérision et de l’ironie, c’est certain.

        NVB n’a pas flanché l’an dernier – et pour l’instant cette année non plus : donc je me suis gardé de la fustiger !  

        • 23 Juin 2016 à 15h03

          Mouah dit

          Le ministère a bel et bien cédé sur les maths, voire les maths ET la physique. Cela devait être il y a deux ans. A vérifier, donc. Pour autant, je ne vous reprochais pas de ne pas fustiger la ministre, c’est moi qui le faisais, partant du principe que l’adulte, de surcroît “responsable” politique, est davantage à blâmer en l’espèce qu’une poignée d’ados.
          N’ayez crainte, la dérision et l’ironie ont été fort goûtées :)
          En vous souhaitant de bonnes vacances et surtout une excellente continuation dans la filière de votre choix.

    • 21 Juin 2016 à 18h58

      Lafaux dit

      “la critique sur la représentation des femmes dans les épreuves” il est également la le problème du féminisme actuelle elles sont plus sur de la représentation. Au baccalauréat ce sont plus les filles que les garçons qui sont diplômés d’ailleurs pour le scolaire les garçons ont des difficultés et très top… . Pour les filières comme le bac L ce sont les filles qui sont plus présentes la question sur l’orthographe cela doit aller ou alors elles sont maso.

    • 21 Juin 2016 à 18h41

      Parseval dit

      Repris d’ailleurs, deux questions de connaissances élémentaires évidentes (évidemment, ne cherchez pas avant de répondre…) :
      1) Où est la Silicon Valley (précisément)
      2) Un satellite à 5000 km du centre de la Terre, ça vous évoque quoi ?

      • 21 Juin 2016 à 20h13

        IMHO dit

        De mémoire:

        A San-José, l’agglomération derrière San-Francisco, sur la péninsule qui ferme la baie de San-Francisco

        A 5.000 km du centre de la Terre, le satellite est dans la Terre et
        fondu .

        • 21 Juin 2016 à 20h44

          Parseval dit

          Bravo !
          Moho, ça vous dit toujours quelque chose ?

      • 22 Juin 2016 à 6h47

        Archebert Plochon dit

        Aucune idée dans les deux cas, ça signifie que je suis stupide ? Ah, la joie des devinettes sur les petits faits arbitraires et précis, et qui enchantent les demi-habiles… Vous me rappelez pourquoi l’école m’avait semblé être un abîme (ou abyme, vous êtes tous deux du genre à avoir un avis arrêté sur la question) de bêtise suffisante.

        • 22 Juin 2016 à 8h49

          Parseval dit

          C’était justement le but de celui (DR CNRS info-maths) qui a posé ces questions.
          Savoir où est la SV, le rayon de la Terre ou que Manhattan est un quartier de NYC sont des “connaissances élémentaires évidentes” dont l’ignorance n’est en fait pas si scandaleuse que ça (relativement à votre activité, bien sûr).
          Les résultats sur 66 réponses : 10 % ignorent où se trouve la SV.
          Commentaire du sondeur : “10% des sondés, mes lecteurs étant plutôt diplômés++ du supérieur, ignorent où est la Silicon Valley. Pensez-y avant de moquer les lycéens !”

    • 21 Juin 2016 à 18h31

      Parseval dit

      « mais passons… »
      Ah ! L’expression préférée des journalistes de Causeur.
      Une future recrue ?

      • 21 Juin 2016 à 20h18

        thd o dit

        Si à 16 ans on n’a pas rédigé un article pour Causeur, on a quand même raté sa vie…

      • 21 Juin 2016 à 20h30

        IMHO dit

        Il a du répondant, le petit, voyez son blog, et il est encore lycéen, c’est étonnant, il aura un jour le fauteuil de Finkielkraut, ça ne fait pas un pli .
        Cependant, si un parti autoritaire arrive au pouvoir, il y a un risque de déraillement.

        • 21 Juin 2016 à 20h48

          Parseval dit

          J’ai vu.
          Va y avoir des meurtres, comme dans Le Fauteuil hanté

        • 22 Juin 2016 à 10h28

          IMHO dit

          J’ai relu les articles de son blog et celui ci-dessus, et je ne suis plus aussi émerveillé qu’a la première lecture.
          En effet, voici la première phrase du premier article du blog-note ( blog-note est joli ) .

          Le vieux parquet craquait sous les pas. Une âcre odeur de remugle pénétrait les poumons à chaque respiration. On ouvrirait le vasistas. Il demeurait fermé depuis très longtemps, si l’on en croit les toiles d’araignées qui encerclaient l’ouverture.

          Corrigé en style de grimaud sourd à toute poésie :

          Le vieux parquet craquait sous les pas. Un aigre remugle – remugle désigne une ” odeur désagréable de moisi, humidité ou renfermé ” – piquait au nez, et emplissait les poumons – les odeurs ne pénètrent pas dans les poumons, seulement dans le nez – à chaque respiration.
          On ouvrirait le vasistas – pourquoi le conditionnel ?- Il demeurait fermé depuis très longtemps, si l’on en croit les toiles d’araignées qui encerclaient l’ouverture – Non, non, non et non : Il était fermé depuis longtemps, à en juger par les toiles d’araignées qui l’avait envahi.

          On n’a donc pas là un nouveau Radiguet, pas encore .

        • 22 Juin 2016 à 11h29

          Lyvann Vaté dit

          Si cela peut rassurer certains, je ne suis pas prêt “au meurtre” pour accéder à l’Académie.
          Quand à Radiguet, mort à 20 ans, j’espère en effet ne pas connaître un destin similaire – et je n’aurais pas la prétention de croire que je lui arrive à la cheville.
          Merci, toutefois, pour vos corrections.

        • 22 Juin 2016 à 15h03

          C. Canse dit

          À Lyvann Vaté

          Corrections ? Oubliez “Quand à”, préférez-lui :
          “QuanT à” (Mais pas B. Cantat).

          Une anagramme ? (Lyvann Vaté). 

        • 22 Juin 2016 à 15h17

          Lyvann Vaté dit

          Pour la faute sur quand/t, notez que je l’utilise dans l’article avec la bonne orthographe !

           QuanT à l’anagramme, je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi….

        • 22 Juin 2016 à 15h30

          C. Canse dit

          À Lyvann Vaté

          :-) : D
          Haha, HAHA. 

        • 23 Juin 2016 à 20h21

          IMHO dit

          Il y a quand même du Radiguet en vous, mais pas l’écrivain .

      • 22 Juin 2016 à 16h14

        C. Canse dit

        “Une future recrue ?”, espérons.

    • 21 Juin 2016 à 18h08

      kelenborn dit

      S’agissant de la légitime colère féministe face au machisme impénitent,, je puis vous donner un scoop! Le courage et la persévérance de l’enseignante dont je n’ai pas retenu, malheureusement, le nom, et qui est l’auteure de la pétition sur l’absence d’écrivaine aux épreuves du bac de français vont être récompensés. Selon le cabinet du ministre, la prochaine épreuve portera sur une oeuvre de femme et on dit que celle qui “tient la corde” pourrait être Evelyne Dehliat pour son oeuvre magistrale: “Mes petits gestes pour la planete”
      MK
      kelenborn.e-monsite.com

    • 21 Juin 2016 à 17h33

      Habemousse dit

      Cet article intéressant sert celui de madame Natacha Polony , en lui apportant son lot d’effarements.

    • 21 Juin 2016 à 17h19

      Dominique dit

      Excellent, bravo !

    • 21 Juin 2016 à 17h10

      C. Canse dit

      Ben, ça alors ! Mon aîné n’a pas été perturbé par Manhattan, l’Hudson et Harlem. Il n’a pas pétitionné et a ri de cet article.

    • 21 Juin 2016 à 17h09

      A mon humble avis dit

      On aimerait que plus de lycéens aient cette intelligence, cette culture et cette distanciation, pour savoir distiller une nécessaire dérision sans sombrer dans l’invective.