La crèche Baby Loup sise à Conflans-Sainte-Honorine passera l’hiver, et même, semble-t-il,  les saisons suivantes. Son financement est assuré pour 2015 et 2016, a-t-on appris au terme d’une réunion « dernière chance » qui s’est tenue mercredi soir à la préfecture des Yvelines, à Versailles. Tout le monde y a visiblement  mis du sien. Tout le monde ? En premier lieu le maire de Conflans, l’UMP Laurent Brosse, qui s’estimait non concerné par ce dossier au motif qu’il avait été amené par l’ancienne majorité municipale de gauche, battue aux dernières municipales. Il a finalement accepté de porter la subvention de la Ville de 90 000 euros à 225 000 euros par an, dès 2015 – la crèche espérait 400 000 euros annuellement, soit le montant qu’était prêt à lui accorder l’ex-maire PRG Philippe Esnol.

La mairie n’est pas seule à faire un effort. Le Conseil général présidé par l’UMP Pierre Bédier augmentera également sa part et versera d’abord « 25 000 euros, solde de l’année 2013 », explique Natalia Baleato, la directrice générale de la crèche. À quoi s’ajouteront 125 000 euros, comme subvention destinée à « l’accueil d’urgence », l’une des prestations fournies par la crèche aux parents en grande difficulté, notamment des femmes battues. La Caisse des allocations familiale s’est engagée de son côté, toujours selon Natalia Baleato, à verser « dans les plus brefs délais, une avance de prestations de service pour permettre de commencer 2015 dans de bonnes conditions financières ». Le Grand Orient, pour sa part,  à annoncé qu’il faisait un don de 50 000 euros. Beau geste !

L’œuf de Colomb, dans cet imbroglio, c’est l’agrément accordé par le Conseil général à la crèche concernant les capacités d’accueil de cette dernière. À Baby Loup, tout avait été prévu, à commencer par le nombre de salariés – vingt-cinq –, pour l’accueil en simultané d’au moins trente-huit enfants. Or des raisons touchant aux conditions d’accueil de la petite enfance ne permettaient pas, selon le Conseil général, de dépasser le seuil de vingt bambins, synonyme d’un « manque à gagner » pour Baby Loup et, à terme, de licenciement d’une partie de son personnel. Cette barrière est aujourd’hui levée.

Mathieu Frappier, l’un des représentants du Comité de parents de Baby Loup, reçoit la nouvelle avec prudence. « J’ai envie d’y croire, confie-t-il à Causeur. Je n’ai pas encore pris connaissance de toutes les conditions de l’accord trouvé. »

Pour la députée des Yvelines Valérie Pécresse, chef du groupe UMP au Conseil régional d’Île-de-France, « C’est une très bonne nouvelle ». « Le président du Conseil général et le maire (de Conflans-Sainte-Honorine, NDLR) ont pris la mesure de l’importance symbolique de la crèche », dit à Causeur celle qui, dans ce dossier, a mobilisé des énergies poussives au démarrage. Le symbole en question, c’est évidemment la laïcité, et donc aussi une certaine idée de la femme et de son indépendance économique.

*Photo : POUZET20MN/WPA/SIPA 00463561_000006

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