Photo : Amnesty.

Parfois, il faut savoir aller contre l’avis de ses amis. Surtout quand ils s’égarent du côté de l’opinion dominante. N’en déplaise à Marc Cohen, il fallait que la vérité fût dite et grâce à Pascal Boniface, c’est chose faite. Oui, si Charlie Hebdo caricature l’islam, c’est parce que c’est vendeur et que les musulmans ne peuvent pas se défendre : mercantiles et en plus lâches, les confrères ! Qu’ils ne nous racontent pas d’histoires, ils le savaient bien, que ce Charia Hebdo allait hérisser les poils de nombreuses barbes. Peut-être même espéraient-ils qu’un dingue ferait ce qu’il a fait. En tout cas, leur petit numéro était un véritable appel à la violence. On pourrait même parler d’une escroquerie idéologique à l’assurance. Au cas où ça vous aurait échappé, ils ont profité de ce microscopique incident pour faire le coup des sans-papiers. Et le résultat, c’est qu’ils sont en train de se goberger à Libé en stigmatisant des musulmans sans défense. Bien joué les gars ! En tout cas, les copains de Libé ne sont pas prêts de se débarrasser de ces invités. Ça leur apprendra à jouer les belles âmes.

Pour ceux qui ignorent encore l’œuvre de ce penseur magistral, rappelons qu’il y a quelques années, Boniface s’est attiré la vindicte du politiquement correct et du lobby que l’on sait en rappelant qu’il y avait en France beaucoup plus de musulmans que de juifs et que le PS devait adapter sa politique proche orientale en conséquence. « Combien de divisions ? », ce respect scrupuleux de la loi du nombre ne devrait-il pas dicter sa conduite à tout démocrate conséquent ? Le même souci de vérité lui fait écrire dans son dernier livre que le Hezbollah est un parti athée – ah non, on m’informe qu’il s’agissait d’une coquille.
Boniface est cohérent. Puisqu’il aime les peuples de Tunisie et de Libye et que les peuples de Tunisie et de Libye aiment la charia, il aime la charia. C’est son droit, non ? La différence entre les démocraties impies et les théocraties éclairées, c’est qu’en démocratie, on a le droit de préférer la théocratie et de l’exprimer librement. C’est aussi un droit – et peut-être un devoir – de dévoiler l’islamophobie qui se cache derrière toute critique de l’islam.

La fin justifie les moyens. Il faut être mesquin comme Richard Malka pour expliquer que Boniface raconte n’importe quoi pour faire passer son point de vue, par exemple que Charlie Hebdo concentre ses attaques sur l’islam. Au moins cela prouve-t-il qu’il ne s’adonne pas en secret à la lecture de ce journal de mécréants. Et qu’il ne fréquente pas de cathos intégristes, lesquels font à peu près un procès par mois à Charlie. Ni de catholiques tout court, ces chochottes n’appréciant pas toujours les « unes » représentant le pape voire le Christ dans des positions embarrassantes.

Pour l’ami Marc Cohen, Boniface et tous ceux qui se sont relayés pour condamner la violence, d’accord, mais plus encore l’irrespect font penser à ces gens qui, quand une femme se fait violer, se demandent si ce n’est pas un peu de sa faute. Eh bien oui, cher Marc, n’est-ce pas un peu de leur faute, à ces gourgandines qui chatouillent la bête en se baladant à peine vêtues, si elles finissent par la réveiller ? De même les confrères qui ont demandé à Charb si ce Charia Hebdo n’était pas la « provoc de trop » ont eu bien raison. C’est vrai, après tout, ils l’ont bien cherché: à jouer avec le feu, on récolte un incendie.

Alors si vous voulez, vous aussi, engueuler ces rigolos qui ne respectent rien, rendez-vous ce dimanche à 15 heures sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris. Au passage, il faudra aussi leur dire qu’une manif le dimanche, c’est pas chrétien.

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