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Autocritique

On n’est jamais mieux lu que par soi-même

Publié le 26 octobre 2009 à 9:46 dans Culture

evolution

Le pire, quand on a écrit un bouquin, c’est les questions débiles auxquelles il faut répondre, genre : « Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? » ou, pire encore : « Pourquoi ce livre ? Et pourquoi vous ? »

La première réponse qui me vienne à l’esprit tient tout entière dans ce mot d’Oscar Wilde : « Tout ce qui vous arrive vous ressemble ! ». Et avec tout ce qui m’est arrivé sans me vanter, je pourrais en remontrer à n’importe qui question inculture générale.

Lorsque j’étais étudiant, il me fallait bien gagner un peu d’argent ; et comme à l’époque l’EPAD n’existait pas encore, eh bien je donnais des cours particuliers.

Mais mes besoins financiers ne cessaient d’augmenter, à tel point que j’ai finalement été contraint d’enseigner aussi des matières que je n’avais jamais apprises, comme par exemple l’allemand.

Bien sûr, je m’étais fixé quelques règles déontologiques de base. Je n’acceptais comme élèves que des débutants de 6ème, et jamais plus intelligents que moi.

Dans ces conditions, ça ne pouvait que marcher ; même les parents s’extasiaient sur cette pédagogie subtile : se mettre au niveau de l’élève, pour mieux l’accompagner dans sa découverte de la langue de Goethe et de Tokio Hotel.

Un peu plus tard, j’ai décroché mon premier vrai boulot : professeur d’histoire-géographie dans une école d’électronique.

L’histoire était pourtant la seule matière où je n’avais pas eu la moyenne au bac, et pour cause : j’avais fait l’impasse sur la Révolution française !

Mais il y a des grâces d’Etat : dans cette école d’électronique, l’histoire-géo ne comptait pas pour passer dans la classe supérieure, et mes élèves n’ont pas tardé à me le faire savoir par tous moyens. Bref, ils s’en foutaient, mais pas autant que moi – et sur ces bases on n’a pas eu trop de mal à s’entendre.

Et puis j’ai fait mes premières armes en tant que nègre d’hommes politiques avec le regretté Raymond Barre. En ce temps-là, Raymond était Premier ministre, et il devait prendre la parole dans, je cite, « un grand meeting des Jeunes Centristes ». J’ai tout de suite senti qu’il y avait un loup.

En fait, ces gens-là ne se faisaient guère d’illusion sur leurs capacités de mobilisation : dans toute la France, ils avaient affrété des cars pour faire monter des jeunes à Paris, en leur promettant un bon repas chaud et un concert gratuit de Chuck Berry !

Mais là encore, problème d’inculture : Raymond n’avait jamais entendu parler de Chuck ! On a eu beau essayer de le raisonner, rien à faire… Pas question pour lui de se produire en première partie : Raymond voulait la vedette !

Alors, ce qui devait arriver arriva. Après le set de Chuck Berry, les gradins se sont vidés en moins de temps qu’il ne faut pour chanter « Johnny B. Goode ». Et c’est devant une salle aux trois quarts vide que Barre a lancé son Appel à la jeunesse de France.

Puisque j’en suis aux révélations, allons-y ! Au fil de ma carrière, peu de gens le savent, j’ai aussi été amené à travailler, entre autres, pour un certain Charles P… au ministère de l’I…

Là-bas, il arrivait parfois qu’on me cherche – notamment le matin. Ma secrétaire avait alors pour consigne de répondre que j’étais à la bibliothèque de l’Assemblée nationale, en train de ciseler un discours pour le ministre. En fait bien sûr je dormais profondément, après une dure nuit de sociologie du nightclubbing.

C’est de cette riche expérience en matière d’inculture générale que j’ai souhaité faire profiter aujourd’hui mes contemporains. Une démarche humaniste au sens plein du terme, puisqu’elle n’a d’autre but que l’élévation de l’homme.

Elévation spirituelle bien sûr, comme l’ensemble de mon œuvre. Mais élévation sociale aussi : grâce à ce petit livre vert, plus jamais vous n’aurez l’air ridicule en société. « La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié », disait Édouard Herriot. Eh bien, avec moi, vous pourrez faire mine d’avoir oublié tout ce qu’en fait vous n’avez jamais su !


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    Basile de Koch

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  • 26 October 2009 à 15h02

    Grandgil dit

    N’écoutez pas les fâcheux président ! Votre livre est indispensable à commencer pour les onanistes de sacristie cypto-pétainiste qui se cache derrière des airs d’aimable gauchiste comme moi.

  • 26 October 2009 à 14h14

    André Assiétoi dit

    Moi qui pensait que Basile de Koch s’était mis au service de la Brave Patrie, je suis déçu. C’était juste alimentaire.
    Remarquez, pour Charlie P., on pourrais se demander si lui aussi n’a pas fait de la politique pour des raisons alimentaires, avec sa propension à confondre les affaires de la France et les siennes.
    Tout de même, bosser pour lui, fallait pas être trop regardant…

  • 26 October 2009 à 13h17

    Têtuniçois dit

    Sarkozy a lui arnaqué les Français mais il ne s’en vante pas .
    La dernière arnaque en date c’est l’expulsion médiatique des 3 afghans pour gagner des voix du FN . La ficelle est grosse .
    Surtout quand on sait que les 3 afghans on reçu 2000 euros pour rester dans leur pays et qu’ils ont déclaré à Kaboul que cet argent leur servira à revenir en France .
    6000 euros de nos impôts qui iront directement dans les poches de la maffia qui transporte les clandestins …..

  • 26 October 2009 à 13h08

    olivier Bailly dit

    C’est aussi drôle que les Mémoires d’un vieux con du regretté Topor.

  • 26 October 2009 à 12h50

    Zyva dit

    Ce que je trouve triste, c’est qu’il y ait des jeunes centristes ! Quoiqu’en voie de disparition. Le Centre étant à la recherche de son nombril.

  • 26 October 2009 à 12h47

    Zyva dit

    J’aime le ton de Basil de Koch, j’en glousse comme une poule. J’achète.

  • 26 October 2009 à 12h29

    Ludovic lefebvre dit

    C’est un odieux plagiat du discours prononcé par le président de Jalons. Vous finirez par faire du new r&b monsieur Koch. C’est honteux. Mais pourquoi un livre et pourquoi vous ?

  • 26 October 2009 à 12h16

    Michele dit

    Tres amusant… Vite lisons le livre!

  • 26 October 2009 à 12h11

    Betty Ofori dit

    Basil se vante d’avoir arnaqué des collégiens et leurs parents…
    Je trouve ça triste.

  • 26 October 2009 à 12h06

    ramon mercader dit

    et finalement le grand oeuvre de bdk “pour une sociologie interne du nightclubbing” n’est jamais sorti en librairie
    ce qui prouve que les boulots alimentaires nuisent à la recherche
    émancipons les étudiants , versons leur un salaire ! (ami lecteur , il y a une contradiction dans la phrase qui précède , saura tu la trouver ?)

  • 26 October 2009 à 11h55

    L’Ours dit

    Si le bouquin est aussi savoureux que cette clémente auto flagellation, alors précipitons-nous!

  • 26 October 2009 à 11h42

    Têtuniçois dit

    Gloupss , que voulez vous sous Mitterrand et Chirac , le pouvoir savait se tenir ; aujourd’hui avec sarkozy l’ironie a disparu , on ne parle plus que de ” casse-toi pauvre con ” je vais le pendre à un croc de boucher ”
    Le mauvais exemple vient d’en haut .
    Sarkozy a profité de la violence et de la peur pour arriver au pouvoir ( on se souvient des bagarres de la gare du Nord ) .
    Aujourd’hui ça ne fonctionne plus . C’est le front national qui gagne des points surtout en région PACA où LE PEN va se présenter .
    La droite a peu de chances de l’emporter surtout avec les évenements de Marseille hier et de Fréjus cette nuit . Le Pen va récupérer ses électeurs .
    Et la gauche conservera la région .

  • 26 October 2009 à 11h35

    Robert Marchenoir dit

    Raymond Barre : un homme politique pas manchot en économie, gras du bide et offrant un concert de Chuck Berry à ses militants. Non, en vérité, je vous le dis, c’était mieux avant.

  • 26 October 2009 à 11h27

    jo dit

    Étranges, ces temps où l’on revendique l’inculture avec cynisme et puérile vantardise. Comment êtes-vous arrivé à avoir du boulot : vous avez couché ?

  • 26 October 2009 à 11h26

    Gloupsss dit

    Têtuniçois

    Mon pauvre petit garçounet ….Vous êtes a ce point limité que l’ironie non agressive , la dérision, vous sont parfaitement étrangères .PFFFffffffffff!!!

  • 26 October 2009 à 11h10

    Firmin Renard dit

    Sauf que Basile n’y est pour rien si son discours est retrancrit sur causeur. Ça peut aussi permettre aux gens qui n’étaient pas la d’avoir une idée. Non et ce bouquin est simplement genail complet , une somme, en somme.

  • 26 October 2009 à 11h03

    Zanthrope dit

    Je ne lirai surtout pas ce bouquin: j’aurais trop peur de paraître ensuite trop cultivé dans les dîners en ville. D’autant qu’on peut si bien parler des livres qu’on n’a pas lu!

  • 26 October 2009 à 10h55

    Têtuniçois dit

    Et ensuite ça ose donner des leçons aux autres ……..
    bel exemple de bobo de droite qui se donne des airs de jeune mais qui a des idées les plus ringardes et réactionnaires de causeur ( c’est pour dire ) .

  • 26 October 2009 à 10h43

    Gloupsss dit

    Une très jolie auto-promo…Un poil narcissique , le “moi-je” en étendard , une radiographie d’un curriculum vitae digne d’une fiche technique d’une recette de cuisine… En un peu moins appétissant !

  • 26 October 2009 à 10h36

    Blueberry dit

    Est-ce que c’est bien de recycler sur Causeur un discours prononcé ailleurs ?

    Peut-être que ce manuel me permettra de répondre à cette question.