Attentats islamistes: le parti du déni | Causeur

Attentats islamistes: le parti du déni

Les meurtres d’Orlando et Magnanville ont quelque chose à voir avec l’islam

Auteur

Régis de Castelnau

Régis de Castelnau
est avocat.

Publié le 16 juin 2016 / Monde Politique Religion

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Au-delà des traditionnels islamo-gauchistes, prêts à toutes les compromissions, une bonne partie de nos élites politiques rechigne à nommer la réalité. Osons l'écrire : les crimes d'Orlando et Magnanville ont été perpétrés par des islamistes.
islam daech orlando magnanville

Sipa. Numéro de reportage : 00731924_000002.

La tuerie d’Orlando a brusquement relancé un jeu de rôle indécent et irresponsable. Mais surtout révélateur de ce qui travaille notre société face au défi islamiste.

La manif pour tous coupable ?

Les « faiseurs d’opinion » de la bien-pensance se sont précipités pour faire porter la responsabilité du massacre à ceux qui n’en pouvaient mais. Avec finalement un seul objectif, lui dénier tout caractère islamiste. Alors, au passage on a tapé sur ceux à qui on voue une haine totale, et dont on considère qu’ils sont pires que le diable, ces compatriotes qui rechignent devant la mondialisation austéritaire et le sociétalisme galopant. Vous savez ceux qui étaient opposés au mariage gay, qui ne veulent pas de la GPA, ont été choqués par les galopades sur les tombes de Verdun, et n’apprécient pas les éructations homophobes de Black M. Les fanas des heures sombres, quoi.

Le vainqueur du concours d’ignominies est cet élu EELV qui n’a pas hésité à twitter : «  La différence entre la Manif pour tous et #Orlando ? Le passage à l’acte». Pour l’accompagner, on a retrouvé la troupe des lyncheurs excités qui n’avaient pas de mots assez durs contre Monseigneur Barbarin et l’Eglise. Un islamiste se réclamant de Daech massacre 50 personnes dans une boîte homosexuelle, c’est évidemment de la faute de Christine Boutin et de Ludovine de la Rochère. Ces insulteurs-là ne veulent surtout pas que l’on aborde la question des motivations du tueur.

Les petits marquis de l’ultragauche, qui savent bien que cette position  est intenable, vont trouver une autre astuce pour exonérer l’islamisme et mettre les homos sur la défensive. On nous expliquera ainsi doctement sur la radio du service public que tout ça c’est quand même de la faute des homosexuels devenus «homonationalistes » et pratiquant un «racisme anti-musulman» (sic!).  On reste sans voix, estomaqué par un tel culot absurde, ce qui est probablement l’objectif recherché.

Peur de nommer l’islam

Du bout des lèvres, le Président de la République et le ministre de l’Intérieur ont bien voulu concéder qu’il s’agissait d’un acte terroriste. Mais on ne saura pas s’il est l’œuvre de l’ETA, de l’IRA, ou des Brigades Rouges. Un débat pénible sera lancé sur le fait de savoir s’il fallait parler de massacre homophobe ou de massacre islamiste. Les deux bien sûrs puisqu’il s’agit d’un crime islamiste ET homophobe. Et si l’on veut vraiment rendre compte de la réalité, la bonne formulation est : un attentat islamiste donc homophobe. Mais cela on ne l’entendra pas, par ce que ce serait blasphémer et stigmatiser une religion « de paix et d’amour ». Ce n’est pas la foi de la grande majorité des musulmans qui vivent leur religion paisiblement dans notre pays qui est en cause. Mais l’islam -et d’ailleurs plutôt « les islams »- qui est une religion organisée, dotée de textes qui jouent un rôle essentiel, avec une articulation des rapports entre le spirituel et le temporel qui lui sont propres. On doit bien constater que la condamnation de l’homosexualité, dont elle n’a certes pas le monopole, y prend encore des absolument terribles. Dix des pays où l’islam est religion d’État pratiquent la peine de mort pour les homosexuels, sans parler des courants intégristes puissants et riches qui inondent tranquillement les communautés musulmanes de prêches incitant à l’homophobie. Comme le démontre de façon extraordinaire la vidéo de l’imam d’Orlando justifiant la mise à mort des homosexuels. Une religion est aussi une idéologie, et l’islam intégriste d’aujourd’hui est une idéologie mortifère.

Un crime homophobe. Point.

Pour éviter de prendre ce problème de face, Jean-Luc Mélenchon nous aura gratifié d’un long texte chantourné commençant par cette phrase : «Ce n’est pas l’assassin qui donne son sens au crime, ce sont les victimes. Ils ont été tués parce qu’ils étaient homosexuels ». Pardon ? Cher Jean-Luc mesurez-vous l’inanité de cette proposition, et son caractère déplaisant ? Alors comme ça, la Shoah, la solution finale n’était pas un crime nazi, seulement antisémite ? L’assassinat des deux fonctionnaires de Magnanville serait seulement l’expression d’une haine  anti-flics ? Il faut être sérieux.

Alors pourquoi, ce déni, ce refus de caractériser, de dire les choses, d’expliquer le réel, et enfin de nommer l’ennemi. Car malheureusement, nous sommes en guerre, confrontés à une nouvelle forme d’agression menée par des gens dotés de moyens, disposant de territoires, pourvus d’une idéologie et qui poursuivent des objectifs précis. Et pourtant nous ne devrions pas la craindre, nos ennemis sont faibles, leur projet voué à l’échec, ils n’ont aucune puissance économique, aucune culture forte, aucun véritable projet autre que celui de faire triompher une idéologie folle. Leur seule force est notre peur, celle qui s’exprime dans ce refus de nommer l’ennemi.

Le remords de l’homme blanc

Il y a ceux qui craignent et on peut les comprendre, le défi que lance dans ces circonstances l’existence d’une forte communauté musulmane économiquement dominée et issue de pays que nous avons colonisés et avec lesquels les rapports ne sont pas toujours faciles. Ceux que  l’accusation de racisme tétanise, et qui sont travaillées, probablement à juste titre, par le remords de l’homme blanc. À cette culpabilisation-là, s’ajoute celle d’avoir importé une main-d’œuvre bon-marché que la disparition du travail rend difficile à assimiler.

Il y a aussi ceux qui finassent et jouent l’apaisement en se disant qu’après tout la nuisance du terrorisme, n’est pas si terrible, qu’elle permet de mettre en place des lois liberticides pour faire tenir tranquille les partageux, et surtout continuer les petit business lucratifs avec les émirats et l’Arabie Saoudite. Quand en plus c’est au travers d’un traditionnel alignement servile sur les États-Unis, c’est encore meilleur. Le gouvernement socialiste depuis 2012 y est particulièrement à son affaire. Alors oui, incontestablement dans la catastrophe qui frappe le Moyen-Orient, la France n’a pas les mains très propres

Il y a encore ceux qu’il serait excessif de qualifier de « collabos », mais qui se sont construits grâce à leurs postures, des petites niches matériellement, mais aussi symboliquement lucratives. Edwy Plenel étant évidemment le premier d’entre eux.

Une fois la guerre commencée…

Il y a enfin ceux que l’on appelle les « islamo-gauchistes », mais qui sont d’abord et avant tout des gauchistes de toujours. Armés  d’un dogmatisme sans faille, et au nom de concepts qu’ils n’ont pas compris, ils plaquent sur le réel des grilles d’analyse souvent absurdes. La phrase « vos guerres, nos morts » n’est finalement que l’écho de celle que leurs prédécesseurs lançaient aux résistants pendant la Deuxième guerre mondiale : « n’oubliez pas que sous l’uniforme SS, il y a un travailleur allemand ».

Pourtant à tous ceux-là, et aux autres, on rappellera ce que disait George Orwell le 8 mai 1940 deux jours avant l’offensive allemande contre la France.

« Une fois la guerre commencée, la neutralité n’existe plus. Toutes les activités sont des activités de guerre. Qu’on le veuille ou non, on est obligé d’aider son propre camp ou celui de l’ennemi. En ce moment, les pacifistes, les communistes, les fascistes, etc. aident Hitler. Ils ont tout à fait le droit de le faire, à condition de penser que la cause de Hitler est meilleure et d’en accepter les conséquences. Si je prends parti pour la Grande-Bretagne et la France, c’est parce que je préfère rejoindre les plus anciens impérialismes- décadents, -comme Hitler a raison de les  appeler- que les nouveaux, beaucoup plus sûrs d’eux-mêmes et donc beaucoup plus impitoyables. »

Une fois la guerre commencée, la neutralité n’existe plus, autre façon de dire que la barricade n’a que deux côtés. Et à ceux qui pensent que nous avons des responsabilités dans ce qui arrive Orwell répond également, et en fait même la clé de cet engagement nécessaire :

«Seulement, pour l’amour de Dieu, ne prétendons pas que nous nous lançons dans cette guerre avec des mains propres. SI nous voulons garder le droit de nous défendre, il faut que notre conscience se rende bien compte que nos mains ne sont PAS propres. »

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Juin 2016 à 21h14

      David Dom 972 dit

      “ils n’ont aucune puissance économique” ????
      Je ne suis pas si sûr. C’est vrai que les terroristes isolés, comme celui d’Orlando, ne représentent qu’eux-même. Mais on pourrait se demander si le fait de dédouaner les musulmans par le “pas d’amalgame”, ne serait pas motivé par la peur de représailles de la part de ces puissants propriétaires de pétrole du Moyen-Orient. Le prix du pétrole contre le prix du sang. Réflexion à mener tout de même.

    • 20 Juin 2016 à 10h53

      persee dit

      Moi quand je discute avec un musulman dont je veux le bonheur , je lui révèle le scoop qu’en réalité les attentats sont l’oeuvre de calvinistes suisses , alliés à des bouddhistes coréens aidés d’évangélistes brésiliens , tous bien sûr instrumentalisés par le Mossad : et là ils sont réconfortés …..

    • 20 Juin 2016 à 7h12

      QUIDAM II dit

      Il n’y aurait que des psychopathes et pas d’idéologies mortifères ?

      Mais, quand une maladie mentale se répand comme une épidémie ; quand elle contamine et infecte des millions de gens, il faut bien nommer et définir cette pathologie : il s’agit de stalinisme, de nazisme, de maoïsme, d’islamisme, de racisme, etc.

      Ces pathologies ont des objectifs politiques et développent des stratégies : prise de pouvoir par la violence, par l’intimidation, par la propagande, par la culpabilisation de leurs cibles et le chantage éthique, par des offensives symboliques, etc.

      Prétendre, comme Mélenchon, que «Ce n’est pas l’assassin qui donne son sens au crime, ce sont les victimes. », c’est nier la dimension idéologique du crime… et Les baigneurs assassinés sur la plage plage d’El-Kantaoui en Tunisie (39 morts, juin 2015), auraient donc été tués par des individus qui détestaient les baigneurs et les bains de mer, et rien d‘autre.  

    • 19 Juin 2016 à 15h08

      Claude Janvier dit

      Bonjour,
      Franchement, vous nous avez habitués à mieux. Sur le fond, nous sommes d’accord. Les gouvernements successifs s’ingénient à ne pas désigner les Islamistes radicaux. L’explication est simple. S’assurer les voix électorales des musulmans, et puis impossible de désavouer un seul instant les marchands d’armes ainsi que la politique immonde des USA, de leurs alliés européens et de la péninsule arabique pour faire main basse au Moyen-Orient. Le tout aidé par les Frères Musulmans voulant imposer un califat mondial.
      Ensuite malheureusement, en dehors des gens honnêtes et droits, il existe des psychopathes. Pas besoin qu’un psycho se réclame d’une religion quelconque ou pas, il est psycho. Et le problème avec les psychos, est qu’ils commettent de temps en temps des actes horribles.
      On s’émeut toujours et c’est normal, d’un acte psychotique. Malheureusement, cette société n’a pas encore trouvé la “potion magique” qui va rendre tout le monde bon et gentil. Cela étant, on peut bien sûr tendre vers un monde meilleur à force d’éducation et de bon sens.
      L’Homophobie, c’est comme le racisme. En quelques mots, c’est la haine de l’autre car il est différent.
      Différent par la couleur de sa peau, par ses croyances religieuses, par ses croyances ethniques, à cause d’un régionalisme exacerbé, par son comportement sexuel. Bref différent.
      L’esprit attardé pense “différent donc bon à abattre”.
      Nous en sommes là depuis la nuit des temps. Le vernis social moderne donne l’apparence d’une certaine douceur, mais la vérité est ailleurs.
      Pour beaucoup de gens, toute personne qui n’est pas de son quartier, de sa région, est sujette à caution.
      Peu d’évolution.
      Là ou je ne vous suis pas, est quand vous écrivez :
      “… Vos guerres, nos morts…Sous l’uniforme SS etc…”
      Comparaison stupide.
      En effet : “vos guerres (en parlant des services secret/marchand d’armes et nos morts (victimes innocentes du Bataclan, d’Orlando” est correct. Rien à voir avec la propagande nazie.
      Claude Janvier