Combattre le terrorisme ou se forger l’esprit de résistance | Causeur

Combattre le terrorisme ou se forger l’esprit de résistance

Le changement de mentalité qu’il nous faut opérer

Auteur

Eric Delbecque

Eric Delbecque
Directeur du département intelligence stratégique de SAFARIS, auteur de Idéologie sécuritaire et société de surveillance (Vuibert). Son site : www.intelligences-croisees.com

Publié le 17 juillet 2016 / Politique Société

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Des drapeaux en berne sur la Promenade des Anglais (Photo : SIPA.AP21922955_000038)

L’attentat de Nice confirme que nous devons nous habituer à vivre dans ce que les spécialistes de la gestion de crise appellent une situation dégradée. C’est-à-dire un environnement global marqué par la conflictualité, l’incertitude et l’instabilité sur une période de moyen/long terme. Il n’existe pas de recette miracle pour anticiper ce type d’actes barbares. On peut sans doute améliorer nos capacités d’analyse, mieux cerner les processus de radicalisation. Il importe toutefois de saisir qu’il faut impérativement apprendre à vivre dans des sociétés vulnérables. Retrouver le sens du tragique n’a certes rien d’agréable, mais c’est une nécessité pour transcender l’épreuve et vaincre au finish les criminels qui tentent aujourd’hui de nous déstabiliser (en utilisant en priorité toutes les ressources de la société médiatique, tant il est vrai que le terrorisme se définit en partie comme une guerre de l’information spécialement vicieuse).

Briser nos schémas mentaux,
penser le terrorisme à l’heure du réseau

Le plus complexe à intégrer opérationnellement et conceptuellement, afin de combattre efficacement le phénomène djihadiste, consiste à assimiler l’idée que Daech fournit une source d’inspiration pour les terroristes, et non forcément un commanditaire direct, une cellule dormante ou des moyens logistiques. Elle repose sur une machinerie propagandiste visant à déclencher le passage à l’acte chez les individus les plus instables ou les plus fanatisés, sans savoir précisément qui réagira aux stimuli constitués par les différents messages fleurissant dans des vidéos, des revues ou des prêches enflammés. Mathieu Guidère a dit l’essentiel sur ce sujet1 : « La disponibilité accrue de technologies sophistiquées mais bon marché et simples d’utilisation a rendu le partage d’informations et de séquences vidéo plus facile, plus rapide et plus ouvert. Ces technologies permettent l’enregistrement vidéo de séquences par les détenteurs de caméras numériques et de téléphones mobiles […]. Le phénomène a connu un essor fulgurant à partir de la guerre en Irak de 2003, sur le modèle des groupes de l’insurrection irakienne et, en particulier, de la branche irakienne d’Al-Qaïda en Mésopotamie (Irak). Son dirigeant de l’époque, le jordanien Abou Moussab Al-Zarqawi, tué dans un raid américain en juin 2006, avait réalisé le film de ses exploits dans le désert irakien entouré de ses principaux lieutenants. Depuis, cette vidéo est devenue “culte” parmi les djihadistes, faisant partie des modèles du genre en termes de propagande et d’effet. »

Or, il n’est guère facile de briser nos schémas mentaux, de penser le terrorisme à l’heure du réseau, sur un mode décentralisé. Cependant, la base intellectuelle pour réaliser un diagnostic correct de la violence djihadiste réside dans la pulvérisation de notre raisonnement traditionnel qui exige, lui, de lire l’ennemi à travers une pyramide hiérarchique bureaucratisée. La « révolution du nihilisme » islamiste passe par la fragmentation de l’action hostile. Nous faisons face à une multitude d’acteurs malveillants susceptibles de choisir un objectif et d’exécuter de manière relativement autonome une opération allant du massacre de masse à l’assassinat ciblé.

Quelles sont donc les urgences ? Accentuer la pression sur l’Etat islamique en Syrie, car il importe de venir à bout du centre conjoncturel névralgique de l’influence idéologique et culturelle du djihadisme salafiste. On ne viendra certainement pas à bout de Daech en se limitant à des raids aériens.

Faire de la défense de la République
et du territoire national l’affaire de tous

Il s’agit ensuite de défendre les piliers intellectuels, culturels et sociaux qui soutiennent l’édifice démocratique, libéral et laïc que nous appelons le régime républicain. Ce qui impose par exemple de ne pas accepter qu’il puisse exister des « territoires perdus », où l’Etat de droit ne s’applique déjà plus, et de s’opposer énergiquement à tout communautarisme fragilisant la cohésion nationale. Enfin, nous avons à fortifier l’aptitude à la résilience, car c’est bien de cela dont nous avons sans doute le plus besoin.

A cet égard, l’idée de faire appel à la réserve opérationnelle (gendarmerie, Armée de terre, Armée de l’air et Marine) se révèle tout à fait pertinente. Non seulement parce qu’elle permettrait à terme de soulager une partie des tensions sur les effectifs des forces publiques ; mais aussi parce qu’elle symbolise la « nation en armes ». Certes, ce vocabulaire est passé de mode ; il signifie pourtant quelque chose d’essentiel : il souligne l’implication des citoyens dans leur propre défense. Il rappelle que dans une république démocratique, chacun doit bénéficier d’une culture élémentaire de sécurité nationale et participer d’une manière ou d’une autre à la préservation des valeurs et du patrimoine matériel et moral dont il bénéficie.

Les services de renseignement et de sécurité ne peuvent rien contre la radicalisation. Leur rôle est d’en prévenir si possible les effets criminels et de savoir débusquer et stopper les auteurs d’actes terroristes. En revanche, enrayer la dynamique fondamentaliste à la racine du djihadisme salafiste planétaire est un combat politique dont nous n’avons toujours pas élaboré la stratégie.

Attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, par magazinecauseur

  1. Terreur. La nouvelle ère. Des Twin Towers à Charlie, Mathieu Guidère, (Autrement, 2015).

    • Eric Delbecque

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      Directeur du département intelligence stratégique de SAFARIS, auteur de Idéologie sécuritaire et société de surveillance (Vuibert). Son site : www.intelligences-croisees.com

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    • 20 Juillet 2016 à 12h09

      Jéjé-K.Usac dit

      Alerte DISPARITION : mais où est donc passé Tariq RAMADAN ?
      n’a-t-il rien à dire sur l’attentat de Nice ?
      rien sur youtube ?

    • 20 Juillet 2016 à 4h43

      beornottobe dit

      “Faire de la défense de la République
      et du territoire national l’affaire de tous”….
      ……
      C’est de plus en plus un vœu pieux
      hélas !

    • 20 Juillet 2016 à 0h29

      Chriff dit

      Que faire? Comment lutter?
      Un des grands problèmes vient de la représentativité des musulmans en France qui est totalement défaillante que ce soit le Cfcm, l’uoif, les prétendus “recteurs” des grandes mosquées de Paris, d’Evry et de Lyon, qui gèrent seules entre autres la taxe du “halal” sans aucune transparence, ou encore la médiocre production de l’émission dominicale “islam” sur la chaîne publique France2.
       Ces structures au bilan désastreux ont à leurs têtes toujours les mêmes personnes depuis de trop nombreuses années qui refusent de se remettre en cause et qui empêchent toute alternance par des hommes et des femmes ouverts et compétents qui ne manquent pas au sein de la communauté musulmane notamment chez les nouvelles générations.
       Il est urgent de les changer ça ne pourra pas être pire.
       En attendant, que Dieu préserve la France. 

    • 18 Juillet 2016 à 19h41

      zigomar dit

      Si notre “intelligence stratégique est au niveau intellectuel de cet article, alors je suis inquiet, très inquiet ! Je me radicalise ou même je m’auto-radicalise dans cette inquiétude! Je suis un inquiet radicalement radicalisé !
      Quelle pensée conformiste et plate, quelle innocence stupide !
      La “radicalisation”, terme médiatique convenu le plus superficiel, ne veut rien dire, et prend la place de la pensée absente. Mais “radicalisation” de QUOI, par rapport A QUOI? Ne pas nommer l’ennemi, c’est se radicaliser dans l’aveuglement.

      • 19 Juillet 2016 à 12h50

        Hannibal-lecteur dit

        Zigomar, votre humour est-il du second degré? Il semble que la signification de “radicalisation” soit claire pour tous …vous excepté: c’est le passage de l’individu de confession musulmane, convaincu que le paradis est ” à l’ombre de l’épée ” comme on disait il y a longtemps, mais n’osant pas aller jusque là par peur des lois, le passage à l’acte quand l’idée de paradis prévaut sur celle du respect des lois. Tout musulman est un radicalisé en puissance puisque le coran indique la radicalisation comme un idéal, difficile mais oh combien récompensé par l’accès certain au paradis d’Allah.

    • 18 Juillet 2016 à 10h45

      CIVIS PACEM dit

      Combattre le terrorisme c’est combattre d’abord les idées monstrueuses qui motivent les terroristes .
      Il en est une qui m’effraie terriblement : c’est la croyance que ces assassins de masse quand ils perdent leur vie dans ces assassinats du fait qu’ils ont massacré des” mécréants ” hommes , femmes ,enfants , sont automatiquement pardonnés de leur turpitudes passées et ont une place de choix dans leur paradis , avec la cohorte de vierges , etc.
      Qui peut lutter contre des idées pareilles .
      Et si les imams dits modérés , prenaient officiellement position et prêchaient publiquement que cette idée est mensongère que ces assassins n’iront pas au paradis , peut être que cela pourrait participer à la lutte contre cette monstruosité .
      J’ose espéré que ce soit possible en ce sens qu’il faut certainement beaucoup de courage à un imam modéré pour prêcher un tel discours , en ce sens aussi , je l’espère , que leur demander un tel prêche n’est pas leur demander de s’opposer à un de leurs textes sacrés .

      • 18 Juillet 2016 à 17h40

        beornottobe dit

        eh oui!….. mais il y aura toujours des imbéciles (au masculin et au féminin) pour prêcher le contraire!
        (il y en a même qui se convertissent encore aujourd’hui!)

        • 19 Juillet 2016 à 14h24

          beornottobe dit

          ” (il y en a même qui se convertissent encore aujourd’hui!)”….
          ……..
          à se demander : “dans quel but ?”

      • 20 Juillet 2016 à 0h37

        himavat dit

        je l’ ai déjà dit ailleurs (et j’ ai une vague idée d’ une étude faite ailleurs – en Israel? – sur les motivations de ces kamikazes (faite évidemment sur ceux arrêtés à temps), et si mes souvenirs sont bons, les vierges etc … y figuraient en réalité fort peu

    • 18 Juillet 2016 à 10h29

      persee dit

      Mais cessez avec cette “radicalisation ” qui n’est rien d’autre que le passage à l’acte du message coranique implicite pris à la lettre par des gens ( psychotiques ou pas) qui ont décidé de franchir le rubicond pour le triomphe de la cause d’Allah dans l’espoir de se voir amnistié “là haut” !.

    • 18 Juillet 2016 à 9h53

      thierry bruno dit

      Réponse à Durru et Himavat.
      Il est évident que si l’islam a pu et peut progresser années après années comme il le fait en France depuis 40 ans, c’est grâce à un Etat affaibli par ses “serviteurs” qui n’ont aucune colonne vertébrale. Qu’il s’agisse du corps politique ou des hauts fonctionnaires qui sont devenus les laquais des politiciens. Quand on s’intéresse aux problèmes de l’immigration en France, et notamment l’affaire du regroupement familial, source de tous les maux qui ont suivi, on constate que les politiciens de l’époque avaient bien compris le risque induit, qu’ils avaient essayé de le maîtriser, en vain. R. Barre avait même voulu abroger cette disposition administrative mais le conseil d’Etat l’a retoqué. Donc, nos hommes politiques voient que nous allons dans le mur mais baissent les bras.
      Pour autant, cela ne fait qu’aggraver le danger que fait courir à notre pays l’islam conquérant et actuellement meurtrier. Ceux qui ont plus de 50 ans ont pu mesurer comment petit à petit l’islam a envahi l’espace public et modifié les comportements, notamment dans la presse. D’une visibilité quasiment nulle en 1970, maintenant il s’impose dans le débat et l’espace publics. On nous bassine avec “l’islam, deuxième religion de France” – et un Plenel doit regretter qu’elle ne soit pas la première -, a on croise des imams et des femmes voilées à tous les coins de rue (au monis dans Paris mais aussi dans nombre de grandes villes françaises) et surtout, on vide les mots de leur sens pour pouvoir céder sans avoir l’air de se coucher aux revendications communautaristes et religieuses des musulmans installés en France, avec souvent un double passeport. Et les inexistants qui nous gouvernent ont peur de ces 6 millions (supposés mais sont-ils plus ?) de musulmans qui maintenant font les élections françaises.
      Nous sommes en voie de re-baptiser Colombey-les-Deux-Eglies en Colombey les 2 mosquées. Cela réjouit sûrement Plenel et sa cohorte d’idiots encore plus néfastes qu’inutiles

      • 20 Juillet 2016 à 4h46

        beornottobe dit

        ça a commencé avec Giscard/Mitterrand

        • 20 Juillet 2016 à 7h52

          l’oiseau bleu dit

          Le regroupement familial ce fut Giscard/Chirac

    • 18 Juillet 2016 à 2h28

      L’Imprécateur dit

      Je ne dirai qu’un mot: MERCI!

    • 17 Juillet 2016 à 22h59

      thierry bruno dit

      (suite et fin) Comme disait C. Pasqua, “il faut terroriser les terroristes”. Ici, en l’espèce, il faut faire comprendre aux faux-jetons comme Boubakeur qu’il a intérêt à se bouger – ce monsieur a de l’entre-gent dans le monde musulman et les autres fumistes qui l’accompagnent dans les réunions avec les autorités françaises aussi – avant que la bienveillance de la France à l’égard des musulmans atteigne sa limite. Or, que voit-on sur le parvis de l’Elysée ou Matignon après chaque attentat ? Un Boubakeur ravi du discours de sympathie du gouvernement à l’égard de nos compatriotes musulmans – combien de passeport le grand recteur ? -. Donc, qu’au nom de l’islam, on massacre en France n’a aucune importance pour les organismes représentatifs de l’islam en France – ils en profitent même, toute décence écartée, pour pratiquer une surenchère dans les exceptions qui devraient leur être accordées dans la pratique de leur religion -, mais malheureusement aussi pour les autorités politiques en France. Tant que nous ne considérerons pas qu’islam et islamisme, c’est la même chose, nous nous tromperons de guerre. Je rappelle d’ailleurs que nous ne faisons pas la guerre au terrorisme mais à un ennemi qu’il faut connaître et donc accepter de nommer. Le terrorisme n’est qu’un mode d’action.
      Alors hélas, nous devons accepter qu’il y ait d’autres attentats. Non pas parce qu’ils sont particulièrement difficiles à anticiper – ce qui n’est pas inexact, d’ailleurs – mais parce que nous refusons de désigner notre ennemi et donc de le combattre. Cet ennemi a alors toute latitude pour frapper où il veut et quand il veut, “nation en armes” ou pas.
      (désolé pour les multiples coquilles orthographiques dans mes trois messages).

    • 17 Juillet 2016 à 22h42

      thierry bruno dit

      (suite) Les précheurs salafistes peuvent se déplacer en toute impunité, même déguisés en parfait imams salfistes, au milieu d’une population musulmane soit-disant dans son immense majorité parfaitement paisible et favorable à la République. Et au milieu d’une population française, laïque ou chrétienne, à laquelle on répète “surtout pas d’amalgames”, “tout va bien”. Après Nice, on vient nous raconter que la première victime est une mère de famille marocaine. sous-entendu “vous voyez que les musulmans sont aussi des victimes, voire les premières”. Comme si la notion de dommages collatéraux acceptables était une notion inconnue des terroristes. Les terroristes musulmans ne tuent pas volontairement de musulmans en France ; ils les tuent parce qu’ils sont là, parmi leurs cibles. Dans cette réaction de nos gouvernants et des médias se révèlent notre faiblesse et l’imposture de ceux qui disent, tels Cazeneuve, Le Drian, Valls ou Hollande “nous sommes en guerre et nous vaincrons le djihadisme”. Non, nous ne sommes pas en guerre car nous refusons de définir l’adversaire – l’islam – ce qui nous obligerait à arrêter une stratégie – endiguer puis refluer la progression de l’islam en France. Ce n’est pas en s’excusant auprès des organismes musulmans en France que nous menons cette guerre ; ce n’est pas en maintenant la capacité de nuisance de ces mêmes organismes avec les discours arrogants et conquérants de leurs dirigeants que nous gagnerons cette guerre. Quand un Boubakeur ose dire qu’il n’y a pas assez de mosquées en France, un aller simple pour l’Algérie serait la vraie réponse d’un pays réellement en guerre. Et non pas l’excuse d’un Valls parlant d’apartheid social.
      Le changement de mentalité doit s’opérer chez nos élites mondialisées et qui raisonnent hors sol. La France n’a pas un problème avec l’islamisme mais avec l’islam. Et après un attentat, on ne reçoit pas Boubakeur et consorts pour leur dire qu’on les aime mais “ça suffit” avec l’arsenal répressif sur la table.

    • 17 Juillet 2016 à 22h23

      thierry bruno dit

      Un peu de mal à suivre la prose prétentieuse de ce métier. Il est vrai que paré du titre de “directeur du département d’intelligence stratégique” l’oblige à prendre la pose. Plus sérieusement, croit-il vraiment que l’EI soit la source unique du problème ? Croit-il sérieusement que l’EI “éradiquée” en syrie et en Irak suffira à résoudre le problème ? Ben Laden a été tué et Al Qaida est toujours là ; il a évolué, il s’est adapté. L’EI réduit sur le terrain mutera et continuera sa propagande, notamment via le Net où il produit une presse propagandiste remarquablement bien faite.
      Ensuite, comment peut-on se féliciter de l’appel à la réserve opérationnelle en prétextant qu’elle symbolise “la nation en armes” ? Pour mettre la nation en armes, encore faut-il savoir quelle stratégie nous suivons et quelles tactiques nous allons mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs de cette stratégie. Accessoirement, je rappelle que le concept de la nation en armes, enfant de la Révolution française, a fait plus de boucheries que de bien.
      Alors la nation en armes pour patrouiller dans les rues ? Bel effort. Vigipirate renforcé depuis par Sentinelle est en oeuvre depuis janvier 2015. Les résultats sont brillants, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser.
      Faire la guerre contre qui ? L’EI ? c’est ce qui s’appellera “donner des coups d’épée dans l’eau”. Peut-être faut-il vraiment s’interroger pourquoi les attentats touchent la France. Probablement parce que nous intervenons au Sahel ou en Syrie ; c’est un prétexte qui masque une réalité moins reluisante pour nous. La France est un pays suffisamment symbolique mais aussi suffisamment faible pour être une cible. Nous avons sur notre territoire plus de 6 millions de musulmans, majoritairement du Maghreb et d’Afrique noire. (suite dans un second message)

      • 17 Juillet 2016 à 23h06

        durru dit

        “La France est un pays suffisamment symbolique mais aussi suffisamment faible pour être une cible.”
        Je crois que c’est là le coeur du problème. Sauf que la faiblesse ne vient pas seulement (et pas principalement) de la présence sur notre territoire de 6 millions de musulmans, mais surtout de l’absence d’autorité du “pouvoir” (je voulais dire des “autorités”, mais c’est un oxymore).
        Si on arrive pas à rétablir un vrai Etat, ça va mal finir.

        • 18 Juillet 2016 à 1h31

          himavat dit

          l’ Etat a un problème ses “grands serviteurs” maintenant entièrement formés aux pensées déstructurantes, relativistes, d’ un côté et au pantouflage et au carriérisme agressif de l’ autre
          ça fait bien 15 ans que tout jeune énarque ne pense qu’ à une chose: Bruxelles – là, m’ avait dit un énarque de ma génération (a peu près celle de Mou premier), “tu fais ce que tu veux, tu n’ a de comptes à rendre à personne”
          ça s’ appelle la gouvernance
          j’ ai connu des haut-fonctionnaires nés dans les années trente/quarante, il y a avait quand même un peu plus le sens de l’ Etat, etc … (et, aussi une réelle culture – et la haute fonction publique était peut-être un peu moins politisée)

    • 17 Juillet 2016 à 18h11

      curnonsteen dit

      L’auteur de cet article gagnerait beaucoup en écrivant avec simplicité : le jargon affaiblit toujours la démonstration, enfin inventer des mots rend ridicule tant l’auteur que sa prose.

    • 17 Juillet 2016 à 15h46

      C. Canse dit

      Lors de la rédaction de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, Mirabeau proposa, article 10 (séance Assemblée Nationale 18 août 1789) rédigé ainsi : ” Tout citoyen A le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour La Défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens.”

      Il lui fut répondu que “Le droit déclaré dans l’article 10 non retenu était évident de sa nature, et l’un des principaux garants de la liberté politique et civile que nulle autre institution ne peut le suppléer.”
      Le comité ajouta également “Qu’il est impossible d’imaginer qu’une aristocratie plus terrible que celle qui s’établirait dans un état, par cela seul qu’une partie des citoyens serait armée et que l’autre ne le serait pas ; QUE tous les raisonnements contraires sont de futiles sophismes démentis par les faits, PUISQU’AUCUN PAYS N’EST PLUS PAISIBLE ET N’OFFRE UNE MEILLEURE POLICE QUE CEUX OÙ LA NATION EST ARMÉE.” 
      Voir : Gazette nationale ou Moniteur universel numéro 42 du 18 août 1789, page 351.

      J’ajoute le décret des 17 -19 juillet 1792  qui stipule : “Tous les citoyens doivent être pourvus d’armes, afin de repousser avec autant de facilité que de promptitude les attaques des ennemis intérieurs et extérieurs de leur Constitution” 
      Voir : ibid numéro 201 18 juillet 1792 page 167. 

      • 17 Juillet 2016 à 15h48

        C. Canse dit

        Les seuls exclus de ces dispositions étaient les individus :”Sans aveu, sans métier ni profession et sans domicile constant.”

         

        • 17 Juillet 2016 à 15h52

          C. Canse dit

          Seul le régime de Vichy s’opposa à de telles dispositions, mais ce n’était que l’État français…

      • 17 Juillet 2016 à 17h33

        IMHO dit

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Contr%C3%B4le_des_armes_%C3%A0_feu_en_France#.C3.80_la_R.C3.A9volution_fran.C3.A7aise_:_l.27arme_.C3.A0_feu.2C_un_moyen_de_prot.C3.A9ger_la_R.C3.A9volution

        Vous confondez détention d’armes et port d’armes.
        L’acquisition et la détention d’armes n’ont été soumise à autorisation qu’en 1939 .
        En 1792, ce que l’on pouvait détenir était soit un fusil qui pouvait tirer cinq coups en deux minutes avec précision jusqu’à cent-vingt mètres, soit un pistolet qui tirait à la même cadence et était dangereux jusqu’à soixante mètres .
        Le port d’armes n’était peut-être pas interdit parce que les armes n’étaient pas portables .
        Je vois mal à Nice des émules de Davy Crockett se promenant sur la Promenade le fusil à l’épaule, même Martiny Henry .

        • 17 Juillet 2016 à 17h50

          C. Canse dit

          IMHO

          Soyons clairs, la détention des armes en France a été encadrée par un décret de 1939 inspiré par des théories de la SDN qui soumettait à autorisation préfectorale l’accès à certaines armes.
          Aujourd’hui, le citoyen ne peut accéder à aucune arme hormis celles antérieures à 1900 (et encore…) s’il n’est détenteur d’un permis de chasse validé ou d’une licence d’une fédération de tir, certaines armes étant de plus soumises à autorisation préfectorale.
          Faites-en l’expérience.

          Évidemment si vous ne vous encombrez pas des lois, vous n’aurez aucun problème pour accéder, comme les terroristes, à un arsenal impressionnant. 

        • 17 Juillet 2016 à 17h51

          C. Canse dit

          IMHO

          Quant à obtenir une autorisation de port d’arme, pour le citoyen ordinaire c’est impossible.

        • 17 Juillet 2016 à 18h00

          C. Canse dit

          IMHO

          Vous parlez des armements de l’époque de la révolution, je préfèrerais de beaucoup être atteinte par un projectile de fusil d’assaut moderne que par une balle en plomb du XVIIIÈME siècle.
          C’est sans doute pour cette raison que la Convention de La Haye a prohibé l’utilisation de projectiles en plomb à la guerre.

          Il n’en demeure pas moins qu’au temps de la Révolution française, il allait de soi qu’un citoyen pût défendre la Constitution française et sa personne maintenant si cela vous perturbe, c’est votre problème pour ma part, je n’y vois aucun inconvénient.
          Bien au contraire. 

        • 17 Juillet 2016 à 19h43

          Martini Henry dit

          Les armes n’étaient pas portables en 1792? Mais n’importe quoi! Absolument n’importe quoi! Alors bien sûr, ils n’avaient pas la cadence de tir d’une arme d’aujourd’hui, ni le pouvoir meurtrier mais un principe reste un principe. Il existait des pistolets de fontes, des pistolets de poche, des carabines et fusils de toutes tailles, des pistolets à système, ref, tout ce que l’on pouvait imaginer en matière d’a

        • 17 Juillet 2016 à 19h43

          Martini Henry dit

          en matière d’armes portables.

        • 17 Juillet 2016 à 22h07

          IMHO dit

          Martiny Henry qui s’arme de principes, maintenant !
          On aura tout vu .

        • 17 Juillet 2016 à 22h18

          IMHO dit

          Ce que j’ai écrit ci-dessus, c’est qu’il ne sert à rien d’invoquer une loi de 1792 quand les objets auxquels s’appliquait cette loi ont cessé depuis longtemps d’être en usage et que les objets qui les ont remplacé sont presque totalement différents .

        • 17 Juillet 2016 à 22h31

          Martini Henry dit

          ” Tout citoyen A le droit d’avoir chez lui des armes et de s’en servir, soit pour La Défense commune, soit pour sa propre défense, contre toute agression illégale qui mettrait en péril la vie, les membres ou la liberté d’un ou plusieurs citoyens.”
          “Le droit (d’avoir des armes et de s’en servir) était évident de sa nature, et l’un des principaux garants de la liberté politique et civile que nulle autre institution ne peut le suppléer.”
          “décret des 17 -19 juillet 1792 qui stipule : “Tous les citoyens doivent être pourvus d’armes, afin de repousser avec autant de facilité que de promptitude les attaques des ennemis intérieurs et extérieurs de leur Constitution” Ça, ce sont des principes. Le type d’arme et leur létalité ou leur pouvoir de destruction n’y changent rien. Il va de soit que je partage ces principes.

        • 17 Juillet 2016 à 22h32

          Martini Henry dit

          De soi…

        • 17 Juillet 2016 à 23h12

          himavat dit

          qui est d’ ailleurs le nom du fusil de dotation britannique correspondant grosso-modo au Chassepot (guerre de 1870)

      • 17 Juillet 2016 à 14h46

        thd o dit

        Je préfère la stratégie de la babouche :

        http://tinyurl.com/j2dju9n

      • 17 Juillet 2016 à 15h11

        ZOBOFISC dit

        Excellente analyse.

        L’hystérie médiatique est effectivement le meilleur allié des terroristes.

        Pôôôvre de nous ! 

      • 17 Juillet 2016 à 18h48

        i-diogene dit

        Excellent article qui ne fait que confirmer mon analyse personnelle du terrorisme..

        Je pense en effet que la haine qu’ on peut lire ici, n’ est que le résultat d’ une terreur viscérale d’ une menace mal identifiée et surtout très nettement sur-évaluée, voire fantasmée..!^^

        • 17 Juillet 2016 à 19h06

          durru dit

          Ca dépend ce que tu lis, Diogène. Il y a des réactions de peur, voire de terreur, certes.
          Mais il y a aussi un ras-le-bol de plus en plus clair face à l’incapacité des responsables politiques à apporter des réponses appropriés aux problèmes qui se posent. Des gens responsables qui ne demandent qu’à reprendre le contrôle de leurs vies… Ca va être dur, je sais.
          Je suis d’accord avec le concept développé dans l’article, mais l’analyse est foirée.
          Comparer le nombre de morts sur les routes ou lors de diverses batailles avec les victimes des attentats n’a pas beaucoup de sens, c’est même d’une stupidité sans nom.
          Et affirmer d’une manière aussi péremptoire que la seule raison à l’invasion de l’Irak serait le 11/9, c’est une ânerie, rien de plus. Pourquoi l’Irak et pas l’Arabie Saoudite, ou l’Iran, ou l’Algérie?
          En gros, un article qui part d’une bonne idée pour arriver à des conclusions plus bidon les unes que les autres.

        • 17 Juillet 2016 à 20h05

          i-diogene dit

          Durru, je suis d’ accord sur les détails que tu dénonces, mais pas sur la conclusion: un Etat colonisateur, quelle que soit sa puissance militaire, n’ a pas la capacité d’ éradiquer un terrorisme de résistance, car il se renouvelle au fur et à mesure de ses pertes humaines..

          Exemples:

          - l’ Irlande ..400 ans de résistance,
          - la résistance française sous l’ occupation,
          - l’ Israël…. 70 ans de terrorisme,
          - l’ Indochine, l’Algérie, le pays Basque…
          - le Vietnam, l’ Afghanistan,
          - l’ Irak, (2 millions de morts, et ça continue..),

          Prends en exemple l’anti-colonialisme occidental:

          Au début du XXème siècle, création des “Frères musulmans”, groupe terroriste qui prônait la création d’ un kalifat pour foutre les occidentaux dehors et moraliser les sociétés musulmanes corrompues..

          Les frères musulmans se sont assagit, prônant la non-violence pour avoir pignon sur rue…

          Séparation d’ une branche d’ activistes sous la dénomination “hamas” qui poursuivit le combat avec l’ Israël..

          Création de Daesh, Isis and Co, qui reprennent le flambeau de plus belle..!^^

        • 17 Juillet 2016 à 20h08

          durru dit

          Diogène, la logique nous apprend que, partant d’hypothèses fausses, on ne peut rien dire sur les conclusions. Là, c’est pareil. Tu peux avoir raison, comme tu peux avoir tort. Ce n’est pas la “démonstration” dans l’article qui nous fait avancer d’un seul pouce.

    • 17 Juillet 2016 à 14h00

      jandel dit

      Il faudrait commencer par supprimer les actes de violence extrêmes qu’il est possible de voir tous les jours à la télévision et qui banalisent cette violence au point que n’être pas violent devient de l’anormalité.

      • 17 Juillet 2016 à 14h05

        l’oiseau bleu dit

        Vous croyez ? 
        Les musulmans extrémistes seraient influencés par des images de violence, et pas par les versets tueurs ? 

      • 17 Juillet 2016 à 15h07

        i-diogene dit

        Jandel,

        C’ est ridicule: aucune étude n’ a jamais pu démontrer le moindre lien entre les films et jeux violents et le passage à l’ acte terroriste..!^^

        L’ moineau,

        Les versets tueurs..? FANTASMES..!^^

        Les terroristes qui ont agit en UE n’ étaient pas des modèles de croyants-pratiquants..

        Non, ce sont bien des spécialistes de l’ endoctrinement qui sont à l’ origine du choix des personnes instables, de leur endoctrinement, et de la fourniture de moyens ou d’infos..

        Ce sont ces gus-là qu’ il faut détecter et mettre hors d’ état de nuire..

      • 17 Juillet 2016 à 16h21

        C. Canse dit

        Jandel

        Et à “l’homme nouveau”, vous y croyez  ?

    • 17 Juillet 2016 à 13h33

      Martini Henry dit

      Bon article ici sur ce déni qui voit systématiquement les terroristes qualifiés de déséquilibrés sans lien avec l’EI :
      http://www.revuedesdeuxmondes.fr/tuerie-de-nice-halte-aux-debats-steriles/

      • 17 Juillet 2016 à 14h34

        ZOBOFISC dit

        Très bon article.

        Je ferai néanmoins une réserve sur la phrase : « Depuis le début des attentats en France, il n’y a pas eu d’affrontements entre communautés, d’actes de vengeance isolés contre des musulmans, de radicalisation par la peur. Cette guerre civile que redoutent tant les experts n’a pas eu lieu. Il faut en faire crédit à tous les Français qui n’ont pas versé dans la haine et le ressentiment. »

        Au vu des commentaires que je lis ou que j’entends autour de moi, je pense que s’il n’y a pas d’acte de vengeance contre les musulmans de la part des non-musulmans, ce n’est pas par « bonté d’âme » mais par simple lâcheté.

        Il manque aux non-musulmans ce qui motive leurs adversaires : la croyance dans l’absolution de leurs péchés et dans un paradis remplis de pétasses lascives. Les croisés qui partaient reconquérir les terres saintes l’avaient.

         Si demain, hypothèse totalement saugrenue j’en conviens, le Pape remplaçait son discours lénifiant par un encouragement à exterminer les musulmans pour gagner sa place au paradis, nous verrions les derniers chrétiens d’occidents se précipiter sur les agences de locations de camions.  

        • 17 Juillet 2016 à 14h47

          himavat dit

          ou uber?
          le bon coin?

          la vengeance est mauvaise conseillère
          et je vous rappelle que le le fils du dieu des chrétiens n’ encourage pas spécifiquement les massacres
          et il y a peu de taspés dans son paradis, effectivement

        • 17 Juillet 2016 à 14h55

          ZOBOFISC dit

          A l’attention de PARSEVAL :

          C’est le Pape ? Je ne l’ai pas reconnu ! 

        • 17 Juillet 2016 à 15h14

          i-diogene dit

          Ptdr.. Parseval..

          Celui-là, il est bon pour la camisole et la chambre capitonnée, dûment gavé de psychotropes..!^^