Asie : le libre-échange, mais ailleurs

L’anti-Europe est en marche

Publié le 08 juillet 2010 à 14:00 dans Économie

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Mao

Le protectionnisme fleurit au pays du président Mao.

C’est un des mythes les plus tenaces de la théorie économique : le développement du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine démontrerait les bienfaits du libre-échange. Et si c’était l’inverse qui était vrai ?

Libre-échange chez les autres, protectionnistes chez eux

En fait, la réalité du développement économique de ces pays est tout autre. Les plus grandes puissances économiques du Sud-est Asiatique comptent sur l’ouverture commerciale des autres pays pour pousser leur exportation le plus loin possible tout en protégeant fortement leur marché intérieur et leurs entreprises. Ce n’est pas un hasard si plus de 95 % des voitures vendues dans ces trois pays sont produites localement, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis et en Europe.

L’exemple de la Chine est particulièrement parlant. Il y a une vingtaine d’années, ce pays a décidé de développer une industrie automobile. L’Etat a donc mis en place des droits de douane de plus de 100 % sur les importations de véhicules, imposant à tous les constructeurs d’ouvrir des usines de montage sur place. Et pour s’assurer un transfert de technologie, la Chine a également imposé qu’un partenaire local détienne la moitié de l’entreprise. Dans un second temps, la Chine a remonté les droits de douane sur les pièces détachées pour faire venir l’ensemble de la filière sur son territoire.

Ensuite, une fois la pompe amorcée, les droits de douane sur les véhicules importés ont été diminués (à 35 % tout de même) et les anciens partenaires des constructeurs occidentaux se sont lancés eux-mêmes dans la production leurs propres véhicules, souvent des copies de modèles occidentaux au démarrage. Finalement, la filière s’apprête à passer bientôt à la phase ultime – l’exportation.

Un modèle dirigiste, protectionniste et patriote

Même si le chemin n’est pas exactement le même, il est difficile de ne pas voir dans la politique de la Chine une réplique du modèle japonais. Les pays asiatiques ont compris qu’une ouverture anarchique et dogmatique de leur marché intérieur les empêchera de construire une forte industrie locale. Comme une jeune pousse, une Il une industrie naissante a besoin de protection pour lui permettre de se développer, se renforcer et, en fin de processus, se tourner vers l’exportation. Voilà ce que montre le modèle asiatique.

Et d’ailleurs la douane n’est pas le seul outil utilisé par les pays asiatiques conservent une protection de leur marché intérieur. Comme le montre l’article de Hexaconso publié par Marianne2, normes et des règlements sont aussi mobilisées pour favoriser les industries locales au détriment des industriels occidentaux. Ce patriotisme économique donne une base arrière solide aux entreprises locales, qui, grâce aux prix plus élevés obtenus sous le parapluie protecteur de l’Etat, assure une stabilité propice aux investissements pour l’avenir.

Le modèle de développement asiatique, bien loin des idéaux néolibéraux, est dirigiste, protectionniste et patriote. À travers une politique industrielle menée dans la durée, l’Etat donne une direction ferme à l’économie et protège son territoire national de l’anarchie commerciale. En gros, ce modèle de développement est l’exact contraire de la voie suivie par l’Europe d’aujourd’hui, libérale, libre-échangiste et supranationale. La divergence des taux de croissance donne sans doute une bonne indication de la pertinence des deux modèles

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  • 10 July 2010 à 21h26

    lbj dit

    Aberrations tout court aurait largement suffi comme titre.
    Ou alors éventuellement “Élucubrations d’un apprenti coco”

  • 10 July 2010 à 12h52

    Blancseb31 dit

    Si vous vous intéressez à ce genre de sujets, je vous invite à télécharger gratuitement le livre “aberrations de notre societe française” ici:
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  • 10 July 2010 à 2h14

    Yul dit

    @saul

    “ou DSK, c’ est lui qui en est l’ initiateur..”

    et pourtant c’est lui qui passe pour l’expert en économie, ce qu’il est sans doute, mais ça en dit long sur l’inculture économique de nos politiciens, de gauche comme de droite, qui s’ajoutant au culte de l’Etat et aux bonnes intentions de façade riches en effets pervers, et sans doute l’une des causes majeures de la crise que traverse notre pays depuis déjà plus de trente ans…

  • 10 July 2010 à 0h17

    Saul dit

    ““Imaginez une seconde Martine Aubry et ses 35 h en Chine ! Camp de rééducation garanti…”

    ou DSK, c’ est lui qui en est l’ initiateur..
    et pourtant il est au FMI
    comme quoi..

  • 9 July 2010 à 20h57

    dexter dit

    Travailler plus, toujours plus, pour produire plus de richesses… Mais pourquoi? car sinon les rentiers ne pourraient pas capter les gains de productivités.

  • 9 July 2010 à 19h09

    expat dit

    Oh okay- oui on parle des 35 heures et moi I start to rant and rave. Foaming at the mouth – la totale.

  • 9 July 2010 à 19h08

    fatback dit

    expat,
    Non, c’était un encouragement à propos de ton “Don’t get me started” ;)

  • 9 July 2010 à 19h00

    expat dit

    @ fatback : ?? C’est pour ta fille ?

  • 9 July 2010 à 17h28

    fatback dit

    Come on baby light my fire

  • 9 July 2010 à 17h19

    expat dit

    @ Yul : “Elle devrait se mettre un sac en papier sur la tête. ”
    D’accord mille fois ! quelle CONNERIE les 35 h. Don’t get me started…

  • 9 July 2010 à 16h55

    Yul dit

    @Aristote

    “Imaginez une seconde Martine Aubry et ses 35 h en Chine ! Camp de rééducation garanti…”

    Et ce serait amplement mérité. Le seul cas probablement. Je ne comprends pas comment elle ose encore paraître en public après avoir fait les 35h. Elle devrait se mettre un sac en papier sur la tête. Ce qui prouve que les socialistes sont insubmersibles. A sa décharge, les politiciens de droite qui laissent perdurer les 35h et l’ISF sont au moins complices, sans employer l’expression libertarienne de “socialistes de droite”.

  • 9 July 2010 à 16h32

    dexter dit

    @fatback

    La logique mercantile est très bien utilisé par les pays que vous adulez (Chine, Allemagne etc..) pour leur politique de moins disant social. Vous vivez dans l’utopie libéral. Celle ou l’homme est au service de l’économie.

  • 9 July 2010 à 14h00

    Aristote dit

    Deux choses :

    1) Tous les exemples cités sont des exemples de pays en phase de rattrapage des pays développés, où le problème est “d’impatrier” les bases technologiques, et non de poursuivre l’innovation technologique. Le Japon qui n’en est plus là est à la peine, c’est le moins qu’on puisse dire.

    2) Ce sont des pays où les liens entre les affaires et la politique garantissent un environnement étatique très pro-business.

    Imaginez une seconde Martine Aubry et ses 35 h en Chine ! Camp de rééducation garanti…

  • 9 July 2010 à 13h08

    Sophie dit

    Tatback, premier prix d’économie, mention spéciale en pédagogie!

    Bravo et merci!

  • 9 July 2010 à 12h24

    L'Ours dit

    fatback,

    “Plus les marchés sont ouverts les uns sur les autres, plus on créé de richesse.”
    ce n’est vrai que si, dans un pays donné, les entreprises paient des charges selon leur dimension (pour faire bref) et non seulement celles qui emploient. Sinon il se passe ce à quoi on assiste depuis 40 ans, une délocalisation où les entreprises partent pour revenir vendre à des clients payés par les cons de patrons qui sont restés.
    Cela mène à la ruine!
    Cela était masqué par les nouveaux secteurs d’activité, mais cette manne n’est pas éternelle, on le voit!

  • 9 July 2010 à 12h15

    expat dit

    @fatback : ton histoire de bon-bon – ça c’était un bon prof !

  • 9 July 2010 à 11h45

    Kardaillac dit

    Que la Chine ait joué savamment de la globalisation, nul ne l’ignore. Mais sans doute aucun cela nous sauve d’une situation de guerre larvée comme elle se dessinait sous la Révolution culturelle. En fait c’est l’entropie mondiale qui porte la paix. Plus ici, moins là. Même si la somme des flux économiques n’est pas nulle puisqu’ils génèrent “automatiquement” de la richesse, la paix est atteinte quand l’écart ressenti de niveau de vie entre pays est inférieur au courage nécessaire pour abandonner le chez-soi et migrer.
    La libéralisation globale est le seul vecteur de développement réel prouvé. Dans les années cinquante et marxisantes, les profs de géo vantaient l’avenir des pays neufs (Argentine, Australie, Nlle-Zélande, RSA,…) et celui de pays à fortes rentes minières comme certains pays africains encore asservis. Mais le top du futur était l’Union soviétique qui avait tout, les ressources, les peuples, la méthode. L’Asie jaune était le continent naufragé, lesté d’une population en nombre effrayant qu’aucune ressource de conséquence ne pouvait supporter. On alla même jusqu’à “châtrer” les mâles pour enrayer la chute aux enfers. Des Indiens furent vasectomisés par centaines de milliers.
    Cinquante ans plus tard… c’est l’industrie inlassable de peuples ambitieux pour eux-mêmes et leurs familles qui a prouvé être le seul moteur endurant.
    Un truc simple, finalement.
    L’impatience d’entreprendre.