Arthur Russell, icône de rien

L’art de l’ébauche

Publié le 10 juillet 2009 à 1:13 dans CultureMédias

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Arthur Russell

Arthur Russell.

William Socolov repose son verre. Le boss du label Sleeping Bag est, cette nuit de 1979, un homme heureux. Il est 2 heures et tout le Loft est en transe ; le mythique night-club de New York se déchaîne sur la démo qu’il vient de passer au disc-jockey : Go Bang, d’Arthur Russell. Il faut en féliciter l’auteur. Où est-il passé ? Le producteur se fraie un passage parmi les clubbers, se fait claquer une bise par Lola Love, la choriste de James Brown : “So funky, Will, so funky”, et peine à mettre la main sur Arthur Russell, dont le public vient de tomber raide dingue sans même le connaître.

Arthur est prostré dans un coin. Elle a une drôle de dégaine, la nouvelle star du disco : à 26 ans, son visage conserve des stigmates prononcés d’acné juvénile et ses chemisettes à carreaux lui donnent des allures de fermier de la Corn Belt. Pour le glitter et le glamour, on repassera.

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