Art officiel, art mondialisé | Causeur

Art officiel, art mondialisé

Tableaux d’une décomposition

Publié le 26 juillet 2014 / Culture

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art officiel paris

La France est redevenue une grande nation de football et c’est tant mieux. On a le droit d’être nostalgique de l’époque où elle était aussi championne des arts. Les artistes les plus renommés vivaient et travaillaient à Paris et grâce à eux, nos paysages naturels et humains, des danseuses de french cancan à la montagne Sainte-Victoire, appartiennent désormais au patrimoine esthétique de l’humanité.

Depuis, deux guerres mondiales et la mondialisation sont passées par là ; et les Picasso, Braque, Zadkine, Soutine, Modigliani et Matisse d’aujourd’hui, s’ils existent, n’habitent plus Montparnasse. Les jeunes ont déserté Paris et ses chambres de bonne hors de prix pour se rapprocher de leurs clients new-yorkais fortunés, des galeries et des logements bon marché de Berlin, pour ne pas parler des collectionneurs chinois.

À vrai dire, il n’est pas certain que l’on puisse encore parler d’un art français, chinois ou américain. L’art n’a pas échappé à la mondialisation marchande : largement délivré de tout ancrage national ou territorial, il est adapté au goût d’élites hors-sol qui se soucient plus d’épater le bourgeois à coups de transgressions factices que d’élever leur âme au contact de la beauté.

[...]

*Image : Soleil.

  • causeur 15

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    publié dans le Magazine Causeur n° 15 - Eté 2014

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    causeur 15
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    • 30 Juillet 2014 à 15h26

      Charles Lefranc dit

      Vous offrez une formule très réductrice de l’ art : 1)Il faut une âme 2) qui s’ élève 3) au contact de la beauté . Ais-je une âme ? Je ne le sais pas. S’ élève t ‘elle ? Devant un tableau de Bacon ; oui mais comme si j’ avais reçu un coup de poing au foie . Bacon ne peint pas la beauté , il peint la douleur qui n’ est pas belle mais forte , cinglante, lancinante. Mais il a d’ illustres précurseurs , maitres de l’ expression de la douleur : Eugéne Delacroix, Théodore Géricault, Greuze.Ces trois anciens maitres ont le don de révéler la douleur dans la beauté . Leurs personnages sont vivaces, parcourus de l’ énergie  qui anime les hussards , ou au contraire affaissés comme ceux des naufragés du ” radeau de la Méduse “. Pour en revenir à notre époque , Basquiat est à mon avis un grand artiste, du calibre de Soutine . Jeff Koons est un fabricant d’ objets de dérision , de contrefaçons ironiques, un pasticheur du Pop Art des années 60 . Il correspond à Michael Jackson, un pantin frénétique , un pasticheur de la Soul music des memes années 60. Le public n’ ayant plus aucune mémoire iconographique, il devient aisé aux marchands de faire croire à leur clientèles que le pastiche de Koons est aussi ” important ” que la boite de ” Campbell soup ” de Warhol.A coté des pasticheurs comme Koons , il y des artistes ” héritiers ” des maitres du passé : Miguel Barcelo malgré tous ses efforts n’ est pas Picasso , Anselm Kiefer n’ est pas Caspar David Friedrich, Peter Doig n’ est pas Gauguin .Je vois bien à qui ils font appel pour s’ inscrire dans une tradition picturale . Mais je reste sur ma faim. Le reste est question de  marketing mix , promotion, ” records ” de prix en ventes publiques, foires aux milliardaires .Je ne vois aucun reproche à faire aux marchands du temple, je regrette simplement que les musées publics se prêtent à cette comédie. 

    • 26 Juillet 2014 à 21h55

      patricethomas dit

      la mondialisation est décidément mise à toutes les sauces : de quoi donc n’est-elle pas coupable ?

      Puis, au début d’un paragraphe : “Reste que le déclin français a aussi une cause spécifiquement française qui tient à l’intervention de l’État”. Notre Etat et notre “exception culturelle” ne seraient donc pas encore mondialisés ?

      Et puis, dernier point,  une politique de l’art conduite par les pouvoirs publics, c’est , en général, de la propagande.

    • 26 Juillet 2014 à 18h25

      Wil dit

      Je trouve l’art contemporain qui est l’art de la médiocrité tout à fait dans son époque.
      Pourquoi de la médiocrité?Parce qu’il ne requiert généralement que peu de technique,voir pas du tout pour le conceptuel.Pour moi,l’art sans une bonne maitrise technique n’est pas de l’art,c’est du travail manuel.
      L’art contemporain est à l’art ce que McDonald est à la cuisine.
      Pourquoi bien dans son époque?parce que c’est l’art de l’ère de la télévision,de la starification et de l’oubli instantanés.De la culture de masse.L’art de l’ère de l’information et de la culture “kleenex”.Du “tout,tout de suite” avant de passer à autre chose.Une époque où l’on ne veut plus passer des heures,des jours et des années à apprendre une technique et la perfectionner afin d’avoir l’espoir de la maitriser pour pouvoir s’exprimer correctement dans son art et peut être un jour,grâce à un don personnel,être reconnu comme talentueux.
      D’ailleurs,pourquoi voudrait-on encore passer du temps à apprendre une technique jusqu’au niveau de l’art,alors que les médias nous montrent tous les jours et à toutes heures des médiocres incultes et sans talents et qui la plus part du temps n’ont pas fait grand chose pour être là où ils sont,pendant que des millions de gens talentueux resteront ignorés toute leur vie?
      Ce phénomène ne touche pas seulement les arts visuels.C’est exactement la même chose dans la musique par exemple.

      • 26 Juillet 2014 à 18h29

        Parseval dit

        L’œuvre qui correspond à l’époque c’est Cloaca de Wim Delovoy.

      • 27 Juillet 2014 à 0h29

        Lector laetaberis dit

        une chose cependant, Will, tout artiste finira par vous dire qu’il faut aussi savoir se débarasser de la technique… pour cela, bien d’accord avec ce que vous dites, il faut l’avoir acquise, c’est le minimum… évidemment l’art ce n’est pas que de la technique, celle-ci n’est qu’un outil… et puis certains ont inventé, forgé une technique qui leur est propre… le dripping de Pollock par exemple ou bien… les “projections”, “pochoirs” et tracés de la grotte Chauvet :D

    • 26 Juillet 2014 à 17h22

      comtesse dit

      Tiens dans la manif pour Gaza on voit des drapeaux du FDG. Pour le reste je répond à Shiczu.
      Les commentaires de causeurs ont la pluspart était le fait de non payant pendant une période on pouvait commenter seulement les articles en accès libre et ceux qui été en accès payant étaient bcp moins commentés. Puis il y a eu un moment ou seul les payants pouvaient commenter EL avait expliqué le pourquoi de cette restriction en revanche elle n’a pas du tout expliqué pourquoi cette interdiction a été levée.

      • 26 Juillet 2014 à 18h04

        comtesse dit

        Une journaliste d’iTélé agressée
        Une journaliste d’iTélé raconte avoir été agressée par des manifestants place de la République, qui lui auraient pris son micro et jeté la caméra de son collègue par terre. “C’est très difficile depuis 15-20 minutes de couvrir la manifestation. On a bien senti qu’on n’était pas les bienvenus”, a-t-elle expliqué à l’antenne.

      • 27 Juillet 2014 à 10h17

        Schiczu dit

        Alors peut-être y-aura-t-il une explication.
        Peut-être aussi cela finira-t-il après la guerre à Gaza.
        Peut-être faudra-t-il que le camarade Parseval nous crée un forum Causeur 3.
        Qui sait?
        Sic transit gloria mundi.

        • 27 Juillet 2014 à 10h46

          bellissima dit

          C’est le seul fil ouvert aujourd’hui ?

    • 26 Juillet 2014 à 16h18

      Parseval dit

      Pendant que les commentaires sont ouverts, j’en profite pour mettre quelques liens.
      Un site très moqueur : Le Schtroumpf Emergent

      Caractéristiques du schtroumpf émergent
      Formatés en Ecole des Beaux-Arts pour la plupart, les schtroumpfs émergents sont des sortes de petites mécaniques de pure conceptualité, décébrées et désensibilisées, porteuses hyper performatives de la parole du prophète. Ils sont tous programmés pour interpeller, interroger, provoquer la réflexion en tous lieux, à partir de tout et de n’importe quoi… Des sortes de petites têtes chercheuses, genre têtards libérés comme ça, sans aucun contrôle, dans la nature, à la recherche de leur contenu disparu et du sens de leur vie. Petites mécaniques masturbatoires d’intellect dont les piles doivent sans cesse être rechargées avec l’argent public. Le schtroumpf est dans un perpétuel état de questionnement eschatologique, onanistique et frénétique. Il «convoque», «interpelle», «interroge», «subvertit» tout ce qu’on peut imaginer: l’espace d’exposition, l’espace public, l’espace tout court, l’institution, l’histoire de l’art, la critique d’art, la peinture, les codes de la représentation, le ready made, la poêle à frire, la notion de déplacement, ce qui se passe entre visibilité et opacité, le pourquoi quelque chose plutôt que rien, la dimension métaphysique du cassoulet, le centre, la lisière, le plein, le vide, l’absence… Le rapport au temps qui passe, à l’espace, au cosmos, au langage et à la communication, à l’art sur l’art, au corps social, aux cors aux pieds, à l’urbanité et aux ploucs, au politique, au religieux, à l’architectural, à l’iconographie contemporaine, etc, etc….
      Une sorte de kamikaze décérébré
      Le schtroumpf émergent est donc une sorte de kamikaze décérébré et programmé pour le sacrifice à la cause artistique d’État, elle-même liée structurellement à la cause de la grande spéculation financière mondiale. C’est un peu comme ces jeunes talibans, étudiants en théologie, sortant des écoles coraniques, parfaitement lobotomisés et analphabètes mais redoutablement armés pour défendre et promouvoir leur ignorance et leur vide cérébral.
      Le Schtroumpf émergeant ne sait pas dessiner ni peindre. Il bricole tout juste. Il est parfaitement inculte en histoire de l’art, hors celle qui concerne ses référents. Il est puissamment armé en arguments rhétoriques d’une extrême sophistication, qu’il peut répéter mécaniquement ; et qui lui permettent de justifier son engagement socio-esthétique, sa lutte contre le vilain bourgeois réactionnaire, sa volonté farouche de déconstruire les modèles, de dénoncer la ringardise, de faire exploser les conventions, les codes, les icônes, etc. ; et de fusiller sur le champ les mécréants qui osent douter de la pertinence de ces inepties. C’est un vrai révolutionnaire terriblement subversif et hautement performatif, une bombe conceptuelle capable de faire péter les icônes, comme les talibans les statues de Bouddha.

      et un débat sur l’art contemporain avec l’inénarrable Sylvana Lorenz (on a droit à toute la panoplie : fasciste, ignare, inculte, …).

      • 27 Juillet 2014 à 1h00

        Lector laetaberis dit

        bien le lien du Schtroumpf Emergent ! Une mine pour se faire un petit corpus des inepties de l’AC et de celles leurs ministres ; et puis ça corrobore ce que je disais :D

    • 26 Juillet 2014 à 15h54

      Lector laetaberis dit

      Ce n’est pas tant que “l’art n’échappe pas à la mondialisation marchande” ; la “nouvelle figuration” a profité de ses largesses dans les années 80 et cela n’augurait aucun déclin.
      Par contre les experts à la t^te des magazines consacrés et de titres ronflants ont promu, en France aussi bien qu’outre atlantique un nouvel art pompier ou pyromane, qui est présenté comme tansgressif alors m^me qu’il iconifie les objets de la consommation de masse. Les teddy bears de Jeff Koons, cet ancien trader, sortis de moules industriels, voire déjà pour part le pop-art d’Andy Warhol qui sérigraphiait les soupes Campbell ont introduit dans le contemporain une servitude que les majuscules attribuées à l’art conceptuel dit Art Contemporain, i.e. exclusif, ont confirmée.
      La falsification du discours qui entoure la production artistique, dont l’imbécile et mensongère “prise de risque”, a devancé la novlangue politiquement correct. Plus de 25 piges que ça dure. Malraux s’est trompé. Duchamp s’est fourvoyé. Ben est un imbécile. On nous bassinait déjà avec Berlin, ce no man’s land, qui n’est jamais devenu la capitale de l’art qu’on aurait voulu nous faire croire.
      L’Art Contemporain est un nihilisme : l’oeuvre ne rime plus avec éternité mais consacre le présent. Le conceptuel s’incrivait dans la date, était par là précisément un anti art, et c’est lui qui a triomphé dans un monde qui a figé les aiguilles de son horloge hic et nunc. L’Art Conceptuel dit Contemporain est un art fasciste, autant par ce que sa débnomination a d’exclusif que depuis le figé et le fixe de son temps. Il est produit et publicisé par des gens qui n’ont aucun go^t, aucun, pas m^me mauvais.
      Chose curieuse, on assiste au m^me déclin dans la production cinématographique qui n’a de cesse de promouvoir la comédie dr^latique -le burlesque est mort et l’humour-.
      Il faut bien évidemment désespérer d’une Renaissance qui ne viendra pas pour la simple raison que le contemporain a décidé de criminaliser le passé, et de se passer de l’Histoire. Le journalisme d’actualités plus que d’investigation, le devoir d’une mémoire au rabais, le principe de précaution, l’abolition m^me des frontières (dont l’art dans un monde de barrières s’était tjrs affranchi), instruisent un art de procureur proxénète et protitué qui abhorre l’humain, la vie, la mort, et la volonté d’éradication de la tauromachie en est le symptome tangible. Les peintres des galeries de Matignon ne représentent plus de corrida, ils sont par trop écologistes, ils ont, comme tout bo-bo qui ne respecte que lui-m^me, principalement le souci de la planète, au détriment de tout le reste. Ainsi leur art est devenu chose politique qui sert la propagande du GIEC, officine du libéralisme nihiliste.
      Ah mais quelle prise de risque !