L’art du divertissement | Causeur

L’art du divertissement

Les ventes d’art sont devenues un spectacle mondialisé

Auteur

Patrick Mandon

Patrick Mandon
éditeur et traducteur.

Publié le 17 août 2014 / Culture Société

Mots-clés : , , ,

paul mccarthy oeuvre

Le film de Marianne Lamour, qui se fonde sur l’excellent livre-enquête, au titre éponyme, de sa sœur, Catherine, et de Danièle Granet[1. Grands et petits secrets du monde de l'art, de Danièle Granet et Catherine Lamour (sœur de Marianne), Poche, Pluriel.], n’est pas un documentaire de dénonciation. On n’y crucifie pas les milliardaires, qui en sont les acteurs principaux. La Ruée vers l’art signale la métamorphose qu’a subie ce commerce, désormais conforme aux règles (ou aux dérèglements) de la financiarisation en temps réel. Les artistes « bankables » sont soutenus par un discours publicitaire approprié et par une stratégie de marketing digne de l’industrie du luxe. Les artistes sont des marques : Basquiat, Koons, Murakami, Hirst… Qu’on épice cette foire aux vanités d’un peu de transgression, et c’est Byzance !

La Ruée vers l’art est le spectacle d’un divertissement habituellement caché, d’une sorte de féérie qui se joue à guichets fermés. Les premiers rôles sont des gens très riches, entourés de « curateurs », marchands, galeristes, conseillers, et des artistes. Catherine Lamour résume ainsi la situation : « Nous montrons qu’une société a rendu obsolète celle qui l’a précédée. L’opération a été radicale : plus rien n’est, ne sera comme avant ! »

C’est dans la seconde moitié du XIXe siècle que le monde a voulu être moderne absolument, entraîné dans ce mouvement hélicoïdal par le cyclone Baudelaire. Réclamant du neuf à tous les étages, Baudelaire s’échappe par la « modernité », qu’il discerne dans l’œuvre d’un peintre alors méconnu, « C. G. » (pour Constantin Guys). Il prétend que l’artiste a entrepris la tâche héroïque de présenter le monde en train de se faire sous ses yeux, dans les décors et les vêtements de son temps. C’est par ce moyen, qu’il « cherche ce quelque chose qu’on nous permettra d’appeler la modernité […] Il s’agit, pour lui, de dégager de la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique, de tirer l’éternel du transitoire. […] La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. » (Le Peintre de la vie moderne).

[...]

*Photo: Vincent Yu/AP/SIPA.AP21392082_000007

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    publié dans le Magazine Causeur n° 15 - Eté 2014

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    causeur 15
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Août 2014 à 12h06

      Patrick Mandon dit

      J’ajoute à mon 11 h 28 que M. Ferry se trompe en attribuant la première critique ironique du monochrome Paul Bilhaud, en 1882. Il oublie que l’illustrateur, fameux en son temps, nommé Bertal (Charles Constant Albert Nicolas d’Arnoux de Limoges Saint Saens pour l’état civil), fit paraître un dessin dans L’illustration, qui représentait un fond noir constellé de points blancs, avec cette simple légende Vue de La Hougue (effet de nuit) .
      En outre, dans la revue Le Diable au Salon, revue comique, critique et Très-Chique de l’Exposition des Beaux-Arts, on apprend qu’à Bruxelles fut exposée une toile véritablement monochrome, que le rédacteur ne se prive pas de moquer dans ces termes ::
      La mer est bleue le ciel est bleu
      Et de Pandore la chemise est bleue
      Ses cheveux blonds sont bleus  
      Et quand il a peint sa chair bleue
      On croit que l’artiste était bleu 
      M. Ferry serait-il en la matière, un « bleu » ? 

    • 20 Août 2014 à 11h28

      Patrick Mandon dit

      « Comme on voit, Klein, Cage, Malevitch ou Soulages n’ont rien inventé. Ils ne font que recycler dans le registre du pontifiant ce qui appartenait au siècle dernier à celui, autrement plus profond, de l’humour.» (extrait d’un article de Luc Ferry, publié sur le site du Figaro le 24/07/2014.
      M. Ferry, philosophe tendance intermittent de la société du spectacle, tente régulièrement de se faire reconnaître par des manifestations, protestations et autres dénonciations, qu’il pense , ou qu’il espère, hostiles à une dosa non seulement dominante mais encore protégé par l’omettra de quelques puissances obscures. Je ne vois pas ce qui fonde, pour M. Ferry, la parenté esthétique entre Malevitch, Cage, Soulage ou Klein. Ou plutôt, je trouve lamentable, de la part d’un prétendu philosophe (la France compte autant de philosophes que d’économistes ! ) qu’il établisse un rapport d’ironie médiocre entre un créateur unique, et proprement génial, tel que Kasimir Malevitch, et les merveilleux, hilarants, nécessaires divertissements de surdoués de l’humour tels que Paul Bilhaud et Alphonse Allais.
      En outre, je ne vois aucune filiation entre Malevitch et Soulages. On peut s’interroger, en effet, sur la place réelle de ce dernier dans l’univers de la peinture, sur son importance, voire sur sa « légitimité », mais lui donner cette proximité de moquerie avec Malevitch, cela relève de la pensée d’épicerie; 

      • 20 Août 2014 à 12h04

        Parseval dit

        J’ai déjà lu une idée de ce genre chez Rouvillois, il retournait ‡ la proposition de Marx (« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »), citant la Marche funèbre composés pour les funérailles d’un grand homme sourd (lento rigolando) (« les grandes douleurs étant muettes, les exécutants devront uniquement s’occuper à compter les mesures ») et la comparant au 4’33” de John Cage, pris très au sérieux par beaucoup. Il cite aussi deux tableaux (l’un entièrement blanc, l’autre entièrement noir) de Allais : Jeunes filles anémiques partant pour leur première communion à travers le blizzard et Combat de nègres de nuit dans une cave.

        ‡ « Dans l’histoire du snobisme intellectuel, c’est (apparemment) l’inverse : ce qui avait initialement été conçu comme une blague ou un canular finit par se répéter dans le plus grand sérieux, suscitant des admirateurs inconditionnels et des exégètes passionnés [...] les uns et les autres refusant avec effroi d’envisager que 4’33” pourrait n’être qu’une bonne blague — dont l’anarchiste John Cage, plus proche qu’on ne le croit d’Alphonse Allais, était un amateur notoire. [...]
        L’intérêt historique de 4’33” vient de ce qu’il marque le moment où un certain art contemporain renonce, dans sa globalité, et au sens — et donc à la compréhension du public ordinaire, assumant pleinement un divorce qui, dans ces proportions, constitue une réelle nouveauté dans l’histoire des arts. »

        • 20 Août 2014 à 14h07

          Marie dit

          en ce qui me concerne je ne vois , et c’est mon droit tout autant que celui d’autres Ferry compris de considérer que l’art doit transmettre une émotion , la peinture est faite pour être vue et appréciée. Un certain art dit contemporain ne m’intéresse pas et ceux que je connais qui l’apprécient sont majoritairement des poseurs . J’ai souvenir d’un dîner ou certains de ceux ci voulant briller par leur propos devant un véritable peintre ce sont fait envoyer au bain par ce dernier…

      • 20 Août 2014 à 12h12

        Patrick Mandon dit

        On lira « M. Ferry, philosophe tendance intermittent de la société du spectacle, tente régulièrement de se faire reconnaître par des manifestations, protestations et autres dénonciations, qu’il pense , ou qu’il espère, hostiles à une doxa non seulement dominante mais encore protégée par l’omertà de quelques puissances obscures ».

    • 20 Août 2014 à 9h24

      Charles Lefranc dit

      @lector laetaberis; le tout premier artiste a produire une peinture abstraite est Paul Sérusier en 1909 , cf Musée des Beaux-Arts de Nantes ” Cylindre d’ or ” , puis “Thétrahédres” 1910 ( en exposition au Centre Pompidou à Metz ) puis ” les origines ” ( collection privée ) . Sérusier devance d’ un an Kupka ” disques de Newton ” 1910 (Centre Pompidou Paris ) et de deux ans Kandinsky , Robert Delaunay passe à l’ abstraction en 1913.Sérusier est donc l’ auteur de trois sauts qualitatifs en peinture : il peint le “Talisman ” en 1888 à coté de Gauguin, et ouvre la voie du synthétisme en peinture, il crée ensuite le symbolisme avec Vuillard, Bonnard, Ranson etc…. enfin il inaugure l’ abstraction. Sérusier n’ a pas eu de rétrospective digne de son oeuvre depuis 1947 , il serait temps que l’ oubli soit réparé.  

    • 19 Août 2014 à 11h57

      Patrick Mandon dit

      19 Août 2014 à 11h10 Thomine, citant Guerne : « […] je vous signalerai son lien  avec le peintre André Masson et ses lignes : “Picasso a surtout peint pour être vu, et Masson peint pour regarder, pour essayer de voir. L’un accumule, l’autre avance. Tous deux indiscutablement dans la même authenticité inentamable ; mais l’une assise, et relative à sa seule personne ; l’autre debout, et relative à ce que peut une œuvre : l’exploration de l’univers et la recherche du passage entre ce monde et tous les autres, l’exploitation de l’absolu du temps. Donc l’inverse de la catastrophe. ». Excellente citation, Thomine, et qui va loin. Les amateurs apprécieront. i-diogène, votre 11 h 57 : la chose est plus complexe que vous ne le dites. La « réussite » des artistes est souvent liée à la reconnaissance de leur art par la classe aisée, jadis par les princes et les puissants. Au XXe siècle, une classe bourgeoise, principalement française et européenne, très éclairée, a intelligemment soutenu tous les mouvements importants de l’art (Ballets russes, architecture, décoration, peinture, cinématographe, sculpture…).
      Le phénomène que met en lumière le présent entretien est récent (une trentaine d’années, avec accélération ces quinze dernières années). Il est peut-être lié à deux choses : la frénésie financière, et la séparation définitive entre les classes sociales, la rupture entre les « très riches » et les autres, et sans doute aussi à ce qu’on nomme la « mondialisation ».

      • 19 Août 2014 à 15h10

        Lector laetaberis dit

        Patrick, c’est bien là qu’il manque qq chose, cet entretien, dans l’analyse de ce phnéomène il oublie celle de ces “oeuvres” et de leur concept (et aussi de leur conception… si vous vous souvenez de ce que j’en disais naguère). Bref il navigue à la surface non pas sans boussole mais sans scaphandre.

        • 19 Août 2014 à 15h41

          Marie dit

          un petit aparté, que pensez vous de l’article de Ferry
          http://www.lefigaro.fr/vox/culture/2014/08/14/31006-20140814ARTFIG00008-luc-ferry-le-sectarisme-est-le-snobisme-des-gardes-rouges-de-l-art-contemporain.php
          D’aucuns lui dénient le droit d’écrire ceci au pretexte qu’il n’est pas artiste.

        • 19 Août 2014 à 17h13

          Lector laetaberis dit

          Bonjour Marie, occupé pour l’instant, je lirai l’article du Fig plus en détail ce soir et vous répondrai ; d’un survol je dirais que je suis plut^t d’accord mais mauvaise illustration/procès avec Soulages ce me semble.

        • 20 Août 2014 à 1h20

          Lector laetaberis dit

          @Marie. Alors voilà, à priori je devrais ^etre d’accord avec L.Ferry comme avec l’entretien proposé en article par P.Mandon, sauf que… pas sur chaque point… et puis pour ma part je le suis, vendeur (de mes propres tableaux), l’ai été, petit collectionneur (petit, faute de moyens) du temps de mes études à l’ENSBA, j’ai donc des “intérêts” dans cette partie, celle de l’art s’entend, ou de la peinture, pas de l’Art dit Contemporain en fait conceptuel, je le précise encore.
          Bon, je t^acherai de faire bref, car je pourrais disserter des heures à ce ou sur ces/ses propos, et finalement ce n’est pas le lieu, i.e. notamment en commentaire, comme me l’a d’ailleurs souligné Patrick Mandon dans sa réponse.
          J’ai déjà dit ou essayé de dire sur ce site, fut un temps, une “clôture” (temporelle entre autre) -avec le “carré blanc etc.” de Malevitch-, qui devait servir mon propos contre le concept d’avant-garde qui m’a tjrs semblé stupide, l’art ou plus exactement l’émotion qu’il procure, dépassant les frontières du temps et de l’espace (alors m^me que celui dit conceptuel est un art daté, un non-art et l’Art dit Contemporain selon son appelation non controlée, majuscule et exclusive, un anti art).
          Passés ces prolégomènes, voici les points sur lesquels je ne suis pas d’accord avec LF : ce que je reprocherais, moi, artiste peintre ayant la prétention de produire à l’occasion un discours théorique (comme d’autres plus illustres avant moi, Kandisky bien s^r, mais aussi dans une moindre mesure pourquoi pas Matisse en ses commentaires ou van Gogh par ses lettres à son frère destinées), ce que je reprocherais à Soulages, disais-je, c’est de peu ou prou produire tjrs le m^me tableau (je parle des “monochromes” noirs en série, ceux que je préfère dans l’oeuvre de l’artiste). Le noir étant la couleur qui absorbe toutes les autres du spectre, je pourrais me divertir et mes éventuels lecteurs, à dire celle-là primordiale -plus encore qu’on a pu dire le blanc car l’obscur était avant la lumière, or c’est le blanc qui reflète celle-ci- et de là construire un commentaire théorétique au pire ou au mieux poétique, qui ravirait à coup s^ur certains esprits. Dans les pas, si je puis dire, de la parole m^me de Soulages je préfèrerai rappeler ceci : les sillons tracés dans ce pigment (eh oui, comme je parle depuis la praxis je ne suis pas pieds et bouche liés par les lois de l’optique, et sais le combat physique dans la matière ; si l’artiste peintre est pour part un oeil il est aussi une main), captent et renvoient la lumière (j’y reviens, et c’est là l’expérience sensible du regard, m^me profane, ie en dehors de la connaissance des lois optiques); et par ce phénomène de réfraction que ces sillons noirs opèrent, une irisation est produite ; de là pourrais-je aisément contrer le terme “monochrome” qu’accole Ferry aux tableaux de Soulages.
          Le blabla miens ou disons la part subjective du “regardeur” (comme il est dit) serait celle-ci : je vois le saphir et l’onyx dans les applats de Soulages, les pétales du gypse noir péruvien (plus souvent gris de payne) dans ses sillons, et/ou quelque chose de l’ordre de l’écorce.
          Du monochrome bleu Klein, hypnotique, je dirais la naissance ou l’enfance, plus que le ciel ou la mer, un cyan étant parait-il la première couleur perçue par le nouveau né. Les anthropométries de ce “plasticien” sont une redite en quelque sorte d’une part d’art rupestre. Etc.

          Je ne vois pas en quoi l’abstraction que Ferry ajoute à son corpus détournerait la peinture de son art ou de son histoire. D’une part j’observe que le public figure souvent l’abstraction tout comme l’enfant ou le poète admirant un cumulus se plait à imaginer, disons à imager, le nuage, y apercevant un visage, un corps, humain ou animal ; d’autre part, en tant que contemplatif, ie subjugué par la beauté des choses en elle-m^me (un philosophe dirait : de l’en-soi de l’objet, supposé-je) j’aime les choses brutes, et cette possible brutalité n’a pas le mauvais heur de m’effrayer ni le bon m^me de me surprendre, je la connais, elle fait partie de la vie et du monde, choses dont l’abstrait aussi, comme tout ouvrage de l’histoire de l’art rend compte.
          Si, pamphlétaire, par exemple, j’avais pour projet d’épingler les oeuvres précédemment citées je dirais leur pornographie, cherchant à me souvenir de l’étymologie et des mots du cour d’esthétique d’un de mes anciens professeurs, je nomme ici Marcelin Pleynet.

          Mais je m’égare ou du moins ai failli à l’annonce de brieveté que j’avais faite. Je retourne donc à l’article et reviens.

        • 20 Août 2014 à 2h18

          Lector laetaberis dit

          ah mais je me fourvoie, j’ai bien fait de prendre une petite récréation sur un autre fil, ce n’est pas le corpus de Ferry mais celui que Cerruti décoche qui est ignorant !

        • 20 Août 2014 à 2h22

          Lector laetaberis dit

          ah mais non, les deux dans le m^me sac ! :D

        • 20 Août 2014 à 2h41

          Lector laetaberis dit

          ouep, elle est bien jolie la culture ! M’enfin préférer Richter à Soulages… quelle importance ! Si je suis d’accord avec ce que Ferry rétorque à propos de la bohème et de la financiarisation, je ne peux le suivre sur sa critique qui selon ses propres goûts n’a que peu de sens en l’espèce.
          J’assiste à une bataille de tartines culturelles infantile entre deux académiciens. Et puis flûte !, les monochromes de P. Bilhaud (personnage dont j’ignorais jusqu’au nom) n’ont vraiment rien d’intéressant, et ont tout a envier (tant pis pour le temps linéaire, la chronologie, l’antériorité) à ceux de Klein et de Soulages.

        • 20 Août 2014 à 3h14

          Lector laetaberis dit

          j’ajoute que Cerruti se trompe, artistiquement parlant (théoriquement c’est autre chose) en faisant de Malevitch le pionnier de l’abstraction ; l’on pourrait rappeler l’anecdote de Kandinsky qui rentrant chez lui et découvrant un de ses tableaux accroché à l’envers (et ne le reconnaissant pas de suite) eut un choc, une révélation, et de là produisit ce que l’on a l’habitude en histoire de l’art de qualifier de première aquarelle abstraite… les écrits théoriques de Kandinsky à ce sujet (“point ligne plan” plus que “du spirituel dans l’art”) devraient lui donné la préséance, ce me semble.
          Mais je voudrais surtout dire ceci et c’est le point de vue artistique : l’abstraction est déjà en gestation dans certains paysages de Gauguin (notamment avec la ligne d’horizon relevée ; sous influence peut-être avec la naissance de la photographie précédent celle de l’artiste de dix années) ou de Vlaminck, des “fauves” voire des “nabis”, certainement de Cézanne aussi (et beaucoup plus encore), et chez Monet, et dans un paysage inachevé(?) que ma mémoire attribue peut-être à tort à Utrillo, qui appartient sans doute à l’un de ses contemporains.
          Et puis n’oublions pas avant eux, William Turner ! Dont les soi-disant “inachevés” ou “études” ont valeur d’abstraction lyrique. Turner, cent ans avant Malevitch.
          Les théoriciens oublient un peu rapidement que tout art sinon le rupestre se nourrit d’art et que d’ailleurs la reproduction d’oeuvres n’a pas attendu la photographie pour faire circuler des “vues”… depuis l’invention de l’imprimerie et de la taille-douce qu’elle existe…

        • 20 Août 2014 à 3h20

          Lector laetaberis dit

          oups un “il” de trop dans mon insistance 15h10 à répondre à P.Mandon qui va croire que je le cherche, lui, pas le il en trop…

        • 20 Août 2014 à 9h19

          Marie dit

          Merci de vos explications LL! Turner dont j’ai vu certaines toiles à Cean lors d’une expo mais dans des conditions déplorables .

    • 19 Août 2014 à 11h17

      i-diogene dit

      Ha, mais voila une création scatologique qui n’ aurait pas déplu à Mickaël Jackson..!

      Je suis toujours surpris par l’ amalgame entre “art”, et ” réussite médiatique” ou ” commerciale”..

      Il ne faut pas appeler ” art ” les achats délirants-pathos d’ une poignée de milliardaires, suivis de près d’ une bande de millionnaires qui rêvent d’ accéder à leur club, suivis d’ encore plus près d’ une bande d’ aficiona-idiots, qui croient qu’ avoir les mêmes goût qu’ un milliardaire leur donne une valeur ajoutée..

      La grande majorité des oeuvres artistiques, n’ a été comprise par le grand public, qu’ après , et bien souvent dans la misère la plus totale, la mort de leur créateur..

      Evidement, il y a des exceptions… Mais elles sont infiniment plus rares que les buz médiatiques..

      • 19 Août 2014 à 15h19

        Lector laetaberis dit

        justement observé Attiliogène ; voilà d’ailleurs un des pans de l’entreprise contemporaine hic et nunc : réunir (quitte à le faire de force, cf. le discours : “si vous ne comprenez pas l’Art Contemp… Conceptuel -daté- vous n’^etes qu’un archéo etc.”), réunir ici et maintenant, disais-je, 3 parties autrefois distinctes : les créateurs (oups, les “créatifs”), la critique et le public… dans une m^me temporalité donc… dans une m^me négation des trois.

    • 18 Août 2014 à 18h34

      Patrick Mandon dit

      Je salue l’exquise et si déliée Thomime…
      Parseval, votre lien apporte une belle réflexion à notre sujet (en partie tout au moins). Je retiens en particulier ceci : « Une véritable image esthétique doit avoir aussi une force énigmatique qui nous résiste et nous relance vers elle. Et enfin une véritable image esthétique doit être capable d’ouvrir en nous une temporalité de contemplation. La véritable image esthétique est donc un défi à l’image.  ».

      Et encore cette note :  « Dans un livre récent intitulé L’esthétisation du monde, Gilles Lipovetsky et Jean Sarroy voient dans ce statut de l’image la forme la plus achevée de la marchandise “à l’âge du capitalisme artiste”… ».
       

      • 18 Août 2014 à 18h51

        Thomine dit

        Vous me manquez ici, je vous cherche là… (mais septembre sera plus calme).

        • 18 Août 2014 à 19h06

          Patrick Mandon dit

          Blanche était vraiment belle, et quel tempérament ! Avec cela une intelligence, et le sens du neuf et de l’étrange. Sa liaison avec Giono fut plus que tumultueuse, mais l’amour, n’est-ce pas, c’est le tumulte…
          J’aime bien le « défi souriant »  que vous avez lancé à Parseval, et à ses « grandes possibilités de curieux ». Je suis moi-même curieux de connaître la suite : Parseval réussira-t-il à relever ce défi, difficile mais à sa hauteur.

        • 18 Août 2014 à 19h12

          Thomine dit

          Que pensez-vous de cette discussion autour du secret qui pèse sur cette relation ? La famille de Giono exerce son pouvoir pour que BM n’apparaisse pas, pourtant Giono ne cacha guère qu’elle fut son inspiratrice. Laissons le temps au temps c’est ça ? (ce qui me va très bien)

        • 18 Août 2014 à 19h19

          Thomine dit

          (mais j’ai vraiment écrit une négation incomplète là-bas en -dessous ?! Garçon ! encore un double siouplait)

        • 18 Août 2014 à 23h28

          Lector laetaberis dit

          :) “Chut ne le dis pas Que j’ai trop bu ce soir Ils n’y comprendraient rien. Tais-toi et viens Je t’emmène dans un pan de cuisse Du paradis…” (Simone Durand, donc)

        • 19 Août 2014 à 10h39

          Thomine dit

          J’ai mis la commande d’un de ses recueils dans mes devoirs de septembre. Ne reste plus qu’à trouver ensuite son adresse pour lui demander une petite étoile à la suite de ce vers (je connote), j’ajouterai quelques pétales séchés de Cuisse de nymphe émue et tout sera dit.
          “C’est le poème clos /tirer dessous un commentaire, / le repas fini / mâchonner sa salive / vivre après sa mort.” Alain Borne

        • 20 Août 2014 à 3h37

          Lector laetaberis dit

          ah Thomine ! Les “Cuisses de Nymphe” me rappellent une belle époque, celle de l’enfance où ma grand-mère m’apprit à faire des batailles de pétales chiffonnés, une guerre des boutons joyeuse de roses fanées -où comment joindre l’utile (l’entretien de la roseraie) à l’agréable (ce jeu parfumé plus poétique que la bataille de boules de neige) revêtait des habits de printemps.

      • 18 Août 2014 à 21h08

        isa dit

        Aaarghhh…
        Quelle lourdeur! 

        • 20 Août 2014 à 4h34

          Lector laetaberis dit

          hahaha les “habits de printemps” de mon 3h37 ça aussi c’est d’un lourd !, ou plutôt creux, rien mièvre… Si j’étais poète… “des parfums printaniers” peut-être… boh, allez va te pieuter Lector, le trivial de tes journées de labeur ont séché ta plume et ton entendement, demain est un autre jour… chaque petit matin lubrique l’éveil d’une gaule écarlate qui pousse vers cent jeux toriques ranime la vergue et l’épate… ah ben oui parce que dès lors que cuite faut égoutter l’épate… chose qu’à côté… enfin on Saddam le pion, ce que j’en dis…

    • 18 Août 2014 à 18h21

      Thomine dit

      à Patrick Mandon,
      cher Patrick, je chercherai pas à voir ce film pour autant. Je préfère rêvasser plutôt que cultiver l’effroi. Mes rêves m’échappent mais ils me laissent assez d’indices pour me rapprocher d’une certaine réalité au bon goût vivant.
      Est-ce que le développement exponentiel de l’image participerait cependant de tout ça ? un gros foutoir qui contient entre autre la possibilité infinie pour presque tout le monde de photographier mais sans avoir appris à regarder (et sachant de moins en moins que regarder s’apprend aussi), l’idée que presque tout le monde serait un artiste, question de bon matériel. Mais sans rien à dire ni à donner à voir. (Je ne retournerai pas non plus ratiociner au sujet de la connerie universelle, c’est non).

      à Lector laetaberis,
      sur un autre fil, vous chuchotez quelques noms. Tant, que je ne trouve rien sur Simone Durand ou Janine Finck entre autre. Des indications à leur sujet s’il vous plaît ?

      • 18 Août 2014 à 18h27

        Parseval dit

        Je m’immisce. Une interview de Laurent Jenny, auteur de La vie esthétique, à propos d’Instagram.

        • 18 Août 2014 à 18h45

          Thomine dit

          Merci Parseval. En être… surtout vivre dans son temps (c’est la réflexion a contrario que je sauve de Boyhood).
          Vous n’auriez pas une photo de Giono et Blanche Meyer ensemble, dans vos grandes possibilités de curieux ? (c’est un défi souriant, ne vous y usez pas).

        • 18 Août 2014 à 19h33

          Parseval dit

          Ça m’a l’air très ardu !
          Vous êtes sûrement tombée sur ce site qui donne un lien vers un texte de Hubert Nyssen (décédé) où on peut lire « Quand je revis Jolaine Meyer, nouvelle surprise. Elle me fit lire les mémoires que sa mère avait écrits. De ce que Blanche avait décidé de dire sur la passion qui l’avait liée si longtemps à Giono, le plus fascinant était constitué par les innombrables citations des lettres de Giono qu’elle avait données à l’appui de son récit. Huron, je fus d’avis que c’était à publier sans délai. Impossible, me dit Jolaine Meyer. La succession Giono faisait opposition, non aux souvenirs mais aux citations. Ils avaient sans doute compris que, sans les lettres, les mémoires seraient sujets à caution, et ne paraîtraient pas. J’ai aussitôt consulté des experts, des avocats, et même des sages car on en trouve encore. Et je fus mis devant l’évidence, nous n’étions plus ici dans le domaine du droit littéraire mais dans celui du droit patrimonial, et l’interdiction de publier les lettres pouvait être indéfiniment maintenue… Mais quoi qu’il en soit de ce barrage, Blanche alias Adelina White existe, je vous le dis, et si je ne l’ai pas rencontrée, à tout le moins j’ai d’elle des photos, dont certaines en compagnie de Giono, qui permettent de comprendre la fascination qu’elle a pu exercer sur lui. ».
          Il y a donc photos, mais pas sur internet ! Il ne vous reste qu’à essayer auprès de Jolaine Meyer.

          Quelle plaie que ces ayants-droits ! La harpie Kodama, le ploutolâtre Rodwell et tant d’autres.

        • 18 Août 2014 à 19h40

          Thomine dit

          (sourire) je pensais en effet exactement à ce genre de mention dont j’avais seulement gardé l’idée d’un peut-être, un jour… J’étais presque sûre qu’il n’y avait rien à trouver. Mais ainsi que je l’écrivais plus haut à Patrick Mandon, laissons le temps au temps, est-ce si vital de voir Giono et Blanche Meyer ensemble sur une photo ?
          (Kodama, Rodwell… – soupir souriant – c’est bon, je vais chercher qui sont ces gens)

        • 18 Août 2014 à 19h49

          Lector laetaberis dit

          Thomine : Janine Finck, poète, comment dirais-je… “simple” ? Fluide. Et chrétienne (pour ne pas la trahir).
          Simone Durand, poète d’une écriture plus… je ne saurais la qualifer en cet instant :

          http://www.worldcat.org/title/yachmak/oclc/551631145

          PS/liens Esthétique et capitalisme ? Un rien marxiste comme question. L’esthétisation du monde ? Le design aurait affaire avec le marchand, ça oui, mais la philosophie du beau par contre… à moins d’un glissement de sens… faut-il entendre dans le corpus la chirurgie éponyme ? Je ne crois pas. Les images Instagram d’alleurs sont plut^t d’ordre cosmétique.

        • 18 Août 2014 à 20h09

          Thomine dit

          Parseval, Borges et Hergé donc.

          Lector, merci. En échange : Armel Guerne (puisque nous causons ici entre autre peinture : “Un tendre blanc teinté de rose suranné / Comme le sang perdu d’une vieille légende (…)”)

        • 18 Août 2014 à 23h25

          Lector laetaberis dit

          Merci à vous Thomine, de votre délicate attention/de cet échange. Je connais peu Guerne, je me souviens surtout d’un article lu il y a qqs années à propos de “la nuit veille”. Vous demanderai-je un lien pour la suite ? C’est fait.

        • 19 Août 2014 à 11h10

          Thomine dit

          Un peu comme vous, je ne sais comment parler de Guerne en quelques mots. Pour le relier à l’entretien que nous donne Patrick Mandon, et pour vous intéresser d’une façon pas trop maladroite si j’ai bien compris votre passion personnelle, je vous signalerai son lien avec le peintre André Masson et ses lignes : “Picasso a surtout peint pour être vu, et Masson peint pour regarder, pour essayer de voir. L’un accumule, l’autre avance. Tous deux indiscutablement dans la même authenticité inentamable ; mais l’une assise, et relative à sa seule personne ; l’autre debout, et relative à ce que peut une œuvre : l’exploration de l’univers et la recherche du passage entre ce monde et tous les autres, l’exploitation de l’absolu du temps. Donc l’inverse de la catastrophe.”

        • 19 Août 2014 à 15h36

          Lector laetaberis dit

          eh bien Thomine je vous remercie derechef car non seulement vous avez bien entendu ma passion (dont je fais métier) mais plus encore vous avez, par ce rappel de Masson et cette citation de Guerne, répondu à une interrogation personnelle, d’ordre métaphysique dirais-je pompeusement ; et cette réponse (des deux, Guerne et Masson) m’est d’une aide précieuse en ces temps qu’un doute venait obscurcir. Bien à vous.
          Lector

        • 19 Août 2014 à 16h58

          Thomine dit

          “Si vous me dites Picasso, je vous réponds André Masson. Picasso ne serait que la géographie et Masson reste le géographe, le voyageur. Génie énorme de récapitulation d’un côté, génie de pénétration de l’autre (…) L’œuvre n’est rien, l’Être est tout.”. AG
          thominalimeuil@

        • 19 Août 2014 à 16h59

          Thomine dit

          pfff…. gmail.com

        • 19 Août 2014 à 17h56

          Lector laetaberis dit

          Thomine ! Formidable cette citation d’AG ! Je pourrais d’ailleurs la compléter vous en racontant la rencontre de Picasso (génial pique-assiette) et de Charles Bumbert (ou Bimbert, je ne sais plus) à l’Académie de la Grande Chaumière… mais faute de temps…

          Je vous contacterai sous peu. Merci à vous.

        • 20 Août 2014 à 2h12

          Lector laetaberis dit

          @Thomine, pour info : je vous ai envoyé un courriel, vous me direz si vous l’avez reçu, ou je le découvrirai demain.

    • 18 Août 2014 à 16h46

      Dr.Kent dit

      C’est toujours les habits neufs du roi! Certe le regard d’enfant est pauvre et quelques outils d’élaboration sont parfois nécessaires pour avoir accès à l’œuvre. Mais que d’impostures!

       Nous savons combient le monde de l’argent est veule, barbare, inculte; nous savons qu’il lui faut des intermédiaires pour afficher sa réussite, que ce soit au moyen d’une équipe de foot ou de réalisations extraordinaires. Quelque soit le choix, il ne vaut que par son coût; or celui-ci artificiel, fait la place belle aux pervers.
      Les pervers ont investis en masse ces positions qui affirment que si vous ne parez des attributs qu’il exhibent vous restez châtrés et honteux comme le commun méprisable des mortels.
      L’objet ne vaut plus par sa singularité mais par son originalité que seule son prix désigne. Le must du jeu étant d’anticiper par l’acquisition d’un produit qui, par un effet de maqueting, vaudra encore plus cher ensuite, validation de votre investissement et de votre agilité.

       La révolution qu’à été l’impressionnisme à paradoxalement ouvert la voie des impostures…
      Malgré tout, en dehors des obscénités, nombreux sont ceux qui avec courage, puisent en eux cette authenticité qui nourrit l’âme des civilisations et qui s’affronte au subtil de l’amour plutôt qu’à l’intense de la pornographie.

      • 18 Août 2014 à 17h02

        Lector laetaberis dit

        là c’est du sérieux et la conclusion s’impose à l’esprit. Un étonnement cependant : en quoi les impressionnistes selon vous auraient-ils ouvert les portes de cet enfer contemporain ?

        • 18 Août 2014 à 17h31

          mogul dit

          J’aimerais avoir des éclaircissements moi aussi…

        • 18 Août 2014 à 17h37

          Lector laetaberis dit

          oh tu sais, Mogul, beaucoup de gens confondent l’impressionnisme et le post impressionisme, déjà, mais je ne vois pas que l’un ou l’autre participe à la déliquéscence contemporaine.

    • 18 Août 2014 à 16h31

      mogul dit

      Salut mon Lector.
      Même si je te trouve un peu sévère avec la démarche de Mandon et ses drôles de dames, j’ai jubilé à la lecture de ton mini pamphlet. J’ai pensé à JK (non non, pas Jeff Koons !) Huysmans quand il hâchait menu les “académiques”, les ci-devant contemporains de son temps, pour aller débusquer, en marge des salons officiels, les Monet, Manet, Degas, Gauguin etc… 
      Je ne sais comment tu vas prendre ça, étant donné l’ancienneté de la référence, mais, sous ma plume, c’est un authentique compliment.

      • 18 Août 2014 à 16h45

        Lector laetaberis dit

        Salut Mogul, je le prends comme tel ; bien que j’aie fait mon commentaire encore trop poli ; sévère c’est le mot mais comment taire son désespoir de lire tant de détachement dans une critique de l’horreur qui occupe la place forte de l’art? Je ne le puis.

        • 18 Août 2014 à 17h17

          mogul dit

          Je suis assez d’accord. Ça fait du bien de lire que Mc Carthy, par exemple, c’est de la merde, et pas qu’au sens littéral. Huysmans, dans ces critiques, n’utilisait pas le mot “merde”. En 1880, ça ne se faisait pas plus qu’aujourd’hui. Mais Dieu sait qu’il n’en était parfois pas très loin…

        • 18 Août 2014 à 17h18

          mogul dit

          … dans Ses critiques…

        • 18 Août 2014 à 17h34

          Lector laetaberis dit

          “merde” et Mc Carthy sont synonymes de son “propre” “fait”.

    • 18 Août 2014 à 15h01

      Patrick Mandon dit

      Lector, nous ne nous comprenons pas. Ce n’est pas bien grave. Néanmoins, si vous en avez l’occasion, voyez le film La Ruée vers l’art, qui n’est pas un pamphlet, ni un exercice de critique artistique mais une sorte de constat, laissé à la liberté d’interprétation du spectateur. Celui-ci peut, tout seul, se rendre compte que l’art n’est qu’un prétexte à autre chose : une sorte de « divertissement » à l’usage de quelques happy très très few…

      • 18 Août 2014 à 15h50

        Lector laetaberis dit

        Je le crois Mandon, et ce n’est pas faute de ma part pour avoir dit maintes fois ici ce que je pensais de ces choses, les avoir décrites telles qu’elles sont, bien plus graves d’ailleurs qu’il ne parrait à moult personnes… c’est mon métier qui est remis en cause et le choix de vie que j’ai fait, alors le constat je l’ai effectué depuis belle lurette et je trouve peu engageante la liberté d’interprétation laissée au spectateur… je préfèrerais qu’on l’instruise de quoi il retourne et dans les termes idoines, pamphlétaires m^me qui conviennent à décrire le désastre servile et nihiliste auquel la critique (je ne parle pas de vos auteurs hein, ça fait un bail que je suis au fait de ces choses je le répète et ne suis pas un amateur, j’en fais profession) juge bon de le soumettre.
        Le milliardaire festif se divertit comme il peut, et comme il peut le plus il n’est pas moindre au trébuchant.

      • 18 Août 2014 à 17h51

        Habemousse dit

        « L’art du divertissement »

        La réponse est dans le titre, fort juste ( mais il faut bien développer ) clef de tout ce dérèglement.

        • 20 Août 2014 à 4h54

          Lector laetaberis dit

          ah voilà… nous n’accordons pas le même sens, une égale connotation à ces deux termes : “féérie” et “divertissement”… il faudrait donc faire un peu de style pour se faire entendre…

    • 18 Août 2014 à 14h24

      Lector laetaberis dit

      ce que je lis si mal c’est sans nul doute un terme comme “féérie”, certes “guichet fermé”, “divertissement” tout de m^me.

      « Nous montrons qu’une société a rendu obsolète celle qui l’a précédée. L’opération a été radicale : plus rien n’est, ne sera comme avant ! » Sans doute encore cette assertion est-elle mal venue, dite, car si l’on a voulu rendre obsolète, on y est pas parvenu, heureusement ; j’en veux pour preuve un large public que les Modigliani, Utrillo etc. font encore se déplacer en masse contrairement aux “bankables” qui ne ravissent que les snobs et/ou les médiocres.

      “Contemporain jusqu’à l’obsession”, oui, mais c’est bien pire encore que grimaçant.
      Quant à dire que film et livre forment “l’une des meilleures entreprises de démystification”, j’en doute ; comme ce qui se dit sur l’A.C. manque souvent d’à propos.
      L’art n’est pas d’abord ni “toujours” “une affaire d’argent”. Le rôle m^me des mécènes est bien rapidement résumé, réduit.
      Le reste du descriptif est à l’avenant car il convient par exemple, au contraire, d’interroger la valeur artistique d’une redite. Alors oui, il faudrait se le demander : “quels critères autorisent ces surgissements de notoriété artistique.”
      Les assertions du type : “Le « regardeur » joue sa propre partition. Etc.” sont du blabla. C’est l’artiste qui imprime et son oeuvre qui ravit.

      Le talent “indéniable” de Zang Huan ?! Fear Factor et gigantisme ! Et qu’on ne mêle pas “une charogne” à cette affaire, de grâce ! Pas de complaisance dites-vous ? Si avec les “performers”.
      Et depuis quand le journalisme rendant compte de l’art n’est-il plus critique ? “Rendre compte sans juger” ? Ah ! C’est un reportage…
      Non, ce n’est pas moi qui manque ma cible ; je tiens les contradicteurs contemporains de l’art dit éponyme pour du menu fretin ou leur discours pour un euphémisme et n’ai nul besoin d’aller protester devant la FIAC, j’ignore cette foire de clowns biquettes nunc, si je puis dire, depuis ces pavillons déplacés sur la Seine du temps de la réfection du Grand Palais ; ça a débuté là, comme ça, l’Art majuscule dit Contemporain : avec des insulteurs mal loti qui ne vendaient plus rien ; j’aurais bien des anecdotes à narrer sur les petits gigolos des vieilles rombières qui s’imrovisent galeristes. (Je l’ai dailleurs dit rapidement (pas que ça à foutre) en peinture d’un “derrière de douairières” il y plus de 20 piges.) Le temps des Kahnweiler est derrière nous ; c’est un fait.
      Et je ne suis pas le genre à écrire de petites notes ou réclamations aux gazettes sur ce sujet, c’est en revanche d’un pamphlet, catégorique et rageur à souhait, dont je pourrai me fendre.
      “Provisoirement” c’est vite dit pour un art qui a formé un voeux d’éternité. Plus de 20 piges que ça dure, et nos plus belles années sont passées.
      Il est bien évident du reste que le sens des mots a été “brouillé” comme vous dites. On le sait depuis la LTI aussi bien qu’avec le Velvet : there is “a difference between wrong & right, but Billy said : both those words are dead”… that’s for sure the story of our lives. Ce n’est pas tant de modernité dont nous avons besoin mais d’une véritable Renaissance or elle ne vient pas, ne tient pas lieu (bien que la “peinture moderne” subsite ou résiste plus qu’existe), précisément parce que les conceptuels qui ne maitrisent (^) plus aucune notion dans cet imbécile besoin qui prétend au neuf, s’est construit exclusif, comme un reich éternel, i.e. cherchant à abolir ce qui précédait, à détruire ce qui est, à occuper tout l’espace, pour et par Lui-M^me.
      L’art c’est de la transcendance, nulle mélancolie et ce n’est pas très humain ni trop, c’est au dessus, ce n’est pas daté, c’est ce qui nous sort du mélancolique.

      • 18 Août 2014 à 14h25

        Lector laetaberis dit

        @Mandon, donc.

      • 18 Août 2014 à 15h55

        Lector laetaberis dit

        oups un manque “s” et quelques virgules, mais de toute façon c’est comme si je pissais sur un violon d’Ingres.

    • 18 Août 2014 à 10h37

      Patrick Mandon dit

      Lector, votre libelle rageur ne manque pas de talent argumenté. On y sent une indignation sincère. Néanmoins, vous vous trompez sur quelques points. D’abord, le film et le livre dont il est question ici constituent l’une des meilleures entreprises de démystification des œuvres et manœuvres, qui fondent ce qu’on nomme, aujourd’hui, le marché de l’art contemporain. On ne constatera aucune complaisance, ni envers les artistes ni envers le système, qui tient ceux-ci dressés comme la corde le pendu, ni envers les acquéreurs et spéculateurs, qui aident, par leur argent, à faire puis à maintenir la cote de tel ou tel.  Danièle Granet, Marianne et Catherine Lamour ont produit un excellent travail, qui n’est pas de critique mais de journaliste. Elles sont allées aussi loin qu’elles le pouvaient. C’est ainsi qu’elles ne méritent nullement votre injure : « Vos interlocuteurs dans cet article sont de parfaits imbéciles ; des perfomers aussi dans le genre. ». Vous manquez votre cible. Allez donc protester devant la FIAC, ou écrivez à la rédaction des gazettes, spécialisées ou non, qui soutiennent aveuglément ce système et ses principaux acteurs ! Vous écrivez bien, mais vous lisez mal, Lector, et votre rage vous rend injuste. À propos de McCarthy, par exemple, Catherine Lamour ne fait que rendre compte, sans juger, de l’identité artistique de ce personnage. C’est au spectateur de son film de se former une opinion. Elle se contente de lui fournir les éléments de cette opinion. C’est déjà beaucoup. M. McCarthy n’y est certes pas célébré… Quant à la Chine, je suis moins catégorique que vous, et je tiens Zang Huan pour un artiste important. Il y aurait vraiment beaucoup à dire, vraiment, sur ce sujet. La financiarisation de l’art contemporain est évidemment révélateur de la crise générale, qui ne se contente plus de frapper notre monde, mais paraît vouloir l’orienter, le « mettre au pas ». Pour ce qui est de l’art en général, et de la peinture en particulier, le « divertissement » signalé dans cet article gouverne, sans doute provisoirement, le marché. Ne doutez pas que ce divertissement se choisira ultérieurement un autre objet. Le film La Ruée vers l’art montre la folie d’un moment. Un autre art, une autre peinture existent ailleurs. Il me semble que Causeur, dans le « combat culturel » n’a rien cédé à la mode ni à la complaisance esthétique. Je crois vraiment que le sens des mots s’est brouillé. Par exemple « moderne » et « contemporain ».
      Nous avons un vrai besoin de modernité, mais celle-ci n’abolit pas nécessairement les formes antérieures. Nous sommes toujours pris entre la mélancolie persistante et un pressant besoin de neuf. Il est possible que la modernité se situe entre ces deux pôles très humains.

    • 18 Août 2014 à 9h22

      Parseval dit

      En parlant de pompeux cornichons, un article, au premier degré, des Inrocks sur Claude Rutault : « Depuis 1973, cet artiste ne peint que des toiles de la même couleur que le mur où on les accroche: une dose de d’humour et un sommet de radicalité. »

    • 18 Août 2014 à 4h15

      IMHO dit

      Les riches et puissants ont toujours aimé marquer leur proche territoire, c’est-à-dire les environs de leur demeures, en y posant des objets insolites à ces endroits : groupe de statues , comme ceux des bosquets de Versailles, édifices étranges,
      etc, et aujourd’hui que l’imagination s’est libérée de toute entrave, ce qui est le grand progrès de ce siècle, les objets les plus étonnants . Est-ce de l’art ?  Peut-être que non . Est-ce joli, stimulant et gai ? Oui . Devons nous maudire ou bénir ceux qui les ont fait faire ? 

    • 18 Août 2014 à 1h45

      Lector laetaberis dit

      tout ceci est au plus haut point déprimant, ce qui se dit là, des provocations naines de mauvais goût à la seule véritable provoque inique, tout autant délétère, celle de la spéculation outrancière ; que des ignares en matière d’esthétique ou des puceaux de l’émotion, des gens creux et vides mais aux poches pleines déterminent, pécuniairement, le marché de l’art est déjà chose débile, le pire vient encore de la critique qui publicise ces horreurs que d’autres peine-à-jouir pondent ou chient.

      McCarthy a fait son autoportrait -par ce que toute oeuvre est, aussi, entre autres motifs, de cet ordre, un autoportrait (comme le quidam voudrait parfois que le soit ses enfants)-, ou le portrait du monde tel qu’il le voit, de façon nihiliste. Cet artiste est une merde, tout comme ses soi-disant “oeuvres” ; j’irai jusqu’à attaquer son physique ingrat qu’il planque sous une barbe sale, qui ne fait pas de lui un sage ni un artiste (quel chromo en plus !) mais un planqué de petit provocateur, un occis mort, un lâche, dont je suis certain qu’on nous a déjà dit l’iconoclasme preneur de risque ! Un comble ! Un comble d’artiste minuscule et grand destructeur, dit deconstructiviste parce que ça fait mieux, une arnaque des moins intéressantes qui soit, mais pas un “sentiment d’arnaque”. Et qu’on ne nous dise pas que cela fait scandale puisque promotion… C’est nul et à chier, c’est le cas de le dire.

      Des peintres, des esthètes, ça existe encore, dont certains qui ont été présentés sur ce site il y a peu, de la trempe d’un J. Spianti ou encore d’un A. Ghenie, c’est-à-dire dont les tableaux présentent un réel savoir faire, un métier, et qui de là ne nient pas l’histoire de l’art, ils s’y inscrivent : dans/devant un tableau de Ghenie le spectateur voyage de Van Dongen et Matisse à Bacon par exemple ; ce véritable artiste-peintre (Adrian Ghenie donc) montre un talent d’appropriation rare qui fait l’originalité de son oeuvre véridique, et démontre la personnalité de cet artiste. C’est tout de m^me au dessus que de produire une imitation de JM Basquiat.
      Certains tableaux de Murillo sont d’ailleurs bien plus proches de ceux d’un Twombly voire d’un lendemain de Fautrier, ou d’un G. Noel, mais ce qui est retenu c’est la tendance “street” genre Basquiat… qu’on ne me dise pas non plus que la coupe de cheveux, la mise et la figure “métissée”, ne sont pas ce qui retient l’attention, produit l’analogie ! Quel divertissement ! Aucun ! Et qui invente là une sorte de délit de bonne gueule… Pas Pascalien pour deux sous, le divertissement.

      Quand je pense au nombre de peintres talentueux que j’avais rencontrés, qui se morfondent aujourd’hui au mieux dans de petites galeries, qu’on enterre sous la merde sans odeur, et dont l’oeuvre ne sera jamais divulguée… il y a de quoi devenir hostile à la gloire et gagner l’ermitage, avant que de finir mis en trope… Car elles sont peu glorieuses ces oeuvres merdiquement trop chères dont on fait un commentaire si indigent en analyse ! Oeuvres si constipées ou chassieuses, pour mal regardant, qu’aucune poésie digne de ce nom n’aurait l’heur de décrire, qu’aucun poète dans ses curiosités esthétique ne louera.

      La Chine ? Certainement pas des Zhang Xiaogang dont le savoir faire ne produit qu’un m^me visage zombifié soit au masculin soit au féminin ou encore enfantin… disons puérile si n’était l’horrible masque de mauvais coloriste… pardon de coloriste iconoclaste qui produit des images, un autre occis mort en bref. Quant au rire surjoué de Yue Minjun, cet autre narcisse, il n’est qu’un poseur de plus, aussi mauvais coloriste que son triste compatriote.

      Il faut vraiment avoir l’esprit étriqué et le corps exsangue, les deux privés de vibrations, pour se goberger de telle bombance trébuchante de marché! Vos interlocuteurs dans cet article sont de parfaits imbéciles ; des perfomers aussi dans le genre. Si ces conceptuels (figuratifs ou pas, zartistes zou creutiques à la petit semaine ou à la pige peu callipyge) voulaient se faire ou faire leur commentaire ou leur production performateur ou performatrice voire perforante, qu’ils trissent donc ailleurs ! Qu’ils se fassent linguistes et nous fiches la paix !

      • 18 Août 2014 à 1h49

        Lector laetaberis dit

        “qui soient” et puis merde…

        • 18 Août 2014 à 1h54

          Lector laetaberis dit

          “rencontré” et puis… plus rien à cirer de toute cette chienlit

        • 18 Août 2014 à 1h58

          Lector laetaberis dit

          erratum encore : “s” (à l’ouvrage de C.B.)
          “que je dirais puérile”

        • 18 Août 2014 à 16h56

          Lector laetaberis dit

          rhooo “nous fichent la paix” qd m^me ! (et puis je laisse les autres :))

        • 18 Août 2014 à 17h18

          Lector laetaberis dit

          bah je relève au passage entre deux lectures d’articles et relectures de commentaires ce “qui soit”, rhooo hypercorrection en plus ! Il se faisait tard après une longue journée de labeur peu artistique…

    • 17 Août 2014 à 20h14

      Patrick Mandon dit

      eclair : en effet, il s’agit d’un superbe étron signé Paul McCarthy, dont il est question dans l’article. 
      Parseval :  Tom Wolfe est le plus qualifié, aujourd’hui, pour évoquer l’ambiance de la foire de Bâle, de Miami et de quelques autres places, et les happy few, qui sont reçus en toute discrétion, soit le soir de l’inauguration, soit, quand ils sont très connus et ne souhaitent pas être vus, à des heures « privées ». Tom Wolfe possède aujourd’hui la cruauté exercée nécessaire à l’exercice littéraire, qui consiste à l’observation des nouveaux « socialites ». Cet art, au siècle dernier, en Amérique, était pratiquée au plus haut niveau de perspicacité, de finesse, par Truman Capote. Il est vrai que le terme « socialites » désignait alors un ensemble mondain et culturel très différent de la population qu’il qualifie de nos jours.
      Habemousse, soyez rassuré : Charles B. est engagé par Causeur
      Il y aurait beaucoup à dire sur l’art contemporain. La frénésie qui l’entoure, l’atmosphère de cirque et l’impression d’arnaque, nous interdisent sans doute de voir des œuvres authentiques, des artistes vrais. Pourtant, je demeure persuadé qu’ils existent.
       

      • 18 Août 2014 à 10h07

        Pierre Jolibert dit

        Charles B. est engagé d’office : on se souvient de son Salon de 1846 qui démarre en fanfare :
        “AUX BOURGEOIS
        Vous êtes la majorité _ nombre et intelligence ; _ donc vous êtes la force, _ qui est la justice.
        Les uns savants, les autres propriétaires ; _ un jour radieux viendra où les savants seront propriétaires, et les propriétaires savants. Alors votre puissance sera complète, et nul ne protestera contre elle.”
        Nous y sommes !
        Merci pour ce compte rendu, Patrick Mandon. (mais je ne sais pas ce qui se passe, même quand je me connecte les articles ne paraissent plus intégralement)

      • 18 Août 2014 à 10h15

        Pierre Jolibert dit

        Enfin nous y sommes mais il y a bel et bien des gens qui protestent. Merci encore pour le compte rendu et l’entretien.

    • 17 Août 2014 à 19h16

      eclair dit

      c’est des crottes géantes sur la photo?

    • 17 Août 2014 à 18h39

      Parseval dit

      Du spectacle… comme dans cet extrait de Back to Blood, de Tom Wolfe, se déroulant à la Miami Basel.

      • 17 Août 2014 à 19h13

        mogul dit

        À propos de Tom Wolfe, lire “Le mot peint”, taillage en pièce de tout le discours autour de l’art moderne.
        Parseval, vous l’avez lu le dernier ? J’ai adoré “Un homme, un vrai” et “Charlotte Simmonds”, mais les critiques sur “Bloody Miami” étaient mitigées…

        • 17 Août 2014 à 19h16

          mogul dit

          … Ce n’est pas cet extrait en anglais que je vais mettre 3 heures à décrypter qui va me donner envie :)))..

        • 17 Août 2014 à 20h32

          Parseval dit

          Faites un effort, voyons ! J’ai eu la chance de trouver légalement l’extrait que je voulais, n’en demandez pas trop au sort…
          Pour en revenir à mon avis sur le livre : j’ai mis un peu de temps à le trouver intéressant mais après c’était plaisant à lire. En fait, le mélange de dialogues, descriptions, et focalisation interne, avec beaucoup d’onomatopées n’est pas le style qui me plaît le plus.

        • 17 Août 2014 à 23h51

          mogul dit

          Merci ! :)

    • 17 Août 2014 à 17h34

      isa dit

      Portrait particulièrement réussi de l’auteur.

    • 17 Août 2014 à 16h40

      Habemousse dit

      « La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. » Baudelaire.

      Bien résumé M.Charles, j’espère que Causeur va vous garder, vous avez de l’avenir.