Antiterrorisme: le piège de l’Opération Sentinelle | Causeur

Antiterrorisme: le piège de l’Opération Sentinelle

De l’argent en moins pour le renseignement

Auteur

Michel Goya
est colonel, professeur associé à Sciences Po et à l’IRIS.

Publié le 08 février 2017 / Politique

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Un soldat de l'Opération Sentinelle en faction au Louvre. Sipa. Numéro de reportage : 00786786_000005.

L’opération Sentinelle n’augmente pas la sécurité des Français, elle la réduit. On peut raisonnablement estimer en effet que les 700 millions d’euros qui ont été dépensés pour engager des militaires dans les rues de France depuis 1986 auraient été bien plus efficaces investis ailleurs, au profit du renseignement intérieur par exemple. On peut penser également que les millions de journées d’engagement de nos soldats, l’équivalent de l’engagement en Afghanistan, aurait été plus utiles ailleurs, à l’entraînement par exemple ou sur d’autres théâtres d’opérations, où par ailleurs il aurait été infiniment plus probable de combattre des combattants ennemis. En justifiant l’arrêt de suppressions d’effectifs qui était en train d’étrangler silencieusement notre armée, l’opération Sentinelle a certes sauvé un temps notre capital humain militaire mais au prix d’une autre forme d’affaiblissement, plus lente, plus diffuse mais tout aussi réelle par réduction de la formation et l’usure des soldats.

Tous les soldats de Sentinelle ne se valent pas

Engagée au milieu des populations, une force armée est soumise au principe de « qualité totale ». Quand un homme porte sur lui de quoi tuer des dizaines de personnes, son comportement doit être exemplaire, totalement exemplaire même, puisque la moindre erreur peut avoir des conséquences terribles. Mais comme les soldats sont humains, la probabilité de cette erreur n’est jamais nulle et elle devient même non négligeable lorsqu’on la multiplie par plusieurs milliers. Statistiquement, il est impossible sur la longue durée d’empêcher les maladresses de manipulation ou les mauvaises réactions aux 5 agressions quotidiennes, verbales et parfois physiques, contre les soldats de Sentinelle en Île de France qu’évoque Elie Tenenbaum dans son étude, La Sentinelle égarée. Statistiquement, on ne peut pas éviter aussi les vols d’armes, comme les deux Famas (et munitions) dérobés le 2 février, à une patrouille qui revenait dans sa garnison d’origine. Placées entre des mains malfaisantes, ces deux armes peuvent, à elles seules, être à l’occasion de dégâts très supérieurs à tous les effets positifs que l’on aurait pu attendre de Sentinelle. En résumé, nos soldats sont bien formés et dans l’immense majorité des cas, ils se comporteront remarquablement. Il suffit cependant d’une seule défaillance pour provoquer une catastrophe, et avec la dégradation de notre capital humain la probabilité de cette défaillance s’accroît forcément.
Ajoutons, ce qui n’est jamais évoqué, que si pour les passants, tous les soldats de Sentinelle se ressemblent, il existe en réalité de très grandes différences de compétences entre eux. Le combat est chose complexe et bien plus psychologiquement que techniquement. Si tous nos soldats sont bien formés à l’usage des armes individuelles, au moins les fusils d’assaut, il y a forcément un décalage important entre une jeune recrue d’une spécialité de soutien et un fantassin vétéran. Dès lors qu’il s’agit d’aller au-delà de la simple autodéfense face à un individu isolé, entre un groupe de combat ad hoc de mécaniciens ou de transmetteurs et un groupe de combat organique et expérimenté d’infanterie, ce décalage est encore plus flagrant. Mener des combats rapprochés urbains au milieu des populations constitue le cœur de métier d’une section d’infanterie mais pas forcément celui des autres. Tous nos soldats peuvent constituer d’excellents et très coûteux vigiles, une minorité d’entre eux peuvent constituer des unités d’intervention (mais ils ne sont pas utilisés comme tels puisque dispersés).

Aucun attentat empêché par les militaires

Si on examine maintenant le bilan réel de l’engagement de militaires sur le territoire métropolitain depuis octobre 1995, date à partir de laquelle la présence militaire a été permanente, on constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu’il soit, n’a jamais pu être empêché par cette même présence. Peut-être que certains ont été dissuadés par elle mais on ne dispose, à ma connaissance, d’aucun témoignage dans ce sens en plus de vingt ans. Les seuls terroristes que les soldats ont finalement neutralisés sont ceux qui les ont attaqués, comme à Nice le 3 février 2015, à Valence le 1er janvier 2016 et donc le 3 février dernier à Paris, au Carrousel du Louvres. On saluera, le professionnalisme dont ont fait preuve nos soldats à chaque fois, n’hésitant pas à accepter des risques supplémentaires et maîtrisant parfaitement l’emploi de leurs armes pour éviter de blesser des innocents, mais on remarquera aussi l’incohérence dans laquelle on les à placés.

On notera d’abord, détail technique mais qui peut avoir son importance, combien la munition utilisée, la 5,56 à faible capacité d’arrêt et capable de rebondir sur les murs est délicate d’emploi dans ce contexte. Au Louvre, il aura fallu tirer plusieurs fois à bout portant pour arrêter l’agresseur, ce qui aurait pu avoir des conséquences graves, sur le soldat attaqué lui-même qui aurait pu être frappé à nouveau, et sur l’environnement, chaque coup tiré accroissant la probabilité de toucher aussi un camarade ou un civil (le seul cas à ce jour est une blessure par ricochet de balle 5,56 mm). Cette faiblesse de la munition est connue depuis des dizaines d’années, il faudrait probablement combiner l’emploi de Famas avec d’autres armes à plus forte puissance d’arrêt. Comme l’équipement de combat rapproché n’a jamais été une priorité stratégique en France, le problème demeure.On notera aussi bien sûr et surtout, que dans les trois cas cités, les soldats ont été surpris par l’attaque et qu’ils l’ont emporté grâce à leur sang-froid et armement très supérieur à celui des agresseurs. Ceci est un point clé : celui qui veut attaquer des soldats, parfaitement visibles alors que lui-même est anonyme, aura presque toujours l’initiative. Le remplacement des postes fixes, en « pots de fleurs », par des patrouilles mobiles a un peu réduit cette faiblesse mais comme il est de toute façon interdit aux militaires d’interpeller et contrôler qui que ce soit, celui qui veux attaquer des militaires en trouvera toujours et pourra dans la quasi-totalité des cas agir le premier. Pour peu qu’il dispose, non pas d’un couteau ou d’une machette, mais d’armes à feux, comme Mohammed Merah en mars 2012, et la parade devient beaucoup plus difficile. On peut toujours compter sur sa maladresse mais comme l’agresseur ne cherche pas forcément à fuir et à échapper à la riposte, il lui est possible de s’approcher plus près de sa cible et accroître ainsi sa probabilité de coup de but.

L’opération Sentinelle est en réalité soumise à une contradiction. Une patrouille de soldats est la preuve visible que le gouvernement « fait quelque chose » mais que ce quelque chose soit efficace est une autre question. De fait, on l’a vu, ce n’est pas efficace pour arrêter les attentats, et il n’est même pas sûr que cela ait l’effet anxiolytique tant vanté (il se peut même que cela ait aussi l’effet inverse). Pour être tactiquement un peu plus efficace dans une mission de protection de la population française, il faudrait en réalité que les soldats soient discrets et aient la capacité d’interpeller et contrôler, qu’ils soient en fait des policiers en civil. Les soldats ne sont pas des policiers et il ne faut évidemment pas qu’ils le soient. Quel est alors l’intérêt de mettre des soldats dans les rues ?

Employons nos soldats comme soldats

On pourra arguer, et cela a été le cas après l’attaque du Louvre, qu’ils ont fait barrage à une attaque de civils, en oubliant que si quelqu’un veut attaquer des groupes de civils hors de présence de soldats, il n’a que l’embarras du choix. Les soldats du 1er Régiment de chasseurs parachutistes au Carrousel du Louvre ont, très probablement, été attaqués parce qu’ils étaient là et que s’ils ne l’avaient pas été, c’est une autre patrouille qui aurait été attaquée et non des civils dans le cadre de ce que les agresseurs islamistes considèrent comme un affrontement entre combattants. Comme pour les policiers attaqués à la Goutte d’or en janvier 2016 ou le double-meurtre de juin 2016 à Magnanville, il s’agit aussi de s’en prendre aux forces de sécurité de l’Etat. On pourra considérer, argument ultime mais en réalité très hypothétique, que ces hommes et ces femmes servent de « paratonnerres » et qu’il vaut mieux que ce soit eux, préparés et armés, qui servent de cibles plutôt que des civils impuissants. Certains vont quand même plus loin, en faisant de nos soldats des « pièges » à djihadistes, un peu de la même façon que l’on créait des bases dans le Haut-Tonkin pour attirer une armée Viet-Minh insaisissable autrement. Dans ce cas, il faut constater que le bilan comptable de Sentinelle est quand même plutôt maigre. Il serait infiniment plus élevé si on employait nos soldats comme des soldats c’est-à-dire en les lançant directement sur l’ennemi au lieu de les utiliser simplement comme cibles. Surtout, pour reprendre l’exemple indochinois où les choses se sont plutôt mal terminées, ce genre de stratégie est, employée seule, forcément destinée à échouer. Lorsque nos ennemis réussiront à tuer un puis plusieurs soldats de Sentinelle, après les avoir été attaqués uniquement parce qu’ils étaient soldats, pérorera-t-on encore que cela prouve justement l’efficacité et l’intérêt de l’opération ? Il hélas est probable que oui, l’inverse étant un aveu d’une mauvaise décision. Encore une fois, si on fait le choix d’augmenter la densité de protection de la population, c’est-à-dire concrètement avoir une masse critique d’hommes et de femmes armés au milieu de la population, ce n’est pas l’engagement de quelques milliers de soldats très visibles qui changera grand chose mais un accroissement de la quantité et de la qualité de présence policière ainsi que, et peut-être surtout, de l’élargissement de l’autorisation de port d’armes à toute la population légitime et compétente pour en faire un usage efficace. Les soldats, et particulièrement les unités d’infanterie, seront sans doute bien utile en unité d’intervention. Il y avait auparavant une section en « disponibilité opérationnelle », prête à intervenir immédiatement jour et nuit, pourquoi ne pas réactiver ce système ainsi que des postes de commandement en alerte ? Il n’y a pas (encore) dans l’armée de syndicats pour trouver cela intolérable et cela sera sans doute plus utile que Sentinelle.

Sentinelle est effectivement un piège mais pour nous. Sauf un improbable courage intellectuel et politique de l’exécutif en place, il faudra probablement attendre un gouvernement avec un peu de hauteur et une vraie vision stratégique avant d’en sortir.

Retrouvez la version initiale de cet article sur le site du Colonel Michel Goya.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 9 Février 2017 à 22h06

      Jean Louis dit

      Michel Goya est un imposteur très connu des professionnels. Ayant été au feu dans la guerre de Bosnie, il raconte volontiers ses aventures tel un Rambo ; beaucoup des nôtres ont eu la même malheureuse et dangereuse expérience. De manière générale il touche à beaucoup de sujets des affaires militaires dans lesquels il n’a aucune compétence, sans le socle universitaire lui permettant d’écrire avec clarté. Ici le Renseignement. Faire balader dans les rues des patrouilles est totalement inutile pour lutter contre les tentatives de terrorisme. Cela a été relevé depuis longtemps par les professionnels, contre les effets de manche du gouvernement.
      La lutte contre le terrorisme repose entièrement sur le Renseignement alors que nos Services ont été décapités avec le Livre Blanc de monsieur Sarkozy en 2008. Beaucoup à dire, mais on ne remonte pas ces outils sur un claquement de doigt.

      • 10 Février 2017 à 8h39

        Jean Louis dit

        Et j’ajoute que contrairement à ce que donne à croire monsieur Goya il ne s’agit nullement d’une question de budget.

    • 9 Février 2017 à 20h36

      Charles Lefranc dit

      Le dispositif sentinelle est absent aux entrees des aéroports et des gares , bien qu’ils soient présent a l’ interieur . Ceci est incomprehensible . Si un terroriste veut faire un massacre , personne ne l’ interceptera AVANT son entrée par une fouille mais seulement APRES qu’il ait declenché son attaque. Le colonel Goya peut il nous expliquer le pourquoi de cette absence de fouilles aux entrées ?

    • 9 Février 2017 à 19h00

      clorouk dit

      L’opération Sentinelle n’est pas destinée à améliorer la sécurité mais à réduire le sentiment d’insécurité. Ceci dit, la présence de militaires armés (et on sait qu’ils le sont vraiment depuis qu’un militaire a fait usage de son arme au Louvre) est certainement un facteur que les terroristes doivent prendre en compte.

      • 9 Février 2017 à 20h45

        persee dit

        C’est ce qui s’appelle distancier -” sentiment d’insécurité ” bref les gens sont des gros nuls .  Je discutais avec un libanais qui a vécu la guerre , le danger et l’horreur de la sale mort , bof c’était assez banal, somme toute , on en rajoutais beaucoup me dit il . L’ Être humain me fascinera toujours .

    • 9 Février 2017 à 17h17

      Pyrrhon dit

      Le dispositif “Sentinelle” est sûrement un gaspillage de moyens, mais pas inutile, même si son effet dissuasif ne peut être évalué. Là où il est engagé, il n’y a pas eu de gros attentats. Je suis d’accord avec l’auteur sur l’efficacité de l’armement. Des kalachnikov récupérées sur les gangsters et les djhadistes leur seraient utiles, en attendant le fusil d’assaut allemand.
      L’utilisation d’un double dispositif, formé par une présence militaire peu mobile, et des unités d’élite opérationnelles, a fait preuve d’efficacité en Algérie, et doit l’être encore, dans ces conditions qui n’ont pas tellement varié. 

    • 9 Février 2017 à 15h53

      végèce dit

      Comme le fait remarquer le Colonel Goya, l’opération sentinelle a en quelque sorte été une aubaine pour les armées car elle justifié l’arrêt de l’hémorragie d’effectifs promise aux armées par les deux précédentes législatures. Il est vrai que les forces armées sont plus dédiées désormais à l’intervention extérieure et qu’elles sont entraînées surtout dans ce but. Mais qui peut le plus peut le moins et l’on ne peut réellement évaluer l’effet qu’elles produisent dans cette mission sur les terroristes potentiels. Réflexion sur l’affaire du Louvre : l’affaire a été vite réglée parce que ledit terroriste est tombé sur du dur : des paras du 1er RCP ! Il n’est pas sûr que celle-ci aurait évolué aussi favorablement si l’intéressé avait attaqué des vrais policiers. Il est vrai qu’il y a perte de substance en utilisant ainsi apparemment au rabais des professionnels parfaitement entraînés. Nous manquons visiblement d’effectifs dans le Sahel. Cependant ces soldats rassurent le public et le ce dernier prend conscience que l’armée reste le dernier recours parfaitement disponible pour le degré ultime de la violence. Voir ces soldats assurer la protection sur la voie publique est une démonstration d’efficacité retenue que l’on associe à tout notre appareil de défense qui comporte, au-delà des simples fantassins, des matériels plus conséquents : blindés, avions, bâtiments de la marine, etc. toujours prêts eux aussi à intervenir à tout moments et en tout lieu. A la guerre, quel que soit le niveau où elle se situe, ce qui compte le plus sont les forces morales. Sentinelle y contribue auprès de la population.
      Il faut augmenter encore quelque peu les effectifs de l’armée de terre, promouvoir au plus vite la garde nationale. Mais maintenir Sentinelle.

    • 9 Février 2017 à 13h33

      persee dit

      Je trouve ce colonel très adapté à Sciences-Po. Il y a à boire et à manger , l’aller et retour entre le pour et le contre  et la représentation qu’il faut en avoir . Bref en le lisant : on se dit qu’il est normal que l’on soit dans la meumeu et pas près d’en sortir .

    • 9 Février 2017 à 13h29

      meylanville dit

      Un militaire armé, si serviable et courageux soit il, ne remplacera jamais l’infiltration des réseaux et leur démantèlement préventif .
      Mais il ne faut surtout pas “stigmatiser certaines communautés” puisqu’elles votent “bien” .
      C’est d’ailleurs pour cela que depuis peu de temps on naturalise à tout va et qu’on nous reproche 24 heures sur 24 notre “islamophobie” qui n’est en fait qu’un rejet réfléchi d’une religion inadaptée à l’Occident, à ses moeurs et à ses lois .

      • 9 Février 2017 à 15h36

        MGB dit

        Les naturalisations ne datent pas d’hier. Ce salopard de SEGUIN (Français à la mode de MONTEBOURG, c’est à dire 1/4 arabe) se vantait de naturaliser à tour de bras !

    • 9 Février 2017 à 12h06

      MGB dit

      Ces soldats ne servent rigoureusement à rien, sauf quand un musulman un peu taré s’attaque à eux avec une machette. Mais je sais désormais que leurs armes sont approvisionnées à balles réelles, ce qui ne me rassure pas pour autant.
      Quel gâchis d’hommes et d’argent !

    • 9 Février 2017 à 12h02

      MGB dit

      J’adore la photo. Mais comment fait-il tenir son béret sur son crane rasé ?

    • 9 Février 2017 à 10h55

      keg dit

      La muette cause…. Est-ce bon signe?
      Chazque fois qu’elle s’est faite entendre, cela fut des tentatives d’état confisqué.
      Ne serait-ce pas un mal nécessaire?

      http://wp.me/p4Im0Q-1xa

    • 9 Février 2017 à 9h28

      ebolavir dit

      Histoire de se sentir dépaysé. Dans les grandes villes de Chine, des soldats-potiches sont déployés un peu partout, en général deux, l’un avec fusil-mitrailleur, l’autre avec un bouclier anti-émeute ou un grand bâton. Dans le métro de Tianjin ils sont placés derrière un cordon rouge comme des pièces de musée. Le but est toujours le même: le spectacle d’une autorité vigilante. Mais c’est enore plus gâché qu’en France. Comme on ne gaspille pas les forces opérationnelles, ce sont des recrues sans un poil au menton, qui ont l’air d’avoir 18 ans et les ont réellement quand j’ai pu vérifier.

    • 8 Février 2017 à 21h12

      thierry bruno dit

      Un très long bavardage, fort mal écrit de plus, hélas ! alors qu’une phrase suffisait : le soldat n’est pas un policier. Cette évidence aurait pu être adossée à une autre vérité : la lutte contre le terrorisme sur notre territoire n’est pas une guerre, juste une opération de police. Une fois que cela est dit, on comprend que Sentinelle est à la fois un écran de fumée et un triste gâchis. Mais on comprend aussi que le politique en tire profit – illusion d’agir et de maîtriser les évènements. Et l’autorité militaire en profite pour en retirer une rallonge budgétaire et de misérables ressources en personnel. On mène les guerres à la hauteur de ses ambitions, n’est-ce pas !
      Une remarque sur ces propos : “Certains vont quand même plus loin, en faisant de nos soldats des « pièges » à djihadistes, un peu de la même façon que l’on créait des bases dans le Haut-Tonkin pour attirer une armée Viet-Minh insaisissable autrement.” Comment s’est terminée la guerre d’Indochine ? Mais le colonel (ER) Goya va peut-être nous expliquer que cette tactique était géniale tout comme était celle de concentrer les forces française au fond de la cuvette de Dien Bien Phu ? Il est probable qu’à l’école de Guerre française, l’élite de l’armée française gagne Dien Bien Phu tous les ans.

    • 8 Février 2017 à 16h14

      adadaf dit

      Comme d’habitude M. Goya est fidèle à sa doctrine défaitiste qui cherche constamment toutes les raisons pour ne jamais intervenir. C’est une idée ancienne qui oppose deux attitudes dans l’armée de terre : l’immobilisme contre le dynamisme, la défense face à l’attaque, l’attentisme contre la décision.
      L’illustration parfaite de cette doctrine c’est la ligne maginot, rempart ultime et infranchissable. On connait son efficacité.
      On ressent dans ses lignes sa douleur d’observer l’efficacité d’une armée réorganisée selon des concepts imaginatifs qu’il a du mal à appréhender.

      • 8 Février 2017 à 19h31

        Aristote dit

        Il me semble que Goya dit exactement le contraire, que la “ligne Maginot” de l’opération Sentinelle est une absurdité.

        À chaque fois que je croise nos militaires dans la rue, j’ai mal pour eux… 

        • 8 Février 2017 à 19h48

          adadaf dit

          Non c’est un fervent défenseur de l’immobilisme et du passé comme la ligne maginot était un rappel des tranchées. Relisez le bien, voici ce qu’il propose :
          ” Il y avait auparavant une section en « disponibilité opérationnelle », prête à intervenir immédiatement jour et nuit, pourquoi ne pas réactiver ce système…”.
          Oui pourquoi pas aussi des Lebel et des pantalons garance ?