Mail Facebook Twitter RSS

Inscrivez-vous à la Newsletter

Recevez chaque lundi la synthèse de l'actualité de toute la semaine



X

Les Années 50 à la rescousse !

SOS terriens en détresse

Publié le 30 décembre 2012 à 9:00 dans Culture Société

Mots-clés : , ,

populaire mad men

Quand notre pays déprime, il se réfugie dans le confort molletonné des années 50. Réflexe naturel car la mondialisation est décidément trop laide à regarder. Elle brûle les yeux. Ça pique, ça gratte, ça schlingue ! Ces millions de produits fabriqués par des sous-développés pour des ex-développés souillent nos étals, obstruent nos téléviseurs et nous donnent la nausée. Toute cette camelote électronique, ces textiles inflammables et ces ustensiles foireux inondent le marché dans un flux ininterrompu surtout avant la Noël avec la bénédiction de nos gouvernements. Il s’agirait là d’un juste rééquilibrage entre ancien et nouveau monde. En résumé, nous avons eu notre part de croissance durant les Trente glorieuses, c’est au tour des autres d’en profiter. Ces biens de consommation ne sont pas « bon marché » comme le prétendent les économistes qui estiment que le progrès social se résume à posséder trois téléphones portables, deux téléviseurs et de s’habiller « tout synthétique ».

En réalité, ces marchandises sont excessivement chères. La preuve, elles génèrent des marges considérables à leurs fabricants. Chères parce que de qualité médiocre, d’une durée de vie limitée, de conception rudimentaire, d’un usage souvent inutile et plus grave encore, elles habituent nos populations à acheter du vent, de l’esbroufe. Vous me direz, ce sont là les bases du commerce, son essence même. Toutes ces saloperies feront sensation à peine une saison, parfois seulement quelques heures, pour le plus grand bonheur des affairistes du soleil levant. La machine doit sans cesse tourner à plein régime car ces objets ont été conçus pour entretenir notre frénésie d’achat. Je passe évidemment sur leur mode de production amoral et leurs conséquences dramatiques sur nos emplois, donc sur notre mode de vie. A ce petit jeu-là, tout le monde est perdant. Des peuples producteurs en état de servage et des consommateurs shootés à la nouveauté qui comblent leur vide existentiel par boulimie acheteuse.

Ce système fausse les valeurs et pervertit les âmes. Et ne croyez surtout pas que le secteur du luxe soit épargné, quiconque d’un peu sérieux vous dira qu’en matière de vêtements,  de chaussures, de confection, de choix des tissus, de finition, nous avons fait un grand bond en arrière. Ceux qui ont encore un peu de mémoire savent que les écoliers des années 50/60 possédaient une garde-robe certes restreinte (on ne vivait pas sous le diktat des marques) mais de bonne qualité. Tous les enfants de France étaient alors habillés sur-mesure ! Les couturières ont disparu de nos villes et de nos campagnes comme les merceries et les cordonniers (les vrais pas les ressemeleurs d’opérette) et ça se voit dans nos rues ! La résurgence des années 50/60 dans la mode, le cinéma avec la sortie de Populaire ou à la télévision avec la série Mad Men fait revivre une époque qui avait du style. Nous en manquons cruellement aujourd’hui. On reconnait une nation en déliquescence à la façon dont les gens parlent, écrivent et s’habillent. Les années 90 et 2000, comme par hasard celles de la mondialisation au forceps, sont affligeantes et indigentes à cet égard. Certainement, les deux décennies où les gens ont été le plus mal habillés. Soulignons que ces années-là ont été marquées par l’obscène télé-réalité et la littérature mnémotechnique. Alors qu’à la fin des fifties, tout l’univers était stylisé à l’extrême. Au cinéma, les garçons portaient des costumes cintrés et se prenaient pour Maurice Ronet dans Ascenseur pour l’échafaud ou Eddie Constantine alias l’agent Bob Stanley. Les filles cultivaient cette innocence dévastatrice à la BB dans « Une Parisienne ». Twin-set rose largement décolleté, jupe moulante proche de l’implosion, chignon machiavélique et talons conquérants. Classieuse comme aurait dit Gainsbourg. Quant au film « Mon oncle » de Jacques Tati à l’esthétisme pointu, il donnerait des idées (pendant mille ans) à nos designers contemporains. Et sur nos routes, des DS, des Fiat 500, des Mini, des Floride, des 403, etc… Féérie locomotive, paradis perdu des carrosseries sensuelles et des courbes enchanteresses. Ne boudons pas notre plaisir, ce retour des années 50/60 non dénué d’arrière- pensées mercantiles, est tout de même réjouissant. Les filles étaient belles, les hommes élégants, les voitures attirantes, les écrivains admirés, les jeunes cinéastes remontés comme des pendules, les ouvriers croyaient aux lendemains qui chantent, les bourgeois profitaient, les mœurs se détendaient, tout ça ressemblait à un âge d’or.

Populaire de Régis Roinsard avec Déborah François et Romain Duris – en salles depuis le 28 novembre

Coffret DVD Mad Men Saisons 1 à 4 – Metropolitan Video

 

 

 

 

Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !
Participez au développement de Causeur, faites un don !

voir les commentaires / réagir         envoyer
 

A lire sur Causeur.fr

Vous devez être inscrit pour commenter.

  • 2 Janvier 2013 à 22h33

    ylx dit

    Au cours des années 50 les jeunes Français ont découvert …
    La télé !!!
    Jean-Christophe Averty, Maritie et Carpentier, George Zitrone
    La 4CV, le 2CV, la DS19
    La Vespa, le Lambretta, la Mobylette
    Le tourne-disque Teppaz
    Brassens, Brel, Barbara, Montand, Ferré…
    Le blue-jeans.
    Bill Haley et son Rock around the clock, Elvis Pesley, Jimmy Hendricks.
    Ray Charles, les Platters, Fats Domino.
    Europe1 avec “Pour Ceux qui aiment le Jazz”, et “Salut les Copains”
    Eddy Mitchell et les Chats sauvages
    Les surboums, le camping, l’auto-stop
    Godard,Chabrol, Truffaut, Resnais, Louis Malle
    Audiard, Lautner, Clouzot
    Fellini, Antonioni, Bergman
    Monica Vitti
    Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Marina Vlady, Bernadette Lafont.
    Belmondo, Jean-Claude Brialy, Eddie Constantine,
    Lino Ventura, Bernard Blier, George Dalban,
    Louis de Funés, Darry Cowl, Jacqueline Maillan
    La défaite de Dien Bien Phu
    Le 2ème plan quinquennal,
    Les caisses toujours vides de la IVéme république
    La Guerre d’Algérie, les Rappelés,
    Budapest occupée par les chars Russes
    Spoutnik, Gagarine
    Mai 58, De Gaulle, l’Oas, les parachutistes
    La Ve République.
    Les taux de croissance économique à 2 chiffres !!!!

  • 1 Janvier 2013 à 17h50

    fabien dit

    En fait on rêve surtout du temps où on croyait à l’avenir et où les interdits structuraient encore une vie sociale.
    On alterne entre le rêve des années 50, 60 et la fin du XIXe siècle ( les hussards noirs et la révolution ).
    Que des époques merveilleuses de guerre, de misère et d’exploitation, mais où on croyait encore à l’avenir.
    C’est ça le grand malheur. On ne croit plus à l’avenir ni à nos capacités à peser sur le sort du monde. 

    • 1 Janvier 2013 à 22h56

      nadia comaneci dit

      Mais les Français ne connaissent plus les guerres, ni la misère ni l’exploitation, si on accorde encore un sens à ces mots au regard de l’histoire… Ceci expliquerait-il cela ?

      • 2 Janvier 2013 à 10h03

        fabien dit

        Est-ce à dire qu’il faut souhaiter des guerres et de la misère ? Je ne crois pas.
        D’abord parce que la misère revient à petits pas, ensuite parce que les guerres ne tarderont pas non plus.
        Aujourd’hui tout ce qu’on peut souhaiter, c’est que ça se passe au loin… 

  • 31 Décembre 2012 à 15h02

    agatha dit

    Moyennement d’accord avec Thomas Morales.
    Ce qui me frappe plutôt c’est le retournement de situation qu’on vit depuis 3/4 ans.
    Les progrès continuent dans certains domaines (les sciences, la médecine, les technologies,etc…), mais des signes apparaissent d’une perte de qualité qui ne touche, dans un premier temps, que des objets du quotidien (vêtements, meubles, par exemple). Mais qu’en sera-t’il dans le futur quand les ressources naturelles seront convoitées par trop de monde, quand tout aura été pollué, quand la goinfrerie des financiers aura bloqué les régulations habituelles ?
    Connaîtrons-nous une décroissance économique – ou moins de confort pour ceux qui s’attendaient à en avoir toujours plus – accompagnée d’une décivilisation rampante ? Il y a certes de quoi nourrir une fausse nostalgie !

  • 31 Décembre 2012 à 11h22

    ylx dit

    @Elizabeth Levy
    Faudrait peut-être songer á rajeunir votre lectorat de vieux cinquante-huitards !

    • 31 Décembre 2012 à 11h38

      tessar dit

      ylx : si c’est pour remplacer les 58arts par des 68arts et disciples de 68arts ainsi que par des Cohn-Benditarts,ce n’est peut être pas la peine,mais,peut être vous trompez vous simplement de blog/.

    • 31 Décembre 2012 à 11h53

      Bibi dit

      Excellente idée ylx.
      Proposons à la rédaction de créer un abonnement parental!

      Bonne Année!

      • 31 Décembre 2012 à 11h56

        ylx dit

        Avec réduction pour la Carte Senior !

      • 31 Décembre 2012 à 11h59

        Bibi dit

        Carte grandparentale(1,2,…7,..) !!!

  • 31 Décembre 2012 à 9h20

    eclair dit

    les années 50 mieux?
    Non je rappelerais juste ceci hiver 1954 il y avait des bidonvilles partout en france. Les derniers ont été résorbés que fin 1960 début 1970.

     C’est cpùe parler des années 20-30 comme une grande période d’opulence alors qu’n réalité cela ne touchait qu’une monorité.

    Temps de travail hebdomadaire dans les années 50 c’était 60H par semaines.

    A part le vélo peu avait des véhicules motorisés même  des mobylette ça c’est plutot les années 60.

    Les années 50 étaient dures On n’avait pas finit de se remettre de la dernière guerre dans pas mal d’endroit du pays.

     

    • 31 Décembre 2012 à 9h41

      eclair dit

      sans oublier l’absence d’eau courante.
      les lavoirs où les femmes devaient aller même en plein hiver laver le linge.
      Il fallait se rationner. la radio était encore quelque chose de cher.

      • 31 Décembre 2012 à 9h47

        Eugène Lampiste dit

        L’immense bidonville “La Folie”, à Nanterre, n’a été rasé qu’en 1974.

  • 31 Décembre 2012 à 8h44

    Angel dit

    Bonjour L’Ours, Nadia, Patrick, Saul et a tous les causeurs,

    je ne connais pas les annees 50 mais les 60 furent celles de mon enfance. Arrivee a Paris en 1965 a l’age de 4 ans et venant de Belgrade de 1966 a 1970 j’ai vecu pres de la rue Montorgueil, rue St Sauveur et j’avais les WC sur le palier. A ce moment mes parents n’etaient pas tres riches mais bon sang oui rue du Sentier, rrue Etienne Marcel, Montorgueil, D’Aboukir etaient BEAUCOUP MIEUX que maintenant. Ce quartier est le cliche parfait de la boboitude la plus superficielle et vulgaire.

    Bonne Annee a tous et que 2013 soit meilleur que les annees 50/60 ! ! !

    • 31 Décembre 2012 à 12h06

      Bibi dit

      Quand il y avaient des taillers et des firers dans le coin?

      • 1 Janvier 2013 à 7h06

        Angel dit

        Bonne Annee Bibi,

        tout a fait du cote du Sentier la couture normale et de l’autre cote du boulevard Bonne Nouvelle les irers ? Optyker, Rottenberg freres, Simon freres, Sprung freres, Ogus, etc…………
        Mon pere etait fourreur et un jour je vous raconterai comment il a pu venir a Paris et prosperer grace a des gens qu’il a connu dans les annees noires entre Linz et Vienne.

  • 31 Décembre 2012 à 6h37

    L'Ours dit

    Une plage nue d’une côte d’azur sauvage, un port de méditerranée avec des vieux pêcheurs et des pointus ou des lamparos qui vont aux anchois la nuit, je ne dis pas qu’il faut revenir en arrière, mais ça peut faire rêver, non?
    Surtout quand – et là on peut oser un “contrairement à tous les avant” – le futur de ce passé semblait plus prometteur que celui d’aujourd’hui.