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Merkel, notre maîtresse à tous !

Angela est bien là, et pour longtemps…

Publié le 07 décembre 2012 à 9:25 dans Monde

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merkel cdu allemagne

Angela Merkel ne veut plus payer.

La proclamation des résultats du vote des délégués au Congrès de la CDU pour désigner le chef du parti a rappelé à Angela Merkel quelques souvenirs de sa jeunesse est-allemande : les chrétiens-démocrates l’on reconduite au poste de présidente du parti et de candidate à la chancellerie avec 98% des suffrages exprimés. On notera au passage que les grands partis allemands, de gauche comme de droite, se sont bien gardés de se lancer dans des primaires, ou la désignation par le vote des militants de leur chef suprême. La bonne vieille recette bureaucratique de l’élection, dans les sections, des délégués au congrès du parti, qui voteront selon leur conscience et les consignes venues d’en haut est de nature à éviter bien des tracas…
La presse allemande a qualifié ce score de « cubain », l’étage juste en dessous du nord-coréen, étalonné à 100%, voire plus.

Et pourtant, Angela Merkel n’est pas du genre à enflammer les foules par son verbe, ou par l’exposé d’un grand récit présentant sa vision du futur de l’Allemagne et de l’Europe. Mais les délégués au congrès de Hanovre lui ont fait une standing ovation, car ils savent qu’elle est aujourd’hui leur atout maître pour gagner les élections au Bundestag de l’automne 2013. Avec 68% d’opinions favorables, Angela Merkel est largement plus populaire que son parti, qui plafonne aujourd’hui à 38% des intentions de vote. La CDU/CSU devance, certes, largement le SPD qui recueille autour de 30% des intentions de vote. Mais la coalition actuellement au pouvoir (CDU/CSU/Libéraux) n’est pas certaine de devancer l’alliance du SPD et des Verts, en raison de l’affaiblissement des libéraux du FDP, qui auront cette fois-ci du mal à franchir la barre des 5% permettant d’entrer au Bundestag. Sans Angela Merkel, la droite allemande aurait donc de fortes chances de se retrouver sur les bancs de l’opposition.

Pourquoi Angela est-elle si populaire ? Celle que l’on appelle familièrement « Mutti » (maman), est une figure rassurante dans un monde qui l’est de moins en moins. Sa discrétion, sa manière non ostentatoire d’exercer le pouvoir, son peu de goût pour la rhétorique, son mépris de l’argent dans sa vie personnelle plaisent dans une Allemagne majoritairement protestante depuis la réunification. Elle incarne la Prusse sans l’arrogance bismarckienne, et ceux qui préfèrent un exercice plus flamboyant du pouvoir, comme ces bons catholiques bavarois, peuvent se consoler en admirant les fêtes somptueuses offertes à Munich par les héritiers républicains de Louis II de Bavière. La botte secrète d’Angela Merkel, celle qui la rend aujourd’hui indispensable à la tête du gouvernement de Berlin, c’est son aversion pour tout ce qui peut ressembler à une idéologie. Son expérience de la dictature au nom du Bien, version communiste, l’a vacciné contre. Comme le remarquait, avait un brin de regret, un commentateur de centre-gauche, Angela est une femme totalement dépourvue de passion politique, même si elle a prouvé, dans le passé, qu’elle pouvait être une redoutable tueuse dans ce monde sans pitié. Elle sait, comme personne, couper les têtes qui pourraient la menacer, mais elle procède à ces exécutions comme le bourreau d’antan : sans haine, avec la bonne conscience d’avoir accompli une tâche pénible, mais nécessaire.

Elle s’est ainsi placée dans une position de pivot sur le champ politique d’outre Rhin : parfaitement apte à former des coalitions avec des partis situés sur sa droite, comme sur sa gauche, y compris avec des Verts allemands, qui n’ont plus le tropisme gauchiste de leurs équivalents français. À moins d’un tremblement de terre, d’un tsunami ou d’une révolution, tous événements fâcheux dont l’Allemagne semble aujourd’hui à l’abri, il est plus que probable qu’Angela Merkel se succédera à elle-même en 2013. La seule incertitude du scrutin est celles des alliances possibles : soit la poursuite de la coalition avec les libéraux, soit la recherche d’une grande coalition avec le SPD, qu’elle a déjà expérimentée lors de son premier mandat.

Elle va gagner, donc, mais pourquoi faire ? La réponse à cette question dépend, bien sûr, du choix du partenaire en fonction du résultat des élections, mais on peut déjà tracer les grandes lignes de l’action future de la chancelière, telles qu’elles apparaissent dans son comportement d’aujourd’hui. Après avoir longtemps hésité, Angela Merkel est décidée à ne pas faire exploser la zone euro, car son MEDEF à elle, le « Bund deutscher Industrieller » (BDI) a fini par la persuader que l’économie allemande ne pouvait se permettre de perdre, pour cause de récession dramatique, des clients d’Europe du sud qui font tourner les usines du pays. Le remplacement des pays de la zone euro par les BRICS et assimilés est loin d’être accompli, même si pour la première fois, la Chine est devenue cette année le premier partenaire économique de l’Allemagne.

C’est pourquoi Angela Merkel a déclaré tout récemment au tabloïd Bild am Sonntag qu’il n’était pas impensable d’abandonner tout ou partie de la dette grecque dans quelques années, à condition que les Hellènes fassent bien gentiment les réformes que l’on exige d’eux. Cela ne mange pas de pain, car on peut toujours estimer que les Grecs n’en font pas assez, mais c’est un signal donné à l’Europe et aux marchés que l’idée d’un éclatement de la zone euro n’est pas, pour l’instant, dans ses cartons. Sans le claironner, elle met également en place des mesures de renforcement du pouvoir d’achat de ses concitoyens, comme l’augmentation des retraites des femmes ayant élevé des enfants, et l’annonce de la prochaine instauration d’un salaire minimum légal, dont l’Allemagne était jusque là dépourvue. C’était ce que réclamaient à cors et à cris les partenaires européens de l’Allemagne, dans l’espoir de voir leurs produits trouver de nouveaux débouchés dans une économie épargnée par la récession.

Les Allemands sont loin d’être devenus des cigales, seulement des fourmis moins hargneuses. La question à 1 million de deutschemarks est bien entendu le traditionnel « Est-ce que c’est bon pour nous ? », le nous représentant ici le peuple qui s’est battu vaillamment pour récupérer l’Alsace et la Lorraine. Disons que ce n’est pas trop mauvais, car Berlin, que l’exercice d’un leadership trop brutal effraie, va faire le minimum pour stabiliser une situation qui risque de lui échapper. Jusqu’à ce qu’Angela estime que le cas des méditerranéens est décidément désespéré, et que l’intérêt de l’Allemagne exige qu’on les abandonne à leur sort. Son dicton préféré est gravé sur un rocher dans l’île de Rügen où elle passa son enfance : « Dieu est le maître des flots et du vent, mais les voiles et la barre sont à moi ! » Ce qui permet, quand il le faut, de virer de bord.

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  • 10 Décembre 2012 à 21h58

    murex1946 dit

    Dire que le petit franzouze, minable et mesquin, se moque de cette Grande Dame.
    Viele viele danke Angela… 

  • 7 Décembre 2012 à 16h55

    ylx dit

    ech. 1er min, fr, peu servi, discret, peu exig., sérieux,sans pedigree contre 1er dame, all., exigeante, avec beau pedigree. faire offre discréte au 52 fbg st hon. paris france.

    • 7 Décembre 2012 à 17h04

      Marie dit

      :D

    • 7 Décembre 2012 à 18h29

      Alain Briens dit

      Fous nous prenez pour des pigeons oder was ?

      • 7 Décembre 2012 à 22h33

        ylx dit

        :D
        Oui en effet pas facile à vendre.

  • 7 Décembre 2012 à 15h49

    nadia comaneci dit

    Panpan, le taux de croissance ce ne sont pas seulement les ipad. c’est aussi la sécu par exemple. Ou les retraites, ou les services publics qui coûtent bonbon.
    Le “capitalisme” ou modèle libéral a effectivement sorti l’Asie du Moyen-âge et fait décoller l’amérique latine. Le Brésil sera bientôt la cinquième puissance mondiale et le social-libéralisme très très pragmatique de Lula y est pour beaucoup. Prenez le par le sens que vous voulez, pour le moment, TINA, there is no alternative. Pourquoi l’altermondialisme a t-il disparu ?  
    Je ne demande pas mieux que d’être convaincue du contraire, mais je ne vois rien de sérieux à l’horizon. 

    • 7 Décembre 2012 à 16h56

      panpan2017 dit

      Donc vous estimez que un jeune sur 5 au chômage c’est un bon résultat ? Que le nombre invraisemblable de SDF, de vieux en dessous du seuil de pauvreté, etc, c’est un “bon résultat” ? 
      Non, désolé, le TINA est un outil de la classe possédante en générale (qui ne se définit pas par un seuil de revenus) pour convaincre la population vache a lait qu’un autre monde n’est pas possible. Et ça marche. La preuve.
      Ce qui ne veut pas dire que ce soit vrai.  
      (et au fait, dire que le capitalisme a “sorti l’Asie du Moyen Age” c’est un peu chaud. Ils en étaient ou les Chinois pendant que nous baignions dans le Moyen Age ? 

      • 9 Décembre 2012 à 0h54

        nadia comaneci dit

        Je souhaite à toute la planète d’avoir le niveau de vie allemand. En 2013. 
        Je vous attends sur un autre monde. Pourquoi pas ? J’aimerais bien. Sans rire. Mais tout ce que je vois est catastrophique.

  • 7 Décembre 2012 à 12h46

    tessar dit

    Quel dommage que nous n’ayons pas un clone de Merkel à l’ élysée.

  • 7 Décembre 2012 à 10h36

    Thalcave dit

    Je ne comprends pas bien l’argument selon lequel les industriels ont besoin de l’euro pour continuer à avoir des clients en Europe du Sud!
    Pour deux raisons au moins:
    1/ Le commerce international ne se limite pas aux pays partagent la même monnaie. Avant 1999, au temps du DMark, l’Allemagne avait une économie tout aussi dynamique malgré le boulet de l’Allemagne de l’Est paupérisée par 50 ans du communisme cher à Jérome Leroy. Que lui a apporté l’euro qu’elle n’avait pas avec le DMark et que l’Allemagne n’avait pas demandé, c’était une concession à Mitterrand pour sa reconnaissance de l’unification allemande.? Des effacement de dettes supplémentaires?
    2/ C’est bien joli d’avoir des clients en Europe du Sud, mais s’ils ne paient pas, à quoi ça sert? Cela rappelle toutes les ventes d’armes et de centrales nucléaires faites à Saddam Hussein par la France, jamais payées et qu’il a fallu passer par pertes et profits.
    Les Américains ont fait un plan Marshall après 1945 pour soutenir les débouchés de leurs industries, brusquement mises en chômage par la fin de la guerre. Mais cette méthode a fonctionné car elle a initié les “miracles” économiques européens et les industriels américains ont vite retrouvé des clients solvables ce qui est quand même la pierre angulaire de l’économie de marché. Il n’y a que pendant les guerres qu’on envoie des obus à des gens qui ne les paient pas!

    Quel dommage que l’Allemagne ait la tache indélébile du nazisme sur son passé. On aurait au moins un modèle d’économie sociale de marché puisque nos concitoyens ne supportent pas le libéralisme anglo-saxon et qu’ils n’ont après 60 ans d’errance, manifestement pas su inventer un modèle en propre.

    • 7 Décembre 2012 à 10h59

      panpan2017 dit

      C’est pas fini d’enquiquiner Leroy en associant son nom a “communisme” a chaque commentaire ?  :-)
      Faudrait voir a distinguer entre les concepts d’une part et d’autre part les différents régimes qui se sont réclamés du communisme et qui ont échoué pour grosso modo les mêmes raisons que celles qui ont amené a la faillite lamentable et actuelle du “capitalisme”.
      Si vous trouvez que le monde occidental a “réussi”, que l’Allemagne  a “réussi”, c’est que vous êtes fan inconditionnel de BMW et/ou que vous avez besoin de meilleures lunettes.
      Et a propos de ventes d’armes, si il y a une chose que la mère Merkel n’est pas prête a lâcher c’est le paiement des sous-marins et autres babioles très utiles que l’Allemagne s’est empressée de vendre a la Grèce. Ça c’est de la belle réussite économique et sociale. 

      • 7 Décembre 2012 à 11h23

        Thalcave dit

        1/Pour le communisme on juge l’arbre à ses fruits et pas à son concept.
        2/Pour le capitalisme, parler de faillite est bien d’un idéologue. L’Asie dont le niveau était en 1945 inférieur à celui de l’Afrique, bénéficie d’un enrichissement sans exemple dans l’histoire où on n’a jamais vu des taux de croissance de 10% et plus soutenus pendant 30 ans, bien au delà de nos 5% des trente glorieuses qui n’étaient que 25.
        C’est à l’Afrique maintenant de décoller grâce à l’impulsion initiale aux achats de matières premières des asiatiques. On peut espérer que cette accumulation primitive de capital lui permettra de valoriser leurs autres atouts, notamment leurs faibles coûts salariaux.
        La “faillite lamentable” du capitalisme dont vous parlez est celle de l’Europe du Sud, et de ses corporatismes paralysants.
        Ne pas prendre la partie pour le tout.
        Ce n’est qu’une figure de style propre aux plumitifs.

      • 7 Décembre 2012 à 13h30

        panpan2017 dit

        @Thalcave juger du succès ou de la faillite se fait a l’aune de nos propres critères. Si vous avez l’oeil rivé sur le taux de croissance (croissance de quoi ?), alors vous salivez sur l’Asie et votre prochain porno c’est l’Afrique, oui. Si en revanche pour ceux qui ne sont pas totalement décérébrés, c’est a dire qui ont gardé un peu le contact avec l’intelligence, la vraie vie, le futur et la nature, alors les critères sont lourdement différents 
        Se masturber devant un iPad (devant l’objet, en plus, même pas le contenu) n’est pas le Graal de tout le monde. 

      • 7 Décembre 2012 à 13h37

        Thalcave dit

        Difficile de discerner des options idéologiques, même verdâtres, dans votre charabia mais pour la vulgarité, vous ne craignez personne, ni Mediapart, ni Libération.

      • 7 Décembre 2012 à 13h43

        panpan2017 dit

        C’est cela votre principal problème : d’être intoxique par vos options idéologiques. Au point d’en perdre la conscience de vous-même.

    • 7 Décembre 2012 à 11h28

      saintex dit

      Disons que 70% des exportations allemandes se font dans la zone euro. Elles se faisaient avant, avec le DM. Mais avant, le principe voulait que tout le monde soit solvable en Europe.