Amine El Khatmi, victime du racisme… antilaïque | Causeur

Amine El Khatmi, victime du racisme… antilaïque

Quand le PS trahit la République

Auteur

Matthieu Baumier

Matthieu Baumier
est essayiste et romancier.

Publié le 01 avril 2017 / Politique

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Amine El Khatmi

Non je ne me tairai plus est un témoignage saisissant. Retour sur les faits à l’origine de ce livre. Des paroles et des actes, 21 janvier 2016. Sous-titre : Les deux France. Pujadas convie Daniel Cohn-Bendit et Alain Finkielkraut à débattre autour des drames de l’année 2015. À la 42e minute, l’animateur donne la parole à une troisième France : Wiam Berhouma, jeune femme de 26 ans, professeur d’anglais dans un collège et de « confession musulmane ». Selon Pujadas, elle veut s’adresser à Finkielkraut. L’animateur insiste sur le fait que Wiam Berhouma ne serait « encartée dans aucun parti ».

Raciste, la société française?

Devant son écran, Amine El Khatmi n’en croit pas ses oreilles. Wiam Berhouma déroule calmement sa haine de la République et parle d’islamophobie en tant que « racisme d’État ». La cible ? Finkielkraut et ceux qui, selon elle, favoriseraient une libération de « la parole raciste », laquelle serait « largement partagée par une grande partie de la société française ». El Khatmi bout : la société française en « grande partie » raciste ? L’élu socialiste est épouvanté par le discours de haine de Wiam Berhouma, invitée par un Pujadas ne pouvant ignorer ses sympathies affichées pour le Parti des Indigènes de la République, le PIR — acronyme réaliste.


Des paroles et des actes – 21/06/2016 – Wiam… par rinmedia

Lynchage 2.0 du « collabeur »…

Bien décidé à répondre à Wiam Berhouma, Amine El Khatmi donne illico de sa personne sur les réseaux sociaux. Sur Twitter et Facebook, l’élu socialiste, musulman, originaire du Maroc, issu des quartiers populaires d’Avignon, exprime son opposition frontale à ce discours antirépublicain.  Aussitôt, la haine se déchaîne. Contre lui. Une haine d’autant plus violente que justement il est socialiste, musulman, fils d’immigrés marocains et de milieu populaire. El Khatmi découvre l’égarement intolérant et totalitaire d’un certain « antiracisme ». Les mêmes discours racistes mais inversés. Le même antisémitisme parfois. Et la haine de la République, de la France, du « petit blanc ». Il devient une cible : « arabe de service », « collabeur », « esclave » de « maîtres » blancs ou français forcément islamophobes. L’adresse de sa mère est diffusée.

Malaise au Parti socialiste

Face à ce lynchage en règle, l’élu socialiste compte sur le soutien des plus haute sphères de son parti, à commencer par Cambadélis. Silence radio. Amine El Khatmi a pourtant un vrai parcours au sein du parti socialiste. Il en est toujours membre, élu. Il a contribué de près à la campagne de Ségolène Royal, défend encore certaines de ses idées dans la 2e partie de Non je ne me tairai plus, en même temps que des propositions personnelles ou des idées du « Printemps Républicain » dont il est un des co-fondateurs. Il parle aussi du financement des mosquées et de la question du voile. Pourtant, les patrons du PS se font discrets. Un tweet de soutien lâché du bout du clic. L’élu d’Avignon n’est pas seulement confronté à un communautarisme anti-universaliste. Il subit aussi les atermoiements de son parti : ces mouvances sont des alliés objectifs dans la quête terranovienne d’un nouvel électorat de gauche. Tout sauf désespérer les prétendus Indigènes de la république qui, selon Amine El Khatmi, « réduisent le monde à des oppositions binaires » n’ayant « rien à envier aux identitaires d’extrême droite qui leur font face et qui rêvent d’une France entièrement blanche et chrétienne »

Que reste-t-il du bien commun ?

La haine de la République française se diffuse ainsi en mettant à profit l’accusation d’islamophobie, nouveau point Godwin de ce que l’on peine à qualifier de débat d’idées. Une haine que l’on croise au hasard des médias et des reportages. Ainsi le dimanche 19 mars 2017 sur France Inter, dans le journal de 19 heures, quand à l’occasion d’un reportage sur La Marche de « Mémoires et Partages » l’un des organisateurs peut déclarer sans contradiction qu’il faut « en finir » avec l’idée fausse d’une « France judéo-chrétienne blanche qui n’a jamais existée ». L’affirmation n’est pas questionnée. Le journaliste vient d’impulser l’entretien par cette phrase : « Il faut dire à ceux qui le nieraient aujourd’hui que la France est bien multiculturelle ». Peu importe qu’ils aient ou non raison quant à leur vision du monde. Par contre, il est significatif que cette conception, à l’instar de celles qui se déchaînent sur quiconque ose un discours critique à propos de l’Islam, soit dogmatique. Pire encore que les donneurs de leçons, sont ceux qui prétendent détenir « la » vérité. La leur, évidemment. Ces « vérités » là sont toujours totalisantes et contraires au bien commun.

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    • 3 Avril 2017 à 18h07

      José Bobo dit

      Il faut avoir le courage de dire qu’on est islamophobe ! L’islamophobie n’est pas fait de haine des musulmans en tant que personnes mais il est fait de rejet et de dégoût envers cette leur religion dont ils sont les premières victimes car elle les abruti, on a bien le droit d’être anti-fasciste, que je sache !

    • 3 Avril 2017 à 17h38

      QLURON dit

      Pour avoir fréquenté, très modestement des personnalités du PS ou du Pc mais aussi de partis de droite il faut dire que depuis le développement de cette société de communication, il est bien rare que les trahisons n’y soient pas fréquentes. C’est d’ailleurs ce qui explique le dégoût de beaucoup de compatriotes pour les politiques alors que LA POLITIQUE est si intéressante.

    • 3 Avril 2017 à 15h30

      Pyrrhon dit

      Je pense surtout que la haine est le mal français généralisé. Y a-t-il suffisamment de français qui ne la pratiquent pas et pourraient donner des leçons? Dans le doute, il me semble préférable de lui opposer le silence, de simuler la surdité. Ils ou elles la perçoivent, mais n’ont pas de raison d’en rajouter. 

    • 3 Avril 2017 à 14h25

      rolberg dit

      La seule explication que je me permets, c’est que Macron a murmuré à ces tous que l’appui à Wiam Berhouma nuirait à sa candidature. Mais je ne comprends pas comment.

      • 3 Avril 2017 à 17h35

        Hannibal-lecteur dit

        Heu…avez-vous bien compris? Ne pas soutenir El Khatmi est bien un appui à Berhouma, non? Autrement dit, soutenir El Khatmi aurait été désavouer Berhouma, non?, ça y est ?

    • 3 Avril 2017 à 12h25

      Pol&Mic dit

      C Q F D …………. est il besoin d’ajouter autre chose ?

    • 3 Avril 2017 à 11h24

      Leboulonnais1 dit

      Le “vivreensemble” ce mot creux pour couvrir la lâcheté générale, PS mais aussi LR, devant des comportements haineux anti républicains.

    • 2 Avril 2017 à 19h05

      Moumine dit

      Le sort réservé à cet homme courageux et intègre est révoltant. Entre haine barbare et lâcheté répugnante.
      Quelle naïveté de perdre son temps dans un parti à la manque…