Alors, ça vient ces émeutes ? | Causeur

Alors, ça vient ces émeutes ?

La France n’est pas la Grèce. Hélas

Auteur

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 13 décembre 2008 / Médias

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Nos jeunes sont des branleurs. Malgré les appels à peine subliminaux à l’émeute lancés par Le Monde, Libération et quelques dirigeants socialistes qui espéraient se refaire une santé sur le dos des manifestants grecs, nos-étudiants-et-lycéens-en-lutte (et avec de bonnes raisons de l’être même si ce ne sont généralement pas celles qu’ils choisissent) ont refusé d’égayer nos fêtes de fin d’année en nous offrant un remake hexagonal de la révolte grecque – et de celle de nos banlieues qui, maintenant que le temps a fait son effet et que les Grecs ont arraché le titre aux Français, paraît un peu pâlotte. En début de semaine, j’en ai même entendu un, un de nos jeunes en colère à nous, expliquer, probablement sur France Inter (impossible à retrouver sauf à me payer une demi-journée d’archéologie radiophonique), qu’on ne risquait guère de voir le mouvement anti-Darcos dégénérer en tragédie grecque (c’est juste pour faire un bon mot et aussi parce que je ne trouve pas le bon mot). Plutôt honnête, le jeune homme a expliqué, après avoir entendu des témoignages, saisissants du reste, de Grecs de toutes générations sur la dureté de leur condition, qu’on n’en était pas là en France. Encore un qui gâche le métier. S’il est à l’Unef, c’est-à-dire au PS, il a dû se faire engueuler sévère. La lucidité n’était pas au programme, on te l’avait pas dit, petit ?

“Ici, c’est pire, ou ça le sera bientôt.” C’est la ligne que le parti des bonnes consciences a essayé de faire prévaloir en fin de semaine. Il est vrai qu’au bout de quatre jours d’affrontements chez nos amis les Grecs, et alors que des dizaines de témoignages effarants avaient été diffusés, on ne savait plus très bien quoi raconter. “Après la Grèce, la France peut-elle s’enflammer ?”, s’interrogeait Libé, vendredi, avec, en “une”, la photo plein pot d’une manifestante bordelaise. Vous l’aurez compris, la véritable question était : la France doit-elle s’enflammer ? Et bien entendu, la réponse était comprise dans la question. L’après-midi, Le Monde jouait sur le même registre, avec le ton calme qui sied aux institutions honorables : “Social, jeunesse, banlieues : la France gagnée par l’inquiétude”, annonçait-il en première page.

On me dira que nos deux estimables quotidiens se sont contentés de faire écho aux préoccupations de l’ensemble de la classe politique – on se demande que fait le CRAN. Ben voyons ! Dans son éditorial, Le Monde légitimait par avance la montée aux extrêmes si elle devait avoir lieu. Non seulement les raisons de désespérer ne manquent pas, expliquait-il en substance mais en outre, “il ne reste plus guère d’écrans protecteurs et de corps intermédiaires”. Pas même une victime à sacrifier à la foule en colère puisque “l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy a fait disparaître le gouvernement et son chef, fusibles commodes depuis un demi-siècle”. Bref, livré sans défense au capitalisme le plus dégueulasse, le peuple ne peut même plus se défouler en coupant quelques têtes. Retenez-le ou il fait un malheur ! Et l’éditorialiste de conclure : “La France n’est pas la Grèce. Mais.”

À Libé, on a tiré sur la même ficelle. “La France a le profil grec”, écrivait Didier Pourquery après avoir pareillement expliqué qu’il serait bien étonnant (décevant ?) que l’agitation grecque ne s’exporte pas. En prime, nous avons eu droit aux péroraisons de l’inénarrable sociologue de service (je vous épargne son nom, inutile de le retenir ou alors, allez le chercher vous-mêmes !). Au journaliste qui craignait qu’en période de chômage la résignation ne l’emporte, elle a fait cette réponse magnifique : “Il peut y avoir une explosion. Nous sommes sur une poudrière. Une étincelle peut s’enflammer, plus qu’en 2005.” Allez les p’tits gars, ne laissez pas la flamme s’éteindre !

Certes, nos deux journaux n’ont pas tout inventé. Les politiques de tous bords n’ont cessé de proclamer leur inquiétude. Seulement, du côté de la gauche, cette inquiétude ne m’a semblé ni parfaitement désintéressée, ni parfaitement honnête. Quand Laurent Fabius déclare sur Europe 1 (cité par Le Monde) que “ce qu’on voit en Grèce n’est pas du tout, malheureusement, hors du champ de ce qui peut arriver en France”, qu’il en remet une compresse sur “la dépression économique et la désespérance sociale”, pour conclure en fustigeant “un gouvernement qui, vis-à-vis de la jeunesse ne montre pas de compréhension”, quand Julien Dray, jeunologue éternel, proclame que “le syndrome grec menace l’ensemble des pays”, je ne sais pas pourquoi mais j’entends autant de gourmandise que d’inquiétude. C’est sous couvert du même genre d’inquiétude qu’en mai 2007, Ségolène Royal avait promis de la casse si Nicolas Sarkozy était élu.

Bref, la gauche s’inquiète mais en se frottant les mains – encore que beaucoup doivent réellement flipper en se demandant si ce ne sont pas les copains de la maison d’à côté qui rafleront la mise au cas où la prophétie répétée en boucle se révèlerait auto-réalisatrice. Quoi qu’il en soit, il est bien plus rigolo de flatter la jeunesse dans le sens du poil victimaire que de combattre sur le fond les projets insensés de monsieur Darcos. Il est vrai qu’à gauche, ce que Darcos fait, beaucoup l’avaient rêvé. Il prétend faire de l’histoire une matière optionnelle ? Il a raison, l’histoire c’est sale. Il pense que pour être prof de français, il est plus important de “connaître l’institution scolaire” (nouvelle épreuve envisagée pour le Capes) que de comprendre quelque chose à la littérature ? Il a enfin compris que la littérature ne pouvait engendrer que d’affreuses discriminations. Bon, je caricature, mais on en est à peu près là. Sauf que toutes ces questions de savoir et de culture, ça prend la tête. Alors la gauche, au moins unie dans la démagogie, préfère ânonner, pour l’édification des jeunes et des moins jeunes : “Vous êtes pauvres ? C’est la faute au gouvernement.” Puisqu’on a toujours raison de se révolter.

Et pourtant, cette mayonnaise-là n’a pas pris. Reste à savoir pourquoi. J’hasarderai une hypothèse : ça n’a pas pris parce que la télé n’a pas joué le jeu. Un coup d’œil sur les sommaires des “20 heures” de la semaine de France 2 et TF1 montre en effet que, passés les deux premiers jours, la Grèce était traitée en quelques secondes, en fin de journal, quand elle n’était pas purement et simplement absente. Il faut dire qu’entre les foyers privés d’électricité et le bébé perdu-retrouvé, on avait peu de temps pour les broutilles. En tout cas, sauf erreur de ma part, nos grandes chaînes n’ont pas jugé nécessaire d’inviter un dirigeant-lycéen à expliquer que la Grèce ce n’était rien à côté de ce qu’on allait voir en France. D’ailleurs, elles n’ont pas vraiment mis le paquet sur les mouvements lycéens. Du coup, la question reste entière. Il serait intéressant de comprendre les raisons de cette abstinence, curieuse quand on se rappelle l’enthousiasme avec lequel les mêmes chaînes avaient couvert le CPE. Certains verront là, une fois de plus, la main invisible de Sarkozy. Il est vrai que l’actuel président a sinon encouragé du moins suivi avec un grand intérêt les manifestations qui ont abouti à la chute de son rival. On ne saurait totalement exclure que Patrick de Carolis et Martin Bouygues aient cherché, l’un à éviter d’énerver encore plus le chef de l’Etat, l’autre à lui faire plaisir. J’aurais plutôt tendance à chercher l’explication de cette réserve du côté de la “bourse aux émotions”, définition que Peter Sloterdijk donne des médias. Pour faire court, les émeutes, c’était pas le mood du moment. Autrement dit, si la télévision n’a pas rallié le chœur des vierges plus ou moins faussement effarouchées, c’est pour de mauvaises raisons.

N’empêche que Lolo Ferrari, David Pujadas et surtout leurs patrons respectifs ont sauvé nos fêtes de fin d’année. Merci à eux. Quant aux autres, qu’ils ne s’impatientent pas. La jeunesse finira par les entendre.

NB. Je sais, le titre, j’ai déjà fait le coup. Mais justement, eux aussi, ils l’ont déjà fait.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 21 Décembre 2008 à 15h53

      BA dit

      Pour info : LEAP/E2020 signifie « Laboratoire Européen d’Anticipation Politique / Europe 2020 ». C’est une entreprise de prospective.

      LEAP/E2020 estime que la crise systémique globale connaîtra en Mars 2009 un nouveau point d’inflexion d’une importance analogue à celui de Septembre 2008. Notre équipe considère en effet que cette période de l’année 2009 va être caractérisée par une prise de conscience générale de l’existence de trois processus déstabilisateurs majeurs de l’économie mondiale, à savoir :

      1-. la prise de conscience de la longue durée de la crise

      2-. l’explosion du chômage dans le monde entier

      3-. le risque d’effondrement brutal de l’ensemble des systèmes de pension par capitalisation.

      Ce point d’inflexion sera ainsi caractérisé par un ensemble de facteurs psychologiques, à savoir la perception générale par les opinions publiques en Europe, en Amérique et en Asie que la crise en cours a échappé au contrôle de toute autorité publique, nationale ou internationale, qu’elle affecte sévèrement toutes les régions du monde même si certaines sont plus affectées que d’autres, qu’elle touche directement des centaines de millions de personnes dans le monde « développé », et qu’elle ne fait qu’empirer au fur et à mesure où les conséquences se font sentir dans l’économie réelle.

      Les gouvernements nationaux et les institutions internationales n’ont plus qu’un trimestre pour se préparer à cette situation qui est potentiellement porteuse d’un risque majeur de chaos social. Les pays les moins bien équipés pour gérer socialement la montée rapide du chômage et le risque croissant sur les retraites seront les plus déstabilisés par cette prise de conscience des opinions publiques.

      Dans ce GEAB N°30, l’équipe de LEAP/E2020 détaille ces trois processus déstabilisateurs (dont deux sont présentés dans ce communiqué public) et présente ses recommandations pour faire face à cette montée des risques. Par ailleurs, ce numéro est aussi comme chaque année l’occasion d’une évaluation objective de la fiabilité des anticipations de LEAP/E2020, qui permet de préciser également certains aspects méthodologiques du processus d’analyse que nous mettons en œuvre. En 2008, le taux de réussite de LEAP/E2020 est de 80 %, avec une pointe à 86 % pour les anticipations strictement socio-économiques. Pour une année de bouleversements majeurs, c’est un résultat dont nous sommes fiers.

      La crise durera au moins jusqu’à la fin 2010.

      Comme nous l’avons détaillé dans le GEAB N°28, la crise affectera de manière diversifiée les différentes régions du monde. Cependant, et LEAP/E2020 souhaite être très clair sur ce point, contrairement aux discours actuels des mêmes experts qui niaient l’existence d’une crise en gestation il y a trois ans, qui niaient qu’elle soit globale il y a 2 ans et qui niaient il y a seulement six mois qu’elle soit systémique, nous anticipons une durée minimale de trois ans pour cette phase de décantation de la crise [1].

      Elle ne sera ni terminée au printemps 2009, ni à l’été 2009, ni au début 2010. C’est seulement vers la fin 2010 que la situation commencera à se stabiliser et s’améliorer un peu dans certaines régions du monde, à savoir l’Asie et la zone Euro, ainsi que pour les pays producteurs de matières premières énergétiques, minérales ou alimentaires [2].

      Ailleurs, elle continuera. En particulier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et dans les pays les plus liés à ces économies, où elle s’inscrit dans une logique décennale. C’est seulement vers 2018 que ces pays peuvent envisager un retour réel de la croissance.

      Par ailleurs, il ne faut pas imaginer que l’amélioration de la fin 2010 marquera un retour à une croissance forte. La convalescence sera longue ; par exemple, les bourses mettront également une décennie à revenir aux niveaux de l’année 2007, si elles y reviennent un jour. Il faut se souvenir que Wall Street mit 20 ans à revenir à ses niveaux de la fin des années 1920. Or, selon LEAP/E2020 cette crise est plus profonde et durable que celle des années 1930.

      Cette prise de conscience de la longue durée de la crise va progressivement se faire jour dans les opinions publiques au cours du trimestre à venir. Et elle déclenchera immédiatement deux phénomènes porteurs d’instabilité socio-économique : la peur panique du lendemain et la critique renforcée des dirigeants du pays.

      Le risque d’effondrement brutal de l’ensemble des systèmes de pension par capitalisation.

      Enfin, dans le cadre des conséquences de la crise qui affecteront directement des dizaines de millions de personnes aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, au Japon, aux Pays-Bas et au Danemark en particulier [3], il faut intégrer le fait qu’à partir de cette fin d’année 2008 vont se multiplier les nouvelles concernant les pertes massives des organismes gérant les actifs censés financer ces retraites. L’OCDE estime à 4.000 milliards USD les pertes des fonds de pension pour la seule année 2008 [4].

      Aux Pays-Bas [5] comme au Royaume-Uni [6], les organes de surveillance des fonds de pension viennent de lancer des cris d’alarme demandant en urgence un accroissement des cotisations obligatoires et une intervention de l’Etat.

      Aux Etats-Unis, ce sont des annonces multiples d’augmentation des contributions et de diminution des versements qui sont émises à un rythme croissant [7].

      Et c’est seulement dans les semaines à venir que nombre de fonds vont pouvoir faire réellement le décompte de ce qu’ils ont perdu [8].

      Beaucoup s’illusionnent encore sur leur capacité à reconstituer leur capital à l’occasion d’une prochaine sortie de crise. En Mars 2009, quand gestionnaires de fonds de pension, retraités et gouvernements vont simultanément prendre conscience que la crise va durer, qu’elle va coïncider avec l’arrivée massive des « baby-boomers » à la retraite et que les bourses ont peu de chance de retrouver avant de longues années leurs niveaux de 2007 [9], le chaos va s’installer dans ce secteur et les gouvernements vont se rapprocher de plus en plus de l’obligation d’intervenir pour nationaliser tous ces fonds. L’Argentine, qui a pris cette décision il y a quelques mois apparaîtra alors comme un précurseur.

      Ces tendances sont toutes déjà en cours. Leur conjonction et la prise de conscience par les opinions publiques des conséquences qu’elles entraînent constituera le grand choc psychologique mondial du printemps 2009, à savoir que nous sommes tous plongés dans une crise pire que celle de 1929 ; et qu’il n’y a pas de sortie de crise possible à court terme.

      Cette évolution aura un impact décisif sur la mentalité collective mondiale des peuples et des décideurs et modifiera donc considérablement le processus de déroulement de la crise dans la période qui suivra. Avec plus de désillusions et moins de certitudes, l’instabilité socio-politique globale va s’accroître considérablement.

      Notes :

      [1] Il est utile de lire au sujet de cette crise une très intéressante contribution de Robert Guttmann publiée au 2ème semestre 2008 sur le site Revues.org, soutenu par la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord.

      [2] D’ailleurs ce sont les matières premières qui commencent à déjà relancer le marché du transport maritime international. Source : Financial Times, 14/12/2008

      [3] Puisque ce sont les pays qui ont le plus développé les systèmes de retraite par capitalisation. Voir GEAB N°23. Mais c’est aussi le cas de l’Irlande. Source : Independent, 30/11/2008

      [4] Source : OCDE, 12/11/2008

      [5] Source : NU.NL, 15/12/2008

      [6] Source : BBC, 09/12/2008

      [7] Sources : WallStreetJournal, 17/11/2008 ; Phillyburbs, 25/11/2008 ; RockyMountainNews, 19/11/2008

      [8] Source : CNBC, 05/12/2008

      [9] Et nous ne mentionnons même pas l’influence de l’explosion de la bulle des Bons du Trésor US qui affectera également brutalement les fonds de pension. Voir Q&A, GEAB N°30.

      http://www.europe2020.org/spip.php?article575&lang=fr

    • 21 Décembre 2008 à 13h39

      Benji dit

      Une révolte dans la rue serait saine.

      Déjà dans les urnes, dès les élections européennes de juin prochain, ce serait très bien.

      Que les électeurs se débarrassent enfin de ce Système euro-libéral qui nous empoisonne depuis des années, et réduit notre démocratie comme peau de chagrin. Système porté par l’UMP, le PS et le Modem, depuis trop longtemps.

      Voilà ce qu’est une saine révolte, qui n’aurait pas d’oreille pour ce que disent en choeur les journalistes des grands médias, qui imposent une grille de lecture destinée à ce que rien ne change, en stigmatisant les forces politiques qui dérangent le Système, et organisent un débat virtuel entre une gauche et une droite largement interchangeables, depuis bien longtemps.

      http://www.levraidebat.com

    • 20 Décembre 2008 à 10h20

      Antoninus Lucretius dit

      Mon cher David,
      Je comprends votre juste courroux. Vous devez être, soit Hellène, soit professeur, soit les deux. Professeur de grec peut-être?
      Mais il faut comprendre l’auteur de cette citation des plus minables que je me dois de décrypter, comme on dit de nos jours: il vivait en pleine époque romantique et, poussé avec d’autres philhellènes, comme Lord Byron, par le renouveau des études antiques, il se rendit en Grèce pour assister le vaillant peuple grec dans sa lutte contre l’occupant turc.
      Il s’attendait à y retrouver Leonidas et ses Spartiates et il ne trouva que des types plus ou moins louches qui faisaient épisodiquement le coup de fusil contre les Turcs, ou entre eux quand ils manquaient de Turcs. Car ces braves romantiques avaient un peu oublié que Leonidas et ses Spartiates s’étaient finalement fait tuer, une experience que les types plus ou moins louches tentaient d’éviter le plus possible.
      Comprenez donc la déception d’Edmond About (1828/1885), l’une de nos gloires nationales. En plus il a eu une enfance malheureuse, il vivait dans un quartier défavorisé, son père buvait et sa maman faisait des ménages chez les riches.
      Je suis sur que ces détails iront droit à votre coeur d’humaniste que, visiblement, vous portez à gauche.
      Enfin voila, on ne va pas non plus refaire l’histoire grecque..
      En ce qui concerne nos émeutiers putatifs, pour l’instant on semble en rester aux postures genre male alpha chez les chimpanzés (l’hiver sera chaud, retenez moi ou je fais un malheur etc..). On sent nettement le besoin d’affection.
      Il se pourrait cependant que l’hiver soit plus froid que prévu, compte tenu de la récente perquisition chez Julien Dray et de ses dommages collatéraux. C’est toujours en tapant au larfeuille que ça fait le plus mal.
      Ceci pourrait, peut être, sous toutes réserves, constituer un message à l’intention de ceux et celles qui tentent de mettre de l’huile sur le feu.
      Un message du genre: “continuez à agiter les mômes en sous-main au risque de déclencher de vraies émeutes, et nous, on va vous sortir des coffres quelques petits dossiers juteux qu’on a gardés à tout hasard…”
      Et Sarko, ex-ministre de l’Intérieur, des dossiers, il en a plein ses tiroirs..
      On pourrait juger que de telles méthodes sont indignes d’une grande démocratie et que ce serait vraiment taper sous la ceinture.
      Les grandes démocraties en ont vu d’autres. Nous avons eu 14 ans avec “Dieu” et nous avons survécu, comme les Etats-Unis ont survécu à 8 ans de George W. Bush, le seul Texan qui a un ranch et qui fait du vélo.
      Quand a taper sous la ceinture.. En politique, il n’y a pas de ceinture.