Le discours perdu de François Hollande aux députés algériens | Causeur

Le discours perdu de François Hollande aux députés algériens

À voyage officiel, vérité officielle ?

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
Journaliste.

Publié le 18 janvier 2013 / Monde

Mots-clés : , ,

algerie hollande fln

Une malencontreuse erreur de manipulation informatique a fait disparaître les derniers feuillets du discours du Président de la République française devant les membres de l’Assemblée nationale populaire algérienne. Ils n’ont donc pas pu être prononcés. Par miracle, ils sont réapparus dans le disque dur de la rédaction de Causeur.

Mesdames et Messieurs les députés,

Mon choix de la vérité pour l’évocation du passé colonial, des souffrances imposées par ce système d’exploitation et d’oppression du peuple algérien m’impose aussi de vous parler franchement du demi-siècle écoulé. En 1962, pour la première fois, l’Algérie devenait maîtresse de son destin. L’homme algérien entrait dans l’Histoire, comme ne l’aurait pas écrit la « plume » de mon prédécesseur. Mais il y entrait par la mauvaise porte : celle du socialisme bureaucratique, du parti unique, de l’économie planifiée. Pour que cela soit bien clair aux yeux du monde, l’Algérie indépendante s’est intitulée « République algérienne démocratique et populaire », appellation encore en vigueur aujourd’hui malgré la chute du mur de Berlin. Vous ne la partagez plus, cette appellation, qu’avec un seul autre pays sur cette planète : la Corée du Nord.

Vos modèles, à l’époque, étaient la République démocratique allemande et les républiques populaires de derrière le « rideau de fer ». Vos dirigeants, certes, ne se déclaraient pas communistes, car cela aurait heurté la sensibilité musulmane de la grande majorité de votre peuple, qui rejetait le marxisme athée. Mais pour tout le reste, la caste politico-militaire qui a accaparé le pouvoir – et dont nombre d’entre vous, Mesdames et Messieurs les députés, êtes directement issus – s’est coulée dans le moule des pratiques et des discours du communisme post-stalinien : cela consiste à couvrir de grands mots, comme « démocratique », « populaire », « appropriation collective des moyens de production » etc… une réalité  notablement différente.

[...]

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    publié dans le Magazine Causeur n° 55 - Janvier 2013

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  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 21 Janvier 2013 à 18h36

      victor34 dit

      Très bel article!
      pour ne reprendre qu’un infime partie, il est intéressant d’évoquer le tourisme. pourquoi n’y a t’il pas de tourisme de masse . quelles sont les craintes des Algériens?
      -une nouvelle colonisation des Français non arabe qui achèteraient pour passer leur vacance ou leur retraite terrains et maisons?
      sans fausse naïveté, je pense que même les pieds noirs et peut être surtout les pieds noirs iraient en masse en Algérie, si ils avaient l’espérance d’un bon accueil en toute sécurité.
      A ce titre le refus d’accueillir Enrico MATIAS (en sa qualité de symbole) pour un concert et en effet un signal fort pour indiquer au Pieds noir (juif?), vous n’êtes pas les bienvenus.
      ou est la réciprocité?!!

      • 22 Janvier 2013 à 16h04

        weizman dit

        L’absence de tourisme de masse tient mois des craintes des algériens que de l’absence d’un environnement touristique adéquat ” qui sied aux européens”.

        Le refus d’accueillir E. Macias n’est pas en sa qualité de symbole des juifs mais plutôt ( à tort ou à raison ) de sa sensibilité au sionisme. Il y a des juifs qui viennent en algérie et beaucoup.

        • 23 Janvier 2013 à 8h22

          girafe234 dit

          Bien sur avec un tampon israélien sur leur passeport. 

      • 23 Janvier 2013 à 8h08

        JMS dit

        L’hôtellerie algérienne est incompatible par sa nullité avec un tourisme de masse européen.
        Les plages sont dans un état indescriptible, la sécurité est approximative. 

    • 20 Janvier 2013 à 14h46

      weizman dit

      Réponse d’un député au discours non dit du président:

      Monsieur le président, nous n’attendons pas de vous de nous dire des choses que nous vivons, mais plutôt de celles que vous avez faites.

      L’Algérie indépendante était libre de choisir sa voie surtout pas celle de l’occupant. Elle s’est trompée, elle corrige. Le peuple algérien vous demande une seule chose c’est de le laisser tranquille. Qu’il s’entretue, qu’il se trompe, qu’il apprenne soit mais il faut que cela soit lui même qui le fasse.

      Regardez, la prise d’otages a été faite par un état souverain ( comme en Russie, comme en Somalie ) sur son territoire et il a choisi la méthode celle qui convient d’après, à la situation. Dans tous les cas elle ne vous aurait pas satisfait.

      Vous avez le droit d’avoir une opinion mais gardez la entre vous.

    • 19 Janvier 2013 à 14h38

      FranckZ dit

      Merci, un grand merci et encore merci. Cela fait des années que j’attendais de pouvoir lire pareil article dans un média français. Sans haine, ni volonté de raviver un conflit du passé, il est grand temps que l’on regarde l’histoire les deux yeux ouverts et non avec le seul monocle autorisé. Il me semble que penser au bien être d’une population ne réside pas uniquement dans l’observance de son indépendance. Qu’ont fait de leur “victoire” les gouvernants du FLN ? C’est toujours l’après guerre le plus difficile à gérer et de ce point de vue là, le peuple algérien n’a rien gagné, il a peut-être même perdu beaucoup.

    • 18 Janvier 2013 à 22h19

      ylx dit

      LR, vous nous servez du lourd.
      Si vous avez l’intention de revenir travailler pour le quotidien vespéral de référence, c’est mal barré !

      • 18 Janvier 2013 à 22h22

        Bibi dit

        Il compte rédiger le discours présidentiel à la Knesset.

        • 18 Janvier 2013 à 22h41

          eclair dit

          @bibi
          c’est marqué où israel dans cet article?
          Quoi c’est parce que L.R est français de confession juive qu’il faut systématiquement le ramener à israel?

          Curieux comme conception ! 

        • 18 Janvier 2013 à 23h04

          Bibi dit

          :-D

    • 18 Janvier 2013 à 19h27

      Bibi dit

      M. Rosenzweig,
      Comme vous le savez, la honte chez ces gens là se lave illico dans le sang.
      Et l’Histoire fait l’objet d’une réécriture permanente.

      Regardez la glorieuse libération d’otages que ces braves gens mènent.

    • 18 Janvier 2013 à 18h06

      Ferdinand dit

      Quelle insolence !
      Tout cela n’est pas très politiquement correct.
      Vous semblez oublier que l’on ne doit et que l’on de peut parler de l’Algérie, qu’avec les mots du repentir, de l’expiation et le rouge de la honte au visage.
      Les nouveaux commissaires politiques de la bien pensance vous ont sans doute déjà à l’oeil et sauront vous ramener au sein du troupeau, au milieu du paquet, et vous empècher de faire usage de la faculté de penser.
      Ernest Renan écrivait : “Le moyen d’avoir raison dans l’avenir, est, à certaines heures, de se résigner à être démodé.” Il faut bien admettre que vous n’êtes pas très à la mode.

    • 18 Janvier 2013 à 17h01

      Olyvier dit

      En une seule journée, la répression de 1988 a fait autant de morts parmi la population que des années d’intifada. Pareille réalité devrait rendre chacun humble.
      Je signale à l’occasion la parution d’Une vie brève de Michèle Audin. 

      • 18 Janvier 2013 à 23h34

        Mouah dit

        Rendre humble ?! Et puis quoi encore ! Y manqu’rait pu’ qu’on s’indigne lorsque des Arabes tuent des Arabes ! Vous ne savez donc pas que la mort d’un Arabe, pour en choquer certains, doit être le fait des Juifs ou des Américains ?

    • 18 Janvier 2013 à 16h46

      L'Ours dit

      A bon entendeur…

    • 18 Janvier 2013 à 16h21

      steed59 dit

      vous êtes sur d’avoir été journaliste au “Monde” vous ?

      • 18 Janvier 2013 à 16h50

        Marie dit

        je sens qu’un doute vous étreint steed:)