Alertez les bébés !

La bioéthique peut-elle casser des briques ?

Publié le 11 mars 2009 à 10:04 dans Société

Le 4 février dernier Mme Roselyne Bachelot, ministre de la Santé d’après mes fiches, donnait le coup d’envoi des Etats généraux de la bioéthique censés préparer, d’ici un an, la révision de la loi éponyme votée en 2004. Deux remarques liminaires : primo, on sait gré à Mme le ministre d’avoir évité, compte tenu de la gravité du sujet, l’appellation de “Grenelle de la bioéthique” qui lui pendait au nez… Secundo, et plus sérieusement, le seul fait que le cadre juridique fixé il y a cinq ans nécessite déjà une remise à plat montre à quel point la science progresse vite, en-ce-domaine-délicat-entre-tous-n’est-ce pas ? Bref, à la loi et à la morale de suivre : “Attrape-moi si tu peux !”

À moi aussi de suivre les débats, puisque ma morale de vie (ma bioéthique à moi) a notamment pour objectif de ne pas mourir idiot – et, dans la mesure du possible, de vous en faire profiter… Certes j’aurais pu, pour me mettre à niveau, aller consulter le site etatsgenerauxdelabioethique.fr, ouvert tout exprès par le Ministère. Mais compte tenu de mes connaissances scientifiques (faibles) et de mes convictions religieuses (fiables), il m’a semblé plus approprié de visionner – pour vous et pour la multitude – le documentaire didactique et éclairant que KTO, ma chaîne catholique préférée, consacrait récemment à ce sujet.

Une fois n’est pas coutume : je suis pleinement d’accord avec Télérama pour féliciter les auteurs de n’être pas “partis d’emblée des textes sacrés ou du dogme”. Une telle démarche eût en effet donné à ce documentaire un caractère engagé qui ne s’impose pas, à l’orée du vaste débat national qui s’engage1.

En attendant, il n’est pas inutile de revenir sur la vision bioéthique dont la Bible est porteuse : le regard de l’homme de foi sur la condition humaine et son “infinie dignité” se situe très exactement aux antipodes de l’esprit de l’époque. (Une époque que, par parenthèse, je qualifierais volontiers de jouisseuse, matérialiste, raisonneuse et acéphale ; bref, une époque qui doute de tout, sauf d’elle-même.) Reste que l’intérêt de ce documentaire d’origine catho réside dans l’alternance heuristique (le “h” n’est pas nécessaire, me fait-on signe) de témoignages émanant d’hommes de science et de théologiens – sans parler de l’intergroupe … Et puis si, justement, parlons-en ! Thierry Magnin, à la fois physicien et vicaire général de Saint-Etienne, ne se contente pas de témoigner à ces deux titres dans le doc : il en est le co-réalisateur !

Pour autant, ce grand cumulard (devant l’Eternel !) n’en profite pas pour tirer la couverture à lui. On apprécie, au contraire, qu’il donne la parole à des scientifiques de haut niveau, au premier rang desquels Axel Kahn, mon chouchou. Frère de Jean-François le vibrion, Axel est aussi posé dans ses analyses que son cadet peut être véhément dans ses approximations. C’est un plaisir que d’entendre ce généticien poser pour nous en termes simples des questions terriblement complexes.

L’enjeu du débat, Kahn le précise d’emblée – et de la manière la plus objective qui soit : “Est-il légitime que la recherche scientifique aboutisse à la destruction de ce début de vie humaine qu’est l’embryon ?” En conscience, la réponse d’Axel est oui – mais un oui conditionnel et raisonné : la recherche sur certains embryons “voués à n’être jamais des personnes” est légitime, estime-t-il, dès lors qu’elle peut permettre de guérir demain des maladies jusqu’alors tueuses.

A l’inverse pour Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, aucune espèce de compromis, quel qu’en soit le prétexte, n’est possible sur le caractère sacré de la vie, et pour une raison simple : “Elle ne nous appartient pas.” Pour lui c’est clair : “On n’a pas le droit de congeler des êtres humains.” Et il ne parle pas là d’”Hibernatus” ; ça se voit à son regard sérieux. Le Monseigneur nous le rappelle au passage, utilement ma foi (!) : les manipulations génétiques, on sait quand ça commence, mais pas du tout comment ça finit… Suivez mon regard : l’Allemagne, “sans doute traumatisée par son passé”, ne s’est-elle pas interdit toute forme de congélation d’embryons humains ? Bref, suggère l’archevêque, entre la thérapie génique et l’eugénisme nazi, il n’y a qu’un toboggan. En d’autres termes, comme le disait le regretté Pompidou2 : “Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites.” Eh bien ces bornes, à en croire KTO, ont été fixées par la Bible qui, contrairement à la loi, n’est pas amendable : “Mon embryon, tes yeux le voyaient / Et sur ton livre mes jours étaient tous inscrits / Recensés avant qu’un seul ne fut.” (Ps 139)

Bien sûr, l’émission aborde, avec la même rigueur, plein d’autres sujets vitaux (c’est le cas de le dire). La “procréation médicalement assistée” ne semble pas, en théorie, poser de problèmes éthiques majeurs, même aux cathos pur porc. Reste la pratique : la F.I.V. d’accord, mais pour qui et pourquoi ? Xavier Lacroix, théologien et membre du Comité consultatif national d’éthique, est catégorique : “pour un couple” (marié, faut-il le préciser ?) Et Marie-Odile Rethoré, “généticienne chrétienne”, d’enchaîner avec une rude philippique contre ce monde “festif” (coucou, Philippe !) où le désir d’enfant s’accompagne désormais du mot d’ordre “quand je veux, comme je veux et par tous les moyens”.

Troisième gros morceau du “paquet bioéthique”, comme dirait Sarko : la gestation par autrui. Si j’ai bien suivi, tout le monde sont d’accord sur un point : moins les femmes ont d’utérus, et a fortiori d’ovaires, plus le recours à cette méthode s’impose comme la seule possible pour engendrer. Après, on entre dans les détails ; mais au fait, n’est-ce pas là que se cache le Diable ? Le documentaire (plutôt pointu, je vous avais prévenus) distingue ici deux cas. Soit le couple stérile peut néanmoins avoir “son” enfant à lui, en recourant à la FIV et à une “femme gestante” ; dans ce cas, on peut négocier. Soit il est nécessaire de recourir à une “mère porteuse” qui, tout en étant pleinement mère de l’enfant, doit s’engager à l’abandonner dès sa naissance. Et là, pour les théologiens, il y a comme un blème.

Last but not least, il y a les diagnostics prénatal et préimplantatoire. Résumons : autant le premier peut faire l’objet d’un consensus, si tout se passe bien ; autant l’autre pose un vrai problème aux croyants (toujours eux !) C’est le côté “eBay” de l’affaire qui coince, apparemment ! On fait péter une dizaine d’embryons, histoire de voir s’ils sont porteurs de l’anomalie génétique redoutée. Sinon, hop ! On sélectionne le plus classieux d’entre eux, et on le nomme “humain”. Quant aux autres, eh bien ils attendront des jours meilleurs dans l’azote liquide…

Tout le problème est donc de savoir quel statut la société entend donner à l’embryon : début d’être humain, rebut inviable, ou quoi ?… En très gros, deux attitudes s’opposent face au problème de la vie : “Puisque ce mystère nous dépasse, feignons d’en être les organisateurs”, disent les scientifiques après Cocteau ; au contraire, “acceptons ce mystère comme tel”, et donc n’y touchons point, répondent les théologiens depuis Dieu. Ben voilà, je m’en voudrais de vous en dire plus : vous avez les éléments pour juger, au moins autant que moi. Et vous êtes grands maintenant !

  1. Et au terme duquel la démocratie, c’est-à-dire l’UMP, c’est-à-dire Sarkozy, tranchera.
  2. Citant, me semble-t-il le sapeur Camember.

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  • 18 March 2009 à 7h53

    Malthus dit

    Claire_Zoom : Concernant l’adoption, je partage ce dégoût pour cette fashion adoption qui nous a amené à l’affaire de l’Arche de Zoé. On délocalise même en procréation (le p’tit noir, c’est pas cher et pas coûteux) au gré des modes. Genre, Madona va se prendre un second p’tit malawite ou sa copine Angelina Jolie qui a un cambodgien et un éthiopien. D’évidents signes extérieur d’ouverture, ça permet de briller dans la Jet Set, ce boboland mondialiste. Mmmmmhhh… L’année, prochaine, je me demande si je ne vais pas adopter un p’tit cubain ou un ch’tio malien. C’est si mimi… Gouzi gouzi gouzi…

    .

    Odillon : La sélection sexuelle participe, en partie, à la sélection naturelle jusqu’à un certain seuil de culture/endoctrinement qui, s’il est élevé, peut l’en éloigner.

    Normalement, les gens, sans mauvais fond, n’ont pas envie de coucher avec d’autres qui seraient malades, malformés, souffreteux ou que sais je.

    Par contre, avec, d’un côté, des considérations artificielles/virtuelles non nécessairement lié au mérite ou aux capacités propres (comme l’argent, le statut social) et, de l’autre, le martellement bienpensant, non seulement elle peut ne plus y participer mais carrément aller à son encontre.

    Encore une fois, je vous signale que le monde dans lequel vous vivez, l’occident chrétien qui tolère tout à tout crin jusqu’à l’exalter, n’est pas représentatif, ni du globe actuel, ni du monde au cours de l’Histoire.

    .

    DH : Je préfère être impie que cul béni. Des gens comme vous découragent de s’opposer aux bouffeurs de curés. Quant au modèle artificiel de l’homme naturel, ça n’est pas plus con que le principe de votre Arche de Noé.

    .

  • 17 March 2009 à 17h21

    Claire_Zoom dit

    @ D.H :

    Vous dites : “Pirouette d’ailleurs parfaitement inutile, piusqu’il s’y trouvait à l’intérieur dès le départ, par la FIV et le diagnostic préimplantatoire que suppose la GPA.”

    Non, la GPA n’impose le diagnostic pré-implantatoire. Vous des faites des amalgames pour disqualifier des comportements qui sont pourtant bien légitimes.

    Vous dites ensuite :
    “Lorsque la première unité d’assemblage et de “production des enfants”, pour reprendre ses propres termes, sera fonctionnelle, on lui réservera une place de chef d’atelier où elle pourra tout “solutionner”, c’est promis.”

    Relisez mon propos sans faire l’ablation d’une partie de la phrase. La production d’enfants dont je parle est dans votre discours utilitariste qui pense augmenter le nombre d’enfants adoptables en “facilitant” les règles. Ma phrase était fortement ironique, car chacun sait que la baisse de l’adoption internationale vient de la convention d’Helsinki qui oblige les états signataires à favoriser l’adoption nationale pour éviter le déracinement des enfants. Revenir sur cette convention, cela me semble une vision colonialiste qui ressemble sous beaucoup d’aspects au grand marché de l’enfant dont vous accusez l’AMP.

    Pour continuer sur ma lancée ironique, permettez-moi de faire une métaphore sur vos propos : ce n’est pas la lecture de la rubrique des chiens écrasée qui peut faire d’une personne un vétérinaire.

  • 17 March 2009 à 13h19

    Odilon dit

    @ Malthus
    “l’homme est une évolution du singe, c’est qu’il est sujet à l’évolution, donc à la sélection naturelle. CQFD.”

    Mais Darwin a étudié spécifiquement l’évolution de l’homme, et l’a théorisée en développant la notion de sélection sexuelle, car il lui semblait impossible d’en rendre compte uniquement par la sélection naturelle (au sens de survival of the fittest). Ça n’a rien à voir avec “un propos moral pour se couvrir”! 150 ans après, ces notions sont toujours pertinentes.

    @ D.H.
    “pour tomber [] dans l’interdit des interdits”

    Il s’agit simplement de n’interdire (la GPA, l’avortement, la FIV, la contraception, etc.) que si on a de bonnes raisons pour le faire. Le Psaume 139 n’en est pas une. Les fantasmes de dégénérescences non plus. Alors? Alors on crée un comité d’éthique qui se chargera de trouver de mauvaises raisons d’interdire, puisqu’on n’en a pas trouvé de bonnes!

  • 17 March 2009 à 11h58

    D.H. dit

    Hé bien! Cela valait le dépalcement. Il y a décidément mille et une manières de faire du toboggan.

    D’abord celle de Malthus, inimitable, et au fond, esentiellement politique (on en sacrifie quelques-uns pour sauver la communauté). Celui-là quitte précipitamment le toboggan de la GPA… pour retomber dans celui de l’eugénisme (biologique, médical, et pendant qu’on y est, social). Pirouette d’ailleurs parfaitement inutile, piusqu’il s’y trouvait à l’intérieur dès le départ, par la FIV et le diagnostic préimplantatoire que suppose la GPA.
    Ne parlons pas du projet rigolo de créer artificiellement un “modèle humain naturel”.

    Il y a ensuite celle où l’on savonne le toboggan à coup de sophismes purement solipsistes. “L’autre n’existe que dans la mesure où l’on reconnaît son existence”.
    C’est l’alibi favori de tous les assassins. A ce compte, les femmes qui sont dans le déni de grossesse et n’ont pas “donné de prénom” à ce qui se passait dans leur ventre, ont raison de jeter “cela” à la poubelle, lorsque “cela”, arrivé à terme, a la curieuse idée de naître.

    Il y a la manière “libérale”. Malheureusement, dans ces domaines comme en économie, cela mène inexorablement au style “ultra”. On quitte les tabous, pour tomber dans le tabou des tabous (ce qui est tabou, c’est d’avoir des tabous), dans l’interdit des interdits, dans le religieusement anti-religieux.
    Surtout ne pas se raccrocher à la rampe: mais se raidir dans la décontraction.
    Suivre la pente: c’est ce qui est appelé être “libre”, “autonome”, “émancipé”.

    Il y a enfin la manière de Claire… Zoom! Celle-là va tellement vite qu’elle a déjà transformé la formule de sa GPA. La voilà maintenant qui va chercher un ovocyte chez l’une, pour le transplanter dans l’utérus d’une autre, et donner le tout, le “produit” obtenu, à une troisième, sur le Grand Marché régi par les seules lois de l’offre et de la demande (“à ma guise!” ). Lorsque la première unité d’assemblage et de “production des enfants”, pour reprendre ses propres termes, sera fonctionnelle, on lui réservera une place de chef d’atelier où elle pourra tout “solutionner”, c’est promis.

    Que cela ne nous empêche pas de méditer le Psaume 1, que j’ai recopié quelques commentaires plus bas…
    “Heureux l’homme qui ne suit pas le conseil des impies,
    (…)
    ni au siège des rieurs ne s’assied(…)!”

  • 16 March 2009 à 23h24

    Malthus dit

    Plusieurs choses :

    La somme des intérêts individuels ne fait pas l’intérêt général.

    Mon propos est de mettre des limites une fois certaines bornes franchis, ce qui n’est pas comparable avec la position religieuse pré-citée.

    De même que mon principe de précaution (toujours plus valable que l’apprenti sorcier qui teste à tout crin sans recul et avec lequel on hérite de scandales sanitaires comme, entre autre, l’amiante) est temporaire : il dépend de notre capacité à soigner. Si l’on est capable de le faire véritablement, c’est à dire corriger le génome et pas simplement refourguer des traitements thérapeutiques de substitution ou autres béquilles chimiques, rien ne s’oppose alors à la reproduction.

    Claire_Zoom : ma conclusion n’est pas biaisée par un point fondamental puisque basé sur un ensemble de données “un peu” plus étendu que les quelques évocations ici faites. Je ne vais quand même pas théoriser, graphiques et stats à l’appui, via cet outil limité qu’est le commentaire de blog dont la durée de vie n’est que d’une semaine. De plus, votre allusion au sperme ne m’est non seulement pas inconnu mais ajoute de l’eau à mon moulin. Loin de moi l’idée de vouloir faire porter le chapeau aux seules femmes. Le tout étant de faire également le tri entre la dégradation du sperme d’origine génétique et celle d’origine chimique (avec tous les parfums d’intérieurs, produits d’hygiènes ou alimentaires, on est pas sorti de l’auberge). Bref, le problème n’est pas caricatural, mais nous ne sommes pas sur un forum scientifique (remarque aussi bien sur le support que le thème).

    Ceci dit. Ne pas oublier deux choses au sujet de l’évolution :

    D’une, il n’y a pas que la théorie de Darwin. On peut citer, aussi, celle de Jean-Baptiste de Lamarck basée sur la transmission de l’acquis. L’une n’étant pas nécessairement incompatible avec l’autre.

    De deux, le propos de Darwin sur l’homme n’est jamais qu’un propos moral pour se couvrir. Il ne faut pas perdre de vue que si le principe d’évolution semble admis chez nous, il n’en fut pas de même à l’époque. Donc, comme Descartes énonçant sa méthodologie avec astuce (en séparant le corps de l’âme, cette dernière restant l’apanage de Dieu et du clergé pour lui laisser le champ libre sur le premier), il dut prendre des gants. Et puis, si l’homme est une évolution du singe, c’est qu’il est sujet à l’évolution, donc à la sélection naturelle. CQFD.

    De surcroit, tout social qu’est l’Homme, il lui faut bien assumer sa subsistance et le social a ses limites, comme lorsque ses bénéficiaires finissant par trop peser sur les participants. Ne pas non plus oublier que notre société chrétienne moderne n’est en aucun cas le modèle humain naturel. Sans quoi, le Monde serait bien différent. Et même chez nous, malgré ce modèle, il suffit d’une épreuve pour tout bouleverser : l’Histoire abonde d’exemples.

    .

  • 16 March 2009 à 11h55

    en passant dit

    @ Rotil

    Certainement: l’éthique ne relève pas du dogme, mais du relationnel. Il s’agit de définir un optimum du bien commun pour les êtres en relation.

  • 16 March 2009 à 10h43

    Claire_Zoom dit

    @ D.H. :
    Vous n’avez rien compris à la gestation pour autrui. Cela n’a rien à voir avec l’adoption et il n’y a pas d’abandon. Allez ouvrir un dictionnaire ou encore mieux le code civil et regardez la définition de l’adoption et celle de l’abandon.

    Il va falloir trouver autre chose pour m’expliquer comment vous arrivez à solutionner les problèmes d’infertilité en priorité par l’adoption.

  • 16 March 2009 à 10h34

    Claire_Zoom dit

    @ Malthus :
    Vos constats ne me choquent absolument pas, mais je ne suis pas du tout d’accord avec vos conclusions et vos préconnisations.

    Tout d’abord, votre conclusion est biaisée par un point fondamental : les indications médicales à la gestation pour autrui qui résultent d’un problème génétique représentent 1/5 du total seulement. En effet, l’indication la plus courante est l’hystérectomie suite à une hémorragie à l’accouchement ou suite à un cancer. Mais pour les indications avec risque de transmission (MRKH principalement), il est tout à fait possible (et les médecins le recommendent) de faire appel à un don d’ovocyte en plus d’un don de gestation (mais de deux personnes distinctes). Donc pas de soucis avec cette problématique. Mais ce qui est amusant, c’est que cette problématique existe bien réellement chez l’homme. Avec l’ICSI, on peut faire des FIV à partir de spermatozoïdes mous de la flagelle (si j’ose dire) avec une probabilité non négligeable que les descendants masculins aient le même problème. Sachant qu’en France plusieurs milliers d’enfants naissent grâce à l’ICSI…

    Mais je vous suggère de relire Darwin : il a bien expliqué que la thérorie de l’évolution ne s’appliquait pas à l’homme car la vie sociale a plus d’importance que la sélection naturelle. La société essaye de prendre en charge les handicaps, elle protège les faibles du risque de toute-puissance des forts, et autre point à ne pas négliger, il faut toujours des “faibles” et de la diversité pour la cohésion d’une société.

  • 16 March 2009 à 7h31

    carredas dit

    Il y aurait donc un ” droit à l’enfant ” ?
    Les potentiels parents frustrés seraient en droit de revendiquer le droit de procréer auprès du corps médical ?
    Donc, au nom de l’insupportable frustration tout deviendrait légitime…
    Est-ce bien raisonnable ?

  • 15 March 2009 à 18h48

    Odilon dit

    Vous exagérez, Malthus. Traiter de nombriliste toute personne qui réclame un droit, le lui refuser sous ce prétexte, c’est absurde. Mettez-vous un peu à la place de ces gens qui aimeraient avoir un enfant, qui ne peuvent pas à cause d’une injustice de la nature, et qui savent qu’il existe une technique qui permet de remédier à cette injustice. Vous voulez leur refuser l’accès à cette technique, parce que vous les jugez nombrilistes?

    Et vous exagérez l’importance de tout ça. Vous dites: “Les erreurs de code génétique se produisent à chaque génération.” Certes, mais en quelle quantité? Pourquoi parler d’”ampleur cyclopéenne”, sinon pour faire peur (ou vous faire peur)? Pourquoi supposer a priori que ce problème est insurmontable?
    Car avec un peu d’imagination et de volonté, on peut trouver une solution. Je vous laisse la trouver. Elle est déjà à notre portée.

    “Donc, vous êtes contre l’anticipation et la prévention ?”
    En l’occurrence, c’est plutôt le principe de précaution que vous appliquez. Et oui, je suis contre. Vous jetez le bébé avec l’eau du bain, et c’est vraiment le cas de le dire!

  • 15 March 2009 à 14h31

    Malthus dit

    Mon propos n’a rien de religieux : je suis athée jusqu’à la moelle.

    Par contre, votre propos est dans l’ère du temps : individualiste et nombrilliste. On se fout du collectif, ce qui compte, c’est de jouir son petit bonheur ? Appliquez cette mentalité aux domaines qui vous sont chers et reconsidérez votre posture actuelle une fois qu’elle vous est opposée. Imaginez là ensuite partagée par un grand nombre : les petites rivières faisant les grands fleuves, vous aurez un bon résultat.

    Ce danger n’est pas hypothétique mais statistique et indéniable. Les erreurs de code génétique se produisent à chaque génération. Mais, avec la sélection naturelle, une part significative est éliminée. De fait, l’on évite un cumul. Cumul qui se produit si ce qui n’avait pu se reproduire avec succès avant le peu désormais. L’on accroit donc la portion de défaillances à chaque génération : celles qui auraient dû être éliminées se cumulant désormais avec celles qui filtraient déjà la sélection et celles dues aux mutations “spontanées”.

    Vous dites qu’on aura le temps de réagir à cela plus tard ? Donc, vous êtes contre l’anticipation et la prévention ? Vous vous dédouanez de toute responsabilité pour la reporter sur les générations suivantes ? Car lorsque les gens ne pourront plus éluder le problème, c’est qu’il sera déjà trop tard, ou prou. Que la somme d’efforts et de sacrifices à faire alors, car la situation aura dégénéré, sera devenu d’ampleur cyclopéenne et par la même, décourageante. Alors que bien qu’ingrate (on est vite taxé de nazisme), elle reste encore à notre porté de nos jours.

    On le voit dans d’autres domaines, comme l’économie et l’écologie ou les retraites, ce qu’il en coûte aujourd’hui, de ne pas avoir été capable d’assumer ses responsabilités hier. Cela ne vous sert donc pas de leçon ?

    Des médecins font accoucher des femmes ménopausées de soixante piges. Cela n’est il pas une dérive de l’obstétrie ? Que doit on attendre pour réagir ? Que des myopathes, au nom du droit à l’égalité, puissent enfanter pour avoir des familles myopathiques que l’on ne pourra critiquer au nom du droit à la différence et de la tolérance ? (oui, je grossis le trait)

    Au contraire des religieux, je n’ai rien contre l’utilisation des embryons et fœtus par la science. Il n’y a pas de sacralisation. Mais est ce pour autant que tout doit être permis ? Qu’il faut déresponsabiliser ? Jusqu’à ce qu’on se retrouve avec suffisamment de victimes comme les excès des traitement par hormones de croissance ?

    Sur un sujet voisin, même si je déplore l’utilisation légère de l’avortement comme para-contraceptif , ce n’est pas moi qui interdirait à une gamine violée par son beau père d’avorter. Il y a un juste milieu entre l’interdiction absolue et la mentalité kleenex.

    Il en va de même pour la génétique et l’obstétrie.

    .