Albert Besnard: ne tirez pas sur le pompier | Causeur

Albert Besnard: ne tirez pas sur le pompier

Peindre à la Belle époque

Auteur

Pierre Lamalattie
est écrivain. Dernier ouvrage paru : Précipitation en milieu acide (L'éditeur, 2013).

Publié le 19 novembre 2016 / Culture

Mots-clés : ,

Le Petit Palais nous fait découvrir le très oublié Albert Besnard, qui a été l'un des artistes les plus en vue de la Belle Epoque, aujourd'hui qualifiés de pompiers ou d'académiques. Comme souvent, les idées reçues sont sottes.
Albert Besnard Mme Roger Jourdain

"Portrait de Madame Roger Jourdain", Albert Besnard, 1885

Albert Besnard naît en 1849 dans une famille d’artistes. Après le départ de son père et la mort de ses six frères et sœurs, il est choyé par sa mère, miniaturiste. L’amant de cette dernière, un peintre respecté, s’occupe aussi de lui et le soutient lorsqu’il souhaite entrer dans l’atelier d’Alexandre Cabanel. Puis, le jeune Albert est admis à la Villa Médicis, à Rome. C’est là qu’il rencontre sa femme, également artiste. Ensuite, sa carrière démarre. Il enchaîne les commandes. Il devient finalement directeur de l’Académie de France à Rome, puis de l’École des beaux-arts à Paris et membre de l’Institut, sur le fauteuil d’Ingres. Les photos le montrent ventru, bourgeoisement vêtu et arborant sa Légion d’honneur. En 1934, la République lui fait des funérailles nationales. Sa biographie semble correspondre au stéréotype du peintre officiel. Peut-être trop bien, justement…

En réalité, ce parcours très classique coexiste avec un talent original. La singularité de cet artiste se décide vers la trentaine. Il accompagne alors sa femme, sculptrice, en Angleterre où elle doit honorer une série de commandes. Durant près de trois années, Besnard met quasiment en berne sa production et entame une sorte de période sabbatique.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 40 - Novembre 2016

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    • 22 Novembre 2016 à 11h54

      QUIDAM II dit

      Il est vrai que l’illustration et l’érotisme pratiqués par les peintres pompiers sont des offenses permanentes à l’art iconoclaste et morbide (ou pornographique) qui est très souvent notre lot aujourd’hui…

    • 21 Novembre 2016 à 8h27

      QUIDAM II dit

      La vocation et le dessein des peintres académiques étaient principalement l’illustration et l’érotisme. Sur ces registres, qu’on peut ne pas aimer, ils ont souvent été de très admirables artisans ; et certaines de leurs oeuvres mériteraient sans doute d’être reconsidérées et réévaluées.
      Mais, en tout état de cause, on ne comprend pas au nom de quoi il le genre académique devrait être traîné aux gémonies…

    • 20 Novembre 2016 à 9h16

      QUIDAM II dit

      Puisque, dans cet article, il est également question de gravure, voir notamment Edgar Chahine, Paul Jouve, Hans Bellmer, Horst Jansen, Eugène Carrière, Felix Bracquemont, Eugène Delâtre, Felix Buhot, Rodolphe Bresdin, Alphonse Legros… et beaucoup d’autres, parmi lesquels, pourquoi pas ?, les très « sulfureux » Lobel Rich et Félicien Rops.
      Tous ont été extrêmement talentueux, certains authentiquement géniaux.
      Pourquoi, la gravure, cet art si exigeant, est-elle aujourd’hui presque ignorée ?

      • 20 Novembre 2016 à 11h55

        Schlemihl dit

        Pour des gens qui considèrent le tag comme une forme d’art et exaltent les arts “premiers “, la peinture et la gravure sont sans intérêt , sauf si il y a un effet de mode .

        Je rappelle que certains graveurs ont été pompiers , à leur façon . Ceci n’ est pas une critique . 

    • 19 Novembre 2016 à 16h34

      Schlemihl dit

      Meissonier et Besnard ont fait des choses charmantes .

      Foutre du Louvre et des riflards
      Foutre des peintres , foutre de l’ art
      Foutre aux zabstraits , foutre aux classiques
      Foutre aux pompiers , foutre aux tragiques
      Foutre aux Offices , foutre aux critiques
      Foutre et refoutre aux romantiques
      Foutre aux poètes , foutre à Causeur
      Foutre de moi et du lecteur
      Foutre de tout l’ Univers ensemble
      Foutre de tout , que vous en semble ?

      Théophile Viau