Pour lui, l’antiracisme est « le sentiment le plus noble qui soit ». A l’occasion de son passage dans l’émission « On n’est pas couché », samedi soir sur France 2, le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a tenu des propos sans équivoque. Affirmant que « le racisme doit être impitoyablement combattu », il a même pu préciser sa pensée : « Ce que l’idée de race a d’insupportable, c’est l’hérédité comme fatalité, c’est le fait de dresser des barrières insurmontables entre les communautés humaines. »

Alors que la veille déjà, invité de la matinale de France Inter, il s’était dit « effaré » par « l’indifférence » et « l’inhumanité revendiquée par le Front national », l’auteur de La seule exactitude a encore une fois dénoncé chez Ruquier « l’inhumanité de ceux qui, comme Marine Le Pen, disent qu’il faut renvoyer tous les réfugiés chez eux ». Jugeant cette idée « scandaleuse », Alain Finkielkraut a expliqué qu’en voyant la photo « déchirante » du petit Aylan, au contraire, « on se dit : il faut agir ».

Logiquement, le philosophe a donc jugé « tout à fait légitime de s’indigner de l’attitude de Robert Ménard », le maire de Béziers qui surjoue l’intransigeance. Pour faire croire à une invasion imminente de sa ville, l’édile avait titré son bulletin municipal « Ils arrivent ! », sur un photomontage grotesque d’une foule prenant un train à destination de Béziers. Puis il avait rendu visite à des migrants qui squattaient des HLM inoccupés pour leur lancer, bravache, devant les caméras : « Vous n’êtes pas les bienvenus ! »

Interrogé plus précisément sur la question de l’islam, Alain Finkielkraut a ensuite rappelé la nécessité de condamner les « actes antimusulmans », et soutenu l’idée que le « racisme antimusulman »[1. Que ne saurait recouvrir le terme fallacieux d’« islamophobie », visant à interdire toute critique d’une religion.] doit être « combattu sans relâche ». La veille, de même, il avait expliqué à Patrick Cohen que face à ce racisme-là, « il ne faut témoigner d’aucune espèce d’indulgence ». Sur la question de l’identité nationale, il avait alors confié s’inscrire « très explicitement dans la filiation de Jean Daniel », le fondateur du Nouvel Observateur. Et face aux chroniqueurs de Laurent Ruquier, il a répété que « l’identité ça peut sentir mauvais très, très vite ».

Lundi matin, sur France Inter, le chroniqueur Thomas Legrand revenait sur les propos du philosophe, y voyant « le fruit de névroses personnelles ». Pour lui, l’antiracisme invétéré d’Alain Finkielkraut serait donc d’ordre psychiatrique. Qui d’autre qu’un névropathe, en effet, répèterait de manière aussi obsessionnelle que malgré « des effets très néfastes », reconnus à l’antenne par Thomas Legrand lui-même, l’antiracisme demeure un combat crucial ?


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Pascal Bories
est journaliste.est journaliste.
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