Le gloussement unique | Causeur

Le gloussement unique

Les amuseurs de Canal+ incarnent le pouvoir social

Auteur

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut
est philosophe et écrivain.

Publié le 08 septembre 2015 / Culture Politique Société

Mots-clés : , ,

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Devant le pénible spectacle d’une classe politique volant unanimement au secours des marionnettes en danger, j’ai pensé à cette réflexion mélancolique de Michel Rocard : « La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi. Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvres et on nous moque. Nos rois avaient leurs bouffons. Mais le bouffon du roi n’entrait pas dans la cathédrale. Aujourd’hui, les bouffons occupent la cathédrale et les hommes politiques doivent leur demander pardon. Ce qui fait que ne viendront plus à la politique que les ratés de leur profession. »

Nous y sommes. Le bouffon du roi est devenu le roi. Sa Majesté le Pitre occupe à la fois l’Autel et le Trône et, de Florian Philippot à Claude Bartolone, en passant par Alain Juppé, tous nos représentants lui font obséquieusement allégeance : non seulement ils ne sont plus respectés, mais ils ne se respectent plus eux-mêmes.

[...]

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    publié dans le Magazine Causeur n° 86 - Septembre 2015

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    causeur 27
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    • 12 Septembre 2015 à 20h43

      thierryV dit

      L’exercice de la démocratie ne suppose pas qu’elle s’exprime par chaque bouche mais qu’elle reflète un choix majoritaire . Or , le conformisme médiatique de dénonciation humoristique ,est sensé ancrer dans la tête des captifs que le rire de la caricature représente un petit bout de chaque contestation . C’est bien évidement un leurre , si souvent pratiqué sur les ondes par des chroniqueur en mal de carrière facile au dépend d’une cible facile .

    • 11 Septembre 2015 à 6h09

      nilbig dit

         Les bouffons ne sont pas ceux qu’on croit, mais les politiques qui tentent de donner le spectacle d’une activité au service du peuple. Mais voilà, on ne les prend plus au sérieux, on ne les juge plus qu’à leur talent de comédiens.

    • 10 Septembre 2015 à 11h07

      Naud dit

      Hier,
      il était interdit d’interdire.

      Aujourd’hui,
      il est autorisé de s’interdire.

      Demain,
      il sera interdit d’autoriser;
      il sera autorisé d’interdire.

    • 9 Septembre 2015 à 16h33

      zvilevy dit

      je préfère ce soutien à celui des intellectuels signataires de la pétition de Libération en soutien à Edgar Morin. Qu’aurait dit Finkelkraut si les politiques n’avaient rien dit?

    • 9 Septembre 2015 à 9h48

      thierryV dit

      Ce n’est pas tant l’amusement ou l’humour, que l’image et surtout les applaudissements dont il faut se méfier . Ces deux articulations de la communication moderne réclament leur dose de claque et de rires formatés .
      L’écriture peut , à elle seule balayer tut ces faux semblants , peut amuser , émouvoir et distraire . Nous devrions couper les antennes et redistribuer les plumes .

    • 9 Septembre 2015 à 8h38

      salaison dit

      ceci dit…… la “Droite”… enfin… ce qu’on appelle encore la “Droite” n’est pas en reste  (tant s’en faut!)

    • 9 Septembre 2015 à 8h36

      salaison dit

      on peut se demander pourquoi les “socialistes”font “profil bas” en ce moment….. pourquoi leurs “dissidents” ont tort eux aussi .
      EUX, d’habitude si forts en gueule !
      et…… il y a tellement  à dire ! que plusieurs volumes n’y suffiraient pas…..