Alain Finkielkraut: “Je ne compare pas Fillon à Dreyfus, mais…” | Causeur

Alain Finkielkraut: “Je ne compare pas Fillon à Dreyfus, mais…”

L’Esprit de l’escalier

Auteur

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut
est philosophe et écrivain.

Publié le 05 avril 2017 / Politique

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Chaque dimanche, à midi, sur les ondes de RCJ, la Radio de la Communauté juive, Alain Finkielkraut commente, face à Elisabeth Lévy, l'actualité de la semaine. Un rythme qui permet, dit-il, de "s'arracher au magma ou au flux des humeurs". Vous retrouverez ses réflexions chaque mois dans Causeur.

François Fillon, mars 2017. SIPA. AP22034452_000010

Christine Angot sur France 2 (26 mars)

Le jeudi 23 mars 2017 est une date historique. Nous savions depuis quelque temps déjà que rien n’échappait à l’implacable loi du divertissement, que les humoristes sévissaient partout, tout le temps, et que notre lot était – selon la géniale expression de Neil Postman – de « nous distraire à en mourir ». Mais ce qu’on a vu le 23 mars dans L’Émission politique qui recevait François Fillon, c’est le divertissement lui-même déchoir et s’avilir jusqu’à ressusciter les jeux du cirque. L’invité-surprise du jour était Christine Angot, et celle-ci n’a pas choisi de dialoguer, même durement, avec François Fillon, elle a voulu le mettre à mort. Refusant tout véritable face à face, elle lisait, le visage convulsé par la haine, un texte d’invectives, au point que certains ont pu dire qu’elle avait « pété un câble ». Ils se trompent : Christine Angot n’a pas de câble. C’est même ce qui la définit. Rien ne l’arrête, rien ne la retient, elle ne connaît ni hésitation ni inhibition. Poussée par le sentiment, l’émotion, ou l’idée fixe qui l’habitent, elle fonce tête baissée sans le moindre égard pour tout ce qu’elle supprime et brise. Sélectionné par les responsables de la chaîne de Service public en toute connaissance de cause, ce pur individu a déboulé sur le plateau et l’a aussitôt transformé en arène. Alors même qu’elle était censée représenter la fraîcheur et l’authenticité de la société civile face à nos politiques magouilleurs et coupés des réalités, elle s’est affranchie des règles du débat démocratique, elle a bafoué la décence commune. Elle a fait tout ce qui ne se fait pas, et il n’y avait pas besoin d’être filloniste pour trouver insupportable le spectacle de sa férocité. « Sommes-nous tombés si bas ? », s’est-on demandé avec horreur dans de très nombreux foyers français.

Le retour d’un instinctivisme haineux

Mais cette question n’a pas été relayée dans les médias. Bien au contraire. Invité sur France Inter pour présenter avec Marc Dugain sa nouvelle revue America, l’excellent journaliste qu’est Eric Fottorino s’est incliné devant la capacité des écrivains à capter le réel mieux que tout le monde. Il a donné deux exemples de cette clairvoyance littéraire : Philip Roth, qui a anticipé l’élection de Trump dans Le complot contre l’Amérique, et Christine Angot, qui a trouvé des mots justes dans sa diatribe contre Fillon. Mais Philip Roth n’a rien anticipé du tout quand il a imaginé l’élection de Charles Lindbergh à la présidence des Etats-Unis. Il a voulu défataliser le passé en racontant ce qui aurait pu être. Et, a-t-il précisé tout récemment, il est beaucoup plus facile de se représenter Charles Lindbergh en président que Donald Trump. Lindbergh ne se réduisait pas à ses sympathies nazies. Il a fait preuve d’un courage immense et d’un véritable génie aéronautique en traversant l’Atlantique en 1927, c’était un homme substantiel et, avec Henry Ford, l’Américain le plus célèbre de l’époque. En revanche, ce qui excède l’imagination du romancier, ce n’est pas Trump comme type humain, c’est Trump à la Maison Blanche : ignorant du gouvernement, de l’histoire, de l’art, de la science, de la philosophie, incapable d’exprimer ou de reconnaître la moindre subtilité, la moindre nuance, dépourvu de toute décence et maniant un vocabulaire réduit à 70 mots, tel est l’inimaginable Trump !

Quant à Christine Angot, elle a exercé sa vocation d’écrivain en répondant à François Fillon, qui lui demandait : « Qu’est-ce qui vous permet de dire que je suis coupable ? »« C’est ce que je ressens ! » C’est donc ça, la littérature ? Le ressenti ? En 1898, les intellectuels qui doutaient de la culpabilité de Dreyfus et refusaient leur assentiment à un jugement dont la légalité leur paraissait suspecte, ont cherché méthodiquement des preuves. Leurs adversaires ne s’embarrassaient pas de

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    publié dans le Magazine Causeur n° 104 - Avril 2017

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  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 11 Avril 2017 à 3h49

      berezina dit

      «qu’est ce qui vous permet de me dire coupable ?» demande FF à Chr. Angot.«ce que je ressens» fut la réponse, si sotte et maladroite de l’ écrivaine !! Intelligemment, il fallait évidemment répondre : « mais ce sont les faits avérés qui me le permettent ! Vous n’avez pu fournir aucune preuve d’une activité de votre épouse en échange des gros salaires puisés dans la bourse de l’A.N….Aucune, ce qui signifie que c’est bien un enrichissement personnel au détriment des Français contribuables. Donnez-nous des preuves Monsieur F » .Il était sans doute malaise de s’exprimer d’un coup sur un plateau télévisé mais omettre ainsi de répondre l’essentiel est impardonnable. Et a fausse totalement un dialogue ou,personnellement M. Finkielkraut, je n’ai pas «ressenti» de haine chez C. Angot..mais un flux d’indignations. Cette indignation qui va empêcher nombre d’entre nous de voter FF …quoi qu’il nous dise ailleurs. Car, comment peut-on l’aimer après la découverte de son avidité..Ce goût effréné de l’argent qui l’habite , quelle place peut-il laisser à des passions dignes de l’esprit humain, les voitures de course et la tauromachie ne relevant pas vraiment le niveau. Le soutenir sans l’aimer , est ce d’ailleurs possible !?…..Pour en terminer avec l’épisode C. Angot, elle n’a fait que très mal traduire «notre sentiment» désolé face à ce qu’on peut appeler les petites turpitudes d’un homme que l’on pensait habite d’une conscience plus scrupuleuse, tout de même..

    • 9 Avril 2017 à 18h27

      IMHO dit

      “Je ne l’appellerai pas ‘François Balkany’ mais il ressemble plus à ça qu’à autre chose aujourd’hui”, a affirmé Emmanuel Hollande … pardon Macron .
      C’est salaud mais marrant quand même, et bien mérité .

    • 9 Avril 2017 à 17h49

      IMHO dit

      Pour conclure :
      Alfred Dreyfus fut toute sa vie un homme droit , courageux et intelligent ,
      à l’esprit plus ouvert et plus fin que ce qu’il en laissait voir .
      Il serait donc injuste de le rapprocher d’un sot pleurnichard et franc comme un cul de mule .

      • 9 Avril 2017 à 13h00

        IMHO dit

        Ha Ha Ha Ha ! On dirait l’humour d’Adrien Monk .

    • 9 Avril 2017 à 11h11

      lafronde dit

      @IMHO 8 Avril 2017 à 22h11
      Cher IMHO, la Démocratie, c’est qu’en fin de mandat l’Exécutif rende compte aux citoyens de sa gestion. Ceux-ci choisissent alors les meilleurs candidats pour les postes à pourvoir. C’est la phase électorale de la vie démocratique, et moins elle est perturbée, mieux c’est.

      Des dispositions particulières encadrent le libre travail de la Presse audiovisuelle, en leur rappelant la déontologie professionnelle, décrite dans le Charte du journaliste, signée par le SNJ, et qui se traduisent en Conventions signées avec le CSA par les chaines privées, et en Cahier des charges pour le Service Audiovisuel Public, sous le contrôle du CSA.

      Cher IMHO, le réel c’est qu’il y a un Exécutif socialiste, dont Macron faisait encore partie l’été dernier, et qui a nommé des présidents redevables envers lui au PNF et au CSA. Or tant le CSA que le PNF ont perturbé la campagne électorale, et désinformé l’opinion publique.

      Le CSA n’a pas garanti depuis janvier une information impartiale et pluraliste. Notamment sur les poursuites envers le candidat Fillon.

      Le PNF n’a pas garantit l’impartialité de l’Etat, en engageant à la suite d’un journal partisan, des poursuites arbitraires, au delà de sa compétence juridiques. Le PNF ne peut à ce jour invoquer aucune raison d’urgence, de gravité, ou de flagrance.

      En revanche le Ministère public a bien bloqué jusqu’à ce mois-ci les plaintes contre l’Etat pour impliquer sa responsabilité dans l’attentat de Nice.

      Le Ministère public mène donc bien des politiques pénales différenciées. L’une laxiste et temporisatrice pour le Gouvernement. L’autre précipitée et médiatisée par des fuites venant des services de l’Etat, à destination de l’Opposition et de son candidat. Qui a la responsabilité de la politique pénale ? sinon le Gouvernement !

      Ceci suffit à troubler l’opinion publique et à jeter le doute sur la sincérité du scrutin, que le Conseil Constitutionnel pourra invalider, sur un recours d’un candidat.

    • 8 Avril 2017 à 22h25

      Bacara dit

      “le même instinctivisme haineux “. Mais enfin, il serait bon de réfléchir avant d’écrire de telles énormités . Cela dit,  c’est un fait qui m’étonnera toujours : l’absence de considération qu’ont certains professionnels de la parole publique  pour le sens des mots . On dirait que, pressés d’écrire , ils en viennent à proférer des insanités. Cent fois , sur le métier, remettez votre ouvrage…

    • 8 Avril 2017 à 15h12

      Laocoon1 dit

      Monsieur Alain Finkielkraut, très juste nous ne sommes pas très loin de ce complot qui accusa Dreyfus.La malveillance n’est pas éradiquée de notre société.

    • 8 Avril 2017 à 11h17

      lafronde dit

      @i-diogene 6 Avril 2017 à 16h43
      Un vrai pince-sans-rire, je me devais de partager ! Avec cette crédulité là, sûr que nos libertés publiques seront bien conservées ! (mais où ? au congélateur ?! ). Voyez par vous même…

      i-diogene dit
      … Sauf que cette protection contre les poursuites abusives existe déjà: le PNF..!^^

      Le PNF a été conçu spécialement pour déterminer rapidement s’il y a matière à poursuivre une procédure et sous quelle forme (mise en examen, témoin assisté, correctionnelle ou abandon des poursuites..).

      Le PNF a donc bien rempli sa mission qui consiste à déterminer au plus vite, si les poursuites sont abusives ou non..

      • 8 Avril 2017 à 15h23

        IMHO dit

        http://www.textes.justice.gouv.fr/art_pix/JUSD1402887C.pdf

        Cher Lafronde , on ne pourra pas dire que François Fillon ne pouvait pas se douter de ce qu’il risquait en laissant sans ravaudage l’accroc qu’il avait fait au budget de l’Assemblée Nationale : la création du PNF en 2013 aurait du lui faire comprendre qu’il n’était plus temps de rire et que ce qui se serait arrangé entre gens du monde avant le PNF se terminerait désormais en correctionnelle . Il avait donc deux ou trois ans pour trouver chez ses riches amis de quoi rembourser les sommes indûment perçues et les faire recevoir par l’Assemblée Nationale ou au moins les avoir en réserve pour le faire : il pouvait inventer que , tout compte fait , son épouse n’avait pas assez oeuvré comme assistante parlementaire pour le salaire qu’elle avait et que donc , en conscience, il jugeait devoir en rembourser une grande partie .
        Cela aurait arrêté la dénonciation ou aurait fait classer l’affaire sans suite .
        C’est le minimum que l’on peut attendre d’un candidat à un élection présidentielle , de vider ses placards de leur squelettes .
        Hélas, Fillon a deux vices ou défauts fatals à une carrière politique , le premier qu’il ne sait pas refuser une aubaine et le second qu’il est un menteur qui ne sait pas mentir , ce qui est d’ailleurs fréquent et toujours catastrophique .

        • 8 Avril 2017 à 18h30

          lafronde dit

          @IMHO Votre récit se résume à ceci : “Fillon a tapé dans la caisse, heureusement le PNF l’a eu à temps”.

          Le mien c’est : 1 Hollande, discrédité a renoncé à se présenter, Valls aussi.
          2 Il y a de nombreux cadavres lors de ce quinquennat. Financiers (gestion de Paris, du 93 par Don Bartolone, BPI-Royal, SFR-Drahi-Macron, BNP-Justice américaine) et bien plus tragique, une faille sécuritaire et pénale vis à vis du terrorisme islamique : 250 morts.
          3 Le pouvoir socialiste ne veut pas qu’il soit enquêté sur ses méfaits (pour preuve le blocage par le Parquet de la mise en cause de la responsabilité de l’Etat lors de l’attentat de Nice) à l’occasion d’une alternance politique. (Cazeneuve et Taubira devraient rendre des comptes.)
          4 Hollande ne garantit plus les Institutions de l’Etat, n’y ayant plus d’intérêt personnel. Il a déjà nommé des partisans au PNF et au CSA.
          5 Aucun besoin de cabinet noir. Contourner la garantie d’impartialité du Ministère public suffit. D’où la saisine par une juridiction d’exception dont Hollande a nommé le président.
          6 Ensuite depuis le CSA (dont Hollande a nommé le président) dispenser les medias audiovisuels de leurs obligations contractuelles : impartialité et pluralisme politique.

          Vous m’objecterez la Presse est libre, non ? En effet la Presse papier ou web est entièrement libre. C’est pourquoi Droite et Gauche, conservateurs et progressistes y sont à égalité, comme sur ce forum.

          La Presse audiovisuelle, utilise par contre des ressources limitées, les fréquences radio et TV, attribuées par le CSA. La contrepartie sont les obligations citées plus haut. C’est encore plus vrai pour l’audiovisuel public.

          Or le CSA n’a pas fait ce travail de rappeler aux chaines radio et tv les obligations professionnelles de la Charte du journaliste et les obligations contractuelles vis à vis de la République.

          C’est pourquoi un recours à l’arbitrage du Conseil Constitutionnel sur la validité de ce scrutin est probable. Ultime avanie de Hollande.

        • 8 Avril 2017 à 19h11

          IMHO dit

          Non, mon récit ne se résume pas à ceci “Fillon a tapé dans la caisse, heureusement le PNF l’a eu à temps”.
          Je n’ai pas écrit ça .
          J’ai écrit en substance :
          ” Fillon aurait pu se disculper du délit qu’il avait commis en rendant ce qu’il avait pris avant que le Parquet découvre ce délit, il ne l’a pas fait , et il en paye le prix ” .

        • 8 Avril 2017 à 19h39

          IMHO dit

          Et si François Hollande avait laissé la polémique sur la modification du Code Civil s’éterniser et dégénérer en procession de la Ligue pour fanatiser les catholiques électeurs de la droite et faire élire par eux dans la primaire un candidat trop marqué à droite , en l’occurrence François Fillon ?
          La loi dite Taubira aurait pu être adoptée des 2012 par vote bloqué en appliquant l’article 44.3 , cela aurait été logique, une modification d’un Code doit être rédigée avec rigueur et non altérée par des amendements .
          Imaginons François Hollande contemplant Enervé Maxiton et tutti quanti travaillant à la défaite de leur parti : goûtu , non ?

        • 8 Avril 2017 à 21h39

          lafronde dit

          @IMHO 8 Avril 2017 à 19h11
          Excusez-moi mais je ne vois pas de différence entre mes termes et les votre quant à leur signification : vous estimez Fillon coupable, et approuvez les poursuites du Parquet.

          Pour ma part j’estime le PNF incompétence (au sens juridique), arbitraire, inopportun : le temps électoral donc démocratique exige une impartialité de l’Etat sur cette période. Donc faute de flagrance, d’urgence ou de gravité exceptionnelle, le Ministère public doit s’abstenir de poursuivre un candidat de l’opposition parlementaire, durant la campagne électorale. C’est du bon sens.

        • 8 Avril 2017 à 21h56

          IMHO dit

          Ne poussez pas quand la mauvais foi trop loin :
          je n’affirme nullement que François Fillon soit coupable de ce dont il est inculpé ni que le Parquet l’a légitiment inculpé , j’ai écrit que François Fillon aurait sa échapper à cette inculpation , qu’elle soit légitime ou non , en remboursant spontanément au moins une pertie de ce qu’il vait

        • 8 Avril 2017 à 22h11

          IMHO dit

          ” faute de flagrance, d’urgence ou de gravité exceptionnelle, le Ministère public doit s’abstenir de poursuivre un candidat de l’opposition parlementaire, durant la campagne électorale ” .
          Donc , même sil y a assez d’indices de culpabilité pour le poursuivre , c’est ce que vous écrivez ? Et donc l’inculpation de François Fillon est justifiée en droit mais illégitime politiquement, c’est ça ? Mais pourquoi n’est-ce illégitime que si l’inculpé est candidat pour l’opposition parlementaire ? Voulez-vous dire que si Emmanuel Macron qui avait commis les m^mes actes, vous approuveriez son inculpation , parce qu’il est censé être candidat pour la majorité parlementaire ? Ecoutez , vous dites n’importe quoi , et je ne crois pas que vous ayez l’âge comme excuse .

    • 7 Avril 2017 à 13h31

      IMHO dit

      Ecoute François , sors-les et mets sur la table si tu en as . Comme ça on verra .

      • 7 Avril 2017 à 13h33

        IMHO dit

        Erratum : ajoutez “les” après “mets ”
        Erratum : ajoutez “des preuves” après “as” .

    • 7 Avril 2017 à 9h04

      AGF dit

      “Angot”? qui c’est celle-là?

    • 6 Avril 2017 à 15h28

      JLT dit

      La “Angot” est à classer dans les sophistes…Ainsi qu’elle aime à classer les gens dans des tiroirs.C’est à dire qu’elle ne répond pas par des arguments Mais par des attaques concernant la personnalité ou la catégorie de son contradicteur. Par exemple, je met en doute le concept de lutte des classes,elle me traitera de “petit bourgeois”. Ainsi en enfermant l’autre dans le concept : “d’où parles tu?” Elle ferme toute les issues. C’est aussi, dit entre parenthèses, la méthode des biens pensants.

      • 6 Avril 2017 à 15h48

        Lector dit

        absolument pas, d’une part c’était elle, en l’occurrence qui devait tenir le rôle de contradicteur, d’autre part elle ne présente aucunement l’image d’une sagesse apparente, ni même éristique, mais plutôt celle d’une sincère agitée du bulbe (ah oui c’est une catégorie plus triviale et qui fait sans nul doute moins savante), totalitaire ou disons radicale, voire dogmatique ; et, comme elle vient du genre littéraire dit d’autofiction, on pouvait bien s’attendre effectivement à ce qu’elle essaie de fermer toutes les issues.

    • 6 Avril 2017 à 14h49

      lafronde dit

      @Amaury-Grandgil
      L’argument de l’urgence judiciaire pour cause de prescription a bien été servi au Peuple mais par des medias ignares en Droit (comme en économie d’ailleurs !). Vérifier par
      http://www.lcp.fr/actualites/comment-le-garde-des-sceaux-modifie-la-prescription-des-infractions-occultes

      La loi n’est pas rétro-active (sauf pour le fisc !) donc l’argument de sa promulgation tombe à l’eau.

      En fait le PNF a agit à cause du Canard et suite à sa publication. Cette chronologie est la preuve d’une action publique pilotée par un journal partisan. Et puisque le Parquet a jugé des poursuites non-urgentes PENDANT la campagne électorale et ciblant EXCLUSIVEMENT le candidat de l’Opposition parlementaire, ce PNF signe une politique pénale électorale.

      Arbitraire et abus d’autorité, dévoiement des services de l’Etat, le contraire d’un Démocratie. Le but ? Soustraire les dirigeants socialistes à l’examen de leur gestion. Comme celle de Cazeneuve et ses collègues pour le Sûreté publique. Macron est leur assurance-impunité.

    • 6 Avril 2017 à 13h53

      Franc-Parleur dit

      Finalement Mme Angot est représentative. Représentative de l’extrémisme égalitaire haineux passionné par la coupe des têtes, grâce auquel les démagogues les plus vils peuvent atteindre au succès en jetant leur pâture aux chiens du ressentiment. Mais avec l’histoire Fillon cela va encore plus loin, puisqu’il s’agit d’un traquenard contre le jugement libre des électeurs, point clé de la démocratie représentative. Avec de grands enjeux nationaux et internationaux.

      Typiquement, tout est parti du « Million de Pénélope ». Tout est dit là, pas la peine de réfléchir. C’était avant 2013, Cahuzac, l’invention du Parquet National Financier de Hollande et la soi-disant entreprise de moralisation de la vie politique – comble du cynisme, perle de la novlangue. Il était à l’époque admis que les députés usent avec une grande liberté et de leurs revenus, et de la dotation parlementaire, et de l’enveloppe pour les assistants. Beaucoup avaient leur famille ou des proches à leurs côtés, cela ne gênait personne. Il fallait qu’ils aient des moyens pour faire équilibre à la puissance considérable de l’exécutif dans la Vème République.

      Le million, c’est le cumul brut sur 15 ans de ce dont disposaient TOUS les députés pour les assistants. L’emploi fictif n’a aucun sens, les députés ne sont pas des fonctionnaires lambda. Fillon a cessé d’employer sa famille en 2013, beaucoup ont continué. On entend plus parler du PNF et paf il se déchaîne au moment le plus critique des élections, avec mise en cause éclair de Fillon, orchestration média-justice, fuites illégales dans la presse, puis feuilleton avec une trouvaille toutes les semaines pour lyncher. Avec la mise en examen et les juges nommés choisis aux petits oignons, tout tombe bien. Surtout pour Macron, mis en selle par Hollande mine de rien.

      • 6 Avril 2017 à 15h31

        lafronde dit

        Au delà du judiciaire et du bien ou mal fondé des poursuites que vous avez décrit, il y a l’echo mediatique très à charge pour le candidat Fillon. C’est ce traitement journalistique spécial qui a affecté son image.

        Le site du CSA affiche toutes les obligations des medias audiovisuels sur le pluralisme politique et l’impartialité de l’information. Les moyens juridiques sont les Conventions avec les chaines privées, et le Cahier des charges avec l’audiovisuel public.

        Il est patent que le CSA ne les a pas fait respecter (mais a-t-il au moins été saisi ?) sur BFM TV sur Radio France (Inter et Infaux) et sur France TV (la 2)

        Or le CSA est une institution de l’Etat, qui devrait être impartiale et faire appliquer la loi. (donc la campagne à charge des medias audio-visuels contre Fillon n’est pas légale (sur le SPA) ni d’ailleurs sur BFM. Ces faits sont susceptibles de motiver une contestation voire une invalidation du scrutin.

        Lorsqu’il y a triche, n’est-ce pas prioritaire d’annuler la partie ? Hollande discrédité, ne se représentant pas, garantit-il l’impartialité de l’Etat ? du fisc ? du PNF ? du CSA ? Si ce n’est plus le cas, que vaut cette élection ?

    • 6 Avril 2017 à 13h20

      IMHO dit

      Fillon dérive dangereusement vers la célèbre plaisanterie de Radio Yerevan :
      ” Est-il vrai qu’en Roumanie ..? Oui, c’est vrai ! ”
      ” Est-il vrai que François Fillon ..? Oui, c’est vrai ! “

    • 6 Avril 2017 à 13h17

      saintex dit

      Soyons clairs : je ne compare pas François Fillon avec le capitaine Dreyfus. Quelle que soit l’issue de son odyssée judiciaire, il a révélé… un aspect de lui-même dont je conçois très bien qu’il décourage certains de ceux qui s’étaient résolus à voter pour lui… Ce qui me désespère, c’est de voir revenir en force le même instinctivisme haineux que celui qui avait fait rage pendant l’Affaire et que ce grand retour s’opère sous le pavillon de la littérature.
      Mais oui Monsieur Fink vous êtes clair. Mais aucune précaution oratoire, aucun point sur aucun i, n’affranchiront vos écrits des interprétations. Il en a toujours été ainsi, et le phénomène s’accentue avec l’accès de tous à la parole publique.
      “A mon sens, dans la chanson, comme dans toute forme d’expression artistique, l’important c’est ce que l’autre entend. Parfois en écoutant ces chansons enregistrées je deviens l’autre et non sans douleur, je ne cesse de comprendre et d’entendre d’autres choses que ce que je croyais y mettre au départ.” – Graeme Allwright.

      • 6 Avril 2017 à 15h57

        Lector dit

        si l’on se demande où passent les commentaires des invités de Finkielkraut à ses émission de France Culture, qui mettaient en perspective, par exemple, les haines des Maurras et de ses héritiers, la réponse serait probablement : à la trappe du commentaire par trop pressé d’actualité.

    • 6 Avril 2017 à 12h19

      jcm dit

      Fillon limitera la casse à 14%, je le voyais descendre à 10, grâce au bon choix de la “posture” ferme. Mais le médicament ne pouvait vaincre une telle maladie.

      revenons à ce qui nous intéresse : l’affaire, c’est à dire la justice ( alors que la chute de Fillon est sans rapport avec le coté judiciaire ).
      la question d’aujourd’hui, capitale à mes yeux, est celle de l’attitude de la justice. qui y a t-il pour juger les juges ?
      Au delà de la necessaire mise en cause pénale des grands juges eux-mêmes dans certains cas, qu’en est-il de leur mise en cause en terme de responsabilité ?
      reformulé plus précisément : à défaut d’être coupable, qui est RESPONSABLE quand il y a des fuites telles que celles qui ont été remarquées, et dont j’espère bien que Fillon a des preuves qu’il garde au chaud pour faire flipper les auteurs le plus longtemps possible !…
      Dans la question du calendrier, quand on dispose de dossiers vieux de plusieurs années et qu’un grand juge ouvre alors un dossier à quelques jours d’élections capitales, qui peut disposer d’un ultime pouvoir de protection de la nation pour empecher l’action “opportune” d’un tel juge ? . personne ? faut-il alors une loi pour protéger non seulement les élus le temps de leur mandat, mais également les candidats le temps de l’élection ?

      • 6 Avril 2017 à 15h06

        lafronde dit

        Fillon a perdu une dizaine de points d’intention de vote depuis sa victoire à la Primaire. Dès décembre, début janvier il était revenu au niveau de MLP : un quart des voix. Il a ensuite vu une érosion lors d’une controverse sur la Sécurité sociale. Déjà Macron l’avait rattrapé. Fillon a ensuite perdu quelques points à cause des poursuites dont il a bénéficié.

        Le point que vous soulevez c’est l’impartialité de l’Etat envers les candidats. En admettant même que des poursuites aient été justifiées, inévitables et urgentes, ce qui n’est pas le cas, aucune communication autre que par la voix du Procureur n’était nécessaire, sans parler de leur légalité. Or il y a eu des fuites au PNF ou à la Police judiciaire. De plus les poursuites n’étaient pas urgentes, faute ‘un prescription applicable. ça fait beaucoup pour croire à l’impartialité de l’Etat.

        Le prochain rebondissement pourrait être un pourvoi en annulation du scrutin auprès du Conseil Constitutionnel. Moyen de signifier au Président Hollande qu’il n’a pas garantit des institutions impartiales, propres à organiser une présidentielle légitime. Le Président du Sénat assurerait alors l’intérim !

        • 6 Avril 2017 à 16h43

          i-diogene dit

          … Sauf que cette protection contre les poursuites abusives existe déjà: le PNF..!^^

          Le PNF a été conçu spécialement pour déterminer rapidement s’il y a matière à poursuivre une procédure et sous quelle forme (mise en examen, témoin assisté, correctionnelle ou abandon des poursuites..).

          Le PNF a donc bien rempli sa mission qui consiste à déterminer au plus vite, si les poursuites sont abusives ou non..

          Fillon avait largement le temps de produire des justificatifs pour se disculper..

          Il n’ a pas produit de preuves suffisantes pour se disculper, mais a préféré attaquer les institutions judiciaires… Ce qui est très révélateur..

          Autre comportement révélateur: convoqué par les juges, il a prétendu ne pas se dérober, mais lors de son audition, il a lu aux juges, une déclaration préparée par ses avocats et affirmé qu’il ne répondrait à aucune question des juges puisque protégé par son immunité parlementaire..

          .. On sent la bonne foi, digne d’ un marchand de bagnoles d’ occasions..!^^

    • 6 Avril 2017 à 11h02

      Amaury-Grandgil dit

      Fillon n’a pas été, ni sa femme, envoyé à l’Ile du Diable ?
      Il serait plus pertinent d’évoquer le fait que la mise en examen de Fillon est intervenue si rapidement car une quinzaine de jours plus tard il y aurait eu prescription.
      Voilà un argument me semblant plus intéressant

      • 6 Avril 2017 à 12h32

        helenekarsenty@hotmail.com dit

        Par son attitude et ses propos lors de la primaire, il devait le s’avoir qu’il s’exposerait à la critique et pensait, peut être passer à travers la réponse “c’est usuel à l’assemblée”.
        Seulement pas tous ne le fond à l’AG et venant d’un député ou sénateur ou autre qui se dit irréprochable, cela dénote un “suivisme” de mauavais aloi de vouloir profiter comme tout le monde. De Gaulle ne l’aurait pas fait.
        Le canard a cherché et il a trouvé donc il ne fallait pas donner le bâton pour se faire battre.
        Bourlanges (UDI) l’a bien signalé et il doit mieux le connaitre que nous : il est sournois etc etc…….et Fillon nous l’a prouvé !
        Pathétique pour la France !

      • 6 Avril 2017 à 18h09

        Hannibal-lecteur dit

        Amaury, mon peton on a tous compris que la hâte du Parquet tenait à cette prescription. …pour un délit ( encore non prouvé ) datant de plusieurs années? C’est là que l’étonnement commence.

      • 6 Avril 2017 à 18h10

        Sancho Pensum dit

        Fillon n’a pas été non plus la victime d’un antisémitisme ambiant, ou de quoi que ce soit d’approchant. La comparaison avec Dreyfus mérite un genre de point Godwin. Il est des comparaisons si outrageuses (ici pour Dreyfus et toutes les victimes de l’antisémitisme) qu’elles disqualifient ipso facto leurs auteurs.
        Finkelkraut devrait avoir honte d’oser un tel parallèle, même du bout des lèvres, même avec d’infinies précautions.
        Fillon est d’abord victime de sa cupidité, de ses petites combines, et de sa grande gueule. Que ce serait-il passé s’il n’avait pas chercher à se faire valoir comme le monsieur propre de la politique ?