Affaire “Théo”: indécence pour tous! | Causeur

Affaire “Théo”: indécence pour tous!

Un peu de dignité que diable…

Auteur

Thomas Clavel

Publié le 13 février 2017 / Société

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aulnay banlieues theo diallo police

Manifestation anti-policière, Paris, février 2017. Sipa. Numéro de reportage : 00792962_000002.

Que s’est-il passé le 2 février à Aulnay-sous-Bois ? Théo, 22 ans, contrôlé par une patrouille de police qui le soupçonnait de faire le guet pour des trafiquants de drogue, a subi un contrôle d’identité musclé. D’après des images filmées par caméra cité de la Rose des vents, le jeune homme aurait reçu de violents coups de matraque télescopique. La vidéo ainsi qu’un rapport de la police des polices (IGPN) concluent que les forces de l’ordre auraient fait usage de cette arme comme une épée, ce qui est contraire au règlement. Mais une juge d’instruction, contre l’avis du parquet, a retenu une qualification supplémentaire : le viol au moyen de ladite manette, acte sexuel qui n’apparaît pas sur les images. Venu au chevet de la victime, le président François Hollande et son ministre de l’Intérieur promettent de faire toute la lumière sur cette affaire. Quelle que soit la réalité des faits, le contexte politique ne contribue pas à la sérénité de l’enquête : instruits par les émeutes de novembre 2005, provoquées par la mort accidentelle des jeunes Zyed et Bouna cherchant à fuir la police dans un transformateur électrique, l’appareil sécuritaire et juridique craint qu’une requalification des faits ne retenant pas le viol embrase les banlieues…

Justice partisane exigée

La matraque télescopique qui a blessé Théo, ce jeune homme de 22 ans d’Aulnay-sous-bois, se déploie sur toute la France et en heurte le fondement, maniée par des hordes irresponsables, aux intérêts variés, qui ont en commun de n’avoir cure de la chose publique. À l’affût dans les rues comme sur les plateaux, excitées par l’odeur du sang, elles s’en servent pour cogner sur le socle social déjà bien fissuré. Alors même que la lumière est encore loin d’être faite, elles y vont chacune de leur petit coup de Tonfa idéologique, martèlent telle vérité qui les arrange et cherchent à tirer les dividendes de l’affaire. À l’affût, le milieu associatif, toujours prompt à imprimer t-shirts et autres casquettes, organisant des marches blanches et exigeant une justice partisane. À l’affût, les libertaires et les antifascistes trouvant ici un prétexte de plus pour casser du flic à Paris, Lille ou Nantes – où les échauffourées se sont terminées mercredi soir place de la petite-Hollande.

À l’affût, les casseurs prenant immédiatement fait et cause pour un jeune homme censé leur ressembler, dans les communes de Tremblay-en-France, Pierrefitte, Bobigny ou Noisy-le-Grand dont les cités, rivales en tout, deviennent soudainement unies dans la révolte. À l’affût, les journalistes, friands de détails anatomiques scabreux, cherchant à enflammer la banlieue comme en 2005 pour y braquer leurs caméras dans l’espoir d’être relayés par CNN. À l’affût, les anti-racailles compulsifs incapables de distinguer un jeune de banlieue d’un délinquant. À l’affût, la classe artistique, toujours prête à faire étalage de sa bonne conscience, à l’image de la chanteuse Imany, célébrée aux victoires de la musique, se lançant dans un interminable réquisitoire contre la police et les élites, confondues allègrement, et réclamant justice pour Théo et tous les sans-voix qu’elle aurait la très haute responsabilité de représenter.

Canteloup contrit

À l’affût, les nouveaux investisseurs chinois de l’Inter Milan, offrant à Théo une place pour assister à un match parce qu’il portait le maillot du club de foot lombard sur son lit d’hôpital – magnifique aubaine pour un club récemment condamné pour injures raciales et qui profite de la couleur de peau du jeune homme pour clamer son impeccable antiracisme à la face du monde. À l’affût, Rokhaya Diallo, s’empressant de twitter «encore un jeune noir», cherchant à exciter les ressentiments et à américaniser la France un peu plus en rejouant la partition de Malcolm X. À l’affût, Jean-Luc Mélenchon, assimilant la bavure à un acte de torture et de viol, accusations démenties le lendemain par l’IGPN. À l’affût, Yannick Noah, fustigeant « tous ceux qui parlent de la banlieue mais n’y ont jamais mis les pieds » comme si ses origines lui octroyaient une empathie et une expertise supérieures. À l’affût, Nicolas Canteloup, se vautrant dans la vulgarité le mercredi et demandant grâce le jeudi, grondé comme un enfant par la direction d’Europe 1 effrayée à l’idée de réveiller les fureurs du lobby LGBT – « C’est moi qui mérite un bon coup de matraque ! » osa le repenti, dans une ridicule contrition, se flagellant sur la place publique.

Chacun, depuis sa chapelle privative ou communautaire aux allures de camp retranché, cherche à tirer profit d’une guerre des nerfs qu’il alimente. Dans cette foire d’empoigne, il semblerait que le souci de la paix civile soit toujours accessoire. Bien au contraire, au carrefour des France qui ne se connaissent pas et ne cherchent pas à se connaître, les coups pleuvent sans conscience publique. Au milieu de ce tintamarre médiatique, le seul qui ait fait preuve de responsabilité est encore ce jeune homme couché sur son lit d’hôpital, exhortant la banlieue à cesser le combat. Ce jour-là, c’est lui qui était au chevet de François Hollande.

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    • 18 Février 2017 à 18h59

      Causin dit

      Olympio nous renvoie à un article intéressant qui établit en quelque sorte qu’il n’y a aucune preuve du viol anuso-matraqual volontaire.
      Or les médecins ont constaté une lésion longitundinale de 10 cms.
      On peut en conclure que la lésion existe bien mais que son origine est inconnue.
      Un bon enquêteur doit envisager toutes le hypothèses et notamment que cette lésion ait une origine postérieure (sans jeu de mot) à l’interpellation:
      - soit dans la voiture de police
      - soit dans le poste de police
      Et parmi les hypothèses on ne peut exclure à priori celle d’une blessure volontaire (fist fucking) dans sa cellule par le plaignant pour pouvoir exiger des dommages intérêts conséquents, mais sans se rendre compte de la portée terrible de son accusation, qu’il n’avait pas prévue et qu’il cherche maintenant à contenir par des mots d’apaisement.
      Hypothèse mon cher Watson. Tout ceci n’est qu’une construction de l’esprit.

    • 18 Février 2017 à 12h01

      José Bobo dit

      Tous ces gens qui insultent la police alors que nous sommes dans la campagne électorale la plus incertaine qu’ait connu la Ve République ne se rendent visiblement pas compte qu’ils font le jeu de leurs adversaires politiques. Quoi de mieux en effet pour une droite ferme que ces hordes de “manifestants” cassant du mobilier urbain, mettant le feu à des voitures et hurlant à la discrimination négative. Les électeurs de base horrifiés ne peuvent qu’en concevoir une juste trouille et voter pour l’ordre et la police… c’est un phénomène bien connu, rappelons nous comment a fini le mouvement de mai 1968.
      Alors je n’aurai qu’un conseil à donner à ces djeunes de banlieues et à tous les artistes, professeurs, éducateurs, journalistes et politiciens qui les soutiennent : “allez-y les gars, défoulez-vous, hurlez à plein poumons, cassez, brûlez… il en restera toujours quelque chose dans les urnes !
      NB : Il est permis aux policiers, semble-t-il, d’utiliser une matraque “comme une épée” pourvu qu’ils frappent de taille et non pas d’estoc…

    • 16 Février 2017 à 12h31

      JANOT dit

      Si on cassait mois les pieds aux policiers ce serait différent.
      Les policiers ont leurs problèmes, leurs difficultés, leurs malheurs, leurs divorces, leurs deuils etc ..etc….comme les autres……
      ….et surtout ils en ont RAS-LE-BOL de ces médiocres qui prétendent nous dire ce qu’il faut faire, comment le faire et quand le faire…..ET PAYER… ENCORE PAYER….TOUJOURS PAYER Alors que tout le monde sait que les conseilleurs ou les GOUBERNEURS ne sont jamais les payeurs…., mais plutôt les “ACCUMULATEURS ” des richesses produites pas les autres….ET EXCUSEZ DU PEU: “SANS JAMAIS PREDNDRE DE RISQUES3…Ils sont là uniquement pour PARTAGER LE POSITIF PAS LES DETTES.
      AMALGAME….AMALGAME EST-QUE-J’AI UNE TÉTÉ D’AMALGAME ??????

    • 15 Février 2017 à 12h05

      Leuleu dit

      Surtout…PADAMALGAM !…
      Ce n’est pas parce qu’un policier a gravement fauté, qu’il faut tous les mettre dans le même sac !
      Reprenons ensemble ce slogan devenu culte, tout en nous étonnant de ne pas l’avoir entendu dans la bouche de ceux qui l’entonnent habituellement : PADAMALGAM, bon sang … soyez raisonnables enfin quoi !…

    • 15 Février 2017 à 8h20

      AGF dit

      Toute notre littérature ,tout notre cinéma nous a montré une police peu exemplaire : ripoux , ivrognes , proxénètes,etc. La police recrute dans la société et pas au niveau le plus élevé. L’éducation nationale qui s’est bien démarquée de l’instruction publique nous met face à face des voyous sans foi ni loi, auxquels les démagogues “élus locaux” ou nationaux servent la soupe du multiculturalisme triomphant alors qu’il n’y a plus a

      • 15 Février 2017 à 8h31

        AGF dit

        alors que l’acculturation sur laquelle fleurissent l’économie de la drogue,le salafisme et les tournantes est devenue la norme que nos “politiques” se doivent de magnifier.
        Tiens le fameux Macron est allé chercher son électorat à Alger?
        SÛr que s’il est élu nous aurons encore plus de “chances pour la France”. C’est à dire un contingent supplémentaire de parasites à entretenir et de plus en plus d’équipements publics à réparer. Saint-Gobain, les marchands d’abribus et les marchands d’autobus et d’autocars doivent se lécher les babines : avez vous pensé à ce que ces pauvres cons de français payent quand un noir ou un arabe (pardon un français issu de l’immigration) lance une “marche blanche”?

    • 15 Février 2017 à 5h47

      Pol&Mic dit

      hum !…. vu sur une pancarte: “mais qui nous protège de la police” ????
      voila ce que c’est que d’embaucher dans ce corps : n’importe qui et/ou n’importe quoi !

      • 15 Février 2017 à 8h22

        AGF dit

        Si on avait pas empêché depuis trente ans la poice de nous protéger des voyous auxquels on a offert des “zones de non droit”.

    • 15 Février 2017 à 4h49

      Livio del Quenale dit

      &&& “qui nous protège de la police!&&&
      -
      si vous ne faisiez pas les cons dans la rue, la police ne vous demanderait rien et vous protégerait des petits cons et autres délinquants qui cassent tout et brulent ta bagnole.

    • 14 Février 2017 à 18h59

      japdards dit

      On ne peut certainement pas me traiter de +ou- gauchisme, j’en suis très éloigné! Cependant les quelques notions d’anatomie que ma profession passée et mes connaissances de la nature humaine me conduisent à ne pas du tout comprendre. Vidéo ou pas vidéo je ne comprends pas comment une matraque peut s’introduire accidentellement dans l’anus d’un individu sauf à ce qu’il ait le fondement particulièrement relâché ce que la pratique ne permet pas d’admettre chez un jeune de 20 ans !Même en respectant la police et louant son action et ses difficultés, il me semble EVIDENT qu’il y a eu là un manquement très grave à la bonne pratique, au respect de la personne et de la dignité humaine. Ce garçon je le rappelle avait un pantalon et un caleçon, comment se fait-il que la matraque n’ait pas dérapé sur le côté? et ce même si pantalon et caleçon étaient accidentellement baissés ! Non si la police se comporte comme les voyous alors qu’elle ne s’étonne pas d’être mal vue! Je l’ai vu à l’œuvre de près lors de la M P T et j’ai pu constater comment certains étaient prêts à en découdre même si l’on s’adressait à eux poliment pour une simple question ! Alors un peu de discrétion dans les défenses de cette institution et la reconnaissance d’un doute certain sur l’acte serait de bonne facture !

    • 14 Février 2017 à 18h31

      Wil dit

      Aaah,le “marronnier” médiatique des banlieues qui s’embrasent,Qu’est ce qu’il est pratique!
      Qu’est-ce que le bobo médiatique parisien se sent “bel et bon” quand il admire son son écran de TV ou de PC ou sa page de presse sa propre bonté de se soucier des culs terreux des banlieues!
      “Tu sais que je t’aime toi?!(kiss)” se dit-il en se regardant dans le miroir le matin avant d’aller comme tous les jours faire la pute pour le média pour lequel il bosse et qui titre :”Les banlieues brulent!” ou “Politique de la ville:40 ans d’échec!”
      “Hmmm,c’est boooon!”
      Bon,la plus part du temps,le bobo parisien médiatique se fout totalement de ce qui se passe de l’autre coté du périph’,mais il ne manque jamais de monter en épingle la moindre brutalité policière pour continuer à se raconter une histoire de drogué en plein shoot qui se croit encore proche du peuple.
      Mais attention,Pas de n’importe quel peuple!Faut pas déconner non plus.”Le temps,c’est de l’argent” comme dirait sa dernière idole Kleenex en date,Macron.
      Il va pas non se faire chier à pleurer sur le destin des paysans blancs des campagnes qui sont totalement abandonnés à leur sort vu que c’est à eux qu’on a pris les 100 milliards d’Euros de la politique de la ville depuis 20 ans.Nooon!Le paysan blanc des campagnes,c’est Pétain,les “heures sombres”,ect.
      Les “rats des villes” remercient les “rats des champs” de leur généreuse contribution en votant encore et encore pour les escrocs de l’UMPS qui les ont dépouillé!
      Vous en faites pas les gars,ça a pas été en pure perte,ça a permis à toutes ces gentilles victimes de la cette garce de France et de son peuple de racistes,toutes ces racailles de banlieues de développer un joli petit commerce de dope en toute impunité.
      Ben,faut comprendre les gars!
      Il fallait bien que quelqu’un fasse la sale boulot de fournir la dope aux bobos parisiens,ils allaient tout de même pas le faire eux mêmes merde,et puis quoi encore!Un peu d’empathie que diable!
      Et les banlieues dans tout ça?On s’en fout